Ép. aux Hébreux, x
4. Ibid., xr, 1. — L'Apocalypse de S. Jean dévoile en partie ce côté symbolique du christianisme relativement à la vie future.
l'esprit et la lettre. 101
qu'ill'a abandonné '? Le temple de Jérusalem, dans lequel les Juifs mettaient toute leur espérance, le voilà détruit ; et la cité elle-même, objet de tant de vénération, est devenue la proie de l'ennemi. Et ils voudraient après cela nous assujettir aux conditions d'une alliance dont la rupture est si évidente ! Mais ce Testament dont ils se prévalent n'est plus à eux ; il a passé à nous: c'est nous qui sommes les héritiers légitimes. Déjtà ils s'étaient rendus indignes de l'héritage en préférant l'adoration du veau d'or au culte du vrai Dieu. Cette loi dont Moïse brisa les tables au pied du Sinaï, Jésus- Christ l'a écrite dans nos cœurs. C'est lui que préfigure tout l'Ancien Testament, lequel n'est qu'une vaste prophétie du Nouveau. Partant de là, saintBarnabé interprète les Écritures dans le sens allégorique. C'est ce qui donne à l'Épître sa couleur ou sa forme particulière.
Après avoir rappelé diverses prophéties messianiques, il dévoile le symbolisme de l'Ancien Testament, à l'exemple de saint Paul. Dans le bouc émissaire qui devait porter les iniquités du peuple, dans la vache rousse dont le sang devait arroser le tabernacle, il voit une double figure du Christ qui a pris sur lui les iniquités du monde et purifié de son sang l'humanité tout entière. La circoncision d'Abraham n'était que typique : elle préfigurait la circoncision du cœur et de l'oreille, la foi et la charité. 11 découvre un sens moral dans la distinction des animaux purs et impurs, des mets licites et des mets défendus. Moïse tenant les bras étenduspour assurer la victoire d'Israël sur Amalec, le serpent d'airain élevé dans le désert, offrent l 'image de Jésus-Christ priant sur la croix pour le genre humain et guérissant de leurs plaies spirituelles tous ceux qui espèrent en lui. Enfin le sabbat lui-même, dit-il, est la figure de cette grande ère de sanctification ouverte par le Sauveur dans la loi nouvelle ^. Voilà