‹ Les Pères apostoliques et leur époqueChapitre 92 sur 143 · II« livre des Rois. c. xi · texte numérisé non relu

II« livre des Rois. c. xi

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rendre accessible à tous. Le Sauveur en a fait usage pour la même fm dans l'Évangile.

Nulle part, en effet, l'enseignement parabolique ne cache un sens plus profond sous une forme plus simple et plus populaire. C'est le sublime du genre, s'il est permis de comparer les œuvres humaines à celle de l'Homme-Dieu. Fraîcheur de l'image, élévation de l'idée, justesse de l'analogie, clarté du sens, tout concourt à prêter à chacun de ces petits épisodes du récit évangélique un caractère unique. Où trouver ailleurs ce naturel, cet abandon, ce pathétique si tendre et si touchant qu'on rencontre dans la parabole du mauvais riche et de Lazare, ou dans celle de l'enfant prodigue 7 C'est le règne de la grâce figuré par celui de la nature qui l'explique et le rend sensible ; ce sont les détails, les mille incidents de la vie ordinaire, qui servent de point de départ ou de comparaison pour initier l'intelligence aux mystères d'une vie plus haute, de la vie de l'homme avec Dieu. Expliquée par le divin interprète, la création entière prend une voix et tient un langage qui traduit les vérités célestes sous une forme intelligible à tout le monde. C'est en pénétrant le sens à demi voilé de ces simiUtudes, qu'on découvre et qu'on saisit les harmonies morales entre la nature et l'esprit, entre la société du temps et celle de l'éternité. Quelle sève vivifiante sous cette écorce qui la tient renfermée! Quelle nourriture substantielle dans cet enseignement qu'on s'assimile avec d'autant plus.de facilité qu'il est plus conforme à notre nature moitié corporelle et moitié spirituelle ! Ce qui le prouve, c'est que depuis dix-huit siècles ces divines paraboles sont devenues le thème habituel de l'éloquence sacrée : expliquées, commentées, développées sans cesse, elles offrent à chacun l'aUment qui lui convient : elles se prêtent au savant qui les creuse comme à l'homme du peuple qui en effleure la surface. En passant de bouche en bouche, elles n'ont rien perdu de leur originalité ; et bien que vieillies par l'usage qu'on en fait, elles paraissent toujours neuves. Les habitudes de la pensée, les procédés de l'esprit ont beau se

modifier autour d'elles, on y revient toujours comme à une source inépuisable de lumière, d'instruction de vie ; et chaque fois qu'on les reprend après les avoir quittées, il semble qu'on y touche pour la première fois, tant est vive l'impression que cause cette parole si simple et si haute. Elles jouissent d'un privilège qui leur est particulier, celui (l'être devenu l'enseignement le plus populaire qu'il y ait parmi les hommes, en restant le plus original de tous.

C'est aux paraboles de l'Évangile que se rattachent les Similitudes d'IIermas. Avant de les parcourir, je devais montrer comment cetle forme de l'enseignement moral prend sa source dans la nature humaine et s'est développée, surtout chez les peuples de l'Orient. Car pour se rendre compte d'un ouvrage, il ne suffit pas de l'étudier en lui-même, il faut de plus renvi;-ager dans ses rapports avec les œuvres parallèles qui l'ont précédé ou suivi. Dans la première Similitude, le Pasteur ne fait que reproduire l'Image employé par saint Paul dans l'Épître aux Hébreux : « Nous n'avons pas ici de cité permanente, mais nous en cherchons une où nous habiterons un jour *. » Cette représentation de la société terrestre et de la société céleste sous la figure de deux cités, l'une passagère, l'aulre permanente, est très-ordinaire dans le symbolisme chrétien. Elle dérive de l'ancien Testament, où Jérusalem, siège de la société spirituelle, est appelée fréquemment la cité de Dieu. Parlant de là, le Pasteur exhorte leschrétiens à se considérer comme étrangers dans ce monde; leur vraie patrie est ailleurs dans la cité d'en haut. Dès lors^ pourquoi s'attacher à cette cité terrestre, acheter des champs, bâtir des édifices somptueux ? Cet attachement excessif à des choses qui périront, prouve qu'on ne songe pas â la patrie céleste. Pourvu qu'on jouisse du nécessaire, cela suffît : qu'importe le reste ? Ces biens superflus ne servent qu'à nous embarrasser dans notre marche future.

En forçant un peu le sens de cette première Similitude, on

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