Leipzig
2. Hérod., I. il, c. 36 et 104. — Diod., 1. i, p. 17 et 35.— Philon, Libel lum de circumcisione. — Josèphe, An tiq. judaïques, 1. i, 13 ; viii, 4, c. App., 1. I — Orig., c. Celsurriyl. i, 17 ; l. v. 200. — EiisèLe, Prœp.evang., 1. IX, 27. — S. Jérôme, Com. sur le chap. ix" de Jérémie; etc. etc.
3 Hœres. j. xxx, n. 33.
4. L'archevêque Laud, IMnfortuné ministre de Charles I"^ reprochait avec raison au P. Ménard, dans une lettre qu'il lui adressait en 1639, d'avoir prétendu que S. Barnabe parle prophétiquement de la ruine du Temple. Le texte indique clairement qu'il s'agit d'un fait accompli et non d'un événement à venir.
94 l'épître de saint barnabé.
culier lui est entièrement favorable, puisqu'il place la mort de saint Barnabe dans la septième année de Néron, en 62. Alexandre, moine de Chypre du vie ou du ix*' siècle, avance même l'époque de son martyre, qu'il fait remonter à l'année 57, et les Grecs suivent assez généralement ce sentiment. D'autre part cependant, les vraisemblances ne manquent pas pour faire équilibre à ces témoignages. Suivant une tradition assez ancienne, l'Église de Milan revendique saint Barnabe pour son fondateur, ce qui ne s'accorde guère avec l'opinion que je viens de citer. Mazochius recule la date de son martyre jusqu'en 76 *. De sorte qu'en l'absence de données positives, nous en sommes réduits à des conjectures plus ou moins probables qui enlèvent à- l'objection une grande partie de son poids, pour ne pas dire sa force entière. Il m'est donc impossible de rien trouver en tout cela qui doive nous empêcher de conclure à l'authenticité de l'Épître, sinon avec une pleine certitude, du moins avec un haut degré de probabilité; et je crois qu'il est d'une sage critique de ne pas s'avancer au delà de ce terme, ni de rester en deçà.
Mais, Messieurs, on oppose à cette conclusion une difTiculté bien plus radicale, difficulté qui tiend au fond même de la lettre, dont elle tend à dénaturer le caractère doctrinal. L'Épître est, dit-on, injurieuse à la loi mosaïque, dont elle s'efforce d'amoindrir la valeur ; elle cherche à substituer à l'explication du sens littéral de l'Ancien Testament une interprétation allégorique plus conforme à l'esprit de Philon qu'à celui de saint Paul ; elle renferme quelques sublilitésqui rappellent le mysticisme de la cabale. Pour apprécier ces reproches à leur juste valeur, il faut que nous parcourions d'abord ce curieux document de la littérature chrétienne du premier siècle. Nous y trouverons un des points de départ de l'exégèse alexandrine, et un effort hardi pour dégager la loi mosaïque du sens matériel que les juifs lui prêtaient, en établissant son rapport figuratif et prophétique avec le christia-
\. Comment, in vet.marmor. Calend., p. 570-572.
L ESPRIT ET LA LETTrilî. 95
nisme qui la complète et l'explique. J'espère que les idées générales émises au commencement de cette leçon abrégeront notre tâche, et nous permettront dès la prochaine fois d'envisager une autre face de l'éloquence chrétienne dans les Pères apostoliques. Mais, comme la controverse avec le mosaïsme méconnu et altéré par ses propres défenseurs est la première lutte doctrinale que le christianisme ait eu à soutenir dans le monde, il est tout naturel que nous l'ayons rencontré tout d'abord sur notre chemin.