C. XLIl
•^ Noander, Hist. r celés., I, 101 et suiv.
;'•. M. Giiizot, JiUt. de la Civil, en France, 3^ leçon.
la tête de chaque communauté chrétienne des chefs spirituels et qu'ils agissaient ainsi sar Tordre de Dieu. Mais le pape saint Clément ne se contente pas de constater le fait ; il en explique la cause, et cette cause est celle que nous donnions tout à l'heure : c'est que l'autorité est le principe de l'unité, et qu'en dehors d'elle il n'y a que troubles et divisions. Déjà Moïse, dit-il, inspiré par Dieu, avait compris cette loi fondamentale de toute société : c'est pourquoi il restreignit le souverain pontificat à la famille d'Aaron. Religion universelle de l'humanité, le christianisme excluait par là même tout privilège de caste et de tribu ; mais il n'en fallait pas moins que le pouvoir spirituel se transmît dans son sein suivant un mode de succession régulier et permanent. C'est, Messieurs, ce que Clément étabUt en examinant le droit à la lumière des faits: « Les apôtres firent comme Moïse. Us savaient par Notre- Seigneur Jésus-Christ que des contentions s'élèveraient touchant la dignité épiscopale. Voilà pourquoi, doués qu'ils étaient d'une prévision parfaite, ils établirent ceux que je viens de dire (les évoques et les diacres) ; ensuite ils fondèrent la règle de succession, afin qu'après leur mort, d'autres hommes éprouvés fussent chargés à leur place de leur ministère. Ceux donc qui ont été institués par les apôtres, ou dans la suite par d'autres hommes irréprochables, avec Tassentiment de l'Église entière, qui ont gouverné paisiblement le troupeau du Christ en toute humiUté, et auxquels tous ont rendu témoignage depuis de longues années, nous pensons qu'il est injuste de les priver de leurs fonctions. Car ce n'est pas une faute légère de dépouiller de Tépiscopat ceux qui ont offert les dons saintement et sans reproche. Heureux les prêtres qui ont déjà achevé leur carrière, et qui à leur mort ont recueilli le fruit d'une vie parfaite î Ils n'ont pas à craindre qu'on les bannisse du lieu qui leur a été assigné. Or, nous voyons que la bonne administration de plusieurs ne vous a pas empêchés de leur enlever par force un ministère qu'ils remplissaient avec honneur et sans reproche*.»