‹ Les Pères apostoliques et leur époqueChapitre 38 sur 143 · pe aux Cor., I, 12, 13; m · texte numérisé non relu

pe aux Cor., I, 12, 13; m

t34 PREMIÈRE ÉPÎTRE DE SAINT CLÉMENT AUX CORINTHIENS ,

même, dans ce fonds d'orgueil qui lui est propre, un obstacle éternel à l'ordre et à la soumission? L'esprit d'indépendance, contre lequel saint Paul avait lutté à Corinthe, allait se réveiller à trente années de là avec plus de vivacité qu'auparavant. Vers la fin du premier siècle, un parti plus puissant par l'audace que par le nombre s'était mis en révolte ouverte contre le pouvoir spirituel. A la tête de cette faction se trouvaient quelques esprits superbes qui supportaient impatiemment le joug de l'autorité. Le talent de la parole, peut-être une certaine rigidité de mœurs apparente, leur conciliaient la faveur du peuple toujours accessible au prestige des qualités extérieures. Par suite de leurs menées, la paix fut gravement troublée. Quelques prêtres, qui remplissaient leurs fonctions avec zèle et sans reproche, se virent expulsés de leurs sièges. Le schisme eut un tel retentissement que les païens eux-mêmes en tiraient parti pour calomnier la religion chrétienne*. Dans cette situation critique, l'Église do Corinthe, ne trouvant pas en elle-même de quoi y remédier, eut recours à l'autorité de celle.de Rome; et c'est à cette occasion que le pape saint Clément éleva la voix, pour défendre le grand principe de l'unité chrétienne contre l'esprit de révolte et de séparation.

S'il est, Messieurs, dans l'antiquité chrétienne un document dont l'authenticité soit irrécusable, c'est la première Épître de saint Clément aux Corinthiens. Non pas qu'une critique plus téméraire qu'habile n'ait soulevé aucun doute à cet égard : il n'est guère d'ouvrages qui aient échappé entièrement à cette sorte de tentatives qui trahissent en général plus d'audace que de véritable science. Une lettre qui établit si clairement la distinction des prêtres et des simples fidèles, qui réprouve avec tant de force toute révolte contre la hiérarchie, une telle lettre, émanée du siège de Rome dès l'origine du christianisme, devait faire naître dans plusieurs la tentation d'en infirmer l'autorité. C'est ce qui n'a pas manqué.

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