l^^ Ép. aux Cor., xx
pas absolument du monde des intelligences comme du monde des corps régis par la loi mathématique : ici, c'est la nécessité qui entretient l'harmonie, là c'est laliberti^ qui se range sous la loi ou s'en écarte, et qui par conséquent peut troubler l'ordre à son gré. Mais il n'en reste pas moins vrai que l'ordre doit se retrouver dans le monde moral, qu'en le troublant la liberté abuse d'elle-même, que l'accord des intelligences et des volontés ne peut résulter que de l'obéissance aux lois divines; et qu'enfln, pour faire conspirer tous ses membres au même but, 'la société religieuse, comme la société civile, a besoin d'une hiérarchie de pouvoirs et de fonctions fortement organisée.
C'est ce parallèle entre les deux grandes parties de l'ordre moral, la société civile et la société religieuse, que le pontife romain développe avec beaucoup de sagacité. Après avoir cherché dans la nature l'image de l'ordre qui doit régner dans l'Église, il se tourne vers l'État, et retrouvant dans la constitution miUtaire de l'époque cette grande loi de la subordination des pouvoirs, il poursuit :
(( Considérons les soldats qui portent les armes sous nos princes: avec quel ordre, quelle promptitude, quelle soumission ils exécutent leurs volontés ! Tous ne commandent pas en chef; tous n'ont pas sous leurs ordres mille hommes, ni cent, ni cinquante, et ainsi de suite ; mais chacun reste à son poste et remplit les fonctions qui lui sont assignées par l'empereur ou par les généraux. Lesgrands ne peuvent pas exister sans les petits, ni les petits sans les grands, mais il y a entre les uns et les autres des rapports nécessaires qui profitent à
tous^ »
De l'État, Clément descend à l'individu, et s'emparant de la belle idée que saint Paul avait développée dans sa première Épître aux Corinthiens-, il signale dans l'organisation corporelle cette diversité de fonctions d'où résulte l'harmonie: