Grœci sua tantùm mirantur. Annal., ii
2. Graeci genus hominum in suas laudes effusissimum. llisl. nar, in, 5. ■^ V. Les Césars, par M. de Ghampagny, ii, 460.
'*. Qnœst. nat., xxxn.
LE SCHISME KT L UNITÉ. j 27
(Haicat plus en crédit, ni le principe d'orgueil qui faisait le ^ond de l'un, ni la morale du plaisir qui servait de base à l'autre, ne pouvaient offrir le moindre point de contact à une doctrine fondée tout entière sur l'humilité et sur le sacrillce. Tout conspirait donc à entraver le succès de la prédication chrétienne dans la Péninsule hellénique. D'une part, l'esprit grec lui opposait ce mépris souverain qu'il professait pour tout ce qui ne venait pas de lui. D'autre part, la seule doctrine philosophique qui, par son caractère élevé, eût pu lui frayer la voie, avait perdu toute influence ; et en dehors d'elle, le christianisme ne rencontrait que lutte et opposition.
C'était là cependant, dans cette mère-patrie de la civilisation païenne, que l'Église naissante allait faire quelquesunes de ses plus belles conquêtes. L'homme prédestiné de Dieu à devenir plus spécialement l'apôtre des Gentils, saint Paul, fut chargé de cette périlleuse mission. C'est pendant son deuxième voyage à travers le monde romain que ce grand homme se tourna vers la Grèce. 11 y rentra par le nord, pour longer le littoral de la Macédoine et de FAchaïe depuis Philippes jusqu'à Corinthe. Fidèle à son principe, de commencer par les synagogues la diffusion de FÉvangile, il s'adressait en premier lieu aux Juifs, ensuite aux prosélytes que ceux-ci comptaient parmi les Gentils, puis enfm à ces derniers. C'est ainsi qu'il constitua les communautés chrétiennes de Philippes, de Thessalonique, de Bérée, d'Athènes, composées mi partie de Juifs et de païens convertis. Mais c'est à Corinthe que l'attendaient les plus grandes difficultés. Depuis que Sparte et Athènes étaient déchues de leur puissance militaire, Corinthe avait hérité par son commerce de Fimporlance de ces villes. Maîtresse de deux ports, l'un voisin de l'Asie-Mineure, Fautre de Fltalie, elle facilitait l'échange des marchandises entre ces deux pays, en épargnant aux vaisseaux la peine de doubler le cap Malée, l'effroi des navigaleurs anciens *. De là les richesses de cette ville qu'Homère