Ire Ép. des. Clément, xlvii
LE SCHISME ET l'uNITÉ. 135
Déjà Mosheim au siècle dernier essayait de la battre en brèche sur plusieurs points. De nos jours quelques théologiens protestants ont renouvelé ces attaques, mais avec peu d'assurance. Tout contrarié qu'il paraît, à cause de certains passages sur l'autorité hiérarchique, Néander est obligé de convenir que l'Iilpître est authentique dans l'ensemble ^ Le principal représentant de l'école rationaliste de Tubingue, le docteur Baur, l'admet ou la rejette tour à tour selon les besoins de sa cause ^. Ammon et Schwegler sont entrés plus résolument dans la lice ^. Mais leurs efforts ont échoué contre l'accord presque unanime des théologiens cathoUques et protestants, de telle sorte que le débat, si l'on peut appeler ainsi une opposition insignifiante, peut être considéré comme clos. Et par le fait, on ne saurait pousser aussi loin l'esprit de négation sans tomber dans le pyrrhonisme absolu en matière historique. 11 n'y a qu'une voix dans l'antiquité chrétienne en faveur de l'Épître de saint Clément, à tel point qu'en dehors des Écritures canoniques, nul document primitif n'a joui d'une considération égale. Denys, évêque de Corinthe, écrivant aux Romains vers le milieu du n- siècle, leur annonce que dans l'assemblée des fidèles de cette ville on lit chaque dimanche la lettre de saint Clémente Le plus ancien des écrivains ecclésiastiques, Hégésippe, qui écrivait vers la même époque, affirme également que saint Clément adressa une Lettre aux Corinthiens pour comprimer la sédition qui avait éclaté parmi eux ^. Saint Irénée l'appelle un écrit « d'une convenance parfaite », Eusèbe « la grande et admirable Lettre » ®. Les deux principaux écrivains de l'école d'Alexandrie, Clément et Origène, en citent de nombreux passages ; et l'identité de ces citations avec le texte actuel prouve qu'ils avaient réellement sous les yeux l'Épître telle