‹ Les Pères apostoliques et leur époqueChapitre 52 sur 143 · Esse aliquos mânes et subtcrranea régna · texte numérisé non relu

Esse aliquos mânes et subtcrranea régna

Elcontuin, etSlygio nigras in gurgite ranas, At(|iie unà transire vaclum toi inillia cymbà Nec pueri credunt, nisi qui nondum a3re iavantur.

Sat. II, V. Ho.

Sen., Ep 14. « Nemo tara puer est ut Cerberum tiinea!:. » — Lucain. ^ Mentimur regnare Jovem, » {PharsaL, vu.) I.Consol adMarciam., 26.

o. Ibid. 19. L'épître 54 est encore plus formelle.

170 LES CLÉMENTINES.

demande, en quelle partie de l'espace y aurait-il place suffisante- pour tant d'âmes qui, depuis le commencement du monde, seraient sorties de leur corps * ?» Je ne veux pas dire que le matérialisme fût professé partout avec cette crudité de langage. Mais les esprits les plus graves, les plus honnêtes , mais Tacite lui-même n'atteignait pas au delà du doute : « Si, dit-il dans la Vie d'Agricola, s'il est un lieu pour les mânes des hommes vertueux ; si, comme il plaît aux sages de le penser, les grandes âmes ne s'éteignent pas avec le corps ^.... » Telle est la forme dubitative sous laquelle le problème de la destinée s'offrait à son esprit. L'auteur des Clémentines a donc parfaitement retracé la situation douloureuse où devaient se trouver bon nombre d'intelligences, placées entre la fausseté évidente des fables du paganisme et les contradictions des philosophes. Que croire ? que faire? Voilà ce qu'elles se demandaient après avoir parcouru ce cercle de recherches et d'agitations stériles. Et ce n'est pas seulement au i" ou au ii^ siècle de l'ère chrétienne, que nous trouvons ce malaise profond d'un esprit qui veut résoudre en dehors de la révélation divine Vénigme de la destinée humaine. L'histoire de Clément sera celle de saint Augustin et de tant dautres, qui, après avoir essayé de tous les systèmes et frappé à la porte de toutes les écoles, ne trouveront partout que le vide et l'obscurité. Écoutons Rousseau. On dirait que fauteur d'Emile n'a fait que traduire les Clémentines pour retracer sa propre histoire : « Je consultai les philosophes, je feuilletai leurs hvres, j'examinai leurs diverses opinions ; je les trouvai tous fiers, aflîrmatifs, dogmatiques, même dans leur scepticisme prétendu, n'ignorant rien, ne prouvant rien, se moquant les uns des autres ; et ce point, commun à tous, me parut le seul sur lequel ils ont tous raison. Triomphants quand ils attaquent, ils sont sans vigueur en se défendant. Si vous pesez les raisons, ils H'en ont que pour détruire ; si vous comptez les voix, cha-

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