Esprit des lois, 1. xxiv, c
n'en trouverons aucune qui résume sous une forme plus nette et plus précise le code de la virginité ou du célibat religieux.
Enfin, Messieurs, la littérature chrétienne possède sous le nom de saint Clément un fragment d'Homélie qui figure dans le recueil des Pères apostoliques sous le titre de deuxième Épître aux Corinthiens. Eusèbe est le premier écrivain ecclésiastique qui en ait fait mention. Voici ses paroles : « Il existe, dit-on, une deuxième Lettre de Clément, mais elle ne jouit pas de la même célébrilé que la première ; aussi voyons-nous que les anciens n'en ont pas fait usage '. » Saint Jérôme va plus loin : ce On fait passer, dit-il, sous le nom de Clément, une deuxième Épître qui est réprouvée par les anciens 2. » Photius confirme le même sentiment, en rapportant que l'Épître en question est regardée comme apocryphe ^ Parmi les critiques modernes, Cotelier, Gallandi et Lumper ont cherché à défendre l'authenticité de la Lettre, mais avec peu de succès. La citation d'un Évangile apocryphe, celui des Égyptiens, la rend déjà suspecte; etl'exhortation au martyre qui s'y trouve, nous reporte à l'époque des grandes persécutions du 11^ siècle, sous Marc-Aurèle par exemple (161-180). Mais si l'écrit nest pas de saint Clément, il n'en mérite pas moms d'être remarqué comme un débris du premier âge de la prédication évangélique. Je vais le résumer en peu de mots.
L'Homélie, car ce nom lui convient mieux que celui de Lettre, débute par un beau témoignage rendu à la divinité de Jésus-Christ. Ce trait seul suflît pour écarter d'elle les vestiges d'Ébionitisme que l'un ou l'autre écrivain moderne a cru y découvrir *. Le Christ est Dieu, il est le Juge des vivants et des morts. C'est lui qui nous a retirés des ténèbres de l'idolâtrie pour nous amener à la vraie lumière. Le premier devoir de la vie chrétienne est donc de confesser Jésus-Christ,