‹ Les perce-neige; premières poésiesChapitre 17 sur 21 · LES VISITES DU PEE.AIIEP. DE L'AX · texte numérisé non relu

LES VISITES DU PEE.AIIEP. DE L'AX

A F. G. Marchand.

C'est aujourd'hui que vont, en nombreuses cohortes, Une foule de gens sonner à bien des portes,

La mode en est ainsi ; Et vous savez assez qu'il n'est pas très commode D'oser ne pas vouloir tout ce que veut la mode

Même par ces froids-ci.

Ici l'on vous reçoit, ailleurs on vous refuse ; Or, dans ce dernier cas, vous avez une excuse

Pour n'être pas entré ; Sans forcer votre e;^|>rit, la carte complaisante Ira cause i- pour vous avec la dame absente,

Qui vous en saura gré.

Mais, que la porte s'ouvre et que mademoiselle Ou madame reçoive, il faudra bien pour elle

Tourner un com2:)liment; Et si vous ignorez ce que vous devez dire, Moi, qui suis franc et rond, je m'en vais vous écrire

La chose carrément.

Vous êtes en voiture ou bien à pied, n'importe, Si l'on vous fait l'honneur de vous ouvrir la j^orte,

Tous pestez en secret, Puis, vous vous composez, en montant, le visage, Yous préparez le mot et la phrase d'usage

Pour produire un effet.

Et vous '' la souhaitez " partout ''"heureuse et bonne, " Tout en broyant la main qu'avec giâee on vous donne,

Le premier pas est fait ; Et puis si vuus avez un compagnon qui cause, Yous Tappuyez du geste et restez bouche close ;

C'est facile et discret.

Où, si vous êtes seul et gtMié par nature, Yous pouvez vous jeter sur la température,

Cela fait toujours bien ; C'est d'ailleurs un sujet d'un accès très facile. Qui sied à la campagne aussi bien qu'à la ville

El qui n'engage à rien.

Yous avez bien encor la santé, Providence

De ceux qui n'osent point aboi'der, par prudence,

La pluie ou le beau temps.

Ces petits riens toujours ont leur petit mérite ; Ils ne coûtent pas cher, et, dans une visite,

On les trouve charmants.

Le premier pas est fait : je l'ai rendu facile ; Hélas! il en reste un, (•'est le plus difficile,

Mais il me faut finir ; Vous savez maintenant entrer, causer et plaire, C'est à vous de trouver, — je ne puis pas tout faire,-

Comment pouvoir sortiî'.

CHA^T DE L'EMGEAXT IXDIEN

TmlU de V anglais du Col. Fait en.

A Melle A. M.

Ami n iroaty Trus cjitcrod into bctween tho ConiDiis^ioter.s acd the tiibesof the .Socs aiiiîPoaeswhcieiii the latter oi>ligated therape.ves t.o retire bt'vond tîie Mississipi^i and nevev ac:ain to n turn.

Il nous faut passer la l'ivière, Objets de haine, aux lianes roumis; ]S'otro a;e a pe;du la lanière Qui foudroyait nos ennemis.

La voix qui s'élevait, terrible, S'est éteinte en un flot de sang; Le bras qui semblait invincible Ne tiendra plus le yatagan.

Et les blancs foulent cette terre Où nos guerriers, dans leur orgueil, S'assemblaient. La chanson de guerre S'est changée en un chant de deuil.

Le cei'f peut courir dans la plaine Et l'homme blanc s'asseoir sans peur :

Du chasseur la lin est prochaine, Le guerrier n'a plus sa vigueur.

Il nous faut passer la rivière, Epouses, vieillards et guerriers, Pendant que l'ombre sur la terre Dérobe nos nouveaux sentiers.

Nous abandonnons nos cabanes, î^ous sommes bannis ici-bas ; Xous habiterons les savanes :

Qui peut savoir où vont nos pas ?

Le loup peut hanter la montagne, La loutre, sortir de ses eaux, Le castor, en pleine campagne Bâtir ses solides châteaux.

Le chasseur a brisé sa lance, Le trappeui- a rompu ses rets ; L'homme blanc a fait le silence Sur nos lacs et dans nos forêts.

Et, dans la nuit, le chien qui flaire, N'attendra plus notre retour ; La torche, au wigwan solitaire.

En vain brûlera jusqu'au joui-.

Nous partons avec notre peine, Aux derniers rayons du soleil ; Et sur le sable de la plaine Sera notre dernier sommeil !

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