SUR LA TRINITÉ
I. Le démon s'y prend de plusieurs manières pour contrefiiire la vérité. 11 affecte quelqueibis de la défendre pour mieiix Tébranler. Il prêche un seul Dieu, Père Tenu» Puissant^ Créateur de Tunivers , afin de suadtear vue hë^ résbà roocàsioii de cette unilé* Il mtîeDt, par exempley «pHf '^t le Père qui ett desoendii dans le sem d'une Ti^e, lui qui est néd^elle, lui qui a soufiSart» en rm mot y lui qui est Jésus-Christ* Le serpent s'est mis en oûdh tradictkm aTCC hd-méme. Il onfalie qoLBn moment oh il tenta Jésus4]hrist , que Jean venait de baptiser, il Ta* Lorda comme Fils de Dieu, certain que Dieu avait un Fils, ne fût-ce que par les Écritures, en vertu desquelles il essayait de le tenter : « Si vous êtes le Fils de Dieu , oom- (c mandez que ces pierres deviennent des pains ^ m ei encore t « Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas, K car il est écrit qu il vous a confié à ses anges, » le Père, apparemment» « pour qu'ils vous portent dans leurs mains, « etde peur que votre pied ne heurte contre la pierre*» Ou bien, peutrétre qu'il a reproché aux Évangiles leur meosonf^y en disant: «Qu'importe Matthieu! qu'importa
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« Luc I Quant à moi, c'est Dieu Ini-mciiie que j'allai tron- (( ver; cVst le Tout-Puissant eu personne que je tentai « en face. Voilà pourquoi je 1 abordai; pourquoi je le ten- « tai. D'ailleurs, si Dieu avait un Fils, je n'aurais jamais « daigné le tenter. » C'est le démon jdutôt qui « est men- « teor dès rari^oe, )» lai et rhomme qu*il infecte de «m poison, tel que Praxéas^ par eiemple.
Praxéas, en effet , transporta le premier de l'Asie k Bxme ce genre de perversité , homme d'un caractère in-* quiet, enflé par Torgneil du martyre, pour quelques moments d*ennai dans une prison de quelques jours» « lors « mjâme que, s'il eût livré son corps aux flammes» il n*au- « rait rien gagné , puisqu'il n^a pas Famottr de Dieu , i» dont il a détruit les dons. L'évéque de Rome, reconnaissait déjà les prophéties de Montan, de Prisca et de Maxi- Hulia, et par cette reconnaissance il donnait la paix aux Églises d'Asie et de Phrygie , lorsque Praxcik» , en lui rapportant des choses controuvées sur les Prophètes t tix- mêmes et ieurs églises, et en défendant l'autorité de ses prédécesseurs, le força de révoquer les lettres de paix qui éttâeat déjà parties , et le Uétooma du desson qu'il avait dereoevoir les dans nouveaux. Praxéas à Rome rendit dôme un double service au démon ^ il chassa la prophëlU et llinr trodukit l'hérésie \ il mit en luîte le Paratlët, et û cmoifia le Père* L'ivraie semée par Pnnéas avait froieiiié ; ear «elleavait été jetée ici oo ndus sommcapendant quête « grand nombre dormait, v dans la simplicttédeladoetrine^ dénoncée ensuite par celui qii^il phit k Dm d'y employer, elle paraissait entièrement arrachée. En i|n mot, l'hérétique s'était précautionné conii c h passé^ il devint docteur aprèssa rétractation; l'acte qui la constate est encore entre les mains des Psychiques, devant qui la chose eut lieu-, depuis, silence absolu. Quant à nous, la connaissance et l'admission du Paraclei nous sépara depuis des Psychiques. Mais cette ivraie avait répandu sa graine. Après s'être cachée peoNiant quelque temps , par liypocrisiey soos iM vitaAké
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qui échappait à tous les regards , la voilà qui fait invasion de nouveau. Mais elle sera de nouveau déracinée, s'il plaît au Seigneur, dans le temps présent 5 sinon « toutes (( les moissons adultères seront rassemblées en leur jour, <( et brûlées dans des flammes inextinguibles avec tous les « autres scandales. »
H. C'est donc le Père qui naquit dans le temps, le Père qui souffrit. Jésus-Christ, que l'on prêche , n'est pas autre chose que Dieu lui-même , que le Seigneur Tout- Puissant. Ainsi le veut Praxéas. Quant à nous , dans tous les temps, mais aujourd'hui surtout que nous sommes plus éclairés encore par le « Paraclet qui enseigne toute vérité , » nous croyons en un seul Dieu , mais avec la dispensation ou l'économie, comme nous l'appelons, que ce Dieu unique ait un Fils, son Verbe, procédant de luimême, « par qui tout a été fait et sans qui rien n'a été fait. » Nous croyons qu'il a été envoyé par le Père dans le sein d'une Vierge, qu'il naquit d'elle tout à la fois homme et Dieu , Fils de l'homme et Fils de Dieu , que son nom est Jésus-Christ , qu'il souffrit, qu'il mourut, et qu'il fut enseveli , selon les Ecritures , qu'il fut ressuscité par le Père, et que, remonté dans les cieux, il s'assied à sa droite , pour en redescendre un jour afin de juger les vivants et les morts. Nous croyons que de là il a envoyé ensuite , conformément à sa promesse , l'Esprit saint , le Paraclet du Père, pour sanctifier la foi de ceux qui croient au Père, au Fils et à l'Esprit saint. Que ce symbole nous ait été transmis dès le commencement de l'Evangile, même avant les premiers hérétiques, à plus forte raison avant Praxéas, qui est d'hier, la postériorité des hérétiques aussi bien que la nouveauté de Praxéas , qui est d'hier, va le prouver. De là donc il sortira contre toutes les hérésies la légitime présomption que ce qui est le premier est véritable ^ que ce qui est altéré, c'est le second.
Mais indépendamment de cette prescription, pour instruire comme pour prémunir quelques-uns, il fautenga-
m TERTULLIEN.
g|«r k discussion Vite fut-oi» ij^è"{idbie ëb^ de âSèli que toute doctrine erronée est condamnée sur une simple préflomption ^ et non après ayoir été eiaminée, surtout la doctrine qui se Tante de posséder la vérité pure^ en slmaginant que la seule manière légitime de croire à Tunité de Dieu , c^est de confondre dans une seule et même per« sonne et le Père et le Fils et TEsprit saint ; comme si un seul n*était pas tout, quand tout dérive d'un seul, en gar^ dant néanmoins le sacrement de Téconoinie qui divise rUnité en Trinité, oîi nous distînpjuons trois personnes, le Père, le Fils et l'Esprit sauit. lis sont trois , nnn pas en essence , mais en deg^ré ^ non pas en substance , mais en forme; non pas en puissance, mais en espèce; tous trois ayant une seule et même substance, une seule et même nature, une seule et même puissance, parce qu'il n*y a qu*un seul Dieu duquel procèdent ces degrés , ces formes et ces espèces, sous le nom de Père , de Fils et de Saint-^ Esprit. Gomment admettent41s le nombre en rejetant lé partage? La discussion Ta le prouyer k mesure qu'elle aTancera. • ' III. Les esprits simples, pour ne pas dire les ign^^^pris ét les hommes sans instruction , qui forment toujours là plus grande partie de ceux qui croient , en voyant la règle delà foi faire passer l'homme de la muliitade des dieux du siècle au Dieu unique et véritable, ou blient que non-seulement il faut le croire unique, mais avec son économie tout entière, et se déconcertent à l'aspect de cette éconoinie. Ils prennent pour la division de FUnité le nombre et la disposition de la Trinité , tandis que l'Unité dérivant d'ellemême, la Trinité, loin de s'anéantir ainsi, est adminis^ trée par elle. Vous prédiez deux et même trois Dieux , nous crient-ils; quant à eux, ils se disent les adorateurs d*un seul Dieu, comme si l'Unité , réduite à elle-même hors de toute raison , ne constituait pas Thérésie, de même que la Trinité, raisonnablement comprise, constitue la ▼éritë. Nous sommes pour la monardbie, répètent-41s« Et
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ks voilà prooonçant ce mot en véritables Latisi» en vë« litables (^plqnes^ afin de nous convaintire sans doute qu'ils comprennent la monarciiie aussi bien qu'ils rartioalenU Mais, Latins, ils s'appliquent à prononcer raonaidiie; Grecs, ils ne veulent pas m^e comprendre le sensd'écononief Qoasat à mol, si j'ai recueilli quelque notion jdes denx kuaçues, la mooarcbie , à mon sens, ne signifie pas ^u^qhose que le commandement d!un seul. La monarebie, toutefois, n'exige pas impérieusement que, représentation du gouvernement d'un seul, celui auquel appartient le pouvoir n'ait pas de fils, ou devienne à soi-même son propre fils, ou enfin qu'il n'administre passa monarchie par qui bon lui semble. 11 y a plus, j'atlirme qu'aucune dominadon n'est tellement la domination d'un seul , tellement une domination singulière , tellement monarebie enfin, quVlie ne soit administrée par d'autres personnes, rapprochées jd'e((e7méme , et dont elle fait ses auxiliaires, liais si le maître de la monarebie a un fils, la monarebie ne sera poîpl divisée et ne cessera point d'être monarchie, parce qu'ii aura associé ce même fils è ssn pouvoir. Loin de Jà ; iel)M^partient avant tout à celui qui en dél^ue une psfrtie AsaKplg, et en étant à lui, la monardiie possédée par deux personnes si uniques subsiste toujours. Gonséquemment, si la monarchie £vine est administrée par tant de légions et tant d'armées d'anges, ainsi qu'il est écrit : « Mille mil- « lious le servaient, et dix mille millions étaient devant « lui , )) sans toutefois avoir cessé d'être le pouvoir d'un seul ni avoir perdu le caractère de la monarchie , parce qu'elle a pour ministres tant de milliers de vertus, quelle absurdité de prétendre que la Divinité va sembler partagée et disséminée dans le Fils et dans r£sprit saint, qui obtiennent le second et le troisijèihe rang, et d'ailleurs participent à la substance du Père, tandis quelle ne souffre ni partage ni dissémination dans cettç multâtudein^ commensîiyiljl^e d'anges, qui n'ont rien ^e commun avec sa substance ! Les memlnvs, les fils,, les instrumOTts, la
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rarta elle-viéme, toute la substanoe enfin de la monarchie eà sont ^'anéantissement» dis-tu. 'Erreur I J*aime màoux que tu l^exerees au sens dé la chose qu'à Tarticu^ kdon du mot. Tu ne dob regarder la monarchie comme
détruite, que si on lui ajoute une domination d'une nature et (1 une essence particulière, et qui conséqucniment devient sa rivale 5 que si on introdnir un autre dieu opposé au (JrciUeur. C'est un blasphème impie que de reconnaître plusieurs dieux avec les Valentin et les Prudicus, C'est détruire la monarchie que d'anéantir le Créateur.
lY. Pour moi qui ne dérive le Fils que de la substance du Père, puisque « le Fils ne fSeiit rien sans la volonté du Père» « etque le Père lui a donné toute puissance,» comment puia* je de bonne foi détruire la monarchie que je conserve dans le Fils, déléguée au Fils par le Père ? J'en dis autant du troisième degré, parce que l*Esprit ne procède pas d*ailleurs que du Père par le Fils. Prends garde plutôt que ce ne soit toi qui détniises la monarchie, toi qui en renverses la disposition et féconomie établies en autant de noms que Dieu l-a voulu. Mais elle demeure si bien indivisible, mal(jré Tintroduclion de la Trinité, que le Fils doit , la rendre au Père dans son inviolabilité. L'Ap6tre , en effet, dit de la fin des temps : « Lorsqu'il aura remis sou « royaume h Dieu : ju Père. Car il doit régner jusqu'à ce « que Dieu ail mis tous ses ennemis sous ses pieds ; » con- Ibrmément à ces paroles du Psalmiste : « Asseyez-vous à « ma droite, jusqu'à ce que je réduise vos ennemis à vous it servir de naarche-ined. Mais , lorsque toutes choses « auront été àssujéties au Kls, alors le Fils sera lui-même « ifimijéti à celui qui iùi aura assujéd toutes choses, afin < que IHeu soit tout en tous. » Nous le voyons; le Flb ne nuit pas à la monarchie , quoiqu'elle soit aujourd'hui dans le Fils, parce qu'elle est âams le fll^avec son essence fondamentale, et qu'elle sera remise au Père par le Fik avec son essence fondamentale. Par conséquent, ce n'est point la détruire que d'admettre le Fils à qui il est cer-
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éon ifoek Pèro Ta-flmanutf^ qui doit un jour titner ao Père. Vw oe «enl passage de l'épkre apostolique!; nous omis déjà pu Montm' que le Kre et le Fib sotit deoS) «aii5<»HipMr que lea notas de Père et dé Fils, et lé fini de Tun qui transmet le royaume, et de Pautre à qui il le transmet; de l'un qui substitue -et de Tautre à qui i! substitue, prouve nécessairement qu'ils sont deux.
V. Mais, puisque nos adversaires veulent que deux se confondent en un seul, de sorte que le Père soit le même que le Fils, il faut donc examiner h fond si le Fils existe, qui il est et comment il est. C'est déclarer que la discussion devra emprunter ses règles à l'autorité des Écritures et à leur légitime interprétation. On prétend que la Qwièie oommence ainsi dans le texte hébraïque : « Dana k k principe Dieuae créa un Fils. » Mais cette leçon n'est pasoenaîne, je Taccorde. Je tiremes arguments d'ailleurs,' e*eB(4-dire de Téconoiaîe qui existait en Dieu avant la criatiott du monde, jusqa^au moment oà 11 engendra un Kls. fin elfet, a^nf tout tsommencement Dieu existait «ettl^f iMtidt'àlui»mémeson monde, aon^espaoe, et runivei> salité des êtres. Il était seul , dans ce sens quVti dehors de lui il n'y avait rien de créé. Au reste, on ne peut même pas dire qu'il fût seul. Il avait avec lui la personne qu'il avait en lui-même, c'est-à-dire sa Raison, puisque Dieu est raisonnable -, la Raison était donc en lui auparavant, et ainsi tout émane de lui. Cette Raison n'est pas autre chose que eaSagesse. Les Grecs l'appellent du nom de a'd>«, qui chez ItiiliS' équivaut à Verbe. De là vient que, parmi les nôtres, il èst eil nsBge de dite par une interprétation simple et abfégéè : « Ân oommencement le Verbe était en Dieu , » qiionpiHl soit plus convenable d'attribuer l'antériorité à *ftF^Bâson, puisque Dieu non-seulement produisit le Verbe ^ té ^dottHttèiiDiettient, mms posséda la raison avant le com* «iencenient, et que le Verbe lui-même étant fbrmé de la Baison, ne doit venir qu'après la Raison, sa substance. Toute&is, peu importe. Car, quoique Dieu n'eût pas en-
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core eogendrémaYerbe» Une laissaiepasderaToiran fond de iuKméniey ^ec et dans Ba Baiaon» en méditant secr^ têment et en disposant avec lui-même oe qu*il allait dire pu* son Yerbe. En méditant et en disposant ayec la Baison, il transformait en Yerbe celle qu^il traitait par son Yerbe. Et pour le comprendre plus facilement', image et ressemblance de Dieu, reconnais auparavant , d après toi-même, la Raison que tu portes au lund de loi-iuème, puisque tu es un être raisonnable, non-seulemenl créé par un être infiniment raisonnable, mais animé par sa substance. Regarde ! Lorsque lu t'entretiens silencieusement en toimême, cette opération intérieure n'a lieu que par la Raison , qui se présente à toi en même temps que le Yerbe» à chaque mouvement de ta pensée» à chmiue impulsion de ton sentiment. Tout ce que tu as pensé est Yerbe, tout ce que tu as senti est Raison. H finit que. tu te^parles nécessairement au fond de ton ame ; et en te parlant» tu as pour interlocuteur le Yerbe dans lequel réside cette Baison elle-même, par laquelle tu parles» en pensant ayee celui au moyen duquel tu penses en parlant. Il y a donc en toimême» pour ainâ dire , un second Yerbe , par lequel tu parles ea pensant , et par lequel tu penses en parlant. Ce Verbe est un autre Verbe. Mais combien Dieu , dont tu es l'image et la ressemblance, n'aura-t-il pas plus pleinement en lui-même sa Raison, même lorsqu'il se tait, et dans sa Raison son Verbe ? J ai donc pu établir d'abord, sans rien hasarder, que Dieu avant la crcaiion de 1 univers n'était pas seul, puisqu'il avait en lui-même sa Rais^jn par conséquent, et dans sa raison son Yerbe, qu'il engendrait le second après lui» en l'agitant au«dedans de lui-même.
YI. Cette vertu» cette disposition de la Sagesse divine nous est révélée par les Écritures» sous le nom de la Sagesse. Quoi de plus sage» en effet» que la Raison de Dieu ou son Yerbe? Ecoute donc aussi là Sagesse comme seconde personne créée. Je lis d*abord : « Dieu m'a possédée an « commencement de ses voies* Avant ses œuvres j Ytais :
mnijjiif.
tt j'étais avant qu'il affermît la terre, avant qu'il posât les K fondements des montages ; avant les coliioês , il m'a tsf « geadrée^ » c est'4Hiire emnftcréfuit et en m*engeiidniBt dans sa pensée» Tu Tas UcygAr ensuite assister le Seigneur, preuve qu'elle est distincte de lui. « Lorsqu'il étendait « les cieux , j'étais auprès de lui« Lorsqu'il enlouniit Ta* f ,tiWif^,4-ii|i|9dîffue} lorsqu'il saspeodait les nuées, kmr « qu'ill^wajt: les sources de rabinie; lorsqu'il dooaaît à jS. b^ piei* fi» limites que les eaux ue dépasseront pas , j'étais t; avec lui ^ j'étais tous les jours ses délices, « me jouant en lui-même, i» Bn effet , aussifdt que Dieu voulut réaliser dans leurs substances et dans leurs espèces les choses qu'il avait disposées au fond de lui-même avec sa Raison , sa Sagesse , son Verbe , il engendra ce Verbe infiniment bon, qui renfermait indivisibles en lui-même la Raison et la Sagesse, afin que l'universalité des êtres fût créée par celui en qui ils avaient été conçus et disposés, disons mieux, en qui ils étaient déjà réalisés dans la pensée de Dieu. Que .leur manquait-il réellement? Aieu» sinon 4^|re,ooiMiU8 et visibles dans lewrs fufisppuiçes mmi que .dans leurs espèces.
.]K|l*,^irs le Yerbe lui-même pvend aussi sa ferme el son oniemenl , c'esté-dûne le son et la voix, lorsque Dieu dît : « Que la lumière soit ! » Yoilà doncque la naissance du Verbe est ooniplèiei maintenant qu'il a été nanîfiBsté par Dieu, créé d'abord dans la pensée sous le nom de Sagesse : » Dieu me créa au commencement de sfîs voies. » Il est ensuite engendre effectivement : « Lorsqu'il étenu dait les cieux , j'étais là. » Conséquemment il est l'égal de celui dont il procède , Fils premier-né, parce qu'il est engendré avant toutes choses^ unique, parce que seul il est engendré de Dieu , et à proprement parler, conçu et engendré dans son cœur, ainsi que l'atteste le Père luimême : m, Mon cœur a laissé échapper le Verbe excellent.!» Le Père se complaît ensuite dans la personne de celui qui .par conséquent se, coiyplaimit dans la sieapie s « Tu es inon
« FîIb ; je t^aieaymfaféaajourA'huLii £t ailleurs : « le t*al « eii^;aMlré«vaiic Taurûre. » De même le PUs déclare en 9BL personne) sw» le nom de la Sagesse, qu'il a mi Père : « Le Seifoenr m*a créé an oommencement de se» voîes^ « pour présider h ses oonvres. Il m engendra amint ks col« « Unes. )) Car, quoique la Sagesse semble dire ici qu'elle a été créée par le Seigneur « pour présider à ses œuvres M et à ses voies; » et qu'ensuite il nous soit montré u que « tout est iait par le Verbe, et que rien n e^i fait sans le « Verbe ; de même qu'ailleurs : a Les cieux ont été créés « par son Verbe, et 1 armée des cieux par son souille, » c est-4-dire par le souffle qui aœompagnait son Verbe, il est manifeste que , tantôt sous le nom de Sfl^^esse, lantdc sous la désignation de Verbe, il s'agit tonjonis dVne seule et même puissance, qu'elle prenne naissance « au corn- « menoement des yoies àa Sdlgnenr, » qu'elle étende les deux , ou que « mut soît fait par elle et qne rien ne soit « fint san« elle. »
Je n*insisterrai pas pins lon(];*temps IMessus, comme si la Sagesse, la Baison, la Vertu divine, FEsprit n'étaient pas, sous des dénominations diverses, une seule et raémc chose avec ce Vcrlx^ qui est devenu le Fils de" ce Dieu qui l'a engendré en le produisant hors de lui-même.
— Tu soutiens donc, me dis-tu, que le Verbe est une substance réelle, formée de l'Esprit et de la Sagesse qui lui ont été communiqués.
— Sans aucun doute. Pourquoi donc ne veux-tu pas qu'il existe réellement par la propriété de sa substance, afin qu*il puisse être une personne et une (^osie véritables, et qu'ainsi créé le second après Dieu , il fomie deux être», le Père et le Fils, 0ieu et le Verbe ? Mais qu'est-oe, poursuis-tu, qne le Terbe, si oe tt*est la voix et le son de la boudie; et, pour parier le langage des graromàiriens , Tair qui en étant heurté, est rendu intelligible k Touie; mais d*ailleurs, un je ne sais quoi sans consistance, vide • et incorporel ? Quant à moi , j'aiHrme que rien de vide et
d'incoosisiant na pu sortir de Dieu, attendu que ce dont il procède n'est ni vide ni inconflistant , et que ce qui dérive d*«tte tnlwiaiioe infinie ayant &it soi-m^ne de $t grandes substances^ ne peut nànqner de substance. Car 11 a «srëé pemnnelleineDt loat ce qni a M etééfut faii. i^flÊf^éetmaà^^ GoBuneol admetiipe que oelai « gans €faà K tien n*a été frit)» ne soît rien • que rinoûnsistant aircreé le soiMe; que le vide ait créé le plein, et Fincorporel le c0ifpcilM^£if^«iiiM, quoiqu'une ebcae patoesouveiit dlP^ léi er de son' auteur^ "«Sutefbis rien ne peut être produit par le vide et le n^nt. Est-ce donc une chose vaine et chimérique que ce Verbe de Dieu qui a été appelé Fils, qui a é(ô surnommé Dieu : « Et le Verbe était en Dieu , et « le Verbe était Dieu? » Il est écrit : « Tu ne prendras «point le nom de Dion en vain. » Le voilà bien celui <c qui ayant en lui l'image de Dieu , n'a point cru que ce 4f fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu ? » Quelle llttiage de Dieu ? Une image distincte apparemment , mais l^|liHie%ÉMait pas d*étre réelle. Qui niera que Dieu u'4dt Weoirps, quoique « Dieu soit Esprit? » Car VEsprit est îm corps d*une espèce particulière, avec âss formes qui Ibi^Otail propra. Les êtres invlâbles, quels quild sakait> (ûfUVlkài Dieu leur corps et leur fî|;ure, par \es(^^ îks ne sont visibles qu^ Dieu ; à plus forte tamdÇ'ce qm est engendré de sii propre substance ne sera-t-il pas dépourvu de substance. Quelle que soit donc la substance du Verbe, je la déclare une personne, et je revendique p(jur elle le nom de Fils, et ( ii reconnaissant le Fils, j en iàis un second être distifiet du Père.
VIll. Â qui s'imaginerait que jHntroduis ici la probole, c'est-4-dire Témanation d'une chose sortant d*une autre, comme Ta faitValentin quand il tire la multitude de ses ions d'un Ëon primitif, je repondrais, pourquoi donc la vérité ne se serviraitrelle yas d'un terme qui est à elle et son patrimoine, par la-noson que Thérésie s'en serf, eu -pour mieux dire Ta emprunté à ia vérité pour bâtir l'édifice
TERTDLLÏEN.
de son mensonge? LeYerhede Dkua-l-îl été engendré)Olli ou non? Combats avec moi svr.oe terrain. S'il a été eiH geodré, reconnais Témânation de la vérité» et qa'împorltt alors que riiëfféaie ait oontrefiiît la vérité?
Il reste maintenant à oherdier comment cbacun se sert de son bien et de son mot. Yalentin distingue ses émana** lions, et les sépare du Père; mais il les pfaioe à un si kmg intervalle que le dernier Ëon ne connaît pas son Père. En un mot, il désire ardemment de le connaître, sans y parvenir toutefois j que dis-je ? il se consume dans ses désirs, et se dissout ou à peu près dans toute sa substance. Chez nous, au contraire, « le Fils lui seul connaît le Père; il « met à nn le sein du Pèrej il a tout entendu, tout vu a dans le Père 5 il ne dit que ce qui Jui a été ordonné par « le Père. Ce n'est pas sa volonté qu'il accomplit) mais « celle du Père » qu'il connaissait de près, ou poor mieux dire, de toute éternité. « Qui, en effet, connaît ce qui est « en Dieu» «sinon Tesprit qui est en lui? » Or le Verbe est Ibrmé par le souffle, et le soufHe, jxmr ainsi parler, est le corps dû Yerbe. Le Yerbe a donc toujours résidé dans le Pèrô, ainsi qu*il le dédate : « Je suis dans le Père» » Il a donc toujoms étéches le. Père, ainsi qu'il est écrit; « Et le « Yerbe était cbez le Père. » Il n*a donc jamais été séparé ou différent du Père , puisqn*il dit : n Mon Père et moi , « nous ne sommes qu'un. » Voilà de quelle manière la vérité entend 1 émanation, gardienne de la vérité, et en vertu de laquelle nous disons que le Fils a été engendré, mais non séparé. Dieu a produit le Verbe hors de lui , ainsi que renseip;ne le Paraclet lui-métne, comme l'arbre sort de la racine, le ruisseau de la fontaine, le rayon du soleil. Ces différentes espèces sont les émanations des substances dont elles dérivent. Je n'bésîterai point à dire que larbre, le ruisseau et le rayon sont les fils de la racine, de la fontaine et du soleil, parce que dans toute origine il y a paternité , et que tout Ce qui découle de cette oriipne, est postérité, à plus forte raison le Yerbe de Dien
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qui même a reçu en propre le nom de Fils, quoique l'arbre ne soit pas séparé de sa racioe, le ruisseau de sa source, le rayon du soleil, de même que le Verbe n'est pas séparé de Dieu.
Par conséquent» d*après la nature de ces exemples, je dédare que je reconnais dem personnes. Dieu et son Yerbe, le et son Fils. Car la racine et Tarbre sont deux choses, mais unies; la source et le ruisseau sont deux espèces, mais indhrises ; le soleil et le rayon sont deux formes, mais adhérentes. Toute chose qui sort d'une autre est uécc.ssiiircmcDt la seconde par rapport à celle dont elle sort, mais sans en être nécessairement séparée. Or, il y a un second, là où il y a deux ; il y a un troisième, là où il y a trois. Car le troisième est l'Esprit qui procède de Dieu et du Fils, de même que le troisième par rapport à la racine est le fruit sorti de l'arbre ^ le troisième par rapport à k source est le ruisseau qui sort du fleuve ; le troî* sièmepar rapport au soleil est la lumière qui sort du rayon. Aucun d'eux toutefois n'est étranger au principe dont il tire ses prcpriétés. De même la Trinité descend du Père comme de sa source, à travers des degrés qui s*encbainent indhisiblement fun à l'autre sans nuire à la monaicliie, disons mieux, en protégeant Tessence de réconomie*
IX. Ne perds jamais de Yue le principe, établi par moii qne le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont inséparables , et par-là, tu reconnaîtras toujours dans guel sens on le dit. Car voilà que je soutiens maliitenaul q a autre est le Père, autre est le Fils, autre TEsprit saint. L'ifpnorant ou le pervers se scandalisent de ce mot, eoiinne s'il sif^nifiait diversité, et qu'il impliquât par suite de cette diverijiië la séparation du Père, du Fils et de l'Esprit. Quand je dis que le Père est autre que le Fils et le Saint-Esprit, je le dis par nécessité pour répondre à mes adversaires qui, partisans de la monarchie exclusive, confondent dans une seule et même personne le Père, le Fils et l'Esprit; toutefois je le dis, non pour marquer la diversité, mais la distn-
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biition, non la division, mais la distinction, parce que le Père n'est pas le luênue que le Fils, différent en personne, mais non en substance. Le Père est la substance tout entière. Le Fils est ia dérivation et la partie de ce tout^ ainsi qail le déclare lui-même. « Mon Père est plus grand que « moi. » Le Psalmiste lui-même ne chante*t-il pas, « que « IHea Ta abaissé un peu aa-dessous des anges? » Le Père est donc autre que le Fils, en ce sens qu'il est plus grand que le Fils; en ce sens que celui qui engendre est aalre que celui qui est engendré ; en ce sens que oelui qui en^ Toie est autre que oelui qui est envoyé j en ce sens que celui qui produit est autre que celui qui est produit. Heureusement pour notre cause, le Seigneur lui-même a employé ce mot à roccasion du Paraclet, pour marquer non [)as la division , mais l'ordre et la distribution : « Je u prierai uiun Père, et il vous donnera un autre conso- « lateur, qui est l'Esprit de vérité. >î Que lait-il par-là? Il prouve que le Paraclet est autre que lui, de même que nous soutenons que le Fils est autre r|ue le Père, atin de j^ntrer le troisième degré dans le Paraclet , corome^nona montrcNas le sçoond dans le Fils, en respectant le principe de Téconomie. D ailleurs, le nom de. Père donné à l'un, le nom de Fils donné à 1 autre, ne prouvent*ils pas qu'ils sout distincts? Tout ce que représente leur nom^ ils le seront; tout ce qu'ils seront, irâr nom le représôitera. La diversité de ces deux noms ne peut pas se confondre » parce que la diversité des choses, 4k)nt ils sont la signifteation, ne le peut pas. «Oui, oui; noo« non; car ce qm « est de plus est mal. »
X. Gonséquemment Dieu est donc ou Père ou Fils. Si le jour n'est pas le niènie que la nuit, le Père n'est pas le même que le 1 ils, de manière à être réciproqueiueut l'un ce qu'est l'autre, comme il a plû h ces ridicules partisans de lu monarchie exclusive de Tiniaf^iner. 11 est deve[iu à lui-même son propre Fils, disent-ils. Loin de i^* Le Père suppose le Fils; le Fils suppose le Père» Ceux
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qui naissent réciproquement Tun de Tauire ne peuvent en aucune manière, le Père devenir à lui-mèine son propre Fils, le Fils devenir à Ini-nienie sim propre Père. Ce que Dieu a établi, il le f^arde. 11 laiu nécessairement que le Père ait un Fils pour être Père^ il faut nécessairement que le Filsait un Père pour être Fils. Aulre chose est avoir/ autre chose être. Pour être mari, par exemple, ii Sm% que j^aic une épouse) je ne puis être à fooi-même mon épouse* De même pour être Pàre, je demi avoir un Fib$ je ne serai pas à moi-même mou propre Fib; et pour être Fite, je devrai avoir un Père ; je ne smi pas à moi-même mon propre P^. Yoilà oe qui me constitue tel si je le possède. Je serai Père à ki condition d'avoir un Fils; je serai Fils à la condition d'avoir un Père. Or, si je suis moi-même quelqu'une de ces choses, je n'ai plus dès~lors ce que je serai par moi-même, ni Père, puisque le Tère, c'est moi 5 ni Fils, puisque le Fils, c'est moi. Mais^autant il faut que de ces deux choses j'aie l'une , et que je sois l'aufre ; autant, si je suis toutà la fois l'une et l'autre, je ne . serai plus Tune des deux, en n'ayant pas l'autre. Si, en effist, je suis le Fils, moi qui suis déjà le Père, dès^lors je a*ai pins de Fils , puisque c*est moi-m^De qui le suis. Or^ B*ayantpas de Fils, puisque je suis moi-mêine ce Fils, comment seitû-je PèieP Je dois avoir un Fils pour être r Pke. Je ne suis donc pas Fils, puisque je n*ai pas de Pèfe^ condition pour qu^il y ait un Fib. De même , si je suis le Père , moi qui suis déjà le Fils, dè»-lors je n'ai plus de Père, puisque je sujs moi-même le Père. Or^ en n*a|ens plus de Père, par la raison que je suis mot-'même le F^re, comment serai-je Fils? Je dois avoir un Père pour être Fils, Je ne serai doue pas Père, puisque je li ai pas de Fils, condition pour être Père. Je reconnais bien ici l'adresse du démon : il exclut l'un par l'autre, lorsque, confondant les deux en uu seul ^ sous le prétexte de maintenir la monarchie, il fait que Ton ne garde ni l'un ni l'autre. £n effet, il anéantit le Pèce» puisque celui-ci ne
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pas de Fils; îl ani^ntît le Fils, puisque le Fils n'a pas de Père. Car du moment qu'il est Père, il ne pourra être Fik. LeB voiA ces rigides partisans de la monarchîeqin ne saveut pas même garder le Père et le Fils.
Hais rien n'est didicile à Dieu. La diose est inconteslable« « Ce qui est Impossible an monde est possible k « Diea, » qui l'ignore? « Diea a choisi ee qtd est insensé « selon le monde pour confondre la sagesse. « Nous avons lu tous ces oiacles. Vbt conséquent» disent-ils, il n*a pas M difficile à Dieu de se ftdre tûat k la fois et le Pèré et le Fils, contrairement aux eiemples qui régissent les choses humaines; Dieu nVt-il pas renversé les lois de la nature, quand la Vierge et la femme stérile ont enfanté? Que rien ne soit ditlicile à Dieu, je vous Taccorde ; mais si nous voulons étendre ce principe à tous les caprices de notre imagination, nous pourrons donc supposa que Dieu a fait tout ce quHl nous plaira d'imaginer, parce qu'il Taurait pu faire. Mais ce nVst point parce qu'il peut tout, que nous devons croire qu'il ait fait , même ce qu'il n'a point fait* U s'agit de cberober s'il Ta lait. Il aurait |lu, je Tafoue irolontiers» donner à lliomme des ailes Toler, comme il en a donné aux milans $ mais parce qu'il raurait pu» ra-t-il fiût? 11 aurait pu encore étouffer à leur aaisBance Praxéss et tous les autta hérétiques. Mais par» qu'O Taurait pu, les a-t-4l élùiétM Non, il « fallait « qu'il y eât » des milans et « des hérétiques : » il folkut que le Père aussi fût crucifié, Cest dans ce sens qu'il y aura quelque chose de difficile k Dieu, c'est-à-dire ce qu'il n'a point feit, non pas que la chose lui eût été difficile, mais parce qu'il ne l'a pas voulu. Fn effet, le pouvoir de Dieu, c'est sa volonté 5 ce qu'il ne peut pas, c'est ce qu il ne veut pas. Tout ce qu'il a voulu, il le peut, et il le montre. Conséquemment, comme il a devenir h soimême son propre Fils, s'il Ta voulu, et comme il l a pu, s'il Ta fait, avoir prouvé qu'il Ta feit, ce sera prouver qu'il l'a pu et l'a voulu.
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XI. Tu devras le prouver par les ^Écritures aussi manifestement que nous prouvons nous-mêmes qu*il s'est engendre^ un Fils, qui est le Verbe. S'il l'appelle son Fils, • si le Fils n'est pas autre que celui qui est sorti de son sein , et si le Verbe est sorti de son sein , ce sera donc le Verbe qui sera le Fils, et non celui du sein de qui il est sorti. Car celui-ci n'est pas sorti de lui-même. Or, toi qui confonds le Père avec le Fils, d'après toi, c'est le même qui engendre de lui-même et qui sort de lui-même ce ^'est Dieu. S*il l'a pu faire, il ne Ta pas feit néanmoins. Ou bien , fournis une preuve semblable à la mienne, et telle que je la demande, c'est-À*^re, que les Écritures démontrent que le Père et le Fils sont une seule et même chose, de même que cb^ nous le père et le fils sont distincts, entendons-nous bien, distincts, mais non séparés, ainsi que je m appuie sur cet oracle de Dieu ; « Mon cœur « a produit le Verbe excellent. » Cite-nous par opposition quelque passnr^e où il soit écrit : « Mon cœur m'a produit « moi-même Verbe excellent , )) pour attester qu'il est tout à la fois et celui qui engendre et ce qu'il engendre, cl celui qui produit et ce qu'il produit , s'il est vrai qu'il soit tout h la fois et le Verbe et Dieu le Père. Voilà que je te montre le Père disant au Fils : « Tu es mon Fils, je t'ai en- « gendré aujourd'hui. » Si tu veux que je croie que le Père est le même que le Fils, apporte-moi quelque texte s^exprimant ainsi ailleurs : v Le Seigneur se dit à lui-même : « Je suis mon Fils ; je me suis engendré aujourd'hui , n et conséquemment : « Je me suis engendré avant Pau- « rore. » Ou bien encore : « Moi, le Seigneur , je me « suis créé au commencement de mes voies pour procéder '< à iiici> œuvres ^ je me suis ençfendré avant toutes les col- « Unes, )) ou d'autres passa<îfcs ;iinsi conçus. Pourquoi donc le Dieu, Seigneur de l'universalité des êtres, craignait-îl de s'exprimer en ces termes, si la chose était véritnble ? Appréhendait-il de n'être pas cru, s'il déclarait simplement qu'il était à la foLs Père et Fils ? Non j il n'appré-