‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 13 sur 49 · SOUVENIRS · texte numérisé non relu

SOUVENIRS

A Benjamin Sulte.

L'ombre s’allonge dans la plaine, Et, sur le grand chemin qui mène Jusqu’aux confins de l’horizon,

Je vois encor la blanche trace

Du gros attelage qui passe

Tout auprès de notre maison.

Les troupeaux entrent à l’étable, dis que, sous le vieux érable, us arrêtons soudain nos jeux ;

, c’est l’heure de la prière,

Et la cloche invite la terre

À porter son cœur vers les cieux.

ss DE

L'ombre s'épaissit davantage Et, vers l’ouest, un gros nuage Voile le ciel décoloré ;

On se parle encore à voix basse, Puis, bientôt, la paupière lasse Se clôt sur un songe doté.

Telle est l'enfance calme et pure ; Plus tard, la route devient dure, Et le soleil luit moins souvent ; Les nuits ont moins de songes roses, Et, si l’on connaît plus de choses, Hélas ! on souffre plus ! Pourtant,

ee

RSS

Ces fieu:s des premières années,

+ OMS , : :

nn, à ” * ES pr Sn — : SEX = RQ = ae

Ecloses à peine et fanées,

De l’âge remontant le cours, Souvenire que le cœur écoute, Viennent refleurir notre route Et parfumer nos derniers jours,

Page 1