Masoudi, Les Prairies d’Or, t. IV, p
2. Il y a de Lammens toute une étude sous ce titre : le Triumvirat.
LES PENSEURS DE L’iSLAM
mort de Mahomet, ce triumvirat, négligeant son cadavre, se réunit dans la saqîfah (la salle couverte) des Bénou Sa‘îdah, et enlève le khalifat pour Abou Bekr. Cette précipitation qui choque le critique peut pourtant s’expliquer par l’état des esprits et la situation encore précaire et agitée de l’Islam à cette date. Qu’Abou Bekr ait été somme toute un chef d’un caractère décidé et se connaissant en hommes, tout en étant un croyant pieux, sincère et fidèle à la foi du Prophète, c’est ce que semble indiquer le résultat de son règne. Dans cette brève période de 2 ans, il a su consolider l’œuvre encore chancelante de Mahomet à l’intérieur et préparer au dehors le règne magnifique d’Omar : cela suffit à son éloge.
Nous résumons quelques pages du grand ouvrage du Prince de Téano sur la bataille dans laquelle fut vaincu et tué le faux prophète Mosaïlimah (an 12 de l’hégire) (1). Le célèbre Khâlid fils de Wélîd commandait.
La bataille qui fut livrée dans la plaine d’‘Akraba fut la plus féroce et la plus sanglante qui ait jamais eu lieu en Arabie, et celle dans laquelle les Musulmans rencontrèrent la plus opiniâtre
1. Annali delV Islam, t. II du vol. II, p. 727 et suiv. Cette bataille est la même que celle de Yémâmah.