‹ Les Pères apostoliques et leur époqueChapitre 71 sur 143 · Voyez Du célibat ecclés., par Mgr Pavy, p. 49 et suiv · texte numérisé non relu

Voyez Du célibat ecclés., par Mgr Pavy, p. 49 et suiv

plaît à l'hérésiarque de Noyon de ne voir qu'une sottise, stulta imaginatio, dans l'idée de vertu attachée au célibat ecclésiastique, écoutons la raison païenne s'exprimant par la bouche de Démosthène : « Pour moi, je suis persuadé que celui qui entre dans le sanctuaire, qui touche aux choses saintes, doit être chaste, non-seulement pendant un certain nombre de jours déterminés, mais pendant toute sa vie ^ » C'est ainsi que l'honnêteté païenne humiliait d'avance ces nouveaux docteurs qui, sous prétexte d'épurer les croyances, les rabaissaient au dessous de la sagesse vulgaire des poètes et des orateurs de l'antiquité.

Tel n'était pas l'enseignement de l'Église primitive. Si, malgré la corruption des cœurs, le paganisme lui-même avait compris la grandeur et la beauté morale de la virginité, le christianisme, religion de i'esprit, allait environner cette condition supérieure dune auréole plus éclatante. Ne séparons jamais ce qu'il y avait de vrai et d'honnête avant l'Évangile, de ce qu'il a su y ajouter. Tout ce qui existait à l'état d'ébauche chez le peuple juif et dans l'antiquité profane, devait arriver à la perfection au sein de l'Église. Les semences du bien étaient rares, sans nul doute, dans le monde païen; elles n'en existaient pas moins, mais étouffées par l'ivraie qui avait crû sous l'influence du mal. C'était la tâche du christianisme de les dégager en les multipliant. Ainsi, le paganisme avait bien su conserver la notion de la virginité, mais non dans toute sa perfection. Il ne la concevait pas autrement qu'enchaînée par un lien légal et sous l'image d'une oblation forcée. C'est de cette notion imparfaite qu'était sortie la Vestale romaine, une des plus hautes conceptions de la morale antique. La liberté du choix, cette donation souveraine du cœur à Dieu, qui est l'un des caractères de la virginité chrétienne, n'entrait pour rien dans son engagement. Enlevée à sa famille dès l'âge de six ans, elle restait dans sa condition sous la menace de pénaHtés atroces. C'était un holocauste

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