Dist. XV, can
détaillé dans l'Écriture sainte, devait naturellement éveiller la curiosité de plusieurs et exercer l'attention pieuse des auteurs de nos légendes. Il règne là-dessus entre eux une rare conformité. Ainsi la longue stérilité d'Anne mère de la sainte Vierge, la promesse qu'elle fait de consacrer son enfant au service de Dieu, la présentation de Marie au temple à l'âge de trois ans, l'éducation qu'elle y reçoit au milieu des Aimas ou vierges d'Israël élevées dans le lieu saint, le vœu qu'elle fait de persévérer dans la virginité, les cérémonies de son mariage avec Joseph, l'âge avancé de Joseph à l'époque de ses fiançailles, tous ces détails et mille autres se retrouvent à peu près les mêmes dans le Protévangile attribué à saint Jacques, dans l'Evangile de la nativité de Marie, et dans l'Histoire de la naissance de Marie et de l'enfance du Sauveur. On admettrait difficilement que différents auteurs eussent pu se rencontrer à un tel point, si tout n'était que fiction dans leur récit, ou bien s'ils n'avaient pas puisé dans un fonds traditionnel commun à tous. Il est clair qu'après les grands événements dont la Judée venait d'être témoin, l'attention publique ne pouvait manquer de se reporter vers la mère de Jésus. On a dû remonter jusqu'aux années de son enfance, recueillir avec soin toutes les traditions qui s'y rapportaient. Que l'esprit légendaire s'y soit mêlé pour les embellir ou même les altérer, tout porte à le croire ; mais rien n'autorise à penser qu'il n'y ait point dans les parties principales du récit une exactitude de renseignements, qui les élève, sinon à la certitude, du moins à un haut degré de probabilité. C'est ce qui explique comment au moyen âge par exemple, on a pu sans violer les règles d'une saine critique, invoquer le témoignage des Évangiles apocryphes pour quelques détails moins connus de la vie de Marie. Du reste, sur certains points, leur narration se trouve confirmée par les Pères et par la tradition. Ainsi l'apparition de l'ange à Joachim pour lui annoncer la naissance de Marie est également rapportée par saint Epiphane ^ Saint Jérôme, quoique peu favorable aux