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henda qu'une chose, c'est de mentir. Il s^appréhenda luî-méme et sa vérité. Voilà pourquoi , comme je crois à la véracité de Dieu , je suis convaincu qu'il n*a point parlé autrement qu'il n'a disposé , ni disposé autrement qu*il n'a parlé. Toi , au contraire, tu fais de 0ieu un fourbe et un imposteur, qui se joue de sa parole , si , lorsqu'il était à lui-même son propre Fils , il imposait à un autre ce rôle, puisque toutes les Ecritures attestent la démonstration et la dislinction de la Trinité.
De là se tire notre prescription que l'être qui parle , celui à qui il parle et de qui il parle, ne peuvent être un seul et même être, parce que ce serait un reuversement de toute logique et une imposture indigne de Dieu, que, se parlant h lui-même , il s'adressât à un aud e |)lui6t que de s'adresser h lui-même. Ecoute maintenant comment le Père parie de son fils par la bouche d'Jsaïe : a Voici le Fils « que j'ai choisi , mon Fibbien-aimé dans lequel j'ai placé « toutes mes complaisances. Mon esprit reposera en lui : il « annoncera aux nations mes jugements. » Yeux- tu qu'il s^adresse à la personne du Fils? « C'est peu que tu me « serves à réparer les restes de iwxh et à convertir les « tribus d'Israël. Je t*ai préparé comme la lumière des « nations et le salut des extrémités de la terre. » Veux-tu savoir comment le Fils parle du Père? « L*Esprit du Sei- « gneur repose sur moi, voilà pourquoi il m'a marqué de « son onction j>our annoncer sou Evaut^ile aux hommes. » Même langage dans le Psidmiste : « Ne m'abandonnez pas « jusqu'à ce que j'aie annoncé votre puissance devant la « génération qui doit venir. » De uicnx» dans un autre psaume : « Seigneur, pourquoi ceux qui me persécutent « se sont-ils multipliés ? » Mais que dis-je ? Presque tous les psaumes parient au nom du Christ^ partout le Fils s'y entretient avec le Père, c'est-à-dire le Christ avec Dieu.
Remarque d^ plus l'Esprit saint, parlant comme troisième personne du Père et du Fils : « Le Seigneur dit à « mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite jusqu'à ce que
« je réduise vos enoemis à tous servir de marcbe-pîed. »
De même , dans Isaïe : « Le Seigneur a dit à Jcùu s- Christ a moQ Seigneur. )> De même encore 1 Esprit saint dit au Père, à 1 occasion du Fils : « Seigneur, qui croira à notre « parole ? Pour qui le bras du Seigueur a-t-il été révélé ? « Nous Tavons vu : il est semblable à un jcnnc enfant^ il <i est comme 1 arbrisseau qui sort d'une terre aride ^ il na « ni éclat ni beauté, »
Voilà quelques passages entre mille. Car nous n^avcms pas la prétention de développer ici toutes les£critures, puisque, dians chacun de nos chapitres, invoquant la |déoitude de leur témoignage et de leur majesté , nous avons ouvert dans nos traitéi une discussion plus large. Biais ce peu de lignes suffit néanmoins pour établir invinciblement la distincdon de la Trinité. Qu*y trouvons-nous , en e£Pet? Un Esprit saint qui parle , un Père auquel il parle , un Fils de qui il parle. De même les autres passages , qui tantul s'adressent au Père ou au Fils, au sujet du Fils ; tantôt au Fils ou au Père, au sujet du Père j tantôt enfin à l'Esprit, constituent chaque personne aycc sa propriété dis* tincte.
XII. Si le nombre de la Trinité te scandalise , comme étant oppose à Tunité de l'essence divine, d'où vient, je te le demande, que Dieu, s'il est seul et unique, parle au pluriel : « Faisons Thomrae à notre image et à notre « ressemblance , » tandis qu'il aurait dû dire : « Je fais « rhomme à mon image et à ma ressemblance , i> puisqu'il est seul et unique ? Hais dans le passage suivant : Cl Yoilà qu Adam est devenu comme rim de nouay » n'estce pas me tromper ou se jouer de moi que de parler commç s'ils étaient plusieurs, k»«qu*il est seul , et concentré dans Tunité ? Est-ce aux anges qu'il s'adressait alors , ainsi que rinierprèteut les Jui(s, parce qu'ils ne reconnaissent pas non plus le Fils? Ou bien , est-ce {)arce (}Q'il était tout à la fois Père, Fils, Ksprit, que, se doniunu corume pluriel, il s'adresse à lui-même au pluriel ? Chimères que tout cela I
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G)inroe à sa personne étaient associées nue seoondb .personne, son Fils et son Verbe , puis encore une troiâème perboiine, l'E^^pnt dans le Verbe, voilà pourquoi il emploie le pluriel : (( Faisons Notre image.... L'un de
' « nous. » En effet, avec qui créait-il l'homme? A la resserablance de c[in le créait-il ? Il s'eiUretenait dans 1 unité de la Trinité , d une part , av* c le Fils, qui devait un jour revêtir la chair de l'homme j de 1 autre, avec 1 Esprit , qui devait un jour le sanctiûer, comme avec autant de ministres et de témoins.
D'ailleurs , rÈeritare ensuite distingue les personnes : « Et Dieu créa Fhomme ; il le créa à Firnage de Dieu. » Pourquoi pas à la sienne, si celui qni créait était seul^ s'il n*en existait pas un second à Timage de qui il ciéait* Mais il eiîstait quelqu'un à Fimage de qui il ctéait, c'est* à-dire à Fimage du Fils , qui , devant être un jour homme plus réel et plus Téritable, imposait déjà sa ressemblance à 1 homme qui allait être formé du limon, image et ressemblance de l'homme par excellence.
Jusque là, dans les autres créations du monde, comment est-il écrit? Eu premii r lieu , av^jnt que le Fils soit manifesté , « Dieu dit : que la lumière soit , et la luft mière fut; « c'csl-a-dire le Verbe, lumière véritable qui « illumine tout homme venant en ce monde, » et par qui fîit créée la lumière du monde elle-même. Mais du moment que Jésus>Christ est présent et assiste Dieu dans la personne du Verbe , c'est un Dieu qui commande et un Dieu qui exécute : u Et Dieu-dit : qnc le firm«Hnent soit. « — Et Dieu cféa le firmament. — £t Dieu dit : qu'il y « ait daus le ciel des corps lumineux. — Et Dieu fit deux (( grands ôorps lumineux , l'un plus grand, Fautre plus « pedt.» D'ailleurs celui qui a fait les premiers est le même qui a créé tous les autres, c'esi-à-^re, « le Verbe, par qui (c tout a été fait , et sans qui rien n'a été fait. » S'il est vrai que ce dernier est Dieu, selon le témoignage de Jean, ft Et le Verbe était Dieu, » dès-lors tu en as deux, Fun qui
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du : qùie cela soit ! Tautre qui exécute. Mais dans quel sens 80Bt*iIs autres? H Tai déjà déclaré ^ en personnes , mais non en substance \ distincts , mais non séparés.
D'ailleurs^ tout en gardant parfunt runité de substance dans ces trois personnes inséparaUeraent unies » la néces* sîté du sens exige impérieusement que celui qui ordonne soit distinct de celm qui exécute, fin effet, il n'ordonnerait pas , s'il exécutait par lui-même ce qu'il ordonne à son second dVxccutcr. 11 ordonnait néanmoins^ donc il ne se fut pas coiumandé à lui-même s'il eut été seulj ou bien ii eût opéré sans commandement , pure e qu^il n'aurait pas attendu qu'il se commandât à lui-mèrnc.
XIII. Eh bien , répliqnes-tu, si c'est un Dieu qui a dit et un l>ieu qui a fait , un autre Dieu qui a dit et un autre Dieu qui a fait, vous prêchez donc deux dieux. Si tu as le cœur si dur, crois-le pour un moment, et afin de t'aide^ encoreii le mieux croire, écoute le Psaume désigner deux dieux : « Yotre trône, ô Dieu, est un troue étemel ^ le « sceptre de l'équité est le sceptre de votre empire. Vous « aimez la justice «t vous baissez l'iniquité \ c'est pour- « quoi, 6 Dieu, votre Dieu tous a sacré d'une onction de « joie. » S'il s'adresse à Dieu et qu'il affirme qu'un Dieu a été consacré par un Dieu , il est donc vrai qu'il nous montre ici deux dieux. De là vient qn'Isaïc parle ainsi à la personne de Jésus-Christ : u Saba et st^s habilaniij à la « taille élevée viendront vers toi -, ils st^ioot en ta puis- « sauce; ils marcheront derrière toi les mains liées; on les «verra t'adorer et te prier. Un Dieu esl en toi, dirpnt- « ils ; tu es vraiment notre Dieu et nous ne te connais- « sions pas , 6 Dieu d'Israël I » Ici, en disant : « Un Dieu « est en toi, et «i Tu es Dieu, » le prophète nous montre encore deux dieux, celui qui était et celui dans lequel il était, le Christ et l'Esprit.
Il y a plus; tu vas en trouver autant dans l'Evangile : <t Au commencemeat était le Verbe ^ et le Verbe était en « Dieu, et le Verbe était Dieu. » Ici encore, un Dieu qm
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était 9 un autre dans lequel il était. En outre, j^en vois deuxinTestis du nom de Seigneur : « Le Sdgneur a dît à « mon Seigneur : asseyez-vous à ma droite, n Isale, de son
cotéj s'exprime en ces termes : « Seigneur, qui a cru à « notre parole ? Pour qui le bras du Seif^neur a~t-il été rc-
« \é\é ? Il aurait dit : ton brasj le nom du Seigneur, ....
s'il n'avait voulu nous donner h entendre le Sei(jncur père et le Seigneur fils. Mai^ la Genèse est encore plus ancienne : « Le Sei^jneur lit donc pleuvoir au nom du « Sei^eur le feu du ciel sur Sodome et Gomorrhe. » Nie que ces oracles soient écrits, ou bien , qui es-tu , si tu ne crois pas devoir comprendre telles qu'elles sont écrites des déclarations qui ont un sens précis, déterminé, indubitable, que ne recouvre ni rallégorie ni la parabole? Si tu es un oe ceux qui n^attendaient point alors le Seigneur sons le nom de Fils de Dieu, et ne croyaient point è lin à titre de Seigneur, rappelle-toi encore qu*en outre il est écrit : « J*ai dit : Tous êtes des Dieux ef les Fils du Trèa- « Haut, et, Dieu se leva dans l'assemblée des Dieux,» afin que si 1 Ecriture n'a pas craint d'honorer du nom de Dieux des hommes devenus enfants de Dieu par la foi , tu reconnaises qu'à bien plus juste titre, elle a pu donner ce nom au Fils unique et véritable de Dieu.
— Eh bien , dis-tu , je vous somme de prêcher aujourd'hui encore d'après l'autorité de ces Ecritures deux Dieux et deux Seigneurs. A Dieu ne plaise ! Car nous, qui examinons les temps et les motifs des Écritures au flambeau de la giÂce de Dieu , nous, disciples du Baïuclet et non des hommes, nous déclarons qu*il y a dans la Trinité deux et même trois personnes, le Père, le Fils, avec TEsprit saint , suivant le plan de Téconomie divine qui admet le nombre, mais non de manière h croire, avec votre doctrine erronée, que c'est le Père lui-même qui s^est incarné , le Père qui a souffert , ce qu'il n'est pas permis de penser, parce que la tradition ne nous l a point transmis. Touteibis ce n'est jamais de notre propre bouche que nous nom-
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rnons deux Dieux et deux Seigneurs, non pas que le Père m' soit pas Dieu , que le Fils ne soit pas Dieu , que l'Esprit saint ne soit pas Dieu , que chacun enfin ne soit pas Dieu, mais parce que dans le passé, deux Dieux, deux Seigneurs étaient annoncés, afin qua son avcncmem Jésus-Chrisl fût reconnu hu u ci prcn lamé Seigneur, puisqu^il était le fils de Dieu et du Seigneur. Si les Écritures, ea effets ne mentioiuiaieQt qii un seul Dieu et qu'on seul Seigneur en une seule personne, c'est avec justice que le Christ n'eût point été admis au titre de Dieu et de Seigneur. Car elles ne prêchaient aucun autre Dieu qu^un seul Dieu et qu W seul Seigneur. Pkir là on aurait pu croire que c*est le Père qui est descendu, puisque lesIScritures ne montraient qu'un seul Dieu et qu'un seul Seigneur, et son économie tout entière, ordonnée et disposée pour servir d*exercice à notre foi , ne serait plus que confusion et ténèbres.
Mais aussitôt que le Christ fut descendu, et qu il eut été reconnu par nous comme l'un de ceux qui constituaient le nombre auguste , le second à partir du 1 ère , et le troisième avec l'E-prit; lorsqu'cnfin le Père eut été plus pleinement maniiesté par lui , le nom de Dieu et de Seigneur fut ramené à l'unité , a6n que les Nations ayant pa^de la multitude des idoles au culte du Dieu unique» il y eût une différence entre les adorateurs d'un seul Dieu et les disciples du polythéisme. Car il Allait que « les « Cbrédens brillassent dans le monde comme des enfants « de la lumière », en ne servant et en ne nommant qu'un seul Dieu et ^*nn seul Seigneur.
D'ailleurs si, ccmnaîssant au fond de nos consciences que le nom de Dieu et de Seigneur convient également et au Père et au Fils et à l'Esprit, nous les appellions Dieux et Seigneurs, ce ser ait éteindre nos flambeaux, devenus plus timides pour le martyre, puisque nous ouvririons par là une porte pour échapper à la mort, en jurant aussitôt par les Dieux et les Seigneurs , a la manière de certains hérétiques qui admettent plusieurs Dieux. Je ne dirai donc
jamais les Dieux ni les Seigneurs; mais je suivrai TApotrc^ et s'il -me faut nommer ensemble le Père et le Fils , je m'exprimerai ainsi : Dieu le Père, Jésus-Christ Notre-Sei« gneur. S*agit-il de Jésu»€hrist seulement , je pourrai le nommer Dieu avec le même Apôtre : k De qui est sorti « selon la chair Jësus-Ghr ist mime , le Dieu achdessus de « toutes choses, et béni dans tous les siècles. » Que je parle (1q rayon lui seul, jc r.ippellcrai soleil. Mais si je nomme le soleil dont il est le rayon, jc ne donnerai plus au rayon le nom de soleil. Quoique je ne reconnaisse pas deux soleils, cependant je distinrnterai aussi bien le soleil et le rayon, aussi bien deux choses et denx L's|)t( ( s d une seule et indivisible substance que Dieu et son Verbe, que le Père et le Fils.
XIV. Nous avons encore pour nous aider à maintenir la distinction entre le Père et le Fils le principe qui a déclaré que Dieu est invisible. En effet , lorsque Moïse dans rÉgypte désire voir le Seigneur : « Maintenant donc , a si j*ai trouvé grâce devant vous, fiiites que je vous voie « et que je vous connaisse , il lui est répondu : it Tu ne « pourras voir ma &ce , car Thomme ne me verra point « sans mourir.» Qu'est-ce à dire ? Tout homme qui m*aura vu mourra. Nous trouvons cependant que beaucoup virent Dieu, et qu aucun de ceux qui 1 avaient vu n'était mort. Oui, ils avaient vu Dieu selon la capacité de Thomme, mais non suivant la plénitude de la divinité. 11 est rapporté que, parmi les patriarches, Abmliam et Jacob ; parmi les prophètes, Ézéchiel et Isaïe virent Dieu, et cependant ils ne sont point morts. Conséquemment , ou ils auraient dû mourir s'ik avaient vu Dieu, car u personne ne verra « Dieu sans mourir, » ou bien , s'ils ont vu Dieu et ne sont pas morts, l'Écriture est convaincue de menson<];e , soit qu'elle allirme que Dieu est invisible, soit qu'elle déclare qu'il a été vu. Ce sera donc un autre qui était vu, parce que de celui qui était vu on ne peut dire qu'il était invi<* sibk. La conséquence veut que par celui qui est invisible, nous entendions le Père, à cause de la plénitude de
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sa majesté, et <pie ^dans celui qui est visible, not» i^ooanaissions le Fils, à cause de la dMvation qui tempère sa grandeur, de mémequ^il ne nous est pas pemis de contempler le soleil , quant à Tintégrité de sa substance qui
est dans les cieux, tandis que nas yeux supportent son rayon , à cause de raffaiblisscinciit de cette parcelle de lui-même qui s'abaisse vers la terre.
Ici on nous tjppDbei u peut-être que le Fils est égalaient invisible, puisqu'il est Verbe et Esprit, et en réclamant pour le Père et pour le Fils une seule et même nature, ou en conclut que le Père et le Fils ne sont qu une seule et même personne.
Mais rÉcritore, nous Tavoiis dit, rend témo^nage à la difierence des personnes, en distinguant oelle qui est visible d'avec celle qui est invisible. Car nos adversaîret iDsistent en ces termes i Sic*eût élé le Fils qui a*entpe^ tenait alors avec Moïse, il eût déclaré lui-même « que per* « sonne ne pouvait voir sa face,» parceque Grêlait toiyoïirs le Père qui était invisible sons le nom de Fils. Par ce ra»sonnement, ils veulent que le même ait été tout à la fois visible et invisible, de même qu'ils confondent le Porc avec le Fils, parce qu'un peu plusbaut, a\ani que Dieu refuse à Moïse la faculté de le voir, il est écrit : u Le Sei- « gneur parlaità Moïse lace à face, comme un homme parle Ci à son ami, )» et que Jacob dit également : « J*ai vu le Sei- <( gneur face à face. » Le même est donc tout à la fois visible et invisible. Et parce que le même est à la kà& Tnn et Tautre, il est dope aussi invisible, en tant que Père, et visible en tant que Fils. Comme si rinterprétation de rÉcnture, sur laquelle nous nous appuyons oe convenait pas aussi ao Fils, en laissant le Père dans son mvisifailHé i Nous déclarons en effet que le Fils était également iimaible en son propre nom , comme Verbe et B^it de Dieu, par la communauté de sa substance , en tant qne Dien , Terbe et Esprit, mais qu'avant de revêtir la clûiir, il fut visible de la manière qu'il dit à Aaruii et à Marie : a Si
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(( quelqu'un parmi irons est prophète du Seigneur, je hA
<( apparaîtrai dans une vision ou je lui parlerai dans le som- « meil. Mais il ii en est pas ainsi de mon serviteur Moïse; (( car je lui parle bouche à bouche, » c'est-à-dire en vérité et non en énigpme ou en image, ainsi que le dit l AjKJtre : c( Nous ne voyons Dieu maintenant que comme dnns un « miroir et sous des images obscures; mais alors nous le a verrons (ace à £ace. »
Par conséquent, puisqu'il réserve à Moïse rbonneur de sa présence et de sa oonversation face à face pour l'avenir, car cet oracle s'accomplit plus tard à la lettre sur la mon-* lagne écartée, où nous lisons dans rËvangile qu'il s'entretint avec Moïse, il est évident que, par le pa^, Dieu , c'est-Àrdire le Fils de Bien, ne se montra jamais, sait aux prophètes, soit aux patriarches, soità Moïse lui*méme, qu'en image, en éni^e, en songe ou en vision.
D'ailleurs, si le Seigneur s'entretint avec Moïse, de manière à co que Moïse vît sa face de près, d'où vient que, sur-le-champ et au même passage, ii df'^sire voir sa face, qu'il ne demanderait pointa voir s'il i av:iit dcja vue? Et puis, coiiniHMTt J)icn dpclare-t-îl que personne ne peut voir sa face, puisqu il l avait montrée, si toutefois il l'avait montrée? Ou bien, quelle est la face de Dieu dont l'aspect est refusé, s'il y en a une qui a été contemplée? « J'ai vu « Dien fiice à face, s'écrie Jacob, et mon ame est sauvée. » Assurément la face qui tue, quand on la voit, doit être différente. Ou bien, c'était le Fils qui se montrait, étant ainsi la face dn âdgnenr, mais qni se montrait en vision, en songe, dans un miroir, en énigme, parce que le Yerbe et l'E^t ne peuvent être visibles qu'à l'œil de l'imagfi-; nation. Son Père qui est iûvisifale, il Tappelle sa fiice* Quel Père, en effet, ne sera la face du Fils, en vertu de L'autorité que le Fils tire de son Père? Car il ne convient pas de dire de quelque personne supérieure : Cet homme ei>( ma face^ ou Lieu, il me sert de face. « Mon Père, dit-il, « est plus gprand que moi. » Le Père sera donc la face du
Fib. En effet, ccimment parle rÉcritore? « L'Esprit de sa « ]>ersoDne, Jésus-Christ, notre Seigneur. )> Si donc Jésus- Christ est TEsprit de la personne de son Père, c'est à bon droit qn*en vertu de l^unilë il appela sa face, celui dont il était TEspritetla personne, c'est-à-dire son Père. Que }e Père, qui est la tete de son Fils, pût être appelé sa face, je m*en étonnerais* « IKen est la tkt du Christ, n
W, Si je n'ai pas réussi à prooTer ce point par les textes de rÉcriture ancienne, j'emprunterai au Testament nouveau la œnfirmation de notre explication, pour t'eni}>echer d'attribuer au Père ce que je revendique pour le Fils. Voilà que je trouve dans les Évangiles et dans les A poires un Dieu visible et invisible sous la distinction mani teste et personnelle de Tune et de l'autre nature. Jean s'écrie en quelque façon : » Personne n'a jamais vu Dieu. » Daas le passé,, non sans doute. Il a coupe court à toute disons^ sîon sur le temps quand il a déclaré que personne n'avait jamais vu Dieu. L'Apdtre confirme cette vérité : « Dieu, « dit-il, qu'aucnn homme n*a jamais vu et mène ne peut a Toir \ » appremment parce qu'il mourrait , s*il le voyait. Les mêmes Apdtres, attestent solennellement qu'ils ont TU Dieu et qu'ils Tout touché. Si Jéstia-Christ est le même que Dîeu, et le Fils le même que le Père, comment peut-il tout a la fois avoir été vu et n'avoir pas été vu ?
Pour réduire à un seul être, la diversité de celui qui est vu et de celui qui n'est pas vu, j'entends mon adversaire me répondre <pie les deux expressions sont justes, que Dieu lutvisît)le quaiKl 11 tnit revêtu la chair, invisible avant de l'avoir revêtue, de sorte que le Ptre, invisible avant la chair, est le même que le Fils visible dans son humanité. Et moi je demande, si le Père était invisible avant d'avoir revêtu la chair, d'où vient que l'Écriture me dit qu'on Ta vu avant qu*îl se fût incamé ? De même, s'il est visible une fois incamé, d'où vient que les Apêtres le déclarent mam* tenant encore invisible? Pourquoi? Sinon parce qn^il en eiiste un antre , qui , après avoir été aperçu autrefois en
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énigme, s'est manifesté plus pleinement par son humanité, et cet antre, c'est le Verbe qui s*est fait chair, et que personne n a jamais y% excepté le Fèrej puisqiie c'est soa Verbe.
Enfin» enmmonsquel est celui qu ont vu les Apôtres? « Ce qaenous avons vu de nos yeux, dit Jean, ce que nons « ayons ooqsidéré, ce que nos mains ont touché, la parole « de vie, « La parole ou le Verbe de vie» en effet, s étant incarné, a été yu, a été entendu, a été touché, parce que celui-là s'est incarné qui, avant sa chair, «i était Verbe au « oommenoement dans Dieu le Père, » et non le Père dans le Verbe. €ar, quoique « le V^be soit Dieu, il ne bisse « pas d'être en Dieu, » parce qu'il est Dieu de Dieu, avec le Père dans le Père. uEt nous avons vu sa gloire, comme la « gloire que reçoit de son Vvvg le Fils unique tu Pentends! la gloire du Fils unique, c est-à-dire de celui qui est visible ei qui a été glorifié par le Père invisible. Voilà pourquoi, ayant appelé tout à Theurc Dieu le Verbe de Dieu, pour ne pas venir en aide à la présomption de nos adversaires, ocunme s'il avait vu le Père en personne, TApotre, afin de distinguer d'avec le Père qui est invisible, le Fils qui est visible, ajoute comme par surcroit : « Nul ne vit jamais «c Dieu.» Quel Dieu? Le Verbe? Mon sans doute. Il vient de dire : « Ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu, « ce que nous avons louché. )> Mais quel Dieu, donc? Le Père, « en qui était le Verbe, c*est-à-(Ëre le Fils unique de « Dieu qui résidait dans le s^n du Père, comme il nous Ta « manifesté lui-méme.DVoilàceluiquia été vu, celui quia été entendu, celui qui même a été touché, de peur qu on ne le crût unfantùine. Voilà celui qu'a vu Paul, qui cependant n aj>as vulePère. «N'ai-je pas vu Jésus?» dit-il. Mais Paul luimême proclame la divinité de Jésus-Christ : « Qui ont pour « pères les patriarches, dit-il, et de qui est sorti, selon la « chair, Jésus-Christ même, le Dieu au-dessus de toutes « choses et béni dans tous les siècles. » 11 nous montre ëgarlement que le Fils de Dieu , c'està-dire le Verbe, est visî-
ble, parce que celui qui s'est incarné a été appelé le Christ. Il parle ainsi à Timothée du Père : « Qu'aucun homme « n*a TU ni ne peut voir; )> puis, pour donnrr encore une plus haute idée de si {^n ;indeur : Qui seul {}f)ssède Tim- « mortalité j qui habite une lumière inaccessible. » 11 avait dit plus haut : « Au roi des siècles, au Dieu qui est Tim- « mortel » TînTisible , Tunique , » afin qœ nous attribuasstons au Fils les qualités opposées^ la mortalité, la Tisibilité* Ailleiirs Ptel déclare « qu*il est mort selon les EcritureByii et enfin « qu'il s'est fait voir à loi,» dans sa lumière aoeesable par conséquent , quoique cependant il ne l*eût pas contemplée sans courir le risque de peidre la vue; ni Pierre^ Jean et Jacques, sans péril potu* leur raison et une dé* menée passagère. Si c'était le Père qu'ils eussent tu dans sa splendeur, et non la gloire du Fils qui allait souffrir, ils seraient morts sans aycun doute. « Nul, en effet, ne « verra Dieu sans mourir. »
Sfl en est ainsi, il est certain que celui qui se montra Ters la fm des t( mps se montra toujours dès le commenment, et que celui qui ne se montra point vers la fin des temps ne se montra pomt non plus dans le commencement; que par conséquent il en existe deux, Tun qui a été TU, 'l'autre qui n*a point été vu. C'est donc le Fils qui a toujours été vu , le Fils qui a toujours conversé ; le Fib qui a toujours opéré, conformément à Tantorité et à la volonté du Père« « parce que le Fils ne peut rien fiiirê par « lui-même qu'il ne le voie feire au Père, t» qui leHait en pensée; car îe Père agit par pensée. Quant au Fils, qui réside dans la pensée du ¥ère, il exécute en voyant. « Cest « ainsi que tout a été fait par le Fils, et que rien n'a été « lait sans lui. ))
XVI. Et ne t'imagine pas que le Fils ait présidé seulement à la création du monde : tout ce qui a été fait depuis Ta été par lui. Le Père, qui aime le Fils, lui a remis en « main toutes choses. » Donc il laime dès l'origine; donc il lui a remis en main toutes choses dès le commencement.
Depuis <{ue « le Verbe était en Dieu et que le Verbe était « Dieu , toute puissance lui a été donnée au ciel et sur la
« terre. Le Père ne juge personne, mais il a remis tout ju- « gemcQt au Fils, » dès le coramenceinent toutefois. Ku disant que toute puissance et tout jugement lui ont élé donnés, que tout a été fait par lui, et que tout lui a été remis en main, il n'excepte aucune époque, parce que \e moi tout serait une imposture, s'il y avait quelque leinps d excepté. Conséquemment , c'est le Fils qui a jugé dès le commencement » en brisant la tour de lorgueil, en dispersant les langues 9 en cbâtiant l'unhrers par le débordement des eaux 9 « en faisant pleuvoir sur Sodome et Gomorrbe le « soufre et le feu» Sd^eur du Seigneur.» G*esi encore lui qui descendit souvent jusqu'à converser avec Thomnie ; lui qui 9 depuis Âdam jusqu'aux patriarches et aux propbètes^ préludant dès le commencement en vision» en songe , en image» en énigme» à l'œuvre qu il devait poursuivre jusqu'à la fin , apprenait ainsi tous les jours. Et « quel autre « Dieu a pu converser ici-bas avec les bomraes, » que le Yerbe qui devait s uicainer? Mais pourquoi apprendre ainsi tous les jours ? Pour nous applanir les routes de la foi ; pour nuub incliner plus facilement à croire que le Fils de Dieu était descendu dans le monde, quand nous saurions que le passé avait déjà vu quelque chose de semblable ) « car tout ce qui a été écrit , de même que tout ce « qui a été (ait, a été écrit et fait pour nous instruire, nous « qui sommes à la fin des temps. » Voilà pourquoi 9mm il connaît déjà dès ce moment les affections bumaincs^ puisqu'il devait emprunter à Tbomme sa double substance, sa diair et son ame. Regirdes-le 2 « Il interroge Adam» » comme s'il ne savait pas où il est $ « il se repent d'avoir «créé l'homme»» oommesi sa prescience ne l'avaitpassfverti d'avance } il éprouve Abraham, comme s'il ignorait ce qui se passe dans 1 homme ; a-t41 été offensé, il se récoociHe; et enf ui les mille circonstances que les hérétiques reprochent à Dieu comme indignes de lui , afin de décrédiler le Gréa*
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leur, ignorant sans doute que tout cela convenait au Fils qui devait passer par toutes les souffrances humaines, la soit, Ifî faim, les larmes, la naissance et jusqu à la mort èlle-mtinc. C'est dans ce sens «(que son Père Va abaissé « pour un moment au-dessous des anr^es. ^)
Mfli^ les hérétiques eux-mêmes n'aduiettront pas que ce que ta attribues, au Père , c'est-à-dire ses abaissements pour nous, conviennent au Fils, puisque l'Écriture déclare que Tun a été abaisse par Tautre, et non le même par luimême* Mais que diras- tu s*il y en avait « un qui élût « couronné de gloire et d'honneur, » et un autre qui couronnait , c'est-à-dire que le Père couronnait le Fils ?
D^ailleurs, qui croira que ce même Dieu tout-puissant et invisible que nul n*a jamai§ vu ni ne peut voir; ce a Dieu qui habite une lumière inaccessible , qui ne réside « pas dans un palais batidela main des hommes; devant la »< face de qui la terre iiemble elles montagnes se fondent « comme la cire -, qui prend dans sa main l'univers comme (( un nid d'oiseaux ; qui a le ciel pour trône, la terre pour « marche-pied , » dans lequel estrenfermé tout espace, sans que lui-même soit borné par l'espace; qui est la dernière ligne de l'univers ; qui croira que ce Très-Haut se soit promené le soir dans le paradis , cherchant Adam ; qu'il ait fermé Tarche après l'entrée de Noé ; qu'il se soit reposé cbca Abraham sous le chêne de Mambré ^ qu'il ait appelé Moise du buisson ardent; qu^ilse soit montré, lui quatrième, dans la fournaise àçt roi deBabylone \ (mais que disje Pie Fils de THomme y est appelé par son nom} si tout cela n'avait eu lieu en image, en énigme, et comme à tiaYers un miroir ? En vérité , ce qu'il faudrait rejeter par rapport à la personne du ¥ih, si cela n'était écrit , je ne le croirais pas, quand même cela serait écrit, par rapprt au Père, que ces hérétiques font descendre dans le sein de la vierge Marie, placent devant le tribunal de Pilate, et enferment dans le tombeau de Joseph. Par là donc se manifcsic toute leur erreur. Comme ils ignorent que dès le commence-
TERXULLIEN
ment l'ensemble des dispositions divines s'est accompli par le Fils, ils s'imaginent que cVst le Père qni s'est montré, qui a parlé, qui a opéré, qiii a enduré la faim et la soif, (malgi'é cet or;u;le du proplièie : «< ï.e Dieu éternel ne « oonnait ni la faim , ni la soif, » à plus forte raison la mort et la sépulture ;) par conséquent qu*iin seul et même Dieu , c'est-à-dire le Père, a toujours fait ce q[ui a été fait par le Fils.
XYII. Ils ont trouvé plus raisonnable de pen5er que le Père avait agi au nom du Fils plutât que le Fils au nom du Père, quoique le Seigneur lui-niéme nous dise : « le « suis venu au nom de mon Père. » Ailleurs, il parle ainsi h son Fère : « l*ai révélé Ion nom aux hommes. » Même langage dans TÉctiture j « Béni , s'écrie-t-elle , celui qui ({ vient au nom du Seigneur -, c'est-h-dii c le Fils au nom du Père. C(\s noms donnés au Père, ne témoignent-ils pas encore contre eux : « Le Dieu tout-puissant, — le Très- « Haut, — le Dieu des armées , — le Roi d'îsracl , — celui «qui est? » Nous soutenons, ainsi que l'enseignent les Écritures, que ces mêmes noms conviennent au Fils, que le Fils est venu sous ces noms, qu'il opéra toujours en eux, et qu'il les manifesta aux hommes dans sa personne. « Tout « ce qui est k mon père est à moi, i» dit-il. Pourquoi pas les noms aussi ? Lors donc que tu lis : « Le Dieu tout-puis^ « sant,-^ le Très-Haut , le Dieu des vertus,-— le Boi d'Is- « raél , ^ celui qui est , ^ prends garde que ces noms ne soient la démonstration du Fils *, Dieu tom-^missant par hn-méme^ puisqu'il est le Terhe du Dieu tout-puissant, et que toute puissance a été remise entre ses mains ; TlrèS" Hautf puisqu'il est exalté comme la droite de Dieu, ainsi que Pierre le déclare dans les Actes des Apôtres; Dieu des armées, puisque tout lui a été soumis par son Père; Jioi â*hra(4, puisqu'à proprement parler, il a été la destinée de cette nation ; enfin, celui qui est , parce que beaucoup sont honorés du nom de Fils sans l'être réellement. En attendant , que ma réponse serve aussi à réfuter ceux
qui aliègaent oe piassage de l*Apocalypse de Jean : « le suis «lé Sdgneur qui est, qui était, et qui doit tenir^ le it Tout-Puissant ; » et tous ceux qui ne pensent pas que la dénomination de Tout-Puissant puisse couTenir au Fils, comme si celai qui doit Tenir n*était pas aussi tout-puissant , puisque le Fils du Tout-Puissant est aussi bien Tout- Puissant que le Fils de Dieu est Dieu.
XVIII. Mais ce qui les empêche d'apercevoir dans le Fils la communauté des noms paternels , c'est que FÉcriturc proclame souvent Tunite de Dieu, connue si la même Écriture ne nous montrait pas souvent deux Dieux et deux Seigneurs, ainsi- que nous l'avons prouvé plus haut.
— Puiscrne nous lisons tantôt qu'il n*y a qu*un seul Dieu , tantôt qu'il y en a deuz , répliquent nos adversaires, il fiiut en conclure que l'un et l'autre sont le même, tout à la fois Père et Fils.
— L'Écriture ne court aucun péril pour que votre raisonnement lui vienne en aide, afin d'empêcher qu'elle ne semble se contredire. Elle a ses moti& et se suffit à ellet même, soit qu'elle proclame l'unité de Dieu , soit qu'elle distingue le Père d'avec le Fils. 11 est certain qu'elle nomme le Fils. Elle a pu déclarer à ix>ii droit , et sans porter atteinte au Fils, que le Dieu qui a un Fils est un Dieu unique. En effet, celui qui étant lui-même unique, a un Fils, ne laisse pas d'exister en son pro[)rc nom , tontes les fois qu'il est nommé sans son Fils. Or, il est nommé sans son Fils toutes les fois qu'il est désigné principalement comme la première personne, qu'il fallait établir avant le nom de Fils, parce que la paternité doit être connue d'abord, et que le Fils n'est nommé qu'après le Père. « Par oonsé* « quent^ Dieu le Père est le Dieu uniqué, et il n'y en a pas « d'autrc'qae lui. » Quand il conclut ainsi, il ne nie pas lé Fils, il nie seulement qu'il y ait un autre Dieu que lui , perce que le Fils n'est pas un autré Dieu que le Père.
Enfin , examine ce qui suit ces déclarations, et tu reconnaîtras que la plupart de leurs dispositions s'appliquent T. VII, . 32
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à ceux qui fabriquent et honorent les idoles, afin que Tunité de la divinité bannisse la multitude des faux dieux, «lab Tunité toutefois qui a un Fils aussi indivisible et m-
a pas d autre que moi, eîLcepté BWD FiU. Excepter m Fils, c eût été le déclarer différent. Supposons que le soleil tienne ce langage : Je suis le soleil -, d'autre que inoi, il
n'y en a pas, excepté mon rayon \ n'aurais-tu pas crié à la contradiction : comme si le rayon ii ( (ait pas compris luimême dans le soleil ! Dieu proclama donc qu'il n'y avail pus d'autre Dieu que lui-même, soit à cause de l idolâtrie des-natioos et d'Israël, soit à cause des Ik r( iKjues qui, de ni^meque les nations se taillent des idoles de leurs mauivS, se forrent aussi en paroles un Dieu et un Christ chimérique. Aifiii , quand il rendait témoignage à son unité , le Père agissait dans les intérêts du Fils» afin que l'on ne crût pas que lésus^rist était venu au nom d'un autre Dieu, mn^ au nom de celui qui avait di| d'avance : « Je suis Dieu , « et il n'y en a pasd'autre que moi, » et qui se déclare le Dieu unique , mais dans la société du Fils avec qui aeul il a étendu les cieux.
XIX. Mais voilà qu'ils s'emparent de cet oracle, «J'ai « çtendu seul les cieux » comme d'im témoignage qui exclut la Trinité des personnes. Faisant ici le procès à toutes les autres Vertus, le mot seul réfute d'avance les conjectures des hérétiques qui veulent que le monde ait été créé par les anges et les puissances enneniies, ou qui font dn Créateur un ange envoyé j)our créer à son insu le monde et tout ce qu'il renferme. Ou bien , si c'est ainsi «( que seul il a étendu les deux » comment ces làérétiques donnent-ils k ce texte une interprétation erronée, comme s'il rejetait la personnalité de cette Sagesse qui dit : « Ix)rsa qu'il affermissait les cieux» j'étais avec lui? » Si l'Apdtre 4 dit : « Qnî connaît les àea&àos de Dieu? Qui est entré
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a dans le secret de ses. conseils? » il se répond à luiniéme : excepté la Sagesse qui était avec lui» Elle était avec lui 9 mais dans lui et disposant toutes choses avec lui» toutefois sans qu'il ignorât ce qu'il fiilsait. L'Apôtre donc, en disant excepté la Sagesse» dit excepté le Fils» qui est Jésus-Christ, sagesse et v^u de .Dieu » qui seul connaît les desseiiis du Père, ainsi qu'il le témoigne encore : « Personne ne connaît ce qui est en Dieu , sinon « l'Esprit qui est en lui, » Tu 1 entends, mais non celui qui est hors de lui. 11 y avait donc en Dieu une auU'e personne en vertu de laquelle il u était pas seul, sinon-qu'il était seul par rapport à toutes les nnu es l'nissances.
£li bien 1 recnsL z même i Évangile quand il dit : « Dieu « a tout fait par le Verbe, et sans lui, rien n'a été fait ; » à la bonne heure! Mi^isy.sije ne me tpompe, il est écrit également ailleurs : « Les cieux ont été créés par le Verbe « ou la parole du Seigneur, et Tarmée des cieux par le « souffle de sa bouche. » Ce Verbe, cette parole , cette vertu y cette sagesse, ce sera le Fils de IHeu en personne. Par conséquent, s'il a créé toutes choses par le Fils , en étendant les cieux par le Fils» « il ne les a point écendua c( seul si ce n'est dans le sens qu'il n'a rien de commun avec les autres puissances* Aussi bien voilà qu'il parie ensuite .du Fils : u Quel autre a rendn inniiie^ les pres- (i tiges des devins el insensés ceux qui prononcent des oraa des ? il renverse la science des sages et change leur « sagesse en folie? » Oui, en le nommant son Fils, en disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé^ écoutez-ie 1 » Ainsi , parler immédiatement de son Fiis , c'est nous expliquer lui-piéme dans quel sens « il a étendu seul les « deux , c'est-à-dire seul avec son Fils, de même qu'il ne fait qu'un avec le. Fils. De là vient que le Fils à son lotir dira ; mlâoi seul j'ai étendu les cieux, » parce que « les cieux ont été affermis par le Verbe. » Gomme « le ciel a été affermi » par l'assistance de la Sagesse ou du Verbe, et que « tout a été fait par le Verbe
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on peut dire légitimement que le Fils seul a étendu le» deux, parce que seul il a été le ministre du Père. De même il dira encore « Je suis le premier et le dernier. » Oui , sans doute , le premier en qualité de Terbe ; « Au
« commencement était le Verbe -, » dans ce commencenierii où le Père Téngendra. D'ailleurs, le Père n'ayani pas de commencement , on ne peut dire de lui qu'il a été engendré par qui que ce soit , pui^u'il est incréë. Celai qui a toujours été seul n'admei pas de rang. Si donc les béfétiques ont cru que pour sauver le dogme de Tunîté de Dieii, il fallait que le Père et le Fils fussent la même personne, son unité est sauve, puisque, tout en étant seul, il a un Fils auquel rendent témoignage les mêmes Écritures. S'ik ne veulent pas que le Fils soit regardé eomme une seconde perSbnne , distincte du Père > de peur que cette distinction n ait IW d'établir deux Dieut , nous avons montré que TÉcriture mentionne aussi deux Dieux et deux Seigneurs; et pour les empécberde se scandaliser, nous leur avons exposé qu^il ne s*agit pas de deux Divinités différentes, de deux Sdgneurs différents, mais seulement du Père et du Fils, comme formant deux personnes distinctes, non pas en substance, mais en disposition, puisque n jus n connaissons le Fils inséparablement uni au Père , cr senihlableen essenre bien que différent en degré. Quoique nous l appclionsDieu quand nons le nomnionsseul, il ne fait pas deux Dieux, mais un Dieu uniquc,p3r là même qu'il doit être appelé Dieu eh vertu de T unité du Père.
XX. Mais il &ut encore réfuter les arçtunents de ceux qui empruntent aux Écritures quelques passages pour ap*puyer leur opinion, faute de vouloir les comparer avec les autres textes qui maintiennent la règle» et cela sans porter atteinte à Tunité de Dieu et même de leur monarchie. De même que dans Tancien Testament, ils ne gardent que cet oracle : a Je suis Dîeu»' et il n'en est pas d*autre que « moi , » de même dans rËvangile , ils ne s'arrêtent qu'à cette réponse du Seigneur à Philippe : « Mon Père et
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« nun , nous ne sommes qu'im. . — Celui qui m*a vu, voit « mon Père. — Je suis dans mon Père, et mon Père est
« en moi. » Ils veulent que l'instrument tout entier des deux Testaments le cède à ces trois tiutorités , quoique la plus grande partie doive servir à rexplication de la plus petite. Mais telle est la marche adoptée par tons les héréti(juL'S. Comme dans une multitude cîe textes ils uc peuvent en découvrir que quelques-uns, ils défendent le petit iKHnbre contre le grand nombre , et ce qui est postérieur contre ce qui est antérieur. Mais le principe de )a vérité établie dès le. commencement prescrit partout en faveur de la priorité contre la postériorité y en favjeur du grand nombre contre le petit nombre.
XXI. Ëeonte donc combien de fins de non-recevcnr t^oppose rÉvangile avant toute alimentation. D^abord, Jean rËvangéliste commence par nous montrer dans sa préface ce qu'était autrefois celui qui devait s'incarner : « Au « commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, (( et le Verbe était Dieu. 11 était au commencement en « Dieu; tout a été fait pir lui, et rien n'a été fait sans « lui. » Si ces parule.s ne doivent pas être comprises autrement qu'elles ont été écrites, il est indubitable qu'elles nous mootrent qu'autre est celui qui fut dès le commencement 9 et autre celui dans lequel il fut , qu'autre est le Verbe et autre Dieu , quoique le Verbe soit aussi Dieu , mais en tant que Fils de Dieu , et non en tant que Père ^ qu'autre est celui qui crée toutes choses , et aptre celui par lequel il crée toutes choses» Nous avons déjà exposé plus d^tme fois dans quel sens naps' disons qu'il est autre. Nous devons Tappeler niécessairement autre et non le même , autre sans admettre aucune séparation , autre en disposition , mais non en division. Ce cjvu 5 est
fait chair n'est donc pas h même que celui dont il est le Verbe, d C'est sa gloire que nous avons vue , la gloire que (( reçoit de son Père le Fils unique -, y> donc ce n'est pas la gloire du Père. « Le k iïs unique qui est dans le sein
H êii Père nous l a manifesté lui-même ; » donc ce nVstpas le Père qui s'est manifesté lui-même. Car il a ét('; ditaupavant : « Nul ne vit jamais Dieu. » Jean le désigne encore sous le nom Agneau de Dieu ; mars non conaine celui dont il est le bien-aimé« Assurément il est toujotirs Fils de Dieu, mais ii n'est pas celui dont il est le Fils. C'est ce qu'avait compris Natfaanaêl, ainsi que Pierre ailleurs : « Vous êtes le Fils de Dieu. « Et qu*ils l'eussent sagement compris y il le Confirmé lui-même, ici , quand il répond k Nathanaêl : « Si je te disais que je t'ai vu sous le « figuier, ne le croirois-tu pas ? w et Ih, quand il proclame Pierre « bienheureux, parce que ce n'étaient ni la chair « ni le sang ([ui lui avaient révélé ceci (il avait confi sse le <c Père), mais le Père qui est dans les cieux. » Par ce mot, il établit la distinction dos deux personnes, du Fils qui était sur la terre, et que l'ierrc avait reconnu pour le Fils de Dieu, et du Père qui était dans les cieux , et qui avait révélé à Pierre ce que Pierre avait reconnu, c'est-à-dire la divine filiation de Jésus^Christ, En(re-t-il dans le temple ? il rappelle la maison d<ï son Père , c'est un Fils qui parle. Il en e^t de même quand il dit à Nîcodème : « Dieu « a telleitaent aimé ie monde, qu'il lui a donné son Fils « unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle, n Et ailleurs: « Car « Dieu n'a pas envoyé son FDs dan9 le monde pour juger « le monde , mais afin que le monde soit saiivé par lui. n Qui croit en lui ne sera point jugé , mais qui n*y croit « point est déjà jugé j car il ne croit pas au nom du Fils « unique de Dieu. »
Jean lui-même est-il interrogé sur ce qu'il pensait de Jésus, « le Père, répondit-il, aime le Fils, et lui a remis « toutes choses entre les mains. Qui ci oit an Fils, a la vie « éternelle - qui est incrfklule au Fils de Dieu, né verra <( point Dieu ^ mais la colère de Dieu demeure' sur lui. » Pour qui se donne- 1- il à la Samaritaine? Pouf « le messie «f qui est appelé Christ; )> pqr conséquent c'était montrer
appdé Fils de Dieu etuonflon Wfe. IlditeiiBuilBàieB ém^ csfUm : Il Maneurritiire est de iàire Ift ^voioiilé de celui «prf *« m'a eawféy afin d'acopmplir son œuvre, » Il paHe ainéi aux JuîIb, a près avoir rendu la$anté%ifparalytique : « Mon
« Pcrea^it toujours et moi aussi. » Mon Père et moi , dit le Fils. Eiiiiu , si les Juifs voulait nJ le mettre h mor4: , ce n'est pas seulement parce qu'il violait lu loi du sabbat , mais parce qu if se disait Fils de Dieu, en sV^^alant à Dieu. Alors, que leur répondait-il ? « Le Fils ne peut rien faire « par lui-même qu'il ne le voie faire au Père 5 quelque « chose que celui-ci fasse , le Fils aussi le fait comme lui. « Car le Père aime le Fils, et lui montre tout^ qu'il fait^ « et il lui moutrera de plus grandes œuvres que celles-ci, « afin que tous admiriez. Gomme le Père ressuscite les « morts et les vivifie , ainsi le Fils vivifie eeusc qull veut^ « Le Bère ne juge personne , mais il a donne^ tout juge«- « ment ao Fils, afin que tous faenorent le Fils comme ils « honorant le Père 3 celui qui n'honore point le Fils, n'he^ « nore point le Fère, qui 1-a envoi^. En vérité, en vérité, « je vous dis que celui qui écoute ma parole et croit à ce- <( lui qui m'a envoyé, a la vie étemelle -et ne sera point « coudauuié: il passe de la mort à la vie. En vérité, en (( vérité, je vous dis {jue rheure vient, et elle est déjà « venue, où les morts entendront lu voix du Fils de Dieu, « et ceux qui l'auront ouie vivront. Car,, comme le Père « K a la vie en soi , ainsi a-t-il donné au Fils dWoir la vie « en soi ; et il lui a donné la puissance de rendre les ju- « gements , parce qu'il est le Fils de l'homme , » par la cluiir, de même qu'il <sst le Fils de Dieu par son Esprit 11 ajoute encore : « Mab moi , j'ai un témoignage plus grand « que oelui de Jean ; car les* œuvres que mon Fère m'a « domsées à ao(x>mplir , œs œuvres que je fois, rendant « témoignage de moi que mon Père m'a envoyé. Et )e « Père, qui tn'a envoyé, a lui-raêrtie rendu témoignage n de moi. » £u ajoutant encore aussitôt ; u Jamais vous
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« n'aves enteoda sa wx , ni tu Tédat de M beititéi » il confirme que ce n'est pa» k Père, mais le Fils, c|ui a été Yu et entendu autrefois*' Enfin, il dit : « le suis Tenu au « nom de mon Père, et tous neai*aTez point ri&çu ^ » tanf il est Trai que c'étah iftajours le Fils sous le nom de J>ieu, de Roi, de Seigneur, de Tout-Puissant, et de Très-Haut. A ceux qui lui demandcul ce qu'ils ont à faire, il répond ; « Croyez à celui que Dieu a envoyé. » Il déclare plus bas qu'il est le pain que le Père devait donner du haut des cieux : (c Tout ce que mon Père me donne, poursuit -il, « viendra à moi, et je ne rejetterai point celui qui se i( présentera. Car je suis descendu du ciel , non pour faire n ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a enToyé. Or a la Tolonté du Père est que quiconque Toit le Fils et croit « en lui ait la vie et la résurrection. Nul ne peut Tenir « à moi , si le Père qui m'a envoyé ne l'attire. Quiconque •« a oui le Père et en a Tinteiligence, Tient à moi. Non i< qu'aucun ait vu le Père, » ajoute-t41 encore ici, afin de montrer que c'est le Terbe du Père qui les enseigqe. Mais lorsque la multitude Tabandonne, et qu'il demande à ses apôtres s'ils veulent l'abandonner aussi , que répondit Simon Pierre? « Oîi irions-nous? Vous avez les pa- « rôles de la vie, et nous croyons que vous êtes le Gbrist.» JL'a-t-il noiiinié le Père ou le Christ du Père ?
XXII. De quelle dociri[ie, nous dit-il, que les auditeurs s'étonnaient? De la sienne ou de celle de son Père? De même, quand ils s'interrogent entre eux pour savoir s'il était le Christ, ils ne se demandent pas s'il est le Père, maîs^s'il est le Fils. « Vous ne saTez pas, dit-il , d'où je « suis $ je ne suis point venji de moÎHméme ^ mais celui qui « m'a envoyé est véritable « et vous ne le connaissez « point. Mais moi je le connais, car je suis par lui , et c'est « lui qui m'a envoyé. » Il n'a pas dit : c'est moi qui me suis envoyé moi-4néme, mais «c'estjui qui m'a envoyé.» De même quand les Pharisiens eurent envoyé po^r mettre la jnaîn sur lui , il leur dit : «t le suis encore un peu de
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« temps avec vous, et je retourne à celui qui m'a envoyé.» Hais où.nie-t-il donc qu'il soit s^l? « Mon Père.qui m'a « envoyé, et moi , dit-il. » N'est-ce pas là démontrer qi^Uls aent deux, i^pssi réellement deux que réellement iosépafables? Je me trompe \ sa doctrine tout entière consistait à enseigner qu'ils étaient deux inséparablement unis. En effet , après avoir rappelé la loi qiii déclare que Iç témoi« gnage de deux hommes est difpe de foi . il ajoute : « Je « rends témoignage de moioméme^ et le Père qui m'a en- « voyé rend témoignage de moi. » S'il était seul , tout à la fois et le Filb et le Père , il ne s appuierait pas sur le patronage de la loi qui déclare légitime le témoignage, non pas d'un seul , mais de deux.
De même, quand on lui demande : « Oùc^t ton Père?» il répond ; « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père. » Preuve c^u'ii y en a deux qu'ils ne connaissent pas \ s'ils le connaissaient lui-même, ils connaîtraient le Père, non pas qu'il soit tout à la fois et le Fils et le Père, mais parce qu'en vertu de leur indivisibilité ils ne peuvent être ignorés ou connus l'un sans l'autre. « Celui qui m'a envoyé, dit-il, « est véridique, et les choses que j'ai entendues de lui , « je les dis au monde. » L'Ecriture nous explique ensuite qu'ils ne oonnureiit point qu'il leur parlait du P^e, quoir qu'ila- eussent dû savoir que les paroles du Père étaient dans la bouche du Fils, puisqu'ils avalent lu dans Jérémie : « Et le Seigneur m'a dit : Voilà que j'ai mis ma pa- « rôle sur tes lèvres ^ » et dans Isaïe : u Le Seigneur m'a « donné la langue de la.sagesse, afin que je sache quand u il faut parler. » Lui-même ne s'exprime pas autrement : « Vous connaîtrez alors ce que je suis, et que je ne fais rien « de moi-même, mais que je dis ces choses ainsi que mon « Père m'a enseigné ; car celui qui m'a envoyé est avec « moi. » Voilà un témoignage qulls sont deux, quoique indivisibles. De même, dans sa discussion avec les. Juife , quand il leur reproche de chercher à le mettre k n^^^ * « Je vous dis ce que j'ai vu en mon Pèrej et vous aussi ,
« fiâtes ce rom ates vu dans votre Père. Ifiiintenant, « voQScherdieE à me ÙÊte mourir, moi qui suis un homme « qui Toiis ai dit la vérité, que j'ai entendue de Dieu, n Et'encftre : « Si Dieu était votre Père, cert|^ vous m*£- « meriee. Car je doiS sorti dé Dieu , et je suis venu. » Toutefois , quoiqu'il dise quil est sorti, ils ne sont pas séparés, ainsi que raflimu lU quelques-uns a Toccasion de ce texte. Il est sorjli de son Père , comme le rayon sort du soleil, comme le ruisseau de k source, comme l'arbre de la semence. « Je ne suis point possédé du démon , mais «j'honore mon Père. Si je me glorifie moi-même, ma « gloire n'est rien ; c'est mon Père qui me glorifie , lui « que vous appelez votre Dieu. Si vous ne i'àvez point « oOnnu, moi je le connais. Et si je disais que je ne le con- « nais pas, je serais menteur, semblable à vous; mais je <r le connais, et je gàrde sa parole; »
Hais quand il ajoute : « iJbrahaili a vu mon jour, et il « s*en est réjoui j » il prouve que c'àt le Fils d'Abraham et non le Père qui a été vu autrefois. De même, s'agit-il de guérir l'aveugle ? « Il faut , dit-il , que je fasse les ceurres u d(j celui qui niii envoyé. » Après qu'il lui a rendu la vue , il lui demande : « Crois-tu au Fils de Dieu ? » Et comme celui-ci lui réplique « qui est-il ? » en se montrant liii-mcnic, il attesta qu'il était réellement le Fils auquel il avait dit qu'il fallait croire.
Il déclare ensuite que le Père le connaît et qu'il connaît son Père, ce C'est pour cela qiie le Père l'aime, ajoute- « t-il, parce qu'il donne sa vie, selon qu'il en avait reçu a le commandement de son Père.» Interrogé parles Juifs, pour savoir s*il était le Christ (le Christ de Dieu , assurément y car de nos jours encore' les luiis attendent le Christ de Dieu et non le Père , parce que nulle part il n*est écrit que le Père viendra sous le nom de Christ), il leur ré* pondît : « Je vous parle , et vous ne croyez point : les « œuvres que j'ai faites au nom de mon Père rendent té- <( moignagede moi. » Quel témoignage? Qu'il était celui-
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là même sur qui ils Tinterrogeaient , c'est-à-dire, le Christ de Dieu. 11 dit ensuite de ses brebis « que perscjime ne « les arracbera de ses mains. Car mou Père, qui me les a « données , est plus grand que tous , « et encore ; « Mon ff Père et moi sommes une seule et même chose. »
Les insensés veulent s^établir sur ce terrain , ou , pour mieux dire, les aveugles qui ne voient pas, d^abord^ que monPère et moi, signifient qu^ils sont deux ; ensuite, que nous sommes, n*est pas l'indication d'un senl, puisqu'il désigne le pluriel ; et enfin qu'il a dit, nous sommes une seule et même cJi>se, èt non pas, nous sommes un* Si , en effet , il avait dit : Nous sommes un , il aurait pu fournir quelque appui à leur opinion. Un, en effet, est l'attestation du singulier. En outre, deux réclamaient le genre masculin. Au lieu de cela il dit, une seule et même chose, au neutre, comme pour alHrmer non pas le nombre singulier, mais Tunité, ia ressemblance, l'union, l'amour du Père qui anime le Fils, et la soumission du Fils qui obéit à la volonté du Père. En disant : ♦( Mon Père et moi nous sommes une « seule et même chose, » il prouve qu'ils sont deux qu'il égale et associe l'un à l'autre. Gela est si vrai qu'il ajoute encore : « Je vous ai montré plusieurs œuvres excellentes c( qui viennent de mon Père, dont aucune ne méritait que u vous me lapidassiez* n Et afin qu'ils ne crussent pas devoir le lapider pour avoir voulu se faire regarder comme Dieu lui-même, c*est4irdire comme lêTère, parce quHl avait dît t <i Mon Père et moi nous ne sommes qû'une seule et même fc cbose, » montrant par là qu'il était Dieu, fils de Dieu, et non qu'il était Dieu lui-même, « N'est-il pas écrit en «votre loi, poursuit-il : J'ai dit : vous êtes des dieux ? « L'Écriture ne peut èire vaine. Pourquoi dites-vous que « je blasphème , moi que le Père a sanctifié et envoyé au « monde, parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? Si je « ne fais les œuvres de mon Père, ne me croyez point ; mais « si je les fais, quand vous ne voudriez pas croire en moi, « croyez aux œuvres, afin que voub connaissiez et croyiez
« que le Père est en moi et moi. en lui. » Par les cenvres, le Père était donc dans le Fils et le Fils dans le Père • et c'est ainsi que nous comprenons que, par les œuvres' le Père et le Fils sont une seule et même chose* Tant il est vrai qu'il continuait à exposer cette doctrine tout entière, aûn qu'on les crût deux en une seule et même puissance, parce qu'il était imposBÎMe de croire au Fils sans croire à la distinction des deux personnes.
XXm.^ Ensuite vient Marthe , , en le proclamant Fils de Dieu, ne fut pas plus le jouet de Terreur que ne l'avaient élé Pierre et AaLlianaêl j d aiilt ors, si elle s était trompdc, die l'eût appris sur-le-champ. En efiFet, voilà que le Christ, pour ressusciter d'entre les morts le frère de Marthe, lève les yeux vers le ciel et vers son Père, en s écriant : « Mon Père ! ( il était donc Fils ) ; mon Père, « je vous rends grâces de ce que vous m*avez toujours ft exaucé. Je l'ai dit à cause de la multitude qui m'envi- « renne, afin qu elle croie que vous m'avez envoyé.» Puis, dans le trouble de son ame : « Et que dirai-jeP mon Pète « délivrez-moi de cette heure ! Mais c'est pour cette heure « que je suis venu. Toutefois, mon Père, glorifiez votre « nom , » daus lequel était aussi le Fils : « Je suis venu , ic dit-il, au nom de mon Père. »
Assurément, il suffisait que la voix du Fils invoquât le Père. Voilà que par surcroît le Père, du haut du ciel, répond au Fils pour lui rendre témoignage : « Celui-ci est « mon Fils bien-aimé, dans lequel j'ai placé toutes mes « complaisances 5 écoutez-le ! ^> Ih même encore dans ce passage : « Je l'ai glorifie et j( le glorifierai encore. » Dismoi , 6 insensé Praxéas, ne reconnaîtras-tu pas autant de personnes que de voix ? Tu as le Fils sur la terre, tu as le Père dans les cieux, non pas qu'il y ait ici séparation, mais seulement disposition divine.
Au reste, nous savons que Dieu habite jusqu'au fond des abîmes, présent partout, mais par sa vertu et sa puissance. Quant au Fils, il^t parttmt avec lui comme en étant
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inaépirable. Toutefois, dans cette éoonottiie, le Père voulut que son Fils résidât sur la terre et lui dans les cieiuc. C'est ren les deux que le Fils élevant ses regards, adres* sait à son Père de ferventes prières \ veré les deux qu'il nous enseignait à élever nos regards et nos prière»: « Notre ft ^ère, qui êtes dans les cieux. » Et quoique le -Père^soit partout , le ciel est la demeure qu'il a choisie ^ « Tous « l'avez pour un peu de temps abaissé au-dessous des u anges. », en l'envoyant sur la terre, » mais pour le cou- « ronner ensuite de gloire et d'honneur,» en le recevant dans les cieux. Le Père lui tenait déjà parole quand il lui disait : « Je l'ai f^lorifié et je le glorifierai encore. » Le Fils demande sur la terre 5 le Père promet du haut des deux. Pourquoi donnes-tu au Père et au Fils un éclatant démenti, si le Père parlait du haut des cieux à son Fils, pendant que c'était lui-même qui était Fils sur la terre, oja si le Fils priait son Père , tandis que c'était lui-même qui était Père dans les deux ? Ensuite, comment ta^oire que le Fib s'invoquât lui-même en' implorant son Père, s'il est vrai que le Fils fut lé Père ; on Ûen encore que le Père se promit à lui-même en promettant au Fib, s*il est vrai que le Père fât le Fils ; de sorte que, quand même nous prêcherions deux Dieux différents, ainsi que vous le répétez, il serait plus tolérable de prêcher deux dieux différents, qu'un seul Dieu si fanta.sqne et si mobile. C'est donc pour ces hérétiques que le Seigneur {)rononça cet oracle : (( Ce n'est « pas poiir moi que cette voix s est fait entendre , mais « pour vous, )î afin que ceux-ci croient au Père et au Fib chacun avec leurs noms, leurs personnes et leurs demetures. Mab Jésus s'écrie encore et dit : « Qui croit en moi ne « croit pas en moi, mab en celui qui m'a envoyé (attèndu ic que c'est par le Fils que l'on croit au Père, et que l'au- « lorité qui fait croire au Fib; c'est le Père,) et qiii me « voit, voit celui qui m'a envoyé, n Gomment cela ? « Parce « que je n*ai point parlé de moi-même; mab mon Père i( qui m*a envoyé m*a prescrit lui-même ce que je dob
TJBRTULLISN.
« dire, ot comment je dois parler. Car le Seigneur m'a « donné la langjuc de la Sagesse, afin de connaître dans « quel temps je dois dire ce que je dis. Ce que je dis, je « le dis selon que mon Père me l'a ordonné. » Quel est le sens de ces paroles ? Un cvang('»iisl!B et un disciple swssi illustre que Jean le connaissait uu peu mieiu sans doute qu'un Praxéas. Voilà pourt|uoi il ajoute de » propre auto* rite: a ÀTant la féte de Pâques, Jésus quisavait que son Père .« luiavnu donné toutes choses entre les mains, et qu'il était « sorti de Dieu et qu'il retournait à Dieu. » Mab Prazéas veut ^e le Père soit sorti de lui-même, qu 'il soit retourné à lui«méme , de sorte que « le démon mit dans le cœur «de Jtidas le dessein de liyrer, » non le Fils, nKiis Je Père. Au reste ^ cette nouvelle trahison ne réussira pas mieux li l'hérétique qu'au démon , parce que de n'avoir livré que le Fils n a pas tourné à Fav aiuai^e du dt mon. Le Fils qui a été livrée c'est le Fils du Dieu qui ét ili dans le Fils de rilomme, ainsi que le déclare aussitôt i Écriture : « Maintenant le Fils de l'Homme est glorifié, et Dieu e^ « glorifie en lui. » Quel Dieu ? Ce n'est pas le Père, mais le Verbe du Père qui était dans le Fils de l'Homme, c'est- ' à-diradans la chair, dans laquelle il était déjà gloi^fié, mais par la vertu et le Verbe, avant Tincarnation du Fijs. u Dieu, ajoute «t^il, la glorifié en lui-meine; » c'est-èdire que le Père renfermant k Fils en lui-même^ quoique cehiî«ci fut descendu sur la terre, le glorifia bientôt par sa résurrection et soq triomphe sur la mort,
XXIY. U s*en trouvait qui même alors ne comprenaient pas : Thomas ne fut**il pas quelque temps incrédule P (( Sei- 0 gneur, lui dit^l, nous ne savons oii vous allez, et com- « ment pourrions-nous en savoir la voie ? » Mais Jésus lui diL : « Je suis la voie, la vérité et la vie ; personne ne vient <( au Père que par moi. Si .vous me connaissiez, vousconu naîtriez aussi mon Père ; mais vous le coni^^iîtrez bien- « tôt et vous l'avez déjà vu. »
Nous voici parvenus à Philippe, qui, excite par l'espé-
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rance de voir le Père, et ne comprenant pas dans quel sens le Seigneur loi avait dit qu'il avait déjà vu le Père, s'ccrîe aussitôt : « Seigneur, rauntrez-nous votre Père, « et il noiis suâkt.» Jésus lui dit : u II y a si long- temps « que je suis avec tous, et vous ne me oomiaissez pas ? » Le connaitre, leur dit- il, mais en quelle qualilé? car Yoîlà seulement ce qu il faut chercher. EstMse oomtee Père ? est-ce comme Fils ? Si c'est comme Père , que Praxéas nous montre que le Christ, qui vivait avec eux depuis si long- temps, a pu un seul moipent, je ne dis pas être regardé par eux cûmme le Père* mais même éM sonpcûiiné comme tel. Toutes les Écritures anciennes OU nouvelles nonmient clairement, les premières le Christ de Dieu, les secondes le Fils de Dieu. C est amsi que l'antiquité 1 annonçait; c'est ainsi que se proclamait Jésus-t^lu ist lui-même. Mais que dis je? c'est ainsi que le proclamait le Père, lorsque du haut di s cieux il le déclarait son Fils et le glorifiait à ce titre. « Celui-ci est mon Fils ; je l'ai gloa rifié et je le glorifierai encore. » Voilà ce que le croyaient ies^disciples, voilà ce que ne le croyaient pas les Jui£s; voilà enfin ce qu*il voulait qu'on le crût, lorsqu'à toute heure il nommait son Père, lorsqu'il se disait inférieur à son Père» kHTsqu'il roulait hommage à son Pèm S'il en est ainsi» pe n est donc pas le Père qu'ils Ignoraient, mais le FiJs qui conversait depub si bng4emps avec eû. Et le Sei- ^eur reprochant à celui qui rignprait de ne pas le om-* uahre, voulait donc se faire reconnaître pour celui qu'il lui reprochait de ne pas coruiaître, c'est-à-dire pour le Fils. De là il devient évident dans quel sens ii a dit : « Celui « qui me voit, voit aussi mon Père. » Dans le même que plus haut : « Mon Père et moi nous ne soiiuaes qu'un. » Pourquoi cela? parce que : h Je suis sorti de Dieu et que «je suis venUf » et encore : « Je suis la voie ^ personne <( ne vient à mon Père que par moi. — Nul ne peut venir « à moi si mon Père ne Tattire. — Le Père m'a remis Il toutes choses ep main. — Gomme le Père vivifiej, aimlç
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« Fils vivifie. Si vous me èonnUdssez , vous connaisie^ « aussi le Père. « '
D'après ces oracles , par conséquent, il se déclarait le Vicaire de son Père « par qui le Père était manilesté dans ses œuvres , entendu dans ses paroles et connu dans le Fils, ministre des actes, et des paroles du Père, parce que le Père est invisible , chose que Philippe avait apprise dans la bi , et dont il aurait dô se souvenir : a Nul « ne verra Dieu sans mourir. » Voilà pourquoi le Seigneur lui adresse des reproches quand il désire voir le Père , corhme s*il était visible, et lui apprend qu'il devient visible dans le Fils , non par la présence de sa personne , mais par le témoignage de ses vertus.
D'ailleurs si , en disant : « Qui voit mon Père rae voit, » il voulait taire comprendre que le Fils se confond avec le Père^ pourquoi ajoute-t-il , « Ne croyez^vous pas que je « suis en mon Père et que mon Père est eA moi ? i» Il aurait dû ajouter, en effet : ne croyez-vous pas que je suis mon Père ? Ou bien , à quoi bon insister IMessus , s'il ne manifestait pas ce qu'il voulait que Ton comprît, c^està-dirè qu*il était le Fils? Or, en disant : « Ne croyez-vous « pas que je suis en mon Fère et que mon Père est en «>moi , H il revint ià-dessos, de peur que Ton ne s'autorisât de ces paroles : « Celui qui me voit , voit mon Père m pour dire qu'il élait le Père, titre (^ii'il ii a jamais voulu accepter, puisqu'il déclarait constamment qu'il était le Fils, et qu'il venait au nom du Père. Il manifesta donc l'union des deux personnes divines, afin que Ton ne demandât plus à voir It Père isolément , comme s'il était visible, et que le Fils fût regardé comme la représentation du Père. Toutefois , il ne manqua pas d'expliquer oom* ment le Père était dans le Fils et le Fils dans le Père : ^ Ce « que je vous dis, ajouta-t-il , je ne le dis pas de moi- « même \ mais mon Père, qui demeure en moi , fait les « mvres que je fais. » G*est donc par ses œuvres miraeukoses , et par les paroles de sa doorine, que le Père , de*
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noeurant dans le Fiis, se manifeste parles œiuTes ea vertu desquelles il demeure et par celui dans lequel il demeure, outre que la propriété des deux personnes est attestée par ces paroles ; (( Je suis dans mon Père et mou «^Père est en moi. Croyez-le, w ajoute-t-il. Quoi? que je suis le Père? je do pense pas que TÉcriture ledke, mais plutôt « que je suis dans mon Père et mon Père en « moi* Qroyez-le, au moins à cause des œuvres que je fais ;» ces cfiurres indubitablen^nt par lesquelles le Père était vi» sible dans le Fils, sinon à IWl, du moins ài*iBtclli(^iioe.
XXY. Apr^PbUippe et k substance «rat entière de sa demande , TËmiigile contimie jusqu^à la fin de distinguer dans ses paroles la persodneda Fèrôd^avee la personne da Fils , témoin lorsque Jésus^hrist (t promet de demander à « son Père et d'envoyer à ses apôtres un autre ronsolateur tt aussitôt qu'il sera remonté vers son Père. » Ln autre ! Nous avons déjà dit dans quel sens il fallait Fentendi e. Au reste , ajoute-t-îl , « il recevra de ce qui est à moi, comme « moi-même de ee qui est à mon Père. » Ainsi l'union du Père dans le Fils et du Fils dans le Paraclet , forme trois -pei-sonnes indissolubles, produites Tune de lautre, de manière que trois sont une seule et même chose , mais ne sont pas un senl, « ainsi qu'il a été dit : Mon ^re « et moi , nous sommes une seule et même chose, » oe qui implique Tunité de substance, mais non Vmki de nomlms.
Adièine de parcourir rftvangile , et tu trouveras que eatui que tu confonds avec le Père en est appelé le Yicanre. « Mon père est vigneron , » dit-il : tu vas donc croire que le Père est descendu aussi sur la terre. Il est encore reconnu dans les cieux par le Fils, lorsque ce Jésus y élevant ses regards, remet ses disciples entre les mains de son Père. Mais, quand même nous ne lirions pas dans cet Evangile : « Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abanu donné ?» et « Mon Père, je remets mon ame entre vos « mains, » cependant, après sa résurrection et son tnom- T. VII. 33
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phe sur la mort qu'il avait vaincue , lorsque le temps de sesabaisseiiK nis nécessaires était passé, etqu à une femme si tidèie qui essayait de le toucher pr un sentiment de tendresse, et non avec la curiosité on 1 incrédulité d'un Thomas, il aurait pu révéler qu'il étnit le Père, s il l'avait été réellement. « Ne me touchez pas , lui dit-il , car je ne « suis pas encore monté yen mon Père. Mais allez voir « mœ frères \ » (remarquon^k ki , il prouve qu*il est le Fib, CBT il les aurait appelés ses fib s*U ent été le Père), M et diies*kar : Je monte vers mon Père et voire Père; « vers mon Dieu et votre Dieu. » Est-ce le Père qui remonte vers son Père et Dieu ve» Dieu, on bien ^ estœle Fils qui remonte à son Père, et le Verbe à JKeu ? Dans quel but l'Évangile , en terminant , dédare-t-il qne ces choses ont été écrites, sinon « afin que VOUS croyiez, est41 « dit, que Jesus-Christ est le Fils de Dieu. » Ainsi, torturer chacun de ces divers passages, pour y trouver la démonsstration que le Père et le Fils se confondant dans une seule personne, c'est aller direetement centre la sentence défini- .tivede 1 Évangile. Car ces choses uOntpas été écrites pour •quetu croies que Jésus-Christ est le Père, mais bien le Fils.
XXVl. Nous avons parcouru 1 Evangile de Jean tout eaùet^ à cause de la question adressée par Philippe et de la réponse qui lui est donnée, afin qu'un seul mot qu'il laut interpréter confinnnément à tout le reste, plus tôt qu'en opposition avec tout le reste et même contrairement à son propre sens, ne renverse pas tant d*oracles, si clairement exprimés , soit avant, soit après. D'ailleurs, pour ne pas invoquer ici le témoignage des antres évangiles qui eonfirment la même chose de k naissance du Seigneur, il sullit que celui cjui devait naître d'une Vierge soit désigné forme lleui eut par 1 an^e qui 1 aiiiioucc, comme le Fils de Dieu. « L'Esprit de Dieu viendra en vous, et la vertu du u Très -Haut vous couvrira de s du ooibre. C'est pourquoi « le saint qui naîtra de vous s'nj){)ellera le Fils de Dieu. » . ki encore ils voudront raisonner, mais k vérité pr é-
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vaudia. Sans doute, dîseut-ils, le Fils de Dieu est Dieu, . et la ver(u du Très-Haut est le Très-Haut, Et ils ne rougis.sent pas d'ajouter : Si cela était, rÉcritnre nent pas manqué de le dire. Qui donr l'anp^e crai<^nait-il, pour qu'il n'ait pas dit ouvertenoent : Dieu viendra^ le Très-Haut vous couvrira de son ombre ? En disant l'Esprit de Dieu, quoique l'Esprit de Dieu soit Dieu y toutefois dès qu'il ne noBiine pas directement Dieu , il a vouhi donner à comprendre wiepartie du toutquidevait demndre sonsle nom oe Fils. Cet esprit de Dieu ne sera point antre que le YéHbe. De mtme que dans ces paroles de Jean : « Le Verbe 8*e8t « feit chair) » nous entendons FEsprit sons la dénomina- •tkMEi de Verbe, de même ici , nons reoonnâissons le Verbe eonsle nom d^prit. L'Esprit, en effet, est Iî^ subst.uice du Verbe, et le Verbe est l'opération de FEspi it, et ces deux sont un. D'ailleurs, autre sera celui que Jean nous annonce cofunie s'étant incarné, et autre celui que l'ange nousaunonce comme devant s incarner, si l'Esprit n'est pas le Verbe et si le Verbe n'est pas l'Esprit. De même donc que le Verbe de Dieu n'est pas confondu avec celui dont il est le Verbe, de même de TÈsprit ; et quoiqu'il ait été appelé Dieu, il ne se confond pas néanmoins avec celui dont il est l'Esprit. Rien de ce qui appartient à un maître ne se confond avec la personne du maître. Sans doute , quand une chose sort de ce maître, et lui appartient par là même qu'elle sort de lui , cette même chose peut être telle que celui de qui elle sort et à qui elle appartient. Et voilà pourquoi l'Esprit de Dieu est Dieu , pourquoi le Verbe de Dieu est Dieu , parce que font en procédant de Dieu, il n'est pas le même que celui dont il procède. S'il est Dieu de Dieu, comme substance réelle, il ne sera ps Dieu le Père lui-même, mais seulement Dieu, pui qn il }>roccde de sa substance, en tant qu'il est substance et une certaine partie d'un tout. A plus forte raison , la vertu du Très- Haut ne scra-t-elle point le Très-Haut lui-même, parce qu'elle n'e&t pas une substance comme l'Esprit, pas plus.