‹ Les pères de l'égliseChapitre 26 sur 44 · XXXIX. Quelle diversité entre eux sur notre Seigneur · texte numérisé non relu

XXXIX. Quelle diversité entre eux sur notre Seigneur

(f) Allusion à ce vers de Jafénal, Sat. vi :

Tu HH mine eurruea pheei, flnumquê laiêUu esâorUi,

CurmmvAVê nom UUn de k ùaxWUe, ^ fioureet fiiit édovt ktxmiCi dn coucoa, el ptr déri?atioii| «m épiibète dérlniie donnét à on mmi

oomplsisant.

TERTDLLIEN. . 423

Jésus ! Ceux-ci le forment d'une émanation de tous les Ëons ; ceux-là soutiennent qu'il est produit seulement par les dix qu'engendrèrent le Ferbe et la Fie : de là vient que les yeux du Ferhe et de la Fie s'arrêtèrent sur lui. Les uns le font naître préférabiement des douze Ècns, qu'enfantèrent Vhomme et V Église ^y^Sk pourqnm, ajou* tent-ils, il a été nommé Fils de rhomme. Les autres disent qu'il a été formé par le Christ et VEsprit saint, qui ont pour fonction de Tciller au maintien de l'universalité, et qu'il hérite, eu \erlu de ses droits, du nom (|ue porte son Père. Il en est qui se sont imagiaé d'assigner une origine dififérente au Fils de l'homme, quoiqu'ils aient osé, à cause de la grandeur du sacrement de son nom , appeler le Père lui-même du nom d'homme. 0 insensé, que peuxtu désormais espérer d'un Dieu gue tu fois ton égal 1

germent chez eux de pareilles inventions ? De Timpuresemencede leur mère. C'est ainsi que les doctrines des Yalentiniens vont se perdre en grandissant dans les ofascnrités des Gnostiques.

LE SCORPUQUE,

ANXIDOï£ GONIHË LA MORSUA£ D£â SliOÂPIONS.

I. La terre engendre des soor|âoii8, anima^temUescma un fidble volume. Autant de genres ^ autant àb poisons^ autant d'espèces» autant de fléaux j autant de oouleurs, autant de douleurs, dont Nicandre a été ThistorieD et le

peintre. Cependant le trait qui leur est commun à tous, c'est de nuire avec la queue. J appelle queue ce prolongement de la partie inférieure du corps avec lequel ils Llessent. Ces nœuds articulés dans le scorpion, armés h rintérieur d une petite veine empoisonnée , se tendent avec l'effort d'un arc , et décochent , à la manière d'une baiiste, un dard recourbé. De là vient que k.machîne.de guerre ) qui lance le trait après Tavoir comprimé , a reçu le nom de scorpion. Ge dard , tout à la fois dard et canal, affilé à son evmmité afin de blesm plus sûrement, répand son poison dans la plaie. L'été est surtout la saison du péril. La malice de Taninial met à la voile par le souffle de Vausteret de Tafricus (1 ). Quantaux remèdes, la nature nous eu fournit quelques-uns j la magie a ^es ligaments enchantés \ la médecine se présente avec le fer et des breuvages. Ceux-ci boivent avant la cautérisation pour en bâter

(i) Vents du midi et du siid-oue»l.

426 IERTCLLI£N.

Facdon bîen&isante. le ne dis rien de raecouplement$ sMl amortit la violence du poison, c'est pour allumer bientôt une soif ardente.

Laissons aux païens ces ressources ! Notre rempart à nous, c'est la foi, à moins que, frappée de défiance, elle n'ose recourir snr-îe-champ au signe de la croix , conjurer le poison , et broyer 1 impur animal. Souvent il nous est arrivé de rendre aux Idolâtres des services de ce genre^ le ciel ayant mb dans nos mains cette puissance , que l'Apôtre consacra le premier en bravant la morsure d'une yipère* Puisque la foi repose sur des fondements inébran* labiés, quelle est donc Tintention de Topusciile présent? De rappeler à la foi qu'elle doit compter sur les promesses» lorsque ses propres scorpions s*élèvent contre elle : race peu nombreuse à la vérité, mais cruelle , divisée en plusieurs espèces (l), armée d'un même aiguillon , subornée par le même ennemi, toujours dans la chaude saison, c'està-dire pendant la persécution des Chrétiens. Dans ces jours où la foi est haletante, et où l'ÉfT^lise , pareille au buisson ardent, est investie de flammes dévorantes, alors Gnos» tiques, de s'ëlancer de leurs repaires, Yalentiniens, de diéguker leur marche tortueuse , tous les détracteurs du martyre de gonfler leurs poisons et de s*agiter, n*ayant qu'un désir, rencontrer une vicrîme, k percer, Timmo* 1er, La religion, ils ne le sarent que trop bien, compte dans M rangs une foule de serviteurs simples et peu éclairés, d'autres mal assurés dans la foi , un phls grand nombre chrétiens en l'air (2), et disposés à être tout ce que l'on voudra. Quel moment plus favorable pour aborder ces inexpériences ou ces lâchetés que le moment ou la crainte a relâché les barrières de Tame, et mieux encore , où quelques supplices barbares ont couronné la foi des martyrs?

(1) Les Gnostiquc:., le» Valentiniena, et tous les détracteart dn «MrtgpM.

(2) Vtxjpnaûtm wt d» Bonnet.

AsDSsi, ramenant en arrière leur queue, ils commencent par mettre en jeu la sensibilité humaine , Ôu bien ils s'agitent dans le vide* « £h quoi! s'écrient-ils » Imna* « cence exposée à de pareilles tortures ! Une setfe de qui « personne n*eat jamais à se plaindre l » Ne les prendries^ TOUS pas pour un frère ou tout au moins pour quelque païen oompAtissant ? Attendez , voilà qu'ils pressent davantage. « Périr, et encore sans Tombre de raison ! Car « enfin, quelle ombre de raison y a-t-il à la mondes Chré- « tiens?» — Maintenant ils tutut au premier aiguillon qu'ils enluncent : « Elles ne savent pas ces iimcs crédules u quel est le précepte, en quels termes il est conçu, où, quand « ni devant qui il faut confesser.» Misérable, déclare sans détour que mourir pour Dieu n'est pas seulement simplicité et inutilité, mais insigne extravagance. Us poursuivent : «t Kt qui me sauvera , si celui-là m'immole qm doit « me sauver ? Jésu842hrist , mort une fins pour nous , ne it nous a<441 point affivnckis du trépas ? Supposé qu'il de*> « mande le retour, attend-il son salut de ma mort ? IHeur « a-^-il besoin de mon sang , lui qui ne veut pas du sang « des boucs et des taureaux ? N'a-t-il pas dit (c qu'il prén. ferait à la nioi t da pécheur son repentir ? Comment jus-^ « tifiera-t-il cet oracle s'il veut la mort du pécbeur?»

Ces traits et mille autres, décochés par la malice des hérétiques , ne sont-ils pas capables d'amener sinon la ruine de la foi, au moins ses pusillanimités ; sinon la mort cmnplète , au moins la perturbation ? Mais toi , pour peu que ta foi veille, écrase du pied de l'anathème le scorpion blasphémateur, et laisse-le i^ourir dans son sommeil. Prènds-y garde l s'il inonde de son poison la blessure , le venin ne tardera point à pénétrer jusqu'au fond des entrailles et à circuler dans tout le corps. Qu'arrive-t-il aussitôt? Tous les sentiments généreux d'autrefois s'engourdissent ; le sang se glace autour du cœur j l'esprit s'éteint sous le poids de la chair; on prend en dégoût le nom chrétien ^ déjà l'ame elle-même cherche oii vomir. Ainsi,

42$ XËRmiiEN.

après ses premières blessures , la f aiblesse tie tarde point à rejeter une foi languissante sous le poison de Thérésie ou des aflbctions mondaines. Aujourd'hui nous sommes au milieu de l'été , c'est-à-dire que la canicule de la persécution s allume par les mains de Cynocéphale lui-même» Les Chrétiens ont été éprouvés y ceux-ci par les bûchers, ceux-là par le glaive, les autres par la dent des betes lc«* foces* Quelques-uns, relégués dans des cachots, après aivoir subi la flagellatiaii ou les ongles de fer, ont soif d*un mai^onimenoéailteun.

Nous-mêmes, lièvres timides que l*on destine à lâchasse, rhcrésie nous assiège de loin , fidèle à sa marche accoutumée. Les circonstances présentes nous avertissent donc d op|X)ser aux scorpions de notre pavs une antidote efû* cace, que nous miti.'M rons autant que possible. Lecteur, bu?ez : la potion n'est pas amcre. Si a la parole du Sel- « gneur est plus douce que le rayon du miel , » le remède que je vous propose en est tiré. Si le lait et le miel coulent daios les promesses du Seigneur, lait et miel aussi que le martyre jet son salaire î Au contraire : « Malheur « à qui change Tamertume en douceur et la lumière en « ténèbres! » Détracteurs du martyre, en voulant qu'un moyen de salut soit un moyen de damnation , vous changez aussi bien la douceur en amertume que la lumière en ténèbres, et en prt'fciant les misères de la vie présente aux. félicités de la \ ie à venir, vous substituez aussi bien Famertume à la douceur, que les ténèbres h la lumière.

n. ^lais avant de traiter de la gloire du martyre, considérons-le comme une dette; avant de nous convaincre qu'il est utile , prouvons qu'il est nécessaire. .Dieu Ta-twl voulu? Dieu ra*t-il ordonné P Donnons à la question une autorité divine pour base , afin que les détracteurs du martyre n'en proclament les avantages que'quand ils seront .subjuguâ. Il est convenable de rappeler Thérésie au devoir par la force, plutôt que par la douceur : il fitut emporter de haute lutte une malice qtii se refuse à la

persuasion. Sans doute qu'il s'établira des préjugés de bonté en faveur d une institution qui sera reconnue avoir Dieu loi-méme pour fondateur. Que nos adversaires at-* tendent un moment tes textes évangéliques. Auparavant^ je veux en exprimer la loi qui en est comme la racine 5 je veux feire jaillir la volonté de Dieu, des passages on je le tècioiiÉiaii loi-méme. « le sois, dit-il, le Seigneur ton Dîen, V^'t*ai tiré de la terre dlË^ypte. Tn n^auras point d*an* « ti^' Dienx devant ma facè. ne te feras point d^idole « taillée, ni aufcune image de ce qui est au ciel, ni sur la « terreau-dessous, ni dans les eaux sous la terre. Tu ne « les adoreras poini, et ne les serviras pas. Car je suis le « Seij^ru iir ton Dieu. » Mémo langage dans le même chapitre : « Vous avez vu que je vpus ai parlé du ciel. Vous if M vous ferez point de dieux d'argent, et vous ne vous a Jerez point de; dieux d*or. 11 Voilà pourquoi il a dit dans le Deutéronome : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu « dst Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de « tout ton oœur, de toute ton ame et de toute ta force, n Et ailléài? : « Prends garde d'oublier le Sèi^eur qui t^a « tir^ de la terre d'Ëgypte et de la maison de servitude* « Tu craindras le Seigneur ton Dieu , tu le serviras lui « seul, et tu ne jureras qu en son nom. Tu n'iras point « après les dieux étrangers de tous les peuples qui sont « autour de toi ; car le Seigneur ton Dieu qui est au milieu <t de toi est un Dieu jaloux , de peur que la colère du Sei- « gneur ton Dieu ne s'enflamme contre toi, et qu'il ne te « retranche de la terre. » Quand il met sous les yeux de son peuple la bénédiction et la malédiction : « Vous serez « bénist dit-il, si vous obéissez aux commandements que « je vous fais aujourd'hui^ moi, le Seigneur votre IKeu, « et si vous ne vous écartez pas de la voie que je vous ai « triacée , pour aller au loin servir des dieux étrangers « que vous ne connaissez pas. » Tî faut les exterminer sans pitié : « Renversez tous les lieux oii les nations, « dont vous posséderez la terre , ont adoré les dieux sur

T£aTULLI£N.

« les hautes montagnes et jmr les collines, et sous les « arbres couverts de feuillages. Je vous donne Théritage « de ces nations. Détruisez leurs autels et brisez leurs « statues, brûlez leurs bois sacrés, réduisez en poudre « leurs idoles, et effacez de tous ces lieux la mémoire de (( leur nom. » Son peuple est-il entré dans la (erre pix>mise? a-t-il exterminé les nations étrangères? Il revienl aux mêmes avertissements. « Gardez -vous d'imiter ce^ « nations, après qu'elles auront été détruites à votre en- « trée et de rechercher leurs cerémonies,.disant : Gomme « ces nations ont honoré leurs dieux ainsi, je les h<mo- « rerai. w II y a mieux. « SUl s'ëlève au milieu de vous un « prophète, ou quelqu'un qui dise qu'il a une vision , et « qui prédise un prodige et une merveille; si même. ce « qu'il a annoncé arrive, et s'il vous dit : Allons, et sui- « vons des dieux étrangers que vous ignorez , et servons- « les ; n'écoutez point les paroles de ce prophète ou de ce « songeur, parce que le Seigneur votre Dieu vous éprouve, « afin qu'il paraisse si vous l'aimez ou non de tout votre « cœur et de toute votre ame. Suivez le Seigneur ypt^ « Dieu, et craignes-le; gardez ses commandements, et « écoutez sa voix; sen^ez4e, et attachez-vous à lui seul. « Mais que ce prophète ou cet inventeur de songes soit M puni de mort, parce qu'il vous a parlé pour vous dë- « tourner du Seigneur. » Je lis dans un autre verp^ % m^Sk « votre frère, le fib de votre mère, ou votre &mm.y0^ « fille, ou votre femme qui repose sur votre sein, ou votre « ami que vous aimez comme votre vie, vous dit en secret : « Allons et servons les dieux étrangers que vous if^noriez, « vous et vos pères , les dieux de toutes les nations qui « nous entourent de près ou de loin, ne vous laissez point « aller à ses discours, et n'y prêtez point Toreille. Ne vous M laissez pas émouvoir jusqu'à l'épargner ou le cacher. « Dénoncez-le aussitôt; que votre main soit d'abor^v sur « lui pour le tuer. Et qu'après, tout le peuple le frappe. H ft périra accablé de pierres , parce qu'il a voulu vous

« arracher au culte du Seigntiur votre Dieu. )) Vient ensuite le sort réservé aux cités. S'il est constant que, trop , dociles aux conseils des hommes iniques, elles ont passé à âes dieux étrangers, tous les habitants y seront frappés du glaive; tout ce qu'elles renfermeat sera la proie des flammes; toutes les dépouilles y senml réunies en mon*oeaUf^v'ttses, meubles, et brûlées avec la ville et smv peuple sous les yeux du Seigneur. « Cette cité demenreia « éternellement ensevelie sous ses raines , et elle ne seia K jamais relevée. Biaîs toi, rien de cet anathème ne s*atia« « obéra h tes mains, afin que le Seiguevr détcnwae de toi u sa colère. »

Sa haine pour les idoles lui a inspiré toute une série de malédictions : « Maudit, l homme qui fait une image taillée, m ou qui jette en foatc rabomi nation du Seigneur, l œuvre « des mains d'un artisan, pour la placer dans un lieu se- « cret ! » Dans le Lévitique : a Ne vous tmimez point vers « les idoles, et ne feites point de dieux ea £ante. Je suis « le Seigneur votre Dieu. « Et ailleurs : « Les enfants « d'Israël sont mes serviteurs et mes fils. C'est'^mei qui les « ai tirés de la terre d'Egypte ; moi, leur Seigneur. le « sub le Seigneur votre Dieu : vous ne vous ferez point « dUdole ni d'image taillée. Yons n'éleverea auann signe, « et ne mettrez aucune pierre en votre t^^rre pour l'adorer, « car je suis le Seigneur votre Dieu. »

Voilà les premiers oracles que le Seifi;netir a prononcés par la bouche de Moïse. Us concernent également ceux que le Dieu d'Israël a délivrés de 1 Kgypte de ce monde, inondé de superstitions» et qu il a tirés de la maison de la servitude humaine. Dans la suite, les praphètes nunt qunae voix pour répéter les paroles du même Dieu qui confirme et sancÀinne sa première loi par la réitération des mêmes préceptes. Pèint de défense ]^us fi)rmelle et sur laquelle U insiste davantage : n Vous ne vous ttdllerea ni n'adâneres « des idoles; » témoin Toracle du pnkniste : « Les idoles « des nations ne sont que de Ter et de Targent j elles ont

4s« terujixien.

« des yeux, et ne voient point -, desoreilIes,et elles n'enten- « « dentpas; desDarines^etellesne sententpas; une bouche, « 61 elles ne parlent pas ; elles ont des mains, et elles ne « touchent pas; des pieds, et elles ne marchent pas. Qa*ils « deviennent semMables aux idoles , et ceux qui les font « et ceux qui se confient en elles! » ^ III. La mgnité de Dieu doit'elle souffrir que son nom et ses honneurs soient prostitués au mensonge ? Peut-il ne pas défendre à ceux qu'il a arrachés au joufj de la superstition de reiourner honteusement à la servitude de lIÈf^T^pte? Enfin a-l-il le droit d'exiger que des enfants, adoptés par lui, ne s'éloif^nent pas de son culte? Questions qui nOnt pas besoin d être disentées. On ne nous demandera pas davantage d'examiner si Dieu a voulu l'observation d'une loi qu*il a fondée, et s'il venge le mépris d'une loi dont a voulu l'observation. A quoi bon ia loi, s'il n'avait pas exigé qu'elle fât obéie, et vainement Teût'il exigé , s'il n'avait pas vmihi châtier? Il me reSte à prouyer que les dédarations précédentes s'adressaient à des superstitions détruites ou châtiées par Dieu, La question du martyre en acquerra tonte sa certitude.

Moïse était avec Dieu sur la montagne, lorsque le peuple, inoipable de supporter une absence qui lui était SÎ nécessaire, demande qn on lui loi ^^e des dieux; dieux impies, qu'il aurait dû plutôt réduire en poudre! On redouble d'instances auprès d'Àaron. Celui-ci ordonne aux Israélites de jeter dans les flammes les ornements d'or qui pendaient aux oreilles de leurs femmes. N'allaient-ils pas échanger contre une sentence de mort la parole de Dieu WBU est le plus bel ornement de Foreille de l'homme? Ces flammes intelligentes oonYertirent les métaux en un stupide animal, comme pour diarger les Israâites de confu*> sion, et leur dire ; « ifctre coeur est là dh est votre trésor, « c'est-à-dire en Egypte qui, parmi tant d'antres superstitions honteuses, a consacré son bœuf Apis. Trois mille hommes furent en conséquence immoles par leurs pères

XËAÏUJuLIM. 433

et leurs proches, parce que, les premiers dans la révolte et dans le diâtiaicut de la révolte, ils avaient uuiragé le Dieu qui était Lien {i[Ti« encore Icnr père c! î'/ui- pidclie. ^ Dans les Nombres, israéi, campé a Sélhim, se rend OMipdbtLe avec ies les de Moab qui le convoqueut à leurs 4ncrjfices, afiii qoe la fornicatioo de l'^prit se joignît à edAedu corps. Israël mange de ces yiandes abominablat, jNbnpalos dieux de cette nation et sinitie ausculte deBéel* phégûVé Pour cette seconde idolâtrie, sœur de la fomica- 4ioD, iTingiMTois miUe hommes sont décapités par le glaire dé lènrs proches, victimes offertes à la justice divine. — Après la mort de Jésus, fils de Navé, les Israélites al)andûMDciit le l)i<'u de leurs pères et se courbent devant les j(lo!<'s de liaalim et d Asiai ulli. Au.ssilui. la coleietlu Seigueur livre les conpn!)le , enfre le? mains de leurs ennemis qui les piUent et les vendent à des étrangers. Vaine- Mfnf liln essaient de résister. Partout où ils se présentent, lànitân céleste s'étend sur eux, et ils éprouvent de grandes calamités» Dieu leur donne ensuite des juges ou censeurs; :nMyB ils 36) lassent bientôt d'obéir aux juges. Chaque juge n'est pas plus tôt mort, qu'ils retombent dans des actions plus crtoHneUes que celles de leurs pères, suivant des dipox étrangers, les servant et les adorant. Alors la fureur de Dieu s'allume contre Israël. « Parce que, dit-il, ce peu- « pie a viole I iililance que j avais signée avec ses pères, u ei (jii il a (lv (!;ii.^né d entendre ma voix, je n'extermi- « lierai p'»iijl les naîionsque Jusue a l.ii^MH^ linscjfi il ( s? « mort. » Dans les annales des juges et ensuite des rois, amn £eût sentir a Israël sa colère par les forces des nations voisines qu'il tient en réserve, par la guerre, par la captivité, par le joug des étrangers^ toutes les fois qu'kraéi s éloignait de lui, surtout pour tomber dans l'idolâtrie.

lY. S'il est certain que, dès Torigine, Tidolâtrie a été défendue par des prohibitions répétées autant que menaçantes; si des exemples nombreux et terribles démontrent T. VII. 28

qu'elle n'est jamais demeurée impunie, etquHl n*y a pas ^devant Dieu un criinc plus insolent (jue celte transgression de la loi, nons sommes torcés de le reconnaître de nous-mêmes, Tintention des menaces et des venjjeances divines est une autorité en faveur du martyre, qu il iaut non pas accepter avec défiance, mais supporter avec couvre. Interdire Tidolàtrie, c'était ouvrir la pone à la confesnon du nom sacré ; sans quoi ^ où seraient ces généreux dévouements? L'autorité divine préludait d'avance à ce dont elle préparait l'exécution. Aujourd'hui doue; si nous sommes sons l'aiguillon , c'est Dieu qui nous y a placés. Le scorpion envenime la plaie en niant et en Uaspitémantoecte volonté , soit pour insinuer un autre Dieu dont la volonté serait différente, soit pour décréditer le nôtre dont telle est la volonté, soit pour donner un démenti à la volonté de ce Dieu, dans l'impuissance de le nier lui-même. Nous avons vengé ailleurs l'existence de ce Dieu , dans un combat contre chaque hérésie en particulier. Anjourd'hui, renfermés dans une attaque unique , nous établissons ce principe que la volonté du Dieu dlsraêl , et de ce Dieu seul 9 ouvrit la porte au martyre, soit en prohibant constamment l'hérésie, soit en la ch&tiant quand ellea eu lieu. Si enfin il en coûte pour obéir au précepte, une des conditions de l'observatioir du précepte sera que je souffire tout ce qui est attaché à la fidélité au précepte, qu'est-ce à dire ? que je m'expose aux outrages qui m'attendent dès que je me tiens en garde contre l'hérésie. Qui m'impose le préreptc, m'impose Tobéissance , apparemment. Uni veut la soumission en veut les éléments et les moyeiis. Mon souverain législateur me dit : « Tu ne reconnaîtras d'autre a Dieu que moi. De bouche ou d action , n'importe, tu ne « créeras aucun autre Dieu. Tu n'en adoreras point d'autre tt que celui qui t'a donné ces ordres, quelle que soit la « forme d'adoration. » Il me commande encore de le craindre, de peur qu'il ne m'abandonne, et de l'aimer de toutes les fecultés de moi^ être, jusqu'à livrer ma vie pour lui.

T£BTULUEN.

J ai fait serment de mourir sous ses drapeaux. Se^ eunemis me défient au combat. Leur donner la uiaiu, ce serait Dic montrer aussi lâche qu'eux. Non ^ je gardemi ma foi sur ie champ de bataille; blessé, percé, immole, que m'importe? Quia voulu le trépas de .son défenseur, sinon celui qui la marqué d'avance pour cet héroïque dévoue* ment ?

V. La volonté de mon Dieu , lu la connais; Nous avons repoussé Tattaque : considérons maintenant, pour frapper d^autres coups, quelle est la nature de cette volonté. li serait trop long de prouver que mon Dieu est bon ; nous

l'avons déjà démontré aux Marcionites. Au reste, il siillît de nommer Dieu, |x>ur que l'on croie in'< ( ^^iliremcnt qu'il est bon. Supposez un Dieu inauvai», ptjint d aiternalive possible. Ou il vous faudra nier l'existence de ce Dieu mauvais, ou il faudra que vous accordiez la bonté à qui vous accordez la divinité. Donc elle sera bonne la volonté de ce Dieu qui ne peut être Dieu sans être bon. La bonté de rin<* stitution que Dieu a voulue, en est une nouvelle preuve; il s*agil du martyre* Une chose honne ne peut émanée que d'un être bon. TaiBrme que le martvre est bon devant ce même Dieu qui défend et chAtie Tidolâtrie. Car Tanlagoniste de l'idolâtrie est le martyre. Or, qui peut lutter contre le mai , sinon \v hit ii V^si-cc à dire que nous prétendions nier les oppositions inuumllcs des biens et des maux? Nullement. iMais autre est Tessence du niarîvre : il combat 1 idolâtrie non pas avec les armes communes, mais par une grâce surnaturelle et spéciale, puisqu'il BOUS délivre de l'idolâtrie. Qui hésiterait à reconnaître comme un YÀBfi ce qui nous affranchit du mal ? Qu'est'-ce après tout que Tavenion de l'idolâtrie et du martyre, sinon la haine de la mort et de la vie ? La vie est dans te Miartyre autant que la mort dans Tidolftlrie. Yous appelez la vie un mal ; donc il &ut que vous appeliex la mort un bien. Mais quel travers dans la plupart des hommes! On rejette ce qui sauve, on embrasse ce qui perd ^ ou court léle

balssc^c dans le poril , on se dérobe au remède avec une alteution crueiie ^ il en coûte moins de mourir que de tra- Taiiler à sa guérison. Voyez, en effet, ce qui arrive au plus grand nombre : ib ^eat les seboors qui leur rendraient la vit, les uns par extravagance, les autres par pusillanimité , ceux-là par une honte mal entendue. La médecine humaine a aussi ses rigueurs : le scalpel , la cautérisation, l'aiguilkm du sinapisme* Je n'appellerai pas cependant un mal Tamputation , la cautérisation ou le sinapisme , puisqu ils m'apportent d'iuiles douleurs. Loin de répudier ces opérations parce qii elles me conlristent, je les invoquerai parce que nécessairement elles me contristent. Les avantages de l'npéniliou en adoucissent l'horreur. Ce malade hurle, Iwiidit, pousse des gémissements entre les mains du médecin. Sans doute ; mais il va combler de présents ces mêmes mains qu'il accusait tout à l'heure. Hier elles étaient cruelles ^ aujourd'hui elles ne sont qu'habiles et bienfaisantes. Il en est de même du martyre. S'il parait séyir, ce n'est que pour sauver. Ne sera-t-il pas permis également à Dieu de guérir poqr Fétemité, par la flamme et par le fer, cfaacime de nos blessures ?'

Admirez encore ici la sagesse du médecin. H oppose aux ravages de la maladie des remèdes dont la nature est analof^ue, lorsque, suivant une méthode en apparence contradictoire, li soulage nos affections par nos affections elles-mêmes. En effet, il arrête Tinflammation par une inflammation plus forte 5 il éteint la clinlcur de la fièvre par l'aiguillon de la soif ^ il diminue le débordement de la bile par des potions amères; enfin il rappelle par Tincistoa de la veine le sang qui s'échappe. Et vous, vous croirez devoir accuser un Dieu, et un Dieu jaloux encore, lorsqu'il veut lutter contre un principe malfaisant (l)» nous venir en aide, en opposant outrage à outrage, détruire la mori par la mort, repousser Timmolation par Timmolation, éloî^

(1) L'iJolàtiie.

gner les tortures fttr les toitures, dissiper les supplices par les supplices, communuiuer la vie ea doDcant la mort, soulagier la chair en paraissant la blesser^ «luver la TÎe en paraissant Tarraclier. €e que vous appelez désordre est réoonomie de la dÎTÎne sagesse ; cette rigueur que vous ac^ cusez est une grâce véritable : Dieu récompense par l'éter* nite des épreuves d un aïoiiicul. Rendez hommage à ce Dieu , qui n*est cruel que pour votre bien . Vous êtes tombé daos ses mains, oui, heureusement pour vous, parce qu'il a pu reconnaître vos maladies. La maladie de l'honïme précède toujours le médecin. L'homme avait couru audevant du trépas. 11 aVait reçu de son Seigneur, comme d'un médecin compatissant, Tutile avertissement <le vivre sqffn la loi , o*était àe manger de tous les fruits, eicepté deceusd^un arbre qui lui fut désigné. Défense importune ! Le l^^latenr le savait bien. Trop docile aux suggestions de oeltii qu'il préféra , Tbomme viola le précepte d^abstinence, et porta à ses lèvres le fruit défendu. Saturé de transgression , pour ainsi dire , il fut mûr pour la mort , bien digne, il faul l'avouer, de périr tout entier, puisqu'il l'avait ainsi voulu. Mais le S( igneur. laissant tomber la première fermentation du péché et attendant du progrès des temps l'élaboration de son œuvre, composa peu à peu des remèdes qui ne sont rien moins que les rèsgles de la ibi, discipline ennemie du vice , tranchant par la parole de vie la parole de mort, et détruisant Touie de la transgression par Fouie de Tobéissance. Vous le voyez : quand ce médecin suprême ordonne de mourir, il ne fait que bannir Tengourdissement de la mort. O homme ! pourquoi refuses-tu de te guérir aujourJ liiii par la Oiort , (juand (ii n'ns |»a.s craint autrefois de te perdre par elle? Pour(|iiui ne veux-tu pas de l'immolation qui sauve, quand tu as voulu du trépas qui anéantit ? Quoi I si dédaigneux de 1 antidote, si ailamé du poison !

YI. Il y a mieux. S'il était vrai que Dieu nous eût proposé le martyre à titre d'épreuve, afin que Tbomme pût

TERTLLLIEN

lutter par cette arme contre Tantîque ennemi , et triompher de celui auquel il céda jadis une si fecile victoire^ la libéralité de Dieu n*éclaterait-eile 'pas en cette conjoncture bien plus que sa rigueur ? Arracher Thomme par la foi k

l'avidité de Satan , était trop peu pour lui. Il a Toulû qu'il pnt fouler fjcuéreusement aux pieds l'orgueil de Satan, afin que la victime ne fut pas seulement soustraite à Ten* nemi , mais qu'elle terrassât le vainqueur. Celui qui nous avait conviés au salut s'est fait un plaisir de nous convier à la gloire : aux joies de la liberté il a joint l'allégresse de la couronne.

Avec quel empressement nos cités célèbrent ces combats et ces joûtes solennelles que la supersition , soutenue par le goût du plaisir, inventa autrefois chez les Grecs ; 1 A*» frique elle-même peut Tattester. Toutes les villes troublent encore de leurs applaudissements Garthage, gratifiée ' naguère des jeux pythiques, dans la vieillesse du stade» Ainsi , l'on a cru de tout temps que, pour enflammer 1'^ niulatiou , accroître la force du corps, Téiciidue de la voix, il conve nait de donner aux athlètes la récompense pour but, des spectateurs pour juges, le plaisir pour aiguillon. A ce prix plus de fatigues, plus de blessures 1 On se laisse battre, supplanter, déchirer, mettre en lambeaux , inon* der de sang : en est-il un seul qui songe à reprocher au juge du combat d'exposer des hommes à la violence ? En dehors du stade , on demande réparation d*un outrage ^ ici les coups et les meurtrissures disparaissent sous Té-* blouissant prestige des couronnes et des applaudissements, des présents et des distinctions publiques, des images et des statues, de l'espérance de se survivre à soi-même dans le ïviiu venir des hommes, et de la chimérique luimortalité que l'on promet à son nom. A vez-vous jamais entendu l'athlète se plaindre de ses blessures? non, sans doute, car il les a voulues. La couronne cache ses plaies ; la palme déguise son sai^ ; il est plus* enflé de sa victoire que des outrages subis par son corps. DiteS7moi ; regardereï-vous

TfiRïULLIfiN. 439,

encore comme insulté ce combattant si joyeux ? Mais que dis-je? Le vaincu lui-même reproche-t-ii son iniuriuiie au président des jeux? Et il serait malséant à Dieu de proposer ses combats et ses jeux ? de nous ouvrir celle arcnc on il nous donne « en spectacle aux hommes, aux anges, )i et à toutes les puissances? d'éprouver quelle est la force de Tame et de la chair ? de distribuer à celui-ci la palme, à celui-là des honneurs \ k celuî-oi le droit de cité, à celuilà des récompenses? d*6n réprouver quelques autres, et de rejeter ayec ignominie ceux qu^il a châtiés ? £n vérité, n^allez-vous pas imposer à Dieu et le temps, et la manière et les lieux où il doit juger sa femille, comme si la sagesse et la prévision n entraient pas aussi dans les attributions d*un juge ?

Mais que dire maintenant, si ce n'est pas à titre de combat que Dieu nous a proposé le martyre, mais pour Tavancement de notre foi? Ne fallait-il pas qu'elle eut sous les yeux comme une espérance supérieure oii elle pût rasaemhler ses efforts^ suspendre ses vœux^ et gravir avec constance» puisque les oflices de la terre aspirent euxmêmes à monter de degré en degré? Ou bien, comment y ' aundt-îl dans « la demeure du père de fomille des tabern nades différents^ » si on n admet pas la diversité de mérite? Gomment une « étoile différera-t-elle en éclat d'une « autre étoile, » si ce n'est par la différence des rayons? On*, si la Foi, elle aussi, devait marcher de suliluiiité en sublimité, de splendeur en splendeur, il fallait que ses conquêtes fussent le prix laborieux de 4a fatigue, de la souffrance, de la torture et de la mort elle-même. Examinez d'ailleurs quels sont les dédommagements. En sacrifiant oè qu'il a de plus cher au monde, son corps et son ame, celui-ci ouvrage, celle-là souffle du Créateuri rhomme ne se dépouille que pour placer à un plus gros intérêt, ne dépense que pour retrouver davanla^ : même prix, même récompense. Dieu avait vu d'avance que parmi les épreuves de la fragilité humaine les assauts du tenta-

440 TfiRTtlLLIEN*

leur, les pié^^es du monde et les séductions de toute nature, la Foi , en sortant du bain réo^ënérateur, courrait encore de grands périls. Que d'inforti^iés périraient après avoir recouvré le salut! Que de convives profaoeraient la robe du banquet nuptial ! Que de négligents oublieraient de renouveler Thuile de leur lampe! £nfin que de brebis à poursuivre à travers les vallées, à travers les montagnes, et à rapporter sur ses épaules ! Il place auprès de nous, comme seconde espérance et ressource dernière, les luttes du martyre, bain sanglant auquel la sécurité est acquise désonnais, et dont le psalinisle chantait ainsi la suprême félicité : « lYeureux celui à qui son iniquité a été pardonne née et dmii le péché a été couvert! Heureux 1 liornme « auquel Dieu n a pomt imputé son crime! » En effet, que reste-t-ii à imputer aux martyrs qui ont déposé leur vie elle-même dans ce bain réparateur? Ainsi, n couvrant la « multitude des péchés, parce qu'elle aime Dieu de toutes « ses forces, » (elle les emploie dans les luttes du martyre) « de toute son ame, » (elle la livre volontairement pour Dieu) la charité constitue le martyr. Remèdes, conseils, jugements, spectacles, tout cela vous paratt-il encore une cruauté de mon Créateur? Dieu a-t-il soif du sang de l'homme? Oui, répondrai-je avec confiance, si l'homme a soif du règne de Dieu, si Thomme a soif d'un salui qui ne courre plus aucune chance, sil'homnie a soif d'une seconde régénération. On ne peut envier à qui que ce soit une indemnité où la mesure de la récompense et du châtiment est la même pour tous?

VII. Que le scorpion de Thérésie vienne encore darder son aiguillon et crier que Dieu est homicide, je repousserai avec horreur le souffle empoisonné du blasphème qu^eihale la bouche du sectaire, mais je n'embrasserai pas moins sur le témoignage de la raison un Dieu, ainsi feit, par la raison même que, sous le nom de la Sagesse et par la bouche de Salomon, il se déclare lui-même plus qu'homicide, u La Sagesse, dit-il, a égorgé ses enfants. » Immolation

TBRTULLIEN. 441

pleine de sagesse, puisqu'elle les enfante à la vîe; plt inc de raison, puisqu'elle les met en possession tle la ;;Ioireî 0 ingénieux parricide ! O crime d'une adresse consommée !

0 sainte cruauié qui tue pour que la victime ne meure pas!

1 Et après cela que -vient-il ? k La Sagesse est célébrée au « deliorB par des hymnes d allégresse. » Ne chante-t-ob pas, eu effet, le triomphe des maityrs? « La Sagesse dé« « ploie son imrépi<tité sur les places publiques, car elle «n*égorge ses. fils» que pour leur bonheur. «Elle fait « enten<h« sa voix avec oonfiancè sur les- murs les plus «hauts de la cité, » témoin lorsqu'elle s'é<rrie suivânt Isaïe : « Je suis au Seigneur. L'autre dit : J ap[>artiens à « Jacob; un autre, j'appaniens à Israël. » O mère compatissante ! Que ne puis-je être compté parmi ses enfants pour être immolé par elle ! Que ne puis-je être inimolé de sa main pour devenir son fils ! Mais se contenie-t-elie d'é^ gorgcr ses enfants sans les torturer aussi? i 'entends Dieu s'écrier ailleurs : « Je les purifierai comme on purifie l'ar^ « gent, et je les éprouverai comme on éprouve Tor. i» Oui , sans doute, au creuset des supplices et par letf tortures du martyre, qui sont comme la pierre de touche de la foL X'ap^ve) q ignore pas davantage quel Dieu il a prêché , lorâfaHi écrit : «t S il n*a pas épargné son propre fils , et « s'il l'a livré à la mort pour nous, que ne nous donnera- « t-il point après nous avoir tout donné ? )> Vous le voyez, ia sagesse divine a iiumoié son propre fils, son fils premierné, son fils unique, pour qu'il eût à vivre, que dis-je ? pour qu'il put rétablir dans ia vie tous ceux qui l'avaient perdue. Puisque la Sagesse de Dieu n'est rien moins que le Christ « qui s'est livré pour nos péchés, n je puis dire dèa-lors que la Sagesse s*est immolée elle-même. Les paroles renferment deux choses, le son et le sens; il ne snfiit pas que Ijpreille du corps entende, il fiiut que Toreille de l*e^rit pénètre. €dui qui ne comprend pas les opérations de IMeu, crie à la cruauté. Cependant, nous avons beau ne les pas comprendre, les textes sacrés sont là, qui ar-

Ai% TMXULUEN.

relent la témhiîé Ae nos jugement. « Qui a connu ks u desseins <ie Dieu, ou qui est entré dans le secret de ses « conseils? Qm lui a ouvert la route de l'intelligence? »

11 y a mieux. Le monde, pour apaiser l:i colère de ses dieux, leur offre des victimes humaines, les Seythcs ?\ Diane, les Gaulois à Mercure, les Alricains à Saturne. l>e nos jours encore, le Latium, sur ses places publiques, présenleà son Jupiter des libations de sang huaiain. En esi41 un seul qui se plaigne? Toute rassemblée ne dit>elle pas qu il y a là quelque secret motif, ou que la volonté de son dieuest incompréhensible? Si notre Dien avait réclamé des dévouements et des martyrs, à titre de victimes spéciales» qui lui aiirait reproché une religion sinistre, des cérémo» nies lugubres, des autels convertis en bûchers, et des prêtres environnes ciii eadavres? Ou plutôt qui n'eût envié le boiilieur de servir à la nourriture de son Dieu ?

VIII. Je me renferme dans ce point unique, et me borne à rechercher si le martyre a été ordonné par Dieu, afin qu ordonné par Dieu , il vous. semble un aole de sa* gesse, puisque toutes les prescriptions divines sont sa^es» u La mort des élus est précieuse aux yeux du Seigneur» » Ainsi Ta chanté le Psalmiste; non point, j^imagine, cette mort commune, tribut qu^il nous feut tous acquit* ter, encore moins cette mort ignominiettse, flétrie Tiniquité et par la damnation qui la suit, mais cette mort que Ton brave pour rendre témoignage à sa religion, lutte glorieuse où le martyr se sacrifie pour rester fidèle à la justice et à son sernuiit , telle enfin qu'elle est décrite par Isaie. « Le juste périt , et nul n'y pense dans son cœur, « Le Seigneur rappelle à lui l'homme de sa miséricorde , « et nul ne le regrette. Le juste sera enlevé de la présence <c des méchants, et sa sépulture sera honorée. )» Tout est là , annonce du martyre, récompense du martyre.

En effet, la justice, dès lorigine, soufifre la violence* Dieu n*a pas plus tdt commencé d'être honoré , que la religion est lobjet de la jaloasici Celui qui était agréable à

miULUEN.

Dieu est tué et tué par son frère. L'impiété, pour marcher plus rapidement à 1 h(îinicide , commence par son propre sang. Les justes ont été sacrifiés, pourquoi les prophètes ne le seraient-ils pas ? David est réduit à prendre la fuite ; £iie ne sauve ses jours qu'en se cachai&t , Jérémîe est lapidé^ Isaîe. meurt sous la sde^ Zacliarie est égorgé entre le vestibule et Tautel , lainant sur k pierre l'ineffaçable empreinte du sang qu*il a versé. Le précurseur luMnéme, qui vient fermer la loi et la prophétie> cet homme qui fut plus qu^un prophète, puisqu'il a été honoré du titred ange, est ignominieusement décapité , salaire jeté k une impu*dKjuc. De tout lemp^Sj ceux qu'animait Tespril de Dieu se laissèrent conduire par lui au uiartyre , aliu de justifier leurs enseignements par leurs propres exemples. Lorsqu'une ville, lâchement obéissante, courait adorer Fimage de son monarque , les trois jeunes captifs d'Israèi n'oublièrent pas ce qu'exigeait d'eux une foi , qui savait demeurer libre jusque dans les fers , qu'est-ce à dire ? qu'il fallait mourir pour combattre ridolâtrie* Ils se sou«> muaient que Jérémie écrivait è ceux que inenaçait cette captivité : a Msintenant vous verrez k Sabylone des « dieux d*or et d'argent , de pierre et de bois, portés sur « les épaules, et redoutés par les nations. Gardex-vous « d'imiter ces étrangers, de craindre ces dieux, et de « vous laisser ai 1er à la frayeur. Quand vous verrez la « multitude répandue autour de ces siatues, et leur adres- « sant ses hommages, dites en voîre cœur: c'est vous, St^itt goeur, que nous devons adorer. » Aussi, répondirentils avec une confiance qu'ils puisaient en Dieu , quand ils repoussèrent avec énergie les menaces conditionnelles dit monarque : « Nous ne pouvotis vous le promettre, 6 prince! « Le Dieu que nous honorons est assee puissant pour nous « délivrer de la fournaise de feu, et nous arracher de vos « mains. Alors il vous deviendra évident que nous ne sei^ « vons pas vos dieux et n'adorons pas la statue d'or que «1 vous avez élevée. » O martyre consommé, quoique non

444 TfiamUEN

saijglant! Ils ont assez souflert, ils ont été assez brûlés. Dieu , pour témoi'pier que leur confiance en lui n'était pas vaine, les couvrit de sa protection. Voyez encore Daniel! Il n'adorait que le Dieu véritable. La Ghaldée .s'indigne, le dénonce ) et le jette aux animaux sauvages. Les lions Aurienx arec lesquels était enfermé le captif ne l'eus* aent pas épargné, si les sentimenls élevés de Darius sur la divinité avaient dû être trompés.

Au reste, il lallait que ftmt prophète, que tout servi* teur de Dieu, provoqué à Tidolàtrie, et refusant d^obéir, passât par le creuset de la tribnlation, N'était-îl pas souverainement raisonnable que ces hommes de cœur, pour mieux accréditer auprès de leurs contemporains ou de leurs descendants la véri té (|u'ils aniioD( iiient, lui imprimassent l'autorité de leur sang et de leur trépas, parce que personne u V iit consenti h mourir s*il n'avait eu la certitude qu il mourait pour la vérité P Ainsi plus de doute ^ préceptes, exemples, antiquité, tout prouve que le mar^ tyre est la dette de la foi.

IX. Four dépouiller l'antiquité de son mystère, il ne reste phis qu'à soutenir que le christianisme est une nonveaufe, importée par un Dieu étranger, sans lien com* mun avec la loi première, et oii «la Saîjesse ne sait pas « immoler ses propres enfents. » — La divinité , nous dit-on, est bien différente dans le Christ, ainsi que sa volonté et son école. Chez lui poiul de mar lyre , ou bien il a voulu qu'on le comprît autrement. Cela est si vrai , que jamais il n'exhorte les siens à braver ce péril; il ne promet pas de rétribution à ces souffrances, parce que ces souffrances il ne les veut pas. — Voilà pourquoi sans doute il débute dans ses préceptes par cette exclamation : « Bienheureux ceux qui souffrent pour la justice , parce « que le royaume du ciel est à eux 1 » Paroles qui , dans leur généralité, s'appliquent à tous; ensuite il s'adresse plus spécialement à ses Apôtres : « Vous serez heureux , a lorsque les hommes vous maudiront et vous persécute-

« ront , et diront faussement toute sorte de mal de vous à « cause de moi. Réjouissez-vous en ce jour-là et sovez dans « l'allégresse : voici que voire récompense est grande « dans le ciel ^ car leurs pères traitaient ainsi les pro- « phètes. »> NVtnit-cc pas leur prédire qu'ils seraient immolés à la manière des prophètes P

Mais, je ¥<ms l'aooorde) cette persécution , toute condl" tionnelîe, ne concerne que les Apôira. Eh bien ! puisque les Apàtres nous ont transmis le sacrement de la foi tont entier, et la propagation du nom chrétien, elles communications du Saint-^Bsprit , disciples héréditaires et rejetons de la semence apostolique , nous sommes liés par la loi qui i enchaînait les apôtres. Ils étaient martyrs; donc nous devons être martyrs comme eux. Jésus-Christ leur dit ailleurs : « Voilà que je vous envoie comme des brebis au « milieu des loups ^ soyez en f^^arde contre les hommes. Car « ils vous 'feront comparaître dans leurs assemblées, et « ils TOUS flagelleront dans leurs synagogues. £t vous se- « rez conduits devant les magistrats et devant les rois, « pour me rendre témoignage en leur prince et au mi- « lieu des nations, n Mais lorsqu'il ajoute : k Le frère li- « vrera le frère à la mort, et le père le ûIb\ les enfiinls « s*éleveroni contre les parents, et les feront mourir; » il est manifeste qu'il applique h d^autres cette iniquité , que les Apôtres n*ont pas éprouvée. Aucun d'eux n'a été livré par un père, par un frère, ce qui est arrivé à la plupart d'entre nous. Jésus-Christ revient ensuite à ses Apôtres : « Vous serez en haine à tous à cause de mon « nom ; )) à plus forte raison nous-mêmes qui devons être livrés par nos parents. Ainsi , par le mélange de ces dispositions qui concernent tantôt les Apôtres, tantôt chacun des fidèles, il a fiiit pour tous ceux dans lesquels son nom siège comme en un sanctuaire, avec la haine du monde , une loi universelle de confesser son nom jusqu'à la mort. « Celui qui persévérera jusqu'à la lih, sera « sauvé? » Persévérer, maisdans quelles soaffirances? Ikns

44d T£&TULU£N.

la persécution, dans la trahison, dtiBfl rimnoladon»

Persévérer ne sif^nifie pas autre chose qu'endurer jusqu'à la fin. Aoilà pourquoi « le disciple u'est pas au des- « sus du Maître, ni le s( rviteur au-dessus de son Seigneur, >> ajoutc-t-il sur-ii ( li uup. La cause en est toute simple. Le Maître et le Seigneur ayant été persécuté , trahi , immole, à plus forte raison les serviteurs et les disciples devront-ils subir les mêmes épreuves, de peurqu'ils Be pâBsent pour être d'une nature supérieure s*ils sont afihmchis de la tribulation de Tiniquité, surtout quand il doit suffire à leur gloire d'être traités comme le Seî-* çneur et le Maître qui les eocourege ainsi à la patience : « Ne craignez point ceux qui tuent le corps et ne peuvent « tuer l ame*, mais plutôt craignez celui qui peut préci- « piler i'ame et corps dans l'enfer. » Ceux qui ne peuvent tuer que le corps, quels sont-ils, sinon les magistrats et les rois nommés plus haut? Ce sont des hommes, j iinagine. Quel est, au contraire , le souverain dominateur de lame y sinon Dieu seul? Qui nous menace des flammes vengeresses, sinon le Dieu « sans la volonté duquel Tun tt des deux passereaux ne tombe point k terre , » c'est-àdire ni Tune ni l'autre des deux substances de Thomme , son corps ou son ame ? Tous les cheveux de notre tête étant comptés devant lui, « ne craiçneK donc pas, » puisqu*il ajoute : « Vous valez plus que beaucoup de passereaux^» C'est nous promettre que nous ne tomberons pas vainement ni s^ms profit dans la terre, si nous aimons mieux être immolés par les hommes que piw Dieu, u Quiconque « conlessera en moi devant les hommes, moi aus^si jc ( unit fesserai en lui devant mon Père qui est dans les cieux j « et celui qui me renonee devant les hommes, je le r^ « noncerai devant mon Père qui est dans les cieux. »

Ici du moins, j'imagine, tout est clair dans la définition de la confession ainsi que du désaveu, quoique Ténonciatioa difiére, L^homme . qui fait profession de christianisme se reconnut pour le disciple du €hrist. Celui

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X£&ÏULLI£N. 447

qui est VJésus-OiHst , est liéoesniireneîit en ']é8u»4%!i*ut-.

sa est dans le Christ, il confesse donc dans le Christ, au moment où il confesse qu'il est Chrétien. Car il ne peut rêtre, k moins d V tre dans le Christ. Or, en confessant dans le Christ , il conf esse aussi le Christ qui est dans le Christ, puisqu'il réside en lui en qualité de Chrétien. Pononccz le mot jour, sans avoir nomme la lumière elle-même, vous avez moDtré un effet de la lumière qui donne le jour. De même, quoique le Sei^pieur n*ait pas dit formellenent : m Celui qui me confessera» » l'acte d'une confession jour* naUère ne laisse point de s'accorder avec le sens des paroles du Seigneur. Quiconque en effet confesse ce qu'il est, c'est-à-dire Chrétien , confesse par là même ce par quoi il Test, c'est-à-dire le Christ. Conséquemment quiconque se désavoue pjor (ihrétien , nie dans le Christ en niant qu'il soit dans le Christ, quand il désavoue son litre de Chrétien. D'autre part, celui qui niera que le Christ réside en lui-même, en niant qu'il réside dans le Christ, désavouera également Jésus - Christ. Donc nier dans le Christ, équi<^ vaut à nier le Christ ; donc confesser dans le Christ, équivaut h confesser le Christ.

(U «ut suffi que le Seigneur s'expliquât uniquement isbr robltgBtioâide confesser. Il était facile, d'après oe texte, dc^^réjuger son contraire, et de conclure que Dieu répondait au désaveu par un désaveu, comme à la confession par la confession. Voilà pourquoi l'énoncé de la confession amenant de soi-même la formule du désaveu, il est visible que Dieu en disant : « Celui qui me désavouera, » et non u celui qui désavouera en moi, » comme il l'avait fait pour l'aveu, appliquait ces paroles à une autre espèce d'apostasie, il avait vu d'avance que la persécution s'armerait de toutes ses fureurs pour que le Chrétien, après avoir renié sa foi, fût aussi contraint de renier et de blasphémer le Christ. Ainsi avons-nous vu dernièrement avec horreur que, sous prétexte de réduire à l'apostasie quelques Chrétiens, on lutta contre leur foi tout entière avec une har^

TERTULUËN*

barie sans Dom. Il vous sera donc mutile de dire : Quand même je nierais que je sois chrétien, je ne serais pas désavoué par le Christ, puisque je ne l'ai pas désavoué personnellement. Le désaveu de votre loi ne sera pas moins criminel, parce qu'en niant que vous soyez chrétien, c est-À-dire en niant le Chrbt qui est en vous, vous i avez renié lui-même. U y a mieui. Il reayme mépris pour mépris : (( Celui qui aura rougi de moi en face des hommes^ « diWl, je rougirai également de lui en face de mon père <c qui est dans les deux. » L'apostaâe, il ne rignorait pas» est fille de la bonté ; le front est oomme le sanctuaire de Tame, et le respect pour Dieu est mort au-dedans avant que le dehors ait défailli.

X. Mais penser avec quelques-uns que ce n'est pas icibas, c'est-à-dire ni dans les limites de ce monde, ni dans le voyage de la vie présente, ni en face d'hommes d'une nature commune que doit avoir lieu la confession, c'est calomnier l'économie divine de toutes les choses que nous devons éprouver sur cette terre dans la vie présente et sons Tempire des puissances de ce monde, he» âmes ap^ paremment, après avoir quitté le corps et traversé tous les étages du ciel, examinées swr la nature de leurs mérites pour savoir quels pavillons elles doivent habiter, et interrogées sur les mystérieux arcanes de Thér^ie, auiFSpt à rendre témoignage devant les puissances véritables en face des hommes véritables, peut-être devant les Thélètes (1), les Abascantes ( 2) et les Acinètes de Yaleiitin. Quant aux lionmies au milieu desquels nous vivons, notre Démiurgue iui-méme, ajoutent-ils, ne les regardait pas œninie des hommes qui méritassent ce nom. Que sont-ils . à ses yeux? n Une goutte d'eau qui tombe dans le vase ,

(t) Les Thélètes et lés Adnètet. Deux des Eons de Valentin.

(i) Abas€?<nte np figurait pas parmi les Eons Je cet hérétique. C'est «ne plaisanterie de Teriullien. Abascante est un mot grec qui -li^iii fie amulette, ou préservatif coalie la magie et la fascination , comme puur dire que les Qnoitiqnat et Im Vtl«itiiii<Bi chmcheieot à fidw dasdupei*

TERTULLIEIf, 449

« une pcNisfiiève que le vent emporte, rien qae mépris et « néant. » H y a plus. « Il les assimile quelque part aux « animanx dépourvos de raison, »

D'accord, ainsi parlent les textes sacrés^ mais tous an-

torisent-ils à conclure qu'il y a d'autres hommes que iK)us ? Nous sommes. Donc les livres saiiits ont pu nous comparer à ( e qu'ils ont jugé convenable, toutefois en respecfaEif la propriété comme Turirté de notre espèce. De ce que notre vie a été corrompue, de ce que, jugée digne de mépris, elle a été comparée à des choses méprisables, il ne suit pas que notre nature soit changée jusqu'à mériter une antre dénomination. Je dis mieux. On conserve à l^hcMume rintégrité de sa nature, tout en flétrissant ses désordres, et le Christ ne comalt pas d'autres hommes que ceux dont il parle ainsi : « Qu'esNse que les hommes disent « du Fils de rhomme?— Tout oe.que vous Youles, que les « hommes tous fessent, &ites-le leur également, n Répondez! le Christ a-t-il conservé la nature de ceux dont il invoque le témoignage, et |>our lesquels il réclame la réciprocité de [ci justice. 0»^' si je demande à Thérésie oii sont ses prétendus hommes célestes, Aratus (l) me montrera plu^i^cilement Céphée, Persée, ÉrigoUe et Ariane transformes en constellations. Qui donc empêcha le SeigdRir de m'avertir en termes clairs que la confession des hommes aurait lieu là où il a dédaré ouvertement qu'au* luit lieu la sienne? Pourquoi ne m'a-t-il pas dit sans détour : «c Celui qui m'avouera devant les hommes qui sont « dans les eieux, moi aussi, je l'avouerai devant mou Père a qui est dans les cieux? w Si c'est d'une confession à la face du ciel qu il a entendu parler, il a dû nécessairement m'éviter la méprise d'une coniéssion terrestre dont il ne veut pas, parce que d'autre hommes que les habitants de la terre, je n'en connais pas, et que d'ailleurs Thommc jusqu'ici n'a pas encore été vu dans le ciel. Comment

(i) PoèU ^ qui a écrit im vanm^ InOtnlé <m PkimmêiÊÊÊ.

TERTULUM

croire d'ailleurs que pcurté là haut au sortir de cette vie, je subirai une ëpreure ta où je ne pub être admis que déjà éprouvé; que je s^rad examiné uae seconde fois dfois un lieu oit je ne puis entm qu'ayec le titre d*éla. Le ciel est ouvert au Ghrétien avant les avenues du ciel, parce quHl n'est point de ronle qui mène an ciel, sinon pour celui auquel le ciel est ouvert. Y parvenir, c'est y entrer. D'accord aveclasnper^tiou romaine, ne voilà-t-il pas que tu nous établis des Janus, des Forculus, des Limentinus et d autres ridicules fantômes pour garder les portes du ciel ? Si jamais tu as lu dans David : « Ouvrez-vous, 6 portes ! ouvrez-vous, d portes éternelles, K et le roi de glcâre entrera^ » si jamais tu as entendu Amos s'écrier : (c 11 élève dans les cieux les marches de son « trône ^ il appelle les eaux de la mer, et elles se répandit dent sur la terre, » sache-le bien, cette ascension nous a été fray^ par les pas du Seigpieur^ la porte nous a élé ouverte par le triomphe du dbrist : alors pins de retard qui arrête le Chrétien sur le seuil des cieux; plus d*^ preuves«à subir : il ne s^agit plus à cette heure de jugement, mais de reconnaissance; d'interrogatoire, xiiais d admission. ?

— Le ciel est encore terme, dis-tu.

— Souviens-toi qu ici bas, le Seigneur en a laissé les clefs à Pierre et dans sa personne à TÉglise. Quiconque aura élé interrogé sur la terre et aura confessé sa foi les emportera avec lui. Satan aifirme que notre confesdoD aura lieu lâchant pour nous persuader d'abjurer îdrbas. Vraiment, 6 utiles renangnemenls à envoyer d'avance h mon juge *, 6 exceUentes ciels à emporter avec mai, que d'arriver devant Dieu « avec la crainte de ceux qui tuent « le corps seulement, sans avoir aucun pouvoir sur Famé ! n Merveilleuse recommandation que 1 iniVactiou du précepte! Je résisterai glorieusement dans le ciel après n'avoir pu résister sur la terre ; je soutiendrai le regard des puissances supérieures après avoir tremblé sous Tœil des

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TERTUULIEN.

•piussances inférieures. Enfin je pifériti^rai detre admis après avoir été déjà exclus.

Il TOUS reste à dire qu'il faut apostasier ici-'bas^ puisque la confession nous attend là haut. Où se trouTe une des deux choses» se rencontre aussi la totalité* Toutes les oppsitions marchent de concert. La raison vent dès-lors qu'il y ait persécution dans le ciel , parce que la persécution est l'élément indispensable de toute confession comme de toute apostasie. O le plus audacieux des hérétiques, pourquoi hésiter encore? Que ne transportes-tu dans les ix*gions cciestes la persécution contre les Chrétiens? Que ne places-tu la haine qui nous poursuit à côté de ce même trône, « où le Christ siège à la droite de son Père ? » £h hien 1 rétablis là haut et la synagogue des Juifs qui la première poussa le cri de guerre et flagella les apâtres, et les nations vociférant dans leur amf^ithéfttre : « Jus- « 4{nes à quand cette troisième engeance? » U nous laut de ptus des frères, des pères', des 61s, des bdles^nères, des helles-filles €t jusqu'à des serviteurs , pour nous trahir, coauiie l<i prophétie Tannonce. Est-ce tout ' Je veux encore des rois, des magistrats et des ijui^sances armées devant lesquelles nous défendrons notre cause. Creuse en outre dans le ciel un cachot ténébreux, fermé aux rayons du soleil, ou vainement éclairé, si la lumière y pénètre. Convertis en chaînes les zones, en chevalet Taxe du monde I Fautril lapider le Chrétien? la grêle n^attend que tes ordres; le brûler ? la foudre est sous ta main; l'immoler? Orion allonge déjà ses bras menaçanb; le livrer aux bétes féroces? vrâlà que le septentrion déchaîne ses d^ix ourses ; le zodiaque lâche ses taureaux et ses lions.

« Qui aura persévéré jnsqu^à la fin sera sauvé ! » Ainsi donc la ûn, la passion, rimmolation, la première confession, tout cela se cons^iinmeia dans le ciel. Et où sera la chair dont la présence est indispensable pour ces diverses opérations? Oîisera«le corps qui seul « doit périr sons l.i a main des hommes?» Tel est 1 appareil quune raison,

TERTLLLIEN.

oonséqQente à elle-même, d dû dresser, même en se jouant dans rironie, parce que Touloir la persécution, c'est transporter avec elle son indispensable cortège, afin que le martyr puisse rendre témoignage k sa foi. En effet , la confession dérive de la persécution : la persécutbn se consomme par la confession. Or, c'est ici-bas que la baine éclate contre le nom chrétien, ici-bas que la persécution se déchaîne, ici-bas que la traliison nous dénonce, ici-bas que l'interrogatoire nous contraint de b!as{)hémer, ici-bas que les bourreaux sévissent. Confession ou apostasie, i! faut à l'une ou à l'antre chacune de ces dispositions. Si c'est ici-bas que se passe tout le reste, point de confession ailleurs. Si la confession se passe ailleurs, qne Hait ici-bas tout le reste ? Mais dans le ciel , rien de tout cela : donc il n*y a pas de confession dans le ciel.

Si rbérésie prétend qu^au ciel Tintern^toire et la confession ne procèdent pas comme sur la terre , elle devra aussi établir des dispositions différentes, qui niaient rien de commun avec celles qui sont consignées dans les Écritures. Nous poui l ions lui dire : C'est ton aiiairc, pourvu que les interrogatoires et les confessions ici-bas, qui dérivent des éléments de la persécution , conservent la propriété légitime de leurs termes, en sorte qu'il faille croire comme il est écrit , et comprendre comme il est entendu. Pour moi , je défends tonte cette économie sur l'autorité elle-même du Seigneur, qui n'a destiné à cette confession d*autre théâtre qne la ferre. Pourquoi ajonte-t41 après ce qui concerne la confession on l'apostasie : « Ne pensez pas « que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis « pas venu apporter la paix , mais le glaive. €ar je suis « venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère « et la belle-fille de sa belle-mère. Et les ennemis de « l'homme seront ses propres serviteurs. » Par là en effet, il arrive « que le frère livre le frère à la mort et le père, « le fils. Les enfants s'élèvent contre les parents , et les « font mourir. Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin

iratTDLUEN.

t( sera sauvé. » Tant il est vrai que la clis|X)silion de ce glaive du Seigneur, apporté sur la terre et Doa dans le ciel» dëlermine aussi sur la terre cette confession» qui, en persévérant jusqu'à la fin , doit endurer la mort.

JÎI. Nous démontrerons de la même manière que tout le re«le s'applique également au martyre, fi Celui qui estime « sa vie plus que moi nVst pas digne de moi; » c'est^i-dire le Chrétien qui aimera mieux vivre en me désavoqant que mourir en me confessant. « Celui qui garde sa vie la perce dra; mais celui qui la perdra pour moi la trouvera. » Conséquemmcnt le Chrétien .^arde sa vit , lursqu'il la rachète par 1 apostasie. Mais il perdra dans l'enfer celle vie qu'il croit avoir gagnée par Taposlasie. Le martyr qui meurt en confessant perd la vie du temps ^ mais il retrouvera la vie de réternité. Les magistrats eux-mêmes ne Dpi|ui:disent>ils pas, pour nous engager au parjure : Sauvez votre vie \ n'allez pas vous perdre ? Quel langage tiendra le Christ 9 sinon un langage conforme au sort du chrétien ?

ftiiorsqu^ils vous feront comparaître devant leur trihu- « nal» ne vous inquiétez pas comment vous parlerez. » Ici Jésa»-Chri^ donné ses instructions à ses serviteurs, et leur promet que l'Esprit saint répondra par leurs lèvres. Nous ordonne-t-il de visiter notre frère dans le cachot ? c'est le confesseur qu il nous ordonne de soigner. Allinne-t-il que « Dieu vengera ses élus? n c'est encore les souffrances du martyr qu i! console. Que signifie encore la parahole de la semence qui sèche sur un sol aride, sinon Fardeur de Ja persécution ? Si rien de tout cela ne doit se prendre dans un sens naturel, assurément ces paroles cachent quelque mystère, et disent une chose, taudis que le sens en dlit une autre;, comme dans Tallégorie, la parahole ou rénigme.

Quelle que soit la vaine argumentation dont se gonflent ' nos scorpions, quel que soit le dard avec lequel ils blessent, je ne veux plus qu'une preuve. Nous en appelons aux faits eux-mêmes ; sont-ils conformes à la letlre des Écritures?

454 TERTULUEN.

Les Écritures ont voulu réellement désirer tout autre chose, si ces mêmes événements ne sont pas ajusignés dans les Écritures. Ce qui est écrit devra infailliblement arriver. Or, ce qui est écrit arrivera, si autre chose n'arrive pas. Mais voilà que nous sommes pris en hninc par tous les hommes, à cause de notre nom, ainsi qu il est écrit; nous sommes livrés par nos proches^ ainsi qu'il est écrit ; nous sommes traînés devant les puissances, interrogés, torUirés et immolés en ooDfessant, ainsi qu'il est écrit. Le Seigneur Fa déclaré de cette manière. SHl Ta déclaré dans un antre sens, pourquoi les événements n'arrivent-iis pas tout autrement qu*ii ne l'a déclaré? c'est-à-dire, comme on prétend qu'il l'a déclaré. Mais non ; ils n'arrivent pas autrement qu'il ne la déclaré. Donc ib arrivent comme il Ta déclaré ; et il les a déclarés comme ils arrivent. Car il ne leur au<> rait pas été permis d'arriver autrement qu'il ne l'a déclaré, et lui-même ne les aurait pas annoncés autrement qu'il n'aurait voulu qu'ils arrivassent. Ainsi les Écritures ne signifieront pas autre chose que ce ([uc nous lisons dans les événements. Ou si les événements qui ont été prédits ne s'accomplissent pa^ « nrnrt , comment donc s'accomplissent ceux qui n'ont pas été prédits? En effet, ceux qui s'accomplissent n'ont pas été prédits, si la prédiction elles événements sont en contradiction. Mais aujourd'hui que les événements sont d'accord avec les paroles et les paroles avec les événements, on vient nous dire que les paroles ont un tout autre sens. Qn'arriverait-il donc si les événements avaient pris un autre cours? Rejeter les feîts et admettre des conjectures, voilà le renversement de la foi. A cette déplorable confusion d'idées, je réponds que si les événements qui s'accomplissent, tels qu'ils sont écrits, ne sont pas ceux qu'annonce la prédiction , il faut exclure ceux qui ne doivent pas s'accomplir tels qu'ils sont écrits, de peur qu'ils ne périclitent cux-niémes, à l'exemple des premiers. Puisque les événements et les paroles se contredisent, il en résulte donc que des événements ne peu-

vent pas seubiar avoir été prédits, s ils sont prédits lout* BUtremeiit qa'ils ne doivent s'accomplir. Et comment ne pas refuser sa foi à des prëdicfioDS (1) que démentent les fidts ? Ainsi les hérétiques, en croyant des prédictions qne ne justifient pas les événements, cvoient ce qui n'a pas été prédit.

XII. Maintenant, qui connaîtra mieux le sens iniîme des tentures, que l*éoole même de Jésus-Christ, les disciples qu'adopta le Seigneur, par conséquent pour leur apprendre toutes choses; cl qu il nous donna jx)Lir maîtres, par conséquent jx)ur être nos docteurs sur tous les points. A qui aurait-ii révélé le sens de ses paroles plutôt qu a ceux devant lesquels il fît rayonner sa gloire, c'esl-îi-tlire à Pierre, à Jacques, à Jean, et ensuite à Paul, qu'il ravit au ciel avant même son martyre? Ces hommes divins écrivent-ils aussi d'une façon, tandis qu'ils pensent de Tautre, apôtres du mensonge, et non la vérité ? Pierre adresse ces mois aux habitants du Pont : « Quelle est votre gloire, sî « ce n'est pas pour vos péchés que vous souffrez des ou- « trages? Votre patience est agréable à Dieu. Car c'est à «c quoi vous «Tes été appelés, puisque iésus-Christ a souf-* c fort pour nous, vous laissant son exemple, afin que vous « mardiieE sur ses pas. i» Bt ailleurs : « Mes bicm-airoés, « lorsque Dieu vous éprouve par le feu des afflictions, n'en « soyez point surpris, comme s'il vous arrivait quelque « chose d'extraordinaire. Mais i^jouissez-vous d'avoir part «aux souffrances de Jésus-Christ, afin que vous soyez « aussi comblés de joie dans la ujauiiestaiion dt; sa gloire. « Vous t'tes bicnlieureux , si vous êtes outragés pour le « nom de Jésus-Christ, parce que llioiineur, la gloire, la « vertu de Dieu, et son Esprit, reposent sur vous. Mais « qu'auctin de vous ne souffre comme meurtrier ou comme « voleur, ou comme calomniateur, ou comme un homme

(i) On lu avec VOnmlh^uium àb Momu : Si guamùià wiêrité 9»» «m-

456 TERTULUEN.

« convoite le bien d'autrui. Soufire-t-il comme Ghré« « tien? qu il n'en ait point de honte; loin de là, qu'il en «f gloriâe Dieu. » Éoontons Jean à son tour. <i 11 nous « exhorte à donner aussi notre vie pour nos frères, pigroe « que la crainte n'est pas où est Tamour. L'amw parikit, « ajoute4;4U chasse la crainte; car la crainte est acoompa- « gnëe de peine» et celui qui craint n*est point parfeit « dans ramoor, »

De quelle crainte s*agit-il ici pour nous, sinon de la crainte qui conseille Tapostasie? Quel est, dans le langage sacré, ramour pai ldit, sinon celui qui dissipe la crainic et soutient le courage du confesseur? Par quelles iiayeurs sera châtiée la crainte, sinon par les frayeurs qui environneroiil le parjure condaumé à périr, avec son corps et son ame, dans les flammes de l'enfer? « Mourez pour vos p frères, » nous dit l'Apôtre-, à plus forte raison pour Jésus-Christ. Son Apocalypse ne Tavait que trop bien préparé à de semblables conseils. L'Esprit saint, en effet, aTail écrit à Tange de TEglise de Smyme : a Le démon jettera « quelqu'un de Totis dans les fers, afin que vous soyez « éprouTés, et vous souffirirez pendant dix jours. Soyez « fidèles jusqu'à la mort, et je vous donnerai la couronne « de vie. » Même eihortation à Tange de Pergame, lorsque Tintrépide martyr Antipas eut soiâPert la mort là ob habitait Satan. Même exhortation à Tange de Philadel|^ie, qu'il déclare affranchi de^Tépreuvé dernière, pour n'avoir point désavoué le nom du Seigneur. A chaque vainqueur, il promet une récompense, (arilol le fruit de 1 ai bre de vie, tantôt la délivrance de la seconde mort, tantôt la manne cachée, avec une pierre blanche où sera inscrit un nom inconnu. Celui-ci licndi a dans ses mnins la verffcde fer, et brillera comme la clarté de Tétoilc du malin. Celui-là portera une robe blanche, et son nom ne sera point effacé du livre de vie. Il deviendra dans le temple de Dieu une colonne marquée du nom divin et du nom de la céleste Jérusalem. Cet autre siégera sur un trdne, k côté du

Seigneur» boonetur refusé aux fils de Zébédée. Ces bieiiheureux vainqueurs^ quels sont-iis, sinon les martyrs proprement dits? £n effet, à qui combattit, la vîotoice; à qui Tcna soa sauç, le combat! En attendant, les âmes des martyrs reposent paisiblement sous Tautel, nouiris- .saut leur attente de la confiance qu'elles seront yengées, Y^ues de robes^ et déjà couvertes de la robe bbmcbe de la gloire, jusqu'à ce que d'autres viennent partager leur splendeur. Derrière eux, en effet, s'avance une multitude innombrable, vêtue de robes blanches, portant à la main les palmes de la vicloire, parce qu'ils ont triomphé Je rantechrist , comme le dit un des vieillards : (c Ce sont <( ceux qui soat venus de la grande tribulation et qui ont « lavé et blanchi leurs robes dans le sang de T Agneau. » Le vêtement de Tame, c'est la chair. Ses souillures sont lavées par le baptême, et se^; taches blanchies par le maatj^iG'est dans ce sens qu'isaie promettait à Técarlate et au vermillon qu'ils deviendraient semblables à la neige et à la toison la plus blanche. Quant à lagrandeBabylone qué i'Àpdtre nous décrit ivre du sang des saints, il n'en feut poîni douter, c'est à la coupe du martyre qu'elle boit son messe j mais de là résulte aussi que trembler démit k cenliesBiony c'est encourir le châtiment. Qui recule est inaerit parmi les rëpiunvés ; que dis^, il est rangé à leur tâte. « Les timides et tous les autres, nous dit Jein, <t auront leur part dans l'étang de feu et de soufire. » Tel est le châtiment qu il réserve à cette même crainte, que « cbasse l'amour parfait, » dans une autre de ses épiti es.

XllI. Mais avec quelle ardeur il nous recommande le martyre après lequel il soupire lui-même, ce Paul, qui, de persécuteur répandant le premier le sanr^ de l'Ef^lise, devient ensuite Apôtre, a échangeant ainsi l épée contre la <( plume, le glaive contre l'instrument de labour, le matin «J^jamin» loup ravissant, le soir apportant ses dé-^ « pouilles , suivant les paroles de Jacob ! n Eooutons^le s'applaudissent de la foi des Thessaloniciens î « De sorte.

« , que iimis noua gkiifions nooMote « lesÉgliBesdelKeUyàcflniaedeTDtrepatienœelife « « Icn an milieii même de tontes les perwcntiims et des iri- « Imlitioiis qui mius arrivent; qui aoDt des maïqoes dn « juste jugement de IMea» et qui servent à vous rendre « dignes de son royaume, pour lequel aussi toos souffifes. » Même langage aux Romains : « Nous nous glorifions, non- « seulement dans celte espérance, mais encore dans nos « alHictions, sachant que î alïliction produit la patience, « la patience l'épreuve, et l'épreuve [ espérance^ et cette « espérance n'est pas vaine. » Et ailleurs : « Or, si nous « sommes enfants, nous sommes aussi héritiers, je dis hé- « ritiers de IHeu, et cohéritiers de Jésus-Christ, poniru « toutefois que nous soufiPrions avec lui , afin que noms « soyons ^orifiés avec lui. Car je ctcms que les souffrances « de la vie présente nVnt aucune proportion avec cette « gloire qui doit un jour éclater en nmis. » Voilà poorquoi il ajoute plus bas : « Qm drnic nous séparant de « ramomrdelém843irwt?Sera*K9erafflk9lion,oiileBa»- « fpnsses, on la ium^ ou la nudité, ou lespéiîls» ou les a penéctitkms, ou le glaive? Selon qnll est écrit : On « nons livre ions les jours h h mort k couse de voua ; on « nous regarde comme des victimes destinées aux saori- « fiées. Mais parmi tous ces maux , nous demeurons vio- « torieux par la vertu de celui qui nous a aimes. Car « je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les anges, « ni les principautés, ni les puissances, ni les choses « présentes, ni les futures, ni la violence, ni tout ce « qu'il y a de plus profond , ni aucune autre créature , u ne pourra jamais nous séparer de l'amour de Dieu « en Jésus -Christ notre Seigneur. i> Quand il raconte aux Corindiiens ses souffirainoes , il fait de la souffimoe une loi imprescriptible : « J^ai essuyé plus de travaux , « reçn plus de coups, enduré plus de prisons, le me «'suis vu souvent près de la mort. I*ai reçu des Jnife «jnsqu% cinq fob trente * neuf coups de ^et; j*ai

« été battu de Termes p«r trois fins \ j'ai été lapidé tine « fois y etc. V

Qae si ces dioses tous paraisseot des disgrâces , plutéc que des martyres yéritables, écoutez encore ! «€*est poiir«-

« quoi je me complais daos mes faiblesses , dans les outra- « ges, dans les nécessités, dans les persécutions, dans les u anf^oisses p<jLir Jésus-Christ. » Il est semblable à luimême dans ce qiiî précède : « Nous subissons foute sorte « d'afflictions , mais nous n'en sommes point accablés ; « nous nous trouvons dans de grandes diiiicultcs , mais « nous n'y succombons pas. Nous sommes persécutés, mais « D011S ne sommes pas abandonnés \ nous sommes renver- « sés, mais nchis ne sommes pas perdus. Nous portons toUr « jours dans notre corps la mort de Jésus. Iftiîs quûi4|oe (( dans nous , ajoute-t-ii » l'homme extérieur se détruise » (c'est-à-dire la chair, par la violence dea persécotions)} « l'homme intérieur se renouyelle de jour en jour, » (c^esf^ à-dife Tame, par Tespérance des promesses). «Lesaf" « filetions si courtes et si légères de la vie présente pio- « duîront pour nous de de^ en degré le poids étemel- « d*une Sublime et incomparable gloire. Ainsi nous ne « considérons point les choses visibles , mais les invisibles. « Car les choses visibles sont passagères^ » allusion aux dîsç^ces (le la vie , « mais les invisibles mmi étenielles; » allusion aux récompenses. Écrit-il du fond de sa prison aux Thessaloniciens , il les estime bienheureux « de la « grâce qui leur a été faite , non-seulement de croire en « Jésus -Christ, mais encore de souffrir pour lui. Dieu, « leur dit<«il , tous a engagés dans le même combat oh tous <t m'avez vu et où vmis avez appris que je suis encore* i « Car si, après avoir offert à Ùieu le sacrifice de votre « foi, il faut que mon sang soit répandu sur la victime , « j^en aurais de la joie , et je m'en réjouirais avec vous « fous. Et vous devriez aussi vous-mêmes en «voir de la « joie et vous en réjouir avec moi. » L'entendez -vous eûHer le bonheur du martyre auquel il donne de la j(h

460 TERTLLLIEN.

lennité par la réciprocitë de la joie ? Comme il se féiicile, dans 80Q éjHire à Timothëe, dès qu'il croit toucher à Tobjet de ses vceiu ! « Car moi je sois près d'être immolé^ Ur et le temps de ma mort approche. J'ai combattu fortes «t ment ; j'ai achevé ma course y j'ai gardé ma foi. Il ne « me reste qu'à attendre la couronne que le Seigneur me « donnera en ce grand jour ; » oui , la couronne du martyr. 11 avait suflisamment exhorté plus haut son cher disciple. (( G est une vérité Ucs-ceriaine ; si nous mourons a avec Jésus-Christ, nous vivrons également avec lui. Si « nous souffrons avec lui , nous régnerons également avec « lui; si nous le renonçons, il nous renoncera aussi. Si « nous lui sommes infidèles, il demeurera fidèle- car il « ne peut pas être contraire à lui-même. J^e vous laissez « donc pas troubler par la passion de Notre-Seigneur, ni « par l'idée que je sois son captif. » En effet, il avait dit plus haut : <( Dieu ne nous a pas donné un esprit de timitt dite 9 mais un esprit de force, d amour et de sagesse* » Oui, nous souffrons ayec une sagesse ei une Ibrce qui se raniment dans l'amour de Dieu, quand nous soufrons pour rinnocence. Nous encourager à la patience, qu'est-ce autre chose dans la bouche de l'Apôtre que de nous préparer d'avance pour la tribulation ? De même, nous éloigner de l'idolâtrie, n'est* ce pas lui arracher surtout la couronne du martyre ?

XIV.. 11 est bien vrai qu'il écrit aux Romains : u Que « toute amc soit soumise aux puissances supérieures*, « c^ir il 11 y a point de pui.ssance qui ne soit tle Dieu. Ce c( n ehl pas» en vain qu'elle porte le .glaive. Le prince est « le ministre de Dieu, mais pour exécuter sa vengeance, « ajoute-t-il, en punissant celui qui £ût le mal. » En ef-fet, il avait dit plus haut : « On n*a rie» à craindre du « prince en laisant le bien , mais en faisant le mal. Vou- « lez- vous donc n'avoir pcânt à craindre la puissance , m feites le bien et vous en reœvrec des buan^pes. Le « prince est le ministre de Dieu pour votre Uen ; qtie si

w vous laites le mal , vous avez raison de craindre. » Gm* sëquemmeDt , ce n'est pas pour te fournir ToocasioD d'échapper au martyre qu'il te recommande la scnmiisBion aux puissances , mais pour t'exhorter à bien vivre, parce que les puissances sont les auxiliaires de la justice, et les ministres du jugement divin, qui s'exerce d'avance ici4Ni8 sur les criminels. Ensuite il détermine la nature et les limites de cette soumission : « Rendez à chacun ce qui lui « est du, le tribut à qui vous devez le tribut, les impôts « à qui vous devez les impots , n c*est-4i-dire « Rendez « à César ce qui est h César, et à Dieu ce qui est à Dieu ; w mais l'hoinme n'appartient qu'à Dieu. Pierre avait dit également : « Tu honoreras le roi. w Mais de quelle manièi'e Tentend-il ? Quand le monarque reste sur son domaine, quand il ne prétend pas aux honneurs divins. Nous aimons aussi noire père e( notre mère , pourvu cependant qu'ib ne soient pas mis en parallèle avec Dieu. Au reste , il n'est pas permis d* chérir son ame elle-même plus que Dieu.

XV. £h quoi donc! les épS très des Àpdtres sont^ellessi variables ? Ames simples et colombes înnoeentes jusqu'ici, nous sommes-nous jetés volontairement dana l'errear par je ne sais quel désir de vivre ? Qu'il en soit ainsi , je Tneoorde. Dépouillons la lettre de son sens Iég;îtime. Tonte- Ibis , nous connaissons les tribulations des Apôtres ; cette doctrine est palpable ; pour la comprendre, il me suffît de parcourir le livre des Actes. Je n'en demande pas davantage j j'y rencontre partout des cacliofs, des fers, des flagellations^ des lapidations, des glaive , des Juifs qui insultent, des nations qui se lèvent avec fureur, des tribuns qui diffament, des rois qui interrogent, des proconsuls qui dressent leurs tribunaux. Qu est-il besoin du nom de César pour servir d'interprète ? Pierre est mis à mort ; Etienne lapidé, Jacques immolé, Paul étendu sur le chevalet avant d'être décapité \ voilà des faits écrits dans le sang^. L'hérétique veut-Il des preuves à l'appui de ces livres ?

TERTUU.IEN.

Eh bien! les annales de l'Empire (1) prendront la parole comme auUrefois les pierres de Jérusiilt m ! J'ouvre la Vie des Gisars; Néron, le premier, ensnrijjlante à Kome le berceau de la foi. C'est alors que Pierre, attache au gibet, est ceint par une main élraogère ^ ai<»*s que Paul oblieut le titre de citoyen romain en renaisaaot à une nouTelle YÎe

• par la noblesse de sou martyre. Partout ou je rencontre ces soufiraaces, j'apprends à souffrir. Qui choisirai-je pour mes docteurs du martyre , les paroles des Apâtres, ou Fauiorilé de kor nunrt? peu m*importe, sinon que je reconnais leurs paroles dans leur trépas. À coup sûr, ils ne se serais pas exposés aux souffrances, si leur avis eût été qu il ne fiiut pas souffrir. Quand Agabus prédit à Paul que la captivité l'attend & Jérusalem , aussitôt ses disciples le conjurent en pleurant de ne pas se rendre dans cette ville. Vaines supplications ! Fidèle à ses enseignements de tous les jours , l'Apotre leur répond avec courage : " Que laites-vouS Cft pleurant et en alHigeant mon « cœur? Je suis prêt non-seulement à subir la prison, mais « encore à mourir dans Jérusalem pour le nom du Seigucur. Alors ils cessent de le presser : « Que la volonté du Sei- « gneur soit faite, » disent-ils, bien convaincus que le martyre est dans la volonté de Dieu. £n effet 9 les disciples de Paul, en essayant de le retenir» ro^retlaieat TApôtre, mais ne dissuadaient pas le confesseur. Que si un Prodicas (2) ou un Yalentin eût munnnré à «es oreil-* les : « Il n^est pas besoin de confesser ici-bas le Seigneur

• R 1^ la lace des hommes ; n'allons pas surtout prétendre que « Dieu ail soit' du sang de rbomme^ et que le Christ cxi^^e

(1) Allusion à ce double pa&sage de Tacite et de Suétone : a (^ucBsitiê- « fiMM JNMW tiffitoit Ifen fW» vuS^mê Cirîvf mno* ^jipêlMai,

Annales, Ho, 16.

JffiielittippHcii» CkrUHani.

fÊntiWK^t cl»P* Vie de IVéïOB.

(a) Saint Clément d'Alexandrie attaque ce Prodicas eu septlèrae livra des IkaoBMlei* U i'eocose de njeler la néce»ilé de la priés».

TERTULUËN

« la réciprocité martyre , comme s'il en attendait son <i propre salut , » il eût entendu de la bouche du serviteur de Dieu Tanathème que le démon avait entendu de la bouche du Seigneur : «Retire-toi, Satan, tu me scanda- « lises, car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu , « et tu le serviras lui seul. » Eh bien! que ces mêmes j3arôles retombent aujourd'hui sur la tête du sectaire, puisque, long-temps après cette épreuve, il vient semer se* âèlement des poisons qui ne seront funestes à laÊiiblesse qu^anfant qu'elle négligera de tremper ses lèvres au breuvage que nous lui prësrâitons au nom de la foi, soit comme prëserratif , soit comme antidote.

CONTRE PRAXÉÀS,

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