XXII. Je leur pardonnerais plus volontiers leurs ab
4lâ Ï£RXUIXI£N.
surdités honteuses sui- le diable , ne fût-ce que par la rai» son que la souillui e de son origine s'y prèle davantage» lis le font naître de la inali^iiîto du chagrin que ressentit Achamotli. Ils donnent la même origine aux anges » aux démons , et à toutes les générations des puissances spiFi->> Ituelles du mal. Ils ne laissent pas d'affirmer cependant ^e,le c^îo^/e est Toeuvre du Mmiurgue$ ils rappellent samwain du monde) et ils tiennent qu'en Tcrtu de sa nature spirituelle > il connaît plus les Bons supérieurs que le D^mrgue, qui est fout animaL Le père de toutes les hérésies mérite bien la prééminence qu ils lui accordent*
XXIli. Voici dans quelles limites ils placent comme la citadelle de chacune de ces puisssauccs. Dans les hauteurs les plus élevées siège lePlerome en trente personnes, dont JJorus garde la ligne la plus reculée. Au-dessous de lui, Achamoth occupe l'espace intermédiaire, foulant aux pieds son hls. Car au-dessous d'elle réside dans son sep^ Unaire le Démiurgue , ou |i|ptôt le diable , habitant de ce monde qui lui est oommuii avec nous» et dont chaque élément y chaque corps, ainsi que nous Tavons dit plus haut, est formé des fécondes % infortunes de Sophia$ de sorte que 1^^5;?rîSC n'aurait jamais eu un espace pour âspiiAif et expirer l'air, ce vêtement léger de tous les corps , ce révélateur de toutes les couleurs ,-cet instrument qui rae^ sure les temps, si la tristesse de Sophia n'en avait produit les légères molécules , de même que sa frayeur a créé les animaux, et sa conwersion^ le Démiurgue lui-même. A tous ces éléments, h tous ces corps fut soufHé le feu. Comme ils n'ont pas encore expliqué la [)assiou originelle de leiir Sophia, je penche à croire jusque là que le feu jaillit de ses mouvements fébriles* Car, qu'elle ait la fièvre dand ces violentes tortures , on le croira volontiers.
XXIV* Après avoir réve de pareillesehimères sur Diea, ou sur les dieux , à quelles chimères ne foat-il pas s'attendre quand il s'agira de l'homme P En effet , le Démiurgue , après avoir produit le monde , se met à Toeavre
TEIITULLIEK. itS
ftmr créer Thonitte. U choisit pour da siilâfcttdl^^'iibii^^^^ diaenl^ls» quelque paroeUe de cette aride, que iKmsreoonniûfiaona nous antres conme terre unique (comme si^ lors 9lM|b|u'elle n*d|| pas été aride dans la suite, elle n'aurait pHlleMÀlors dans le liaoïi qui restait après la séparation des eaux), mais il emprunte au corps invisible de celte matière philosophique , ce qu'elle avait de fluide et de fusiblS D'où venaient ce^ fluide et ce fusible? Il m'est impossible de l'imagioei^ puisqu'il n'existe nulle part. Si en effet ce sont là deux propriétés du liquide , et que touf liquide soit né des larmes de Soplùa, nous devons en con->, dure que ce limon se forma de la pituite et de l'humeur "visqueuse de Sophia, parce que celles-ci sont la lie des htaMfti)de>niénie que cé qui se précipite est lè limon deaf e0iéfi^:d4mik)àÊaàsi que le Démiurgue façonne l'homme et l!àriiBieqde)k^ souffle. ParMi il sera terrestre, animal, fait à Timage^et à la ressemblance du Démiurgue, Être quadruple ! En tant qu'image , il est réputé terrestre , c'est-à-dire matériel , quoique le Démiurgue ne soit pas matériel \ comme ressemblance , il est Bnimal , car cette propriété appartient au Démiurgue. Tu as déjà deux de ses formes. Ils veulent ensuite qu'un vêtement charnel ait^couyer|t cette organisation terrestre, et ce vêtement, c*est la tunique de peau qui tombe sous les sens. -^^LÉlituifàimiotkmLXX gardé de la substance de Sophia sa'mère, une portbn de semence spirituelle , de même qn'4i(8hanMth ^lle<-méme en avait communicjlié quelques pata^ei'èiSon ûhle Démiurgue^ mais k Tinsu de ce dermer* Pburquoi cette précaution ekiÉlestine ? Tu vas le connaître. Elle avait déposé et caché cette semence, afin qu'au moment oii le Démiurgue transmettrait son ame à Adam par la vertu de son souffle , cette semence spirituelle coulât par le même canal jusque sur l'homme terrestre, et que déposée dans ce corps matériel comme dans une matrice où elle pût s'élaborer et grandir, elle fût troQ^ée^pable de recevoir un jour le Ferhe parfait.
Ainsi, lorsque le Démmrgue fit passer dans Adam l'effusion de son ame, l'homme spirituel se glissa socrèteoient avec ce souffle et fut introduit dans ce corps, parce que le Déamrgue ne oonnaissait pas plus la sémence de ^ mère que sa mère elle-même. Cette semence, ils l'appellent TjÉ- ^/ûtf, image de ï Église d*en haut, et berceau de lliomme: ils le font donc des cendres ^uichamoth, de même qu'ils tirent Tanimal du Démiurgue, le tevrestre de la subs^ce primordiale , et la chair de la matière. Nouveau , c'est-àdire quadruple Géryon , qui se dresse devant toi.
XXVI. Voici la iiii qu ils assignent à c liacun d eux : à la substance matérielle, c'est-h-dire charnelle, qu*ils appellent aussi la gauche, une luort infaillible; à Tanimaie, qu'ils nomment par opposition la droite, une vie douteuse, parce que flottant entre la maténdle et la spîrîtuclle, elle doit tomber làoii elle aura le plus penché. Mais d'ailleurs ils alBrment que la substance spirituelle entre dans la formatiou de Tanimale, afin que oelle-ci puisse s*instruire avec sa compagne, et se former en coq-> ▼ersant ayec elle. L'animale, en effet, manquait de la cod« naissance des dioses sensibles; voilà pourquoi forent cré^ les phénomènes de ce monde'; voilà pourquoi Soter prit dans le munde la lornio animale, c'est-à-dire pour sauver la substance animale. Par un autre mélange monstrueux, ils veulent qu'il ait revêtu quelque chose des trois substances à l'universalité desquelles il apportait le salut , de sorte qu'il veçut à'Achmnoth la substance spirituelle , et du Démiurgue le Christ animal qu'il revêtit bientôt après. D ailleurs corporel puisqu'il provenait de la substance animale, mais formé avec un art 'merveilleux et inénarrable, dans TœuTre qu'il avait à remplir, il foliut la force pour qu'il s'exposât malgré lui à être abordé, vu et touché par les hommes, aussi bien qu'à mourir. Mais il n'y eut en lui rien de matériel, parce que la matière est exclue du salut, comme s'il avait été nécessaire à d'antres qu'à ceux qui avaient perdu le salut. £t pourquoi ces chimères ? Ahu
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TERTULUIlf. itê
que les Yalentiniens, en refusant notre chair Christ, la déshéritent aussi de re^îpéranct; du salut.
XXYU. Maintenant j 'achève ce qui concerne leur ChnsU Q|]^l|||ies-uns g||^ent sur \\À Jésus, avec autant de lioence qu'ils introduisent la semence spirituelle dans la substance aDÎmale, lorsqu'ils la fortifient par le souffle divin , amas d'extravagances qu'ils débitent snr les hommes et leurs 4imt» Ils veulent, eu^et, que le Démnargue ait aussi son Christ, fils qu'il f^clipendré de sa substance. Il Ta créé animal, disent-ils; c'est le même qui a été proclamé par les prophètes ; son existence est une question de préposition , c'est-à-dire qu'il est né par une vierge et non d'une vierge; parce que, descendu dians une vierge, il la traversa plutôt qu'il n'en sorûi selon les lois de la génération, passant par son canal plutôt que prenant naissance en c^ie , et au lieu de l'avoir pour mère, ne s'en servant que comme d'un chemin* Soter, sous la forme d'une colombe, desceit* dit donc alors sur ce Christ dans le sacrement du baptême. Or, il y eut aussi dans ce Christ un assaisonnement de la seomcïe spirituelle ^Achamoth , sans doute pour prévenir la corruption de tout le mélange. En effet, ils lui donnent pour renfort quatre substances, à l'exemple de la Tétrade àoiiveraine ; la substance diAchamoth, ou la spiritiij|lle; celle du Démiurgue, ou l'animale; la corporelle ou inénarrable; et enfin celle de Soter, c'est-à-dire celle de la colombe. Quant à Soter, il demeura jusqu'à la fin dans le CJwist, impassible, insaisissable, inaccessible aux outrafpes* En un mot, aussitôt qu'on en vint aux actes de violence , il se retira de lui pendanwrinstruction dingée par Pilote, Gonséquemment la semence de la mère ne fbt point en butte aux outrages, parce qu'elle est incapable d'éure atteinte par eux, ignorée du Démiurgue lui-nâlme* Celui qui souffire, ç-est le Christ animal, le Cfti*tif charnel, à Timitation de ce Christ supérieur qui , pour produire Achamoth, avait été étendu sur la Croix, c'est-;i-ilire sur Horusj sous une forme substantielle, mais non sensible.
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Voilà opmme ils défigurent nos dogmes, Ghrétiens imagî-» naires eux-mêmes.
' X\.VIII. Cependant le Démiargue ^^éàns Tignorance nniverselle où il était, qûoî qu^il doive i|a jour. annoncer Ini-méme quelque chose par ses piophètes, mais sans avoir même l'intelligence de cette ceuvre (car ils attribuent Tati-
toritë prophétique en partie à yichamoth , en partie à la semence, en parlic au Démiurgiie )^ le Démiurgue n'a pas plus lot appris l'arrivée de Soter, qu'il s'avance h la hâte et triomphalement au devant de Sofer, avec toutes ses forces, y( l ifable centurion de rK\'angile. Eclairé par lui sur tous les points, il apprend aussi de sa hoache l'espérance qull est destiné à remplacer sa mère. Depnisce jour, rassuré sur son existence, il poursuit le gouvernement de ce inonde, aussi long^-temps qu'il le faudra, ne fôt-ceque pour protéger l'Bgli^.
XÛX. Je recueillerai ça et là, en terminant, ce qu'ils débitent sur la formation du genre humain. Après ^voir déclaré qu'originairement la nature était triple, et pourtant réunie dans uédam, ils finissent par la diviser ensuite en trois espèces, avec leurs propriétés particulières, prenant occasion de celle distinction d itis la postérité d'Adam lui-même, qui se divisait aussi en trùis par ses différences morales. Cmn, ^bel et Seth, sources du genre humain en quelque façon, deviennent pour eux comme autant de ruisseaux de nature et d'essence particulières. Ils appliquent à Gaïn la substance terrestre, déshéritée du salut; jihel repr^nte la suhstance animale, destinée à des espérances douteuses ; enfin ils enferment dans Selh la semence spirituelle qu'attend un salut infeillible. Aussi distinguentils lésâmes, d'après leur double propriété, en bonnes et mauvaises, suivant qu'elles tirent leur essence, tei*restre de Caïriy animale d'^^e/, spirituelle de Seth. Par-dessus tout cela, ils introduisent accidentellement, non pas k titre d( nature, mais de simple bienveillance, cette rosée rjue verse du haut des ciëux Adiamoûi sur les ames qui sont
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feonnes, c est-à-dire rangées dans la catégorie animale; car, quant à l'espèce terrestre, en d'autres termes, quant aux ames mauvaises^ le salut leur est absolument interdit, lisant déelaré| en eSel^que la nature n*adniet ni changement ni rofomie. Cette graine de la semence spirituelle est petite et bible quand die tombe, mais à mesure qu'elle se développe, la fin grandit avec elle, aind qHe nous Tavons dk plus haut* Elle est le prindpé de la supériorité de ces ames sur les autr^ ames, si bien que le Démmrgue, même aux jours de son ignorance, en fit le plu? grand cas. C'est dans leur registre qu il avait coutume de choisir les rois et les pontifes. Si ces ames parviennent à saisir la coniiaissance pleine et parfaite de ces inepties, idenfifHH s désormais h ces propriétés par la fraternité de la semence spirituelle, elles obtiendront un salut certain, que dis-je? un salut qui leur est du de toute manière.
XXX. Voilà pourquoi ils regardent les œuvres comme leur étant inutiles, et se dispensent de raccompiissement de tout devoir, se dénotant même à la nécessité du martyre, sur je ne sais quelle firivnle interprétation* Ib. veulent, en effet, que celte règle ne soit imposée qu'à la semence animale, afin que nous conquérions par le mérite de 1 acte le saint que nous ne possédons pas par le privilège de notre nature. C'est nous qui formons la catéfjorîc de cette semence, essence imparfaite que nous sommes, parce que nous provenons des amours de Philète, et de Tavortement par conséquent, à peu près comme leur mère. Mais aussi, malheur à nous, st nous secouons sur quelque point le joug de la discipline, si nous nous engourdissons dans Teièrcice de la sainteté et de la justice, si nous désirons de rendre témoignage aîlleurs , je ne sais où, et non en iaoe des puisnnoss de ce monde et devant les tribunaux des proconsuls. Quant à eux, qu'ils s'arrogent la noblesse de l'estraction par la licence de leur vie et l'amour du dérèglement; Achamoth doit protéger les siens, puisque ses dérèglements lui ont si bien pi^uiité. Ou dit en effet que X, VII. 27
TraTDLLaSN.
elles eux, pour Immet l«s nafia^ câeiles, il fimt méditer et célébrer toujours le sacr^neut, en s^attadiant à la
compagne, c'est-à-dire à la femme. Mais d'ailleurs, quiconque vit dans ce moude sans aimer la f emme et s'unir à elle, ils le tiennent pour un homme dégénéré et bâtard de la vérité. Que ieront donc les eunuques que nous voyons
parmi eux?
XXXl. Il reste à parier de la consommation dernière etde la dispensation des récompenses. Achamoûh n'aura pas plus tôt pressé la moisson de toute sa postérité^ quelle aemettra dè^lors en deyinr de la n^mbler dans ses greniers; on bien, lorsque cette semence, portée au moulin et réduite en forine, aura été enfermée par elle dans le coffire où elle sera pétrie et mêlée à Teau, jusqu'à ce que toute cette masse soit entrée en fermentation, alors arrivera la consommation universelle. Dès ce moment, uichamoih quittera la région du milieu et le second < tage du ciel, pour être transportée dans le ciel le plus élevé et rendtie au JPlérôme, Au&silot ce iSo£er, formé de tous les Eons, Taccueille et devient son époux : nouvel hymen! nouveau couple ! Voilà Tcpoux et l'épouse, ainsi que le Plérôme nuptial des Écritures. Ne dirait-on pas en effet que la loi Julia (1), ainsi que celle de Gaîus (2), suit les Éoos à mesure quib voyagent d^un lieu dans un autre? Le Dé" mmrgae lui-même, abandonnant son septénaire sous'^ céleste pour monter dans l'étage supérieur, s'établira dans le cénacle vide de sa mère, la connaissant dès-lors, mais ne la voyant pas. S'il en était ainsi, il eût préféré une éternelle ignorance.
■XXXIi. Quant h l'espèce humaine, voici sa destinée. A. tout ce qui p orte la marque terrestre et matérielle, destruction absolue, parce que a toute chair est semblable à
(t) Loi qui punissait de mort les adullère«^ et ceux qui dflwilGlBftynt 1m vierges et les veuves, uu qui corrompaient les jeutios netis.
(3) Loi de Caïus Pom[>ouiuâ SlraLon, qui duuuaiL a ceux qui ixabilaiMit au-ddè dhi Pô ]« drâlt d» dtxqrea lOiiMiiit
(( Therbc des champs, » et que lame meurt dans leur système, à l'exception de celles qui ont trouvé le salut par la foi. Les ames des justes, c'est-à-dire les noires, seront transférées auprès du Démiurgue, dans les tabernacles du milieu. Grâces soient rendues à l'hérésie ! Nous nous contentons d'habiter avec notre Dieu, où il nous est permis de monter. Aucune substance animale n'est admise dans le palais du Plérôme , à l'exception de l'essaim spirituel de Valentin. Là donc les hommes eux-mêmes, c'est-à-dire les hommes intérieurs, commencent par se dépouiller. Se dépouiller, c'est déposer les ames dont ils paraissaient revêtus, et ils rendront à leur Démiurgue celles qu'ils avaient tenues éloignées de lui. Alors ils deviendront des esprits purement intellectuels, impalpables, invisibles, et dans cet état, ils seront introduits in visiblement dans le Pléromcj clandestinement, si les choses se passent ainsi.
— Et après? — Ils seront distribués aux anges satellites de Soter. — A titre de fils peut-être? — Point du tout.
— Pour leur servir d'appariteurs? — Pas davantage.
Mais ce sera donc pour être leurs images? — Plût au ciel qu'ils eussent même cette espérance ! — Mais à quelle fin, s'il est permis de le dire? — Pour leur servir d'épouses. Alors les anges s'applaudiront dans les douceurs du mariage de l'enlèvement et de la répartition de ces Stibines.
Voilà quelle sera la récompense des hommes spirituels 5 voilà quel sera le salaire de leur foi. Tel est donc le mérite de ces fables. Grâce à elles, un Marc, un Caïus, un Sévère (1), reprenant celte chair avec tous ses organes, qu'il soit mari, père, aïeul, bisaïeul, peu importe, pourvu qu'il soit homme, entrera dans le palais nuptial du Plérôme, afin d'engendrer avec l'ange, je le dis en rougissant, quelque Eon onésime (2). Une fois que ces hymens, légi-
(1) Ces trois noms étaient employés ordinairement parles jurisconsultes, pour désigner les premiers venus, un citoyen , un individu en général, ll's étaient portés le plus souvent par les esclaves.
(a) Mot grec qui signifie uHfe; peut-être e»t-ce une allusion à ce passagp
TSRTUUJUBN
tîmement contractés à la lueur des flambeaux et sous le voile de pourpre, auront eu leur cours, le feu secret sMIancera, j'imagine, dévorera toute substance, et après avoir réduit en cendres et anéanti ce qui existe, il finira luimême. Dès ce moment, plus de fiibiesl Mais que ^i^je,. téméraire que je suis, qui, non content de révéler an si grand sacrement , y ajoute la raillerie. Je dois craindre qu^uichamoth, qui n'a pas voulu se feire connaître même à son fils, n'en perde la tête. PhUète va s*en irriter ; la Fortune en aura le cœur gros. Et cependant, je suis la créature du Démiurgue ^ je dois rclourner là ou, après la mort, il n'y a plus de mariage; où, au lieu d'être déjx)uillé, « je dois revêtir par-dessus ce corps un vêtement d'inniinr- « taillé; » où, quoique dépouillé de mon sexe, je serai assimilé aux anges; où il n'y a ni ange mâle ni ange femelle; oîi personne enfin ne me profanera dans un corps qui retrouverait alors sa mâle énergie.
XXXUL Après cette comédie merveilleuse, je produirai, en forme de symphonie derniière, quelques points que j'ai préféré ajourner jusqu'à ce moment, de peur de troubler Tordre du récit ou de dissiper Vattention du lecteur par Finlroduction de ces détails, sur lesquels d'ailleurs ne s'accordent pas les réformateurs de Plolémée. En effet, il est sorti de s<3n école « des disciples qui ont été plus que le « maître: ils ont assîfpic à Bjthos deux épouses, la Pensée ci la ^lonté, La Pensée ne lui suflisait pas réellement) parce qu'il n'aurait rien pu produire avec elle seule, tandis qu'avec deux la procréation était des plus fiiciles. Le premier fruit de cet accouplement fut Monogène et la rkéi la Yérité, être femelle à Timage de la Pensée^ Mbnogène, être mâle à Hmage de la Volonté. La FolorOé, en effet, en vertu de sa force qui réalise les conceptions de la Pensée, est mise en possession du sexe masculin.
de saint Pau! : Obsecro te pro meo filio, qucm jpnui in vinculiSy 0$iMwmQp gui tiài aii^uando inutilis fvU, nunc autcm et mihi et tUd utiiis.
DPPLIY. Qaelque&^uns , plus respectueul, el se sout6* iiam de l^honneurdûà Dieu^ afin de lui épargner lakonte même d'un seul hymeu^ aimèrent mieux n'assigner aucun aeie à Bydtos : peut-être même le regardentp»ib comme quelque chose de neutre. D'autres, au contraire, font plus, ils ailirment que leur Dieu est mâle et femelle, afin sans doute qiie Fénestella, le coniuu ntateur des Annales, ne s'imagine plus qii il II y a d hermaphrodite qu'à Luna(l).
XXXV. 11 t u est qui n'accordent pas le premier ranfj, mais seulement le second à Bjthos: ils placent i Ogdoade avant toutes choses, et la dérivent elle-même de la Tétrade, mais sous d'autres noms» En première ligne vient Froar* chêj puis Anennoétos^ puis Arrhélos^ et enfin ^orato^* De Proatxhé^ procédèrent au premier et au cinquième rang, Arché j d^Awntioélxis, au second et au siiième rang, AcauU^aos} diArrh^osp au trmsième et septième rang, Ammomasios; de VJmnsible, au quatrième et huitième ran^ , Agennétos, En vertu de quelle raison chacun de ces Eons naît-il en deux lieux diliéi enls et si distants Tun de 1 autre? J aime mieux Tignorer que de l'apprendre. Quelle sagesse y a-t-il dans ces monsU'ueuses pioductiens?
XXXYL Qu'ils sont plus raisonnables ceux qui , re* poussant cette déplorable p^versitë, n'ont pas voulu qu'un Éon servît de de^^ à l'autre, véritable échelle des Gémchnies, mais qui, aussitôt qu*a été jetée la serviette, comme le dit le proverbe, font éclore d un seul coup cette Ogdoade sous Taile du Père et de spn Etmmeh c'est-à-dire de sa Pmtsée» En un mot, chacun des noms répond à chacun de ses mouvements. Lorsque, disent-ils, il a pensé k produire, il a été appelé Père pour celte raison. Lorsqu'il a produit, comme il a produit des choses véritables, il ( ii a reeu le nom de Férité. Lorsqu'il a voulu se maniiester lui-même,
(1} Ptolémëc cite deux viUeâ de ce nom ^ Tune «a £trurie> r«uUre en iMitMiit, dontlM iMUlanta adonioit k lîamwsm le non d'UbidrofffiÊ», €'eft*i-dire homme-fbnme.
il aété nommé Homme. Geuzqu^it a produits après qne sa Pensée eot médité d'aTancé leur formation, ont été appelés dès ce moment V Église, V Somme a Êiit entendre son Verhe, ToiUi le Fils premier^né. An Fmhe 8*est ajoutée la Fie y et la première Ogdoade a été complète. Mais tout cela 11 est que dégoût profond.
XXX Vil. Ecoute les autres découvertes de ce sot personnage, flétri d'avance par Ennius (1), de ce maître le pins renommé des sectaires, cl qui , en vertu de son autorité pontificale, a rendu cet oracle : u Avant toutes choses « existe Proarchéy rinimaginable, rinénarrable, et pour tt lequel la langue humaine ne trouve pas de nom. Moi « je rappelle Monotès ; avec lui résidait une autre Vertu « que j'appelle Hénoièsi Monotès et Hénotès, c*est-à- « dire Sotkude et Unités n*étant qu'une seule et même « chose ) produinrent sans produire le principe intelleiv « tuel et inné de toutes choses , que la langue grecque « appela Monade, » Celle-ci renferme en elle une vertu consubstautielle qu il appelle Union. Ces quatre vertus, Solitude^ Singularité y Unité , Union ^ donnèrent naissance au reste (lus Èons. Merveilleuse distinction ! Chanp'e Union et Unité , Solitude et Singularité : de quelque nom que lu les désignes, c'est toujours la même chose.
XXXVIU. Seoondus fut un peu plus humain , en étant plus court; il partage V Ogdoade en deux Tétrades, la droite et la ^uche, la lumière et les ténèbres : seôlement 41 ne vent pas que la yertu incomplète et avortée sorte de quelqu'un des trente Éons, mais des Iruits qui proviennent de leur substance.