‹ Les Pères apostoliques et leur époqueChapitre 53 sur 143 · Vie d'Agricola, xlvi · texte numérisé non relu

Vie d'Agricola, xlvi

cun est réduit à la sienne ; ils ne s'accordent que pour disputer ^ »

Et mainlenant, Messieurs, si je me rapprochais de nos jours pour trouver comme un nouvel écho des Clémcnlines dans des aveux devenus célèbres, je pourrais citer cette page où l'un des chefs les plus brillants d'une école contemporaine a décrit les tourments de son àme, dans laquelle, pour me servir de ses expressions, il n'y avait plus rien qui fût debout. Je n'ignore pas qu'on a élevé quelques doutes sur l'origine et la portée de ce témoignage posthume ; mais le traité de l'Organisation des sciences philosophiques^ si incomplet qu'il soit, porte trop le cachet de cet esprit net et ferme pour qu'on puisse s'y méprendre. Il avait voulu montrer dans un écrit oublié aujourd'hui comme tous les paradoxes qui s'attaquent à Dieu, de quelle manière les dogmes finissent : le temps ne lui a pas permis de montrer par son exemple comment les doutes peuvent finir, quand on passe d'une science qui, de son propre aveu, « n'a pas encore d'objet précis » dans une religion qui, selon lui, résout toutes les grandes questions concernant l'homme et sa destinée -. Tant il est vrai qu'au xix« siècle comme au i*", comme toujours, la raison humaine, livrée à ses seules forces, est réduite à s'agiter dans des recherches sans fin, sans pouvoir y trouver le repos ni la clarté.

Ici du moins, je dois l'avouer, la prédication évangélique trouvait un point d'appui. A travers les absurdités palpables de la mythologie populaire et les incertitudes que faisaient naître les systèmes philosophiques, le christianisme apparaissait avec la solution claire et simple des grands problèmes de la destinée. Par là, il répondait à ce besoin de certitude qui tourmentait les intelligences, également incapables de se reposer dans le doute et d'en sortir par elles-mêmes. Cette situation pénible où se trouvaient beaucoup d'âmes pour qui

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