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mais dans des matières si graves, l'ingénieux devient puéril. Il est évident que personne n'est plus à même de nous renseigner sur la forme primitive de l'Église, que ceux qui l'ont établie ou leurs successeurs immédiats. Or voici. Messieurs, ce que le pape saint Clément écrivait aux Corinthiens, dans une lettre qu'au témoignage d'Eusèbe on lisait publiquement tous les dimanches, pendant trois siècles, dans beaucoup d'Églises ^
Pour expliquer la constitution de l'Église, Clément prend son point de départ dans l'Ancien Testament dont il rapproche l'organisation hiérarchique de celle du Nouveau. Ce rapprochement seul prouve déjà la fausseté du système de Néander et de ceux qui ont marché ^ur ses traces. Car, si dans l'origine tous les fidèles avaient été prêtres dans le sens propre et rigoureux du mot, toute comparaison entre le sacerdoce de la loi ancienne et celui de la loi nouvelle devenait impossible. Au contraire, saint Clément appuie fortement sur ce rapport des deux Testaments : il énumère avec soin les trois degrés de la hiérarchie mosaïque, le souverain pontificat, le sacerdoce inférieur et le ministère lévitique ; puis il ajoute que les laïques n'ont aucune de ces attributions. Voici ses paroles : « Au grand prêtre ont été assignées ses fonctions liturgiques, aux prêtres leur rang déterminé, et aux lévites leur ministère propre. Quant aux laïques, ils sont liés par les ordonnances qui concernent le peuple ^. » Or, c'est précisémeat cette gradation de pouvoirs dans le clergé et cette distinction du clergé et des laïques qu'il transporte dans le Nouveau Testament, car il ajoute immédiatement après, en s'adressant aux Corinlbiens : « Donc que chacun d'entre vous, mes frères, reste dans son ordr», et que sans dépasser les limites de son ministère, il rende grâce à Dieu dans la pureté de sa conscience ^. » Une pareille recommandation eût été absurde, si tous les membres de l'Église de Cormthe avaient