‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 99 sur 235 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

résistance de la part des Arabes. De chaque côté les chefs excitèrent leurs hommes au combat. Chez les Banou Hanîfah, les partisans de l’imposteur, le fils de celui-ci appelé Chorahbîl dépeignit à ses hommes le misérable sort qui attendait leurs femmes et leurs enfants s’ils venaient à tomber captifs aux mains de l’ennemi. Du côté des Musulmans l’enthousiasme des récents succès, l’espoir de nouveaux triomphes et de nouveau butin, enflammaient les courages, en même temps qu’une vive émulation se manifestait entre les différentes catégories de combattants. Il y avait en effet là des sédentaires, habitants des villes et des bourgs (ahl el-qora ), et des nomades bédouins, habitants du désert (ahl el-bâdiah ). Ils se vantaient chacun d’être les plus braves. Les deux partis combattirent avec une égale valeur, et l’issue du combat demeura quelque temps indécise. Au commencement de la mêlée, les Musulmans obtinrent quelques avantages : ils tuèrent un apostat qui était le principal lieutenant de Mosaïlimah, et plusieurs chefs importants. Mais ces pertes, au lieu de décourager les Hanîfah, ne firent qu’exalter leur courage. Ils chargèrent avec violence les Musulmans qui abandonnèrent des positions et reculèrent. Les Bénou Hanîfah arrivèrent jusqu’au camp des Musulmans. Ils atteignirent la tente de Khâlid, où se trouvaient une nouvelle

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femme de ce général et un prisonnier de leur tribu qu’ils délivrèrent. La tente de Khâlid était déjà renversée, quand celui-ci, revenant de sa personne à l’attaque, se jeta avec impétuosité dans la mêlée. Il chargea au cri de : « Yâ Muhammadah ! » et chercha Mosaïlimah, en le défiant en combat singulier. On l’entendit aussi réciter des vers dans lesquels il vantait sa famille et ses aïeux ; tous ceux qui osaient se mesurer avec lui mordaient la poussière.

Cependant les Hanîfah soutinrent avec vigueur cette contre-attaque. Les traditionnistes décrivant cette mêlée disent : « les meules des Musulmans tournaient et broyaient. » A la fin pourtant les Bénou Hanîfah furent contraints de céder. L’un d’eux leur cria alors : « Entrez dans le jardin muré ! » Il désignait un champ enclos de murs où il pensait qu’ils pourraient offrir une dernière résistance. Ils s’y retirèrent laissant la campagne couverte de cadavres. Mais bientôt un musulman, se faisant soulever sur les épaules de ses camarades, escalada le mur et sauta dans l’enclos ; puis, se frayant un passage à la pointe de l’épée, il parvint jusqu’à la porte de l’enclos qu’il ouvrit. Les Musulmans firent irruption ; il s’ensuivit un affreux carnage, qui fit donner à ce lieu le nom de « Jardin de la Mort ». Il périt là 7.000 hommes selon les uns, 10.000 selon les autres.

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