‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 18 sur 49 · CHEZ LE PAUVRE EN HIVER · texte numérisé non relu

CHEZ LE PAUVRE EN HIVER

À Afïfred De Celles,

L'humble logis n’a qu’une pièce ; Et les murs sales, dégarnis, Offreut au regaru la tristesse

Et le désordre des vieux nids.

Par les ouvertures mal closes

à Entre le vent glacé du soir ; On croit voir de lugubres choses Au fond de l’être froid et noir,

Sur sa couchette nue et dure, Dans un coin, le père, souffrant, Cache la douleur qu’il endure Avec un sourire navrant,

Plus loin, deux enfants au front pâle Dorment, les bras entrelacés ;

Leur soufle siffle comme un rûle,

Et leurs petits pieds gont glacés.

Sous la lampe fumeuse et basse, La mère, seule, pour nourrir La famille, quoique bien lasse, Force son aiguille à courir.

Elle a, pendant cette journée, Travaillé sans compter son temps ;

Sa:tâche n'est pas terminée, Il faut encor peiner longtemps. -

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Hélas ! plus de pain dans la huche, Et les remèdes coûtent cher :

Voici que la dernière bûche

Est éteinte depuis hier.

| Songeant à toutes ces misères, Elle voit l'espoir qui s'enfuit, Et ses larmes coulent, amères,

Dans le silence de la nuit.

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