CONTRE LES VALENTINIENS
I. Les Valentinicnfty secte nombreuse parmi les hérëtiques> parce qu'elle se recrute des apostats de la yérité ^
Knche Tokmders pour les fables , et n'a riea d'efirayant lis sa discipliiie ; les Talentiniens n*oiit d'autre souci que de cacher ce qu'ils prêchent , si toutefois c^est prêcher que de cacher sa doctrine., lies ténèbres dont ils s eor Teloppent sont une précaution qnî les acctise. Ils affichent leur ignomiiiit" en afîirmant leur religion. En effet, le silence qui recouvre les mystères d'EleUvSis, espèce d'hérésie dans la superstition î^i c(xjne, en est la honte. Voilà pourquoi ils imposent de rudes épreuves, réclament une lon^e initiation, mettent un sceau sur la langue , et fixent à cinq ans la durée du noviciat, afin d'accroître Testime en ajournant la connaissance et de relever la majesté des mystères en allumant le désir. Puis vient le devoir du silence. On garde avec'stttehtionce qu'on a découvert si tanl. D'ailleurs cette divinité qui réside dans lé sanctuaire , ces soupirs des candidats j ce sceau apposé sur la langue , à quoi !out cela vient-il aboutir ? A la révélation de Temblème de la virilité humaine. Une interprétation allégorique, prétextant le nom vénérable de la nature, voile le sacriléf^eson s le patronage d'une figure forcée, et se justifie du reproche de fausseté par le simulacre qu'on adore. Il en est deméme des hérétiques auxquels nous nous at-
aô) TERTDIIIEN.
taquons. Recouvrant leurs vaines et honteuses inventions des noms, des titres et des arguments saerés de la reli- ^on f profitant d'ailleurs de la pluralité des personnes divines 9 parce qu*il semble assez plausible que le nombre engendre le nombre) les Yalentiniens ont aussi leurs mystèsres d*âeasis, qu*ib persuadent à la piété crédule , mystères sacrés par un inviolable silence , et qui nVnt de céleste que Tobli^tion de se taire. Interrogez -les avec candeur , ils vous répondent avec un visage austère et un front sourcilleux : 0 profondeur ! Poussez-les de question en question , ils afîirment par des subtilités et des équivoques la foi qui nous est commune. Prouvez -leur indirectement que vous ks avez pénétrés, ils nient tout ce qu'ils s'aperroivent que vous savez. Combattez-les par des raisonnements serrés, ils désarment la simplicité crédule en faisant bon marché d'eux-mêmes* Ils ne Hvrent aucun de leurs secrets à leurs propres disciples avant d^étre surs qu'ils sont à eux. ils ont un moyen de persuader avant d'enseigner* Or la vérité persuade en enseignant, elle n'ensei(;nc pas en persuadant.
n. Voilà pourquoi ils nous accusent de simplicité, comme si nous n'étions que simples sans être sages également, et que la sagesse fut contrainte de renoncer à la simplicité , qaaud le Seigneur les associe l'une à Tauu e : « Ayez la prudence du serpent et la simplicité de la co- « lombe, dit-il.)) Ou bien, si nous soiiunes des insensés parce que nous sommes simples, n'est-11 pas vrai dédire que nos adversaires n'ont pas la simplicité parce qu'ils sont sages ? Tous ceux qui ne sont pas simples sont des pervers, de même que ceux qui ne sont pas sages sont des insensés. Et cependant , sll fallait choisir, je préférerais le vice qui est le moindre , puisqu'il est plus avantageux d'ignorer que de« trop savoir, de se tromper que de tromper. Or, (( VaàX de Dieu regarde ceux qui le cherchent M dans la simplicité du cœur, » comme l'enseigne la sagesse elle-même , non pas celle de Valcutin , mais de ^lomop.
TERWLUSS.' 39^
Bn second lieu, les enfants ont offert a Jësii9-Cl|nst le. témoignage du sang. Appellerai -je enfants ceux qui crient: Cnicîfie^le î Crucifiez-le ! Non , ils n'étaient ni enfants, ni muets 9 c^est-à-dire qu'ils n'étaient pas simplea, L!Ar, pôtre aussi nous, ordonne de rederenir enfants selon DieUi^ quand il dit : « Soyez comme les enfants sans malice )». nar la simplicité, « mais ayez la prudence des hommes laits. » Tbx montré que la sagesse oîen réglée découle de la simplicité. En un mot , la colombe sert ordinairement à figurer Jésus-Christ; le serpent n'arrive que pour le tenter. L'une est depuis le commencement le héraut de la paix divine ; l'autre est depuis le commencement le spoliateur de l'image divine. Ainsi la simplicité pourra plut6t à elle seule reconnaître et montrer Dieu^ à elle seule la prudence le poursuivra et le trahira.
IU0 <}ue. le serpent se càche donc autant qu*il peut, qu^^^^^^ourmente sa prudence dans les détours de ses r^ triil^ ténébreuses ; qu'il habite dans les lieux souterrain ) qu'il se plonge dans les sombres refuges \ qu'il déroute la chidne de ses anneaux en mille sinuosités ; qu*il s'avance obliquement , sans se montrer jamais tout entier, bête ennemie du jour et de la clarté. Notre colombe à nous habite dans le sanctuaire de la simplicité , toujours sur un lieu élevé , à découvert et au grand jour. La figure de l'Esprit saint aime les clcurtés de l'Orient, qui est la figure du Christ. La vérité ne rougit de rien , sinon.de n*é|re. pas découverte. Qui rougirait en effet, d'écouter et de reconnaître pour Dieu celui que la nature lui a déjà révélé y dont elle sent tous les jours la présence dans ses couvres , qu'elle cominence seulement à ignorer lorsqu'elle ne le regarde pas comme unique , lorsqu'elle le fait multiple , lorsqu'elle l'adore dans ses créatures? liais renoncer à cette multitude de dieux pour en introduire une autre multitude ; faire passer les fidèles d'une autorité domestique à une autorité inconnue, d'un maître visible à un maître caché , c'est tourner les lumières naturelles
éontl^-ia foi. Que si tu iaterroges-le fond de toxàkà febleS) ne te sçnible-l-il paB que ta ncmmoe t*ait raconté^ autrefois dans ton eafonice, et pérfcni les difficnltés da sommeil , Thuloire des tours de la Lamie et des peignes du soleil ? Mais quiconque se présentera arec la oonnaî»-' s-mce de la foi, aussitôt qu'il rencontrera tous ces noms dÉons, tous ces mariages, toutes ces générations, toutes ces morts, tous ces âvénemtuts, tous ces bonheurs, toutes ces infortunes d'une divinité, ainsi dispersée et mise en lambeaux y hésitera-t-il à reconnaître ces fables et « ces « généalogies sans fin, » que TEsprit de TApôtre condamna dWance, lorsque ces semences béréwjiies èbnimençaient dès-lors à pulluler? (Test donc avec justice qu^ils répudient la simplicité pour ne s*acoorder que la prudence, ces hommes qui, oiitre qu*ild enfantent diiQ|qâ|ement de pareilles chimères , 'èt les défenilent bbluiûenient, ne les livrent pas tout entières à leurs disciples, astucieux, parce que leurs doctrines sont honteuses , barbares d ailleurs, si elles sont louables. Nous cependant, tout simples que nous sommes, nous savons tout. En un mot, voilà quelle est la première arme par laquelle, en ouvrant la îîce , nous démasquons leur conscience et préludons à la victoire, puisque produire au grand jour ce que Ion cache avec tant d'effort, c'est Tanéantir.
!¥• Oui, nous oonncnssons, je le r^te, leur origine ; nous savons pourquoi nous leur donnons le nom ile Vàlen* iiniens, quoiqu'ib le désavouent. II est bien vrai qu^ils se sont éloignés de leur fondateur ; mais Us nVint point anéanti par Bi leur origine , et sî par hasard ih ont changé, leur changement lui-même lémoi;;nc confre eux. Valentin a\ait espéré Tépiscopat, parce qu'il avait du talent et de réiotjuencet Indi/jné qu'un autre , par le privilège de son mart\Te, eût obtenu cette dignité, il rompit violcmnicut avec l'Église qui professe la foi véritable j et, lidcle à l'exemple de ces ames qui, en aspirant aux honneurs , brûlent du désir de la vengeance, il s'appliqua tout entier
ll&IIJU.IfiN. 895
à ruiner la vérité. Trouvant le germe d'une ancienne opinion, il frava \c cluniiin à Colarbase. Vint ensuite Ptolén^vc. qui (lisîinjjiia les noms et le nombre de^ Kons en substances per^>nntl les, mais déterminées hors de Dieu, laii<y&K|iiie Valenliu les avait renfermées dans i^esscnce de iBidMiâlii^t sous le titre de sentiments , d affections et de iikwtytobate. Héradéon, Secondus» et le aaagicien Marc, {MilMreà la doctrine qnriqnes pas. Quant k Théotimc, llrriMéfm vmicist des images de k bi« Ainâf de Va<* kÉèlBV;^ ^ queMiiMi aujourd-fanii^ et eepenéttttôi ihérétilpm Vafpelleot Valrâtiiiieiis , pèiee qn'tb ont commenoé aveeYainitfai. Azîonique, jusqu^à ce jour, est le seul qui , dans Àntioche , console la mémoire de Valeuun par une tidélité rigoureuse à rinstiiution primordiale. D'ail Uîtirs cette hérésie s'est émancipée jusqu'à hi' iransloriner autant de fois qtie Timpure courlisanne a rhabitude de travestir ses traits et ses vêtements. Pourquoi n'en ieratt-il pas ainsi ? Ils trouvent dans chacun le«r 6e»renee spirituelle. Ont-4b inventé quelque 'ttÉNfVicailléf iMir-le-éhamp ib appelleikt révélation f €b qui li\Hl|.qnB ootajeettire, don èacré, oe qui n'est qu'tivventioii Iwdtailtie'y^diwmité, ce qui est unité* Yoifii pourquoi nous sans parler de leur dissimulation ordinaire, que la plupart d'entre eux sont divisés. Sur certains poinis, ils vous diruut même avec sincérité : t< Cela n'est (( point ainsi; jVnfond?? cela nutremont: cela, je ne le « reconnais pas. )) En eifct, c'est [):\v la dn ersîté que l'on iunove dans la règle : elle a même les couleurs de l'ignorance.
Y. J'engagerai la discussion avec les dogmes fondamen- ' Mtt des maîtres primitife et non avec tes chefs hypocrites de ces disciples qui vont oli on les mène. On ne nous aœoseni pas non plus, comme on le fiût » d'avoir inventé à plaisir ces matures que des, personnages, remarquables par leur sainteté et leurs lumières, non-seulement nos devanciers, mais contemporains des hérésiarques eux-
SQ6 TSaiCLLIEN*
mêiucs, ont exposées et réfutées dans de lumineux traités : témoin Justin, philosoplie et martyr; témoin Mil' tîade, le champion des églises; témoin Irénée, savant ' investigateur de toutes ces doctrines; témoin notre Proculus, vierge jusque dans sa vieillesse et honneur de l'é<* loquence chrétienne. Fasse le ciel que je les égale dans toutes les œuvres de la foi de même qiie dans œlle-ci 1 - Ou hieii , si ces hérésies n'ezîsleot en aucune manière , de sorte qail faille les imputer à ceux qui les combattent, le. mensonge refombeTa sur TApâtre qui les a signalées* Mais non ; si elles existent , elles n*euslent pas différantes de ce qu'elles sont représentées. Quelle est la plume assez désœuvrée pour imaginer des chimères c^uand elle a les matériaux ?
\ I. De peur que tant de noms étranf^ers, bizarres, rassemblés à plaisir, équivoques, ne jettent des ténèbres dans Tesprit , je dois commencer par déclarer dans ce traité , oii j'ai promis seulement Texposition de ce mystérieux arcane 9 oomment j'en userai à l'égard de ces noms. Quel^* quesat^S) venus du grec, n*ont pas d'équivalent cpii les rende dans une autre langue ; d'autres sont d'un genre différent; d^autses enfin sont d'un usage plus fréquent en grec. La plupart du temps i nous emploienNis donc les mots grecs : ib porteront à la marge leur signification ; les termes grecs ne manqueront pas non plus aux mots latins ; mais ils seront marqués dans le cours du récit au-de^us des lignes, afin qu'ils deviennent le signe des noms de per- . sonne pour lever Téquivoque de ceux qui admettent aussi une autre sij^nification. Quoique je remette à un autre moment la lutte sérieuse , pour me contenter aujourd'hui d'im simple exposé, cependant partout où Textravaguioe' de la docÂrine méritera la flétrissure, une attaque soperfr* cielie et rapide sera nécessaiv«. Ima^e-toi, lecteur, que tu assistes à l'escarmouche avant le combat. J'indiquerai^ mais n'enfoncerai pas les coups. Si le rire s'élève en qpel^ que endnnt , ce sera rendre justice à de pareilles nui-
tERTULUËN. 897
titres : îl en est bcnucoup qui ne demandent que cette réf utation , de peur qu'une réponse sérieuse ne semble en accroître l'importance. Le ridicule va naturellenu nt h de vaines conceptions, il convient aussi à la vérité de rire, parce qu'elle est joyeuse , et de se jouer de ses ennemis, parce qu'elle est confiante dans sa fyroe. Seulement il faut éviter que son rire n'excite à son tour la raillerie, s'il était déplacé. Mais d'ailleors partout où le rire est convé^ nable , il rempli! un devoir. Enfin , je commencerai aind.
yn. Le poète romain -Bnnius s'était contenté dé dire le pr cmisrde loosque «^les oénadesdu ciel étaient immenses,» soit à cause de la grandeur du lieu , soit qu'il eût lu dans Homère les festins que Jupiter y donnait. Mais c'est chose merveilleuse de voir combien d'élévations sur élo\ avions, de sublimités sur sublimités les hérétiques ont suspendues, entassées, étendues pour former l'habiiatlou de chacnji de leur dieu. Ces cénacles, qu Eonius donne à notaei»MËiteur9 ont été disposés dans la fondé de petits appartements, surmontés de balcons d*élage en étage, et distribués à chaque dieu par autant d'esadiers qu'il x a eu d'bérésies. Le monde est devenu un yéritable dUSplotr. Vousdiries Tile fortunée, à voir ces mille et mille degrés du cieL Ou sont-ils ? Je l*ignore. G^est là qu*babite le dieu des Valentiniens, lou^li-Riit sous les tuiles. Considère dans sa substance, ils l'appellent i JÎon patfait , dans sa iK i sonne, Proarchéy jirchê , ou Bjthos , mot qui ne convenait nullement k qui habite dans les hauteurs. Ils le proclament sans commencement , immense , infini, invisible , éternel , comme si le définir tel que nous savons qu'il doit être c'était prouver qu'il Test véritablement , poap>«vmr droit de dire que tel il a été et qu'il a précédé tontes choses. Mais je le somme de me prouver son eiistence : et ici je remarque surtout que ces dieux^ qu*on me présente comme amérieurs à tontes choses, arrivent après tomes choses , et encore après des choses qui ne sont pas à eui. Eh bien ! d^acoord ! Ge Bjrthas a sommeillé autre-
g9» XE^TULLIEN.
fois, pendant une infinité de âècle»» danalec^M él le repos inaltérable d*une pacifique , ou pouf mieux dite» d'une stupide divinité, tel enfin que le luiordonnaÉpicure^
Et cependant à c(î Dieu qu'ils nous représeutent comme unique, ils lui doniieni danb lui-même et avec lui-même une seconde personne qu'ils liommenr Charis ou Sigéj Autre inconséquence. Ils 1 arrachent à (:t^ liienlieureux loisirs pour qu'il ait à ùrvi de lui-même le principe de toutes choses. Ce principe, il le dépose dans le sein de sa Sigéy qui le recueille et conçoit. YoUà donc Sigé qjiî ea« lante dapdeslinement. Celui qa*eUe eniairte s appelle NoûSf exactement semblable à son père , égnl à lui en toutes choses. Èn un mot» seul il saflit à contenir cette immense et incompréhensible grandeur du père. Ann est-il nommé Père, commeneement de tontes choses, et , à proprement parler, Monogène ^ ou plutôt terme sans propriété, puisqu'il u'esL pas fils utii(|uc. En effet, une îemme naïf après lui. Kile » appelle f vriitj. Le nom de Profoijènr ne conviendrait-il pis beaucoup mieux à ce Mo- HOgène, puisqu'il est venu au monde le premier? Bjthos etàSrgéy Noûs et réritéy premier quadrige aoquei sattèle la secte de Valenlin> sont donc le. principe et IWigtne de ions les autres. Car ce même Noûs , aussitdr qu'il eut reçn la faculté d'engendrer , produit le Verhe et la Vie y qoi , si elle n'existait pas auparaTam^ areaiMii pas non plus par conséquent dans Bythot* Mai» cp— lens supposer que la yie n*était pas dans Dieo ! €Se couple no«H veau , mis au monde pour commencer V universalité et le Plérôme ^ar/oiV^eugeiidre à son tour : il procrée VlJontme et X Église» Tu as VOgdoade, double Tétrade ^ par l accoupiement des mâles et des femelles. ï^renier des Éons primordiaux, pour ainsi dire, hymens traierneis des dieux Yalentiniens , origine de toute la sainteté et de toute la rn^esté de cette hérésie, multitude de crimes ou de dieux, je rigoore j mais à coup sur, prinoipede toute la fécondité ultérieure.
VÏII. Voilà donc que la seconde Tétrade , le Verhe et la Vie, X Homme et ï Église, a germé en l'honneur du père. Alors , désireux d'offrir au père de leur propre fonds quelque chose de pareil à leur nombre, ils produisent d'autres fruits, par funion de leur double nature, et en vertu de leur alliance par conséquent. D*un coté, le Verbe et la Fie mettent au monde une dixaine tVÉons à la fois; de Taulre, V Homme et V Église en produisent deux de plus, pour atteindre le nombre des auteurs de leurs jours, parce que ces deux êtres, réunis aux dix- autres, forment un nombre égal à celui qu'ils ont procréé. J'écris les noms de la décade : Bjthos et Mixis , Jlgératos et Hànoxis ; Autoplrybs et Hédonê ; jicinétos et Syncrasis j Monogène et Macaria. Voici, d'autre part, ceux du nombre duodénaire : Pcu'aclet et Pistis; Patricos et Elpis ^ Métricos et jigapé \ Aïnus et Sjnésis} Ecclésiastique et Marcariote y TTiélétus et Sophia. Je suis forcé d'expliquer ici , par un exemple semblable, ce qui manque à ces noms. Il y eut dans les écoîes de Carthageun froid rhéteur latin du nom de Phosphore. Un jour qu'il contrefaisait le brave : 0 mes concitoyens ! dit-il , j'arrive devant vous du champ de bataille, avec ma victoire, avec votre félicité, accru, glorieux, fortuné, très -illustre , triomphateur. Ses disciples aussitôt de s'écrier : 0 famille de Phosphore (1) ! Tu sais maintenant ce que c'est que Fortunata, Hédonê^ Acinete^ et T^e/eVa^. Écrie-toi aussi : 0 famille de Ptolémée ! Voilà ce Plérome mystérieux qui se compose de la plénitude d'une divinité répartie entre trente. Nous verrons quels sont les privilèges des nombres quaternaire, octonaire et duoflénaire. Remarquons en attendant que cette fécondité tout entière s'arrête au nombre trente \ l'énergie, la faculté et la puissance prolifique des Éons sont épuisées , comme s'il n'y avait pas de nom-
(i) Le ftcl de ceUe plaisanterie est dans l'exclamation <piv, qui, en grec, exprime également la douleur ou l'admirulion.
TERTDLLIEN.
bres au-klelà ni d autres noms qu'an pédagogue pût leur enseigner! Pourquoi, en effet, ne pas aller jusqu'à cinquante / jusqu'à cent procréations? Pourquoi oublier les nourrices de tous ces dieux et leurs compagnons?
nL. il y a plus; voici une acception de personnes* Noûs est le seul qui entre tous jouisse de la connaissance du Père incommensurable, joyeux et plein d^allëgresse, par conséquent , tandis que les autres s'allristent. II est bien vrai que Noûs, autant qu'il était en lui, avait eu la "volonté/et même avait essayé de coiiimanîquer aux autres ce qu*il connaissait de la grandeur et de rincompréhensibiiité du Père. Mais Sigê(\), sa mère, s'y opposa, cette même Sigé, qui prescrit le silence aux hérétiques ses adeptes, quoiqu'ils mettent cette obligation sur le compte de leur père, qui , à les entendre, veut par ce moyen , ai* guillonner le désir. Ainsi , tandis qulls sont torturés au' fond d'eux-mêmes, tandis qu'ils sont brûlés d'une secrète ardeur de connaître le père, le crime faillit se consommer. De ces douze Eons que 1 homme et l'Église avaient procréé, la dernière Éon, du côté de l'âge, (qu'importe le solécisme, car Sophîa est son nom), ne pouvant plus se contenir, s'élance à la recherche du Père, sans la société de son é[X)ux Philète, et recueille un vice qui avait déjà commencé dans tous les autres à l'occasion de Nods, mais qui était passé dans cet Eon, c'est-à-dire dans Sophia, de même que des maladies nées avec le corps soulHent ordinairement leur contagion sur un autre membre. Toutefois, sous prétexte d'amour pour le Père, elle nourrissait une ardente rivalité contre Nùùs, admis seul à jouir da ÎPère. Mais aussitôt que Sophia, qui aspirait à l'impossible, eut été. trompée dans ses vœux, vaincue par les difficultés, et croissant toujours en affection , peu è'en fallut que la violence de l'amour et de l'investigation ne la consumât entièrement, et ne l'anéaniit dans le reste de sa substance^
(t) Jeu de mot : S^i^ eu ^ec, sî^^itie silence*
A vrai dire, elle n'eût interrompu ses recherches qu'en périssaDt, si elle n'euit, heureusement pour elie, rencontré Horusj qui possède aussi qi^elque vertu en tant que fondement et gardien extérieur du Plérome parfait , et s'appelle eooore Croix, Lffrote et Carpiste. Ainsi donc Soplda, délÎTrée de ce péril et se laissant persuader» quoique tard, trouva le repoa en renonçant à la recherche du père, puis exposa comme un fruit avorté Entkymésis tout entière, en d'autres termes le désir, avec la Passion qui était sur^ venue. "
X. Mais quelques-uns ont rêvé autrement l'infortune et le rétablissement de Sophia. Après ses vains effbrls et le renversement de ses espérances, elle était, j'imagine, défigurée par la pâleur, l'amaigrissement et Je peu de soin qu'elle avait*]N*îs de sa beauté, comine U convenait à celle qui pleurait un père refusé à sa tendresse , avec des larmes atissi amères que si elle l'ei^ perdu réellement. Puis dans sa dooleur, par elle^néme, sans aucime intervention conjugale, elle conçoit et procrée une femme. Vous Yous étonnez de cette merveille l Mais la poule n'a^ t-cllc pas la vertu de produire par elle-même ? Il n'y a , dit-on , que des femelles parmi les vautours : elles deviennent mères cependant sans le concours du màlc. D abord elle s'attrlsu^ de l imperfection dp son iruiî : enfin elle a peur que ta mort n'approche : elle ne sait que penser^ de la cause de cet événement ^ elle cache soigneusement sa grossesse. De ifemèdës, il n'en est nulle part. En effet, oti liaient alors les tragédies et les comédies, pour leur * emprunter la manière d*e>poser un fruit qui était né cdbtre les lois de la pudeur? Tandis qu'elle est en mal d'enfant^ elle lève les yeux et se tourne vers son père. Yains efforts ! ses forces rabandonnent ; elle tombe à genoux pour prier. Toute sa parenté adresse des supplica- ^ons pour elle , IS'oâs avec plus d aidcur que les autres. Et pourquoi pas ? N'élait-il pas la cause de tout le ma4 ? Touieibis, aucune des iolortuues de Sophia. ne fut inutile \ T. vir. 516
40) • T£iiimLl£N.
chacun de ses labeurs est iécond. En effet , ses tribulations donnent naissance à la Matmre ; son ignorance, ses frayeiira, ses tristesses deviennent autant de subslaoces. Alors son père, touché entin de compassion , procrée , par rintermécÙaire de Naûs^Monogène, ces substaoces dans la femme mâle, son image, parce que las Yaientinieiu ne s^acooident pas sur le sexe du Père, Ils y ajoutent encore ffww, qu ils appellent Métagogès, c'esMi-dire qui oonduit tout autour, et JImvîhétès, C'est par lui, dîâent-ila, que Sophia fut détournée de ses voies illicites, délivrée de ses maux, 1 oriifiée, rendue à Tliymen, et qu*enfin elle demeura daiib le sein du iHérôvie. Quant à sa fille Enthf'^ mésis, et à la Pasilon sa compaf;iie, elle fut bannie par Horus, crucifiée et chassée du nomLi e des Eons. On l'appelle le Mal y substance spiriiueile toutefois, puisqu'il est rémanation i^turelie d'un Bon, mais substance informe et hideuse, puisque sa mère n'avait saisi que le vide, fruit débile par conséquent, et déclaré féminin.
XI. Ainsi, après qu^'Enthymésis eut été repoussée, et ^phia sa mère rendue k son époux, ce Mcmgène^ ce Ifofls, délivré de tout soin jpar rappprt à son père, pour^xmaoUder les choses, fortifier le Plérômeet en fiîcer à jamais le nombre, de peur qu'à l'avenir quelque révolution semblable ne le troublât , clot celle série par une nouvelle procréation, le Christ et V Fspru-Saùit : accouj dL inent hideux de deux mâle.s ^ ou bien, selon d'autres, l Esprit saint sera femelle, et le mâle est fécondé par la femelle. Ces ' deux êtres n'ont qu'une seule et même divinité, qui consiste k compléter l'harmonie des .Eoiu. De celte fonction commune à l'un et à l'autre naissent deux écoles , deux, chaires, et comme le .principe de la division dans la doctrine de Valentin. U appartient au Christ d'incuJqiaer aux Eons la nature de leurs alltanoes (tu vois quelle entreprise il avait sur les bras), de leur donner Tid^^ de Tinné^e les rendre capables d'engendrer en eux la connaisBanoe du Père, parce qu il est impossible de le saisir, de le cgm--
prendre, de le Toîr et dç Feiitendre^aotreitient qile pàr Moriègène, Qu'ils ap{#ennent ainsi à cqg^itre le père,' d'accord y pourvu qu'ils le connaissent '^^nent par té fils ! Mais ce que je veux flétrir, c'est la perversité de cet^ doctrine par laquelle on leur enseignait que Tineompré^' ^sibifité du père était la cause de leur perpétuité, et sa cM)ii éhéhsibilité le motif de leur générât ion et de leur formation. En effet, on insinue par cette proposition, si je ne me trompe, qu'il est avantageux que Dieu ne soit pas compris, puisque ce qu'il y a d'insaisissable chez lui est cause de la perpétuité, et que ce qu'il a de saisissable amène non plus la perpétuité, mais la naissance et Taccident , qui sont dépourvus de perpétuité. Le fils seull;^ disent-ils, est capable' dë' comprendre le père. Mais de quelle manière est-il . ^Jp^ris? Le Ch'ist qu'il a engendré l'a enseigné. Quant à' ' U^saint, voici ses fonctions spécialél. Il veille à dè' ifé, ^ux par Tamour de la doctrine, soient à même' )U|^BivpB Tactioû de grâces et d*entrer dans le repos
r. Tous les Ébns sont donc égaux en forme et en sagésse, devenus universellement ce qu'est chacun , sans différence entre eux, parce que tous sont réciproquement semblables. Chaque être mâle se confond dans les Noûs, dans les Verbes y dans les hommes ^ dans les Philètes ; de même que les femelles dans les Sige, les Églises, les Foty tunées, si bien qu'Ovide eut effacé toutes ses métamorphoses, s'il avait connu des métamorphoses bien plus mervoUfl^de nos jours. Les voilà réunis, consolidés, et rétaBra dans le repos par la vérité : alors, au milieu des j|ansports de Tallégresse, ils célèbrent le père par de^ ^•fàitïèi*. Le pèk^ lui-même est inondé de joie, en entendant lTi8*çhants joyeux de ses fils et de ses petits-fils. Et pourquoi ne serait-il pas transporté de bonheur, quand le ^Plérôme n'a plus rien à craindre ? Quel pilote ne pousse la* joie même jusqu'à l'indécence ? Nous voyons tous les jovs les joies immodérées des marins. As-tu jamais vu les
404 TERTULUEN^ ^
nautoaiiiers trépignant de plaisir autour du repas auquel chacuu d'eux a contribué ? Il se passe quelque chose de semblable parmi les Euus. Conibndus tous ensemble par la forme, à plus forte raison par le sentiment, et voyant se réuDÎr à. eux les nouveaux frères et les nouveaux maitres, tels que le Christ et ï Esprit saint, ils apportent en commun ce que cliacun d eux avait de meilleur et de plks beau. Ou plutdt, je me trompe : puisqu*ils sont tous une seule et même chose» en venu de l'égalité doot j*ai parlé plus haut , j'aLeu iort de les comparer au repas appelé symbola, dont le mérite principal consiste dans la variété. Tous apportent en commun le même et utiique bien qui les. constitue tons.
Il serait bon peut- être de discuter le mode ou la forme de cette égalité générale. De cet argent fourni par plusieurs (ï), comme parlent les inscriptions, ils formentdonc, en l'honneur et à la gloire du Père, l'astre brillant du Fléréme, et pour fruit parfait , Jésus. Ils le surnomment du nom patronymique de Soter, de Christ et de Verbe ^ G*ai d'Ésope, Pandore d'Hésiode, Plat précieux d'Accius, I^nacée de Nestor, Miscellanée^e Ptolémée. Qu'il eût été plus facile à ces frivoles inventeurs de noms de 1 appeler» à Texemple des Athéniens dans certains spectacles, Pan-carpos ! Mais, afin d^omer aussi d'une pompe extérieure leur muf^nifique idole, ils lui donnent pour satellites des anges. S'ils sont ses égaux, d'accord. Mais s'ils sont consubstantiels à Soter, car on ne s'explique pas clîiirement Ik-dessus, comment pourra-t-il s'élever au-dessus de ses égaux?
XUl. Cette première série contient donc la première émanation des Éons » qui naissent, s'épousent et engen* drent é'^alement^ les périlleuses vicissitudes de Sophiây^ qui brûle de connaître son père ; le secours A'Hon^, qui lui vient fort à propos en aide^ l'expiation d'Etufymésis
(i) A Home» quand les monuments éUiient comlruits à Ê'ais communs ila perlaient celle imcn|)liaii : ^Sre cMtUlio, de pairuUi»* ^
lËUttlLLlSN. 4o5
de la Passion, sa ccaupagncj renseignement du Chist et de \ Esprit saint; la reformation tutélaire des £ons^ les ornements de Soter, variés comme la plume du paon» et "enfin les anges qui fent «entineUe devant lui, quoique «es égaux.
— Mais le teàtè ? me diras^u»
— Pùitez^vous bien et battez des mains (l); ou plutôt , léooutes oe qui me reste à dire , et couYres&-le de yos mé^ pris. D'ailleurs, font cela se passa , dit'otii dans le cercle lïiéme du Pléréme^ c*est la preTnîère scène de la tragédie. La seconde partie s'accomplit par delà la toile qui sépare la scène, je veux dire en dehors du Plérôme, s'il est m ni toutefois qu'agir dans le sein du Père et dans les llmitt s de la surveiilaîicc d Horus, c'était se mouTok* librement ■en dehors de Dieu et là oii il n'était pas.
XIV. JSntkymésù^ en effet, Ou biea ^c^^zmot/k^ selon le nom qui lui est donné et dont Tinterprécatidn est obs*^ enre, api^ amnr été confinée avec k Passion,'8aL compagne tn8^nd>le, dans les lieux étrangers à la lumière, qui sont ie domaine du Ptérâme et rappellent le yide d*£picure| •Entfymësis soufifre par le lieu même oîi elle est reléguée. Toujours est-il qu'elle n'a ni forme, ni apparence, procréation défectueuse et avortée. Pendaui qu il en est ainsi, le Christ f fléchi par les Éons supérieurs, est conduit sur la terre par HoriLs, pour compléter par sa propre vertu cette production incomplète, toutefois en lui donnant la forme de la substance uniquement, mais non celle de la science. Il lui en arriva quelque émanation cependant \ car elle garda un parfum d'incorruptibilité par lequel ^ avertie de son infortune, elle aspire à des dons plus excellents. Le Chn$^ après avoir rempli cette mission de mi-» séricorde dans la société de VEsprU saint, rentre dans le Plér6me. L*usage applique aux choses des noms qui rap
(i) C'étaient les naoti par lea^uels on av«rU«ait \m ipectaleiin gue la comédie était tioie.
406 T£RTULL1£K.
pellent le donateur. Enthjmésis a pour origine le désir lui-même. D'où vient uichamoth P on le cherche encore. Sophia émane du Père , \ Esprit saint de Fange qui était ' dans le Cliristy et loin duquel Enthjmésis abandonnée avait éprouvé le désir. Aussi s élança-t-elle à la reclierche de sa lumière. Si elle ne le oonnaissait AuUemeiU^ puisque 8on opération avait été invisible, cwoieiit jecherchait-elle une lumière qui lui était ^aw» inconnue que 8011 auteur? Elle Tessa^a toutefob^ peut-^ire même eût* elle réussi à la découvrir, si ce même JCbnti qui s'était A heureusement présenté à la mère, ne se fût je té si mal*^ encoutreusement h la traverse de la fille, en lui criant, lîw, œiume qui dirait : « Arrière, Romains (1) ! ou bien: « J'en jure par Ciji>ar. > De là cet Jao que 1 un trouve dans les Écritures. Ainsi arrêtée dans ses in vesiiga lions et ne |x>uvant atteindre jusqu à la Croix, c'esl-à-dire jusqu'à Horus^ parce qu elle n'avait jamais joué le Za«reo/u5deCatulle(2), et livrée enân à la Passion, sa compagne, eUe commença d'en ressentir toutes les perplexités et les ai^ilions) le chagrin , parce qu'elle avait échoué dans son entr^rise ; la crainte, de peur que la vie ne lui échappât Qpmnie lui avait éclia{^ la lumière \ puis la consternation \ puis encore Tignoranoe. 11 n*en était pas d'elle comme de sa mère. Celle-ci était un Éon ; mais sa condition à elle ren^ dait son sort encore plus déplorable , puisqu'elle avait à lutter coutre une autre sollicitude, je veux dire sa conversion au Christ , par lequel elle avait été appelée à la vie et formée pour eette conversion eile-méme.
XV. Eh bien! Pyiliagorlciens, Stoïciens, et toi aussi, Platon, apprenez tous d'où la matière, que vous iaîtes in-
(I) Porroy quiritÊi I C'élalik 1» cd des pQrtMni NiMtlfltt |M»r ae firifi
place dans les rues. .
(a) Le Lauréolui ôtaît une tragî-coméUie de Catulle , dans laquelle un juge, af^)elé Laurcolus , était mis en croix. TertuUien veut dire qu'EntyhtDèâs n'avait pas l'habileté du comédien jouait ce rûle, puiaque sou- Tint attaclié «u gibet ^ ce dtruier «TtU toti|ours rarTéca kêoa W|i^io«.
ti^ a jpris JMBtt 'Oirigine ét sa sidstanoe dans ce vaste as* eembhige de rnofverB , mystère qoe Mercwe^^Trismégiste
' Itii-méme , maître de tous les physiciens , n'a pu pcné* ti cr. Tu viens d entendre nommer la Cons^ersion , autre espèce de Passion : c'est d'elle , assure>t-on , qu'a été formée l ame de ce monde , l'ame elle^^méme du Demîut que, c'est^-dire Tamede notre Dieu. Tu connais le Chag/ ùi et la Qmnte : ce sont eux qui ont donné naissance à toutes les antres créatures ^ car la masse des eaux est yenue des lar« mes d'^chamoik. li est facile d'apprécier Tétendue de sa fsalamilé par la multiplicité des eaux qui jaillirent d'elle. Elle en eut de salées» elle en eut d'amères, de douces , detdiaudes, de firoidesf^ de bitumineuses, de ferrugineuees, êm SDlphuranses, d'empoisonnées ; de sorte que la source de Nonacris qui tua Alexandre, lui emprunta son venin , ainsi que celle de Lynceste, qui produit l'ivresse, et celle de Salniacis, qui amollit le coura^. Cesi AeJiamoth qui a versé les pluies du ciel en poussant des cris ^ ce sont des douleurs et des larmes étrangères que nous prenons soin de conserver dans dos citernes. De même les cléments OQorporels ont été tirés^de sa oonaiemation et de sa frayeur. Toutefois, au milieu de son immense solitude, dans la ywât éibndue de aon abandon , elle riait de temps en tÊOtpSf au souvenir q[u'elle a?ait vu le €krist : de la joie de son Sburire rayonda la lumière. 'Pourquoi ce bienfah de la Providen«pqui la for^tk sourire? Étai^ pour que l'homme ne vécût pas toujours ici-bas dans les ténèbres? Net'étonnepas quedesa joie ;i i f jailli pour le monde un élément si lumineux, puisque de sa tristesse est émané pour le monde un agent si nécessaire. O rire qui illumine ! ô larme qui arrose ! Àchamoth cependant avait là un remède à l'horreur de sa retraite. Toutes les fois qu'elle voulait en disriper Tobscnrité, elle n'avait qu'à sourire , ne fât^ce même que pour ne pas invoquer ceux qui l'a*? vaieat abandonnée.