‹ Les pères de l'égliseChapitre 3 sur 44 · VII · texte numérisé non relu

VII

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vue aux spectateurs. Pour vous, vous ne le nierez pas, vous aciorez les chevaux et les betes de charge, avec leur déesse £pone. Voilà peut-être ce <]tte voiis ux>uvez à reprocher aux Chrétiens, c'est que parmi ces adorateurs de toutes sortes d animaux, ils se borneut à adorer l'ânè.

QMant à ceux qui prétendent que nousadoronsune croix^ nous ne feisons que les imiter, s'il es( vrai que nous îqto!quions du hoils. Qu'imporCe ici la forme^ si la biatièrè est la même, et si cette matière est censée le corpsd*un IHeu ?. Y a-t-il grande différence d'une croix à la Pallas athénienne, à la Cérès du Phare ^ qui s'élève comme une pièce de bois grossière, informe, sans figure? Tout poteau dressé en Tair est la moitié d'une croix 5 ainsi nousadorerioQS, nous, le dieu tout entier. Nous avons dit plus haut que les ouvriers font prendre a vos dieux leur forme sui* une croix; d'ailleurs, en adorant les Victoires, vous adorez les croix qui sont au milieu des trophées. Vos armées réyèrent leurs enseigne^, jurent par elles, les préfèrent même h tous les dieux. Ces images superbes sont la parure des croix, ces ▼oiles, ces^ffes précieuses de vos drapeaux et de vosétendardis servent à les enrichir. J'approuve votre délicatesse, vous n'avez pas von lu les adorer nues et sans ornement ! .

D'autres, avec plus de vraisemblance et de raison, s ima- .^inent que le soleil est notre Dieu. Ainsi, nous voilà rangés parmi les Perses, quoique nous n'adorions, pas comme eux l'image du soleil peinte sur une toile ou représentée sur nos boucliers. Ce qui a fai^ naître ce soupçon , c'est sans doute parce que nous nous tournons Vers lorient pour prier. Mais ne voit-on pas la plupart d*eotre:yous tournés vers le soleil levant , affecter d'adôjrer le ciel et de remuer les lèvres? Si nous donnons èi la joie le jour du soleil , c'est pour une raison tout autre que l'adoratiuu du soleil. Nous célébrons le jour qui suit inimédiaJement celui de Saturne, que vous passez dans l'oisiveté elles fesiina, bien différenimenl des Juifs, dont vous ignorez les usages.

Mais depuiâ peu on a représenté notre Dieu dans cette

cité 80US une ferme nouvelle. Un de ced hommes qui louent leur sang pour combattre contre les béies, a exposé im tableau avec -cette inscrippon : Le dieu des CSirëtiens,

Onochœtès (race d*âne). Il y étoit représenté avec des oreilles d ane, un pied de corne, un livre a la main, et vétu de la toi;e. Nous avons ri du nom et du travestisse-* ment 5 niais, dans le vrai, ce monstre à double forme était le dieu qui convenait merveillonsement h ceux qui adorent des divioités avec des têtes de lion et de clùen, des cornes de-chèvre et de bélier, boucs depuis les reins, serpents depuis les cuisses', portant dés ailes au dos ou bien aux pieds. Cesdétaib étaient superflus ; je n'ai pas voulu quW me reprochât dlarcnr omis à dessein rien de ce que. nous impute la rumeur publique. L'expoâé dé potre croyance achèvera de répondre à toutes ces imputations.

XVII. Le Dieu que nous adomns est un Dieu unique, dont la parole (fiil commande, dont la sagesse qui dispose, dont la force qui produit, a tiré du néant le monde et les éléments , les corpa et les esprits, pour être l'ornement de sa fprandeur. C'est pour cela que les Grecs ont donné au monde un nom qui signifie ornement. Dieu est invisible, quoiqu'il se manifeste- partout^ insaisissable, quoique sa grâce nous, le représente; incompréhensijile, quoique rintellîgence humaine s'élève jusqu'à lui. Pâr là même se prouvent sa vérité et sa grandeur; car ce qu^on peut voir à la manière ordinaire, ce qu'on peut comprendre et saisir, est inférieur à l'œil qui voit, à la main qui touche, h la raison qui comprend; mais ce qui est immense ne peut être parfaitement connu que de soi-même. Kien ne donne une idée plus magnifique de Dieu que l'impuissance où nous sommes de le concevoir. Son esseûce, qui ne connaît point de bornes, le découvre et le cache tout à la fois aux regards des hommes'; aussi leur plus grand crime, c^est de ne pas vouloir reconnaître celai qu'il est impossible d^gnorer.

Voulez-vous qu on vous prouve Texistencc de Dieu par

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tant et de si merveilleux ouvrages sortis de ses mains, par ceûz.qui nous environnent, par ceux qui nous conservent, par ceux qui nous réjouissient., par ceux même qui nous

épouvantent? Voulez-vous écouler le lémoi(^nagc de votre ame? interrogez-la. Malgré la prison d'un corps qui la ca})tivc, malgré les préjugés de réducation qui arrêtent son essor, malgré les passions qui Ténervent, et les idoles qui la tieanent en esclavage, lorsqu'ellesort comme de l'ivresse OU d'un profond sommeil , ou d'une maladie, et qu elle re* couvre pour ainsi dire la santé, la voilà qui invoque Dieu soiis le nom seul qui lui convienne. Grand Dieu l bon Dieu ! céquiplmraàtHeul tel estle cri universel. Elle le reconnaît aussi pour j uge par ces paroles : Dieu le *vok î Je me repose sur Dieu! Dieu me le rendrai O témoignage de Tame naturellement chrétienne! Et quand elle tient ce langage, elleregarde, non le i^àpitole, mais le ciel ^ elle sait bien que c'est l;i demeure du Dieu vivant, que, c'est de lui, que c'est de là qu elle descend.

XVI II. Pour nous donner une connaissance plus complète, plus vive et de ses secrets et de ses volontés , à nos premières lumières il a joint celle des Écritures, qui nous apprennent à le chercher, à le trouver, à croire en lui quand on Ta découvert, à }e servir selon notre fi)r« Dès le commencement il a envoyé sur la terre des hommes dignes par leur justice et par leur innocence de le connaître et de le fiiirc connaîire ; il les a inondés de son Esprit pour aniiuiicer qu'il n'y a qu'un Dieu, qui a tout créé, qui a formé Thommc du limon de la terre (c'est là le vrai Prométhée), qui a réglé l'année par le retour invariable des saisons, qui a placé dans les tempêtes , dans les feux de sa foudre les signes de sa majesté et de la terreur de ses jugements, qui a tracé des préceptes par lesquels on peut lui plaire, préceptes que vous ignorez ou que vous transgressez , mais auxquels sont attachées de magnifiques récompenses; car à la fin des temps il jugera ces fidèles adora- ' leuxs pour leur donner un buuheui sans lin, et les pro-

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fanes^ ^ur les livrer à des Hainmes également étemelles. Tous seront rappelés à la vie , reciséés , eiaminés poar qu*il soit fait justice sekm les oeuvres. Comme vous , nousavoDS ri de ces dogmes : nous avons, été des vôtres. Les hommes jie naissent pas CShrétiens, ils le deviennent. Lesfprédica* tenjrs dont nous avons parlé , on les appelait prophètes parce qu'ils prédisaient l'avenir; leurs prophéties et les miracles qu'ils opéraient pour attester ia (livloiic de leur mission , sont consignés dans le trésor de nos livres sacrés : ces livres, maintenant, sont connus de tout le monde. Le plus savant des Ptolémées , surnommé Philadelphe, fort habile dans toutes les sciences, ayant conçu le projet de fn rm er unenombreiise bibliothèque» à reKçmple peut*étre de Pisi^^fràte, donna tous ses soins pour rassenn bler .les livres les plus anciens et le» plus renommés. Sur ^ l'avis du. célèbre JDemétrius deTbalère, son bibliothécaire, il .fit demander aux luifs leurs livres écrits dans leur idiome , et qui ne se trouvaient que chez eux. Les pro* phètes, tous Juifs crorigine, n'avaient prophétisé que pour les Juifs, peuple adoptif de Dieu, en vertu de la grâce faite à leurs pères. Les Juifs sont originairement Hébreux-, aussi est-ce clans cette langue qu'ils parlent et qu'ils ont écrit. Pour donner Pinteiligence de leurs livres à Ptolémée, ils lui envoyèrent soîxante-^ouze interprètes. Le philosophe Ménédéine> frappé de l'uniformité de leurs versions, a reconnu dans cet accord l'œuvre de la Providenice* Aristée nous l'atteste : il nous a laissé en grec , comme .témoignage, un monument non suspect. On voit encore aujourd'hui ces livres dans la bibliotliècjue de Ptolémée, près du temple de Sérapis , avec l'original hébreu. Les Juifs ont la liberté de les lire publiquement, moyennant un tribut. On va en écouler Ui leeture le jour du sabbat. Qu'on les consulte, on apprendra à y connaître Dieu, et qui les approfondira sera forcé de cfnre.

XIX. La haute antiquité de ces livres leur concilie une aulorité supérieure àçelle de tous les autres. Chez yùoBf

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l'antiquité va de pair avec la religion. Or, les livres d'un seul de i)os prophètes, qui soot comme un trésor où sont déposés les mystères de la religion juive, «t par conséquent de la nâtre, devancent de plusieurs siècles ce que tous avez de plus reculé , vpd édifices; iros monuments, vos origines, vos institutions, voire histoire , vos idiomes les plus surannés, la plupart de vos peuples, les dtéa les plus femeuses, jusqu'aux caractères de récriture, ces témoins et ces gardiens de toutes les choses humaines. Je n'en dis point assez : ils sont antérieurs de plusieurs siècles à vos dieux, à vos temples, à vos oracles, à vos sacrifices. Si vous avez entendu parler de Mmse, Mo'ise est le contemporain d'Ina* cTins, roi d'Argos; il précéda de cent soixante-dix ans Da« naûs, un de vos plus anciens rois, d'environ huit cents ans la «fondation de fiobie, d^environ mille ans le désasti^e de Priam. Je pourrais aussi le placer plus de cinq cents ans avant Homère; les autorités ne me manqueraient point. Tous les autres prophètes sont postérieurs à MoSse, et cependant les moins anciens devancent encore les plus anciens de vos sages , de vos législateurs et de vos historiens.

La preuve des laits que je viens d'avancer n'est pas difficile, mais elle est ininu nse; elle n est point pénible, mais longue ^ elle demande bien des calculs et des investigations. Il faut ouvrir les archives des peuples les plus anciens, des Égyptiens, des Ghaldéens, des Phéniciens ; il faut consulter leurs historiens , qui peuvent (aire jaillir la lumière, Manéthon d'Egypte , Bérose de Ghaldée , Iromos de Phénioie , roi de Tyr , et ceux qui ont écrit d'après eux , Ptolémée de Mendès , Ménandre d*Éphèse , Bémétrius de Phalère , le roi Juba , Appion , Thaï lus, et le juii Josèphe, qui tantdt les suit, tantôt les combat dans son ouvrage sur les antiquités de sa nation. Il faiidrait aussi conférer les aiuiales des Grecs , s'attacher à tixer les dates de chaque événement pour enchaîner les temps dans une chronologie lumineuse ; il fiiudrait , pour ainsi dire , voyager à travers les histoires et les littérattires du genre humain : c'est déjà 9voir finurm

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la moitié de la preuve que d'indiquer les sources d'où on ' peut la tirer. JNous nous tx>rfioiis là aujourd'hui , de peur ou de la tronquer eix nous hâtant,, ou de nous écarter du but par un trop long développement.

XX. En dédoniniagement de ce délai 9 nous vous offirous quelque chose de mieux que Fantiquité de nos Ecritures, C'est leur sublime majesté ; si Ton doUte qù^elles soient les plus anciennes, nous prouvons qu'elles sonl divine,s ; il ne faut pas en tirer la preuve de très-loin 5 et tl ailleurs, ce que nous avons sous les veux nous instruira, je veux dire le monde, le tenips présent, les événements. Ce qui arrive, ce que nous voyons tous les jours, a été prédit, 11 a été prédit que la terre engloutirait des cités, que les mers recouvriraiient des îles, que des guerres intestines et étrangères déchireraient les nations, que les royaumes heurteraient les rcryaumes ,' que la fomine , la péste , des calamités publiques désoleraient certaines contrées , que les hétes féroces fe^ rainent de grands ravages, que les petits seraient élevés et les grands humiliés, que la justice deviendrait pins rare, que l'iniquiié se propagerait, que l'amour de toutes les vertus s'affaiblirait , que l'harmonie des saisons et des cléments serait bouleversée, enfm que des monstres et des prodiges troubleraient le cours de la nature. Tout cela a été . écrit d*une manière très-providentielle. Tandis que nous souflVons ces épreuves, notis les^lisons, et tandis que novà les lisofis i nous les 'voyons se réaliser. Yoilà , si je ne me trompe, pour nos prophéties une grande preuve dé divinité : les orables accomplis nous font croire ceux qui restent à s'accomplir, puisqu'ils sont mêlés h ceux qui s'accomplissent sons nos yeux. Les mêmes bouches les ont prononcés, les mêmes mains les ont écrits, le même esprit les a dictés. Il n'v a cju un temps pour les prophètes, car la prophétie qui pénètre l'avenir se perd dans le présent, tandis que l'homme distingue le temps à mesure que s éooulc Je présent : le futur devient le présent, et le présent le passé, le TOUS ledmande> avons-nous tort de croire pour l'avenir

ceux que nous avons déjà trouvés si ûdéies pour le présent et pour le j>assé ?

XXI. Coiuajc nous avons avancé que la religion de» Chrétiens s'appuie sur les livres des Juifs , les plus anciens qui existent, et que cependant elle est toute nouvelle» puisqu'elle neTemonte pas.au'-delà du règne de Tibère, ainâ que tous le savent, et que mtos le disons nouMoémes, peut-être , à cet égard , voudrart-on FattaqueTy. comme à l'ombre d'une religion bien connue et permise, la ndtre cachait des* opinions nouvelles et particulières , ou bien parce que, outre la date, nous n^avons rien de commun avec les Juils , ni 1 abstinence de certaines viandes , ni les fêtes, ni la circoncision, ni le nom, toutes choses indispensables, selon vous, si nous recon naissions le même Dieu, Le peuple lui-même connaît le Christ, mais comme un homme ordinaire tel que les Juifs Tont jugé. De là on se croit fondé à nous accuser d'adorer un homme.

Assurément , loin de rougir de Jésus-Christ, nous nous glorifions d'être poursuivis et condamnés pour son nom* Cependant nous n'avons point d'autre Dieu que le Dieu des Juifs. Il est nécessaire de nous eiLpliquer sommairaaf&ent SU^Je Christ , corn me Dieu,

Les Juifs avaient mérité , par la foi et la justice de leurs pères , de devenir la nation chérie de Dieu : de là , la grandeur de leur nation, et leur empire florissant. Tel fut leur bonheur , que, par une prérogative singulière. Dieu leur parlait lui-même , les instruisait de ses commandements, et les avertissait de lui rester fidèles : mais, fiillement enflés des vertus de leurs ancêtres , ils abandonnèrent sa loi pour vivre dans les désordres du monde paien. Quand ils n'en conviendraient pas, leur déplorable catastrophe accuserait leurs prévarications. Dispersés, vagabonds, bannis du ciel et du sol de leur patrie, ils errent clans toutes les contrées sans avoir ni Dieu ni homme pour roi , sans qu'il leur suit permis de saluer la terre paternelle, et d'y mettre le pied, même à titre d étrangers. Les saints oracles.

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qui 4^. menaçaient de ces malheurs , leur annûôiQBient aussi que> vers la fia des temps, Dieu se choisirait parmi toutes les Dations, et dans toutes les parties de T univers , des adorateurs plus fidèles. qu'il investirait, à leur préjudice, de grâces plus ajbondantes, à cause de la dignité du nouveau lëgblat^ur. Or, le dispensateur et Tarbitre de cette grâce, le législateur du nouveau culte , le bienfaiteur du genre humain , dont il allait devenir le réformateur et la lumière , ëlail annoncé cruame le Fils de Dieu , maïs non « pas de manière a rougir du nom de fils et des désordres de son père, ou de T inceste d une sœur, du déshonneur d'une fille,, de rinfidélité d'une.ëpouse itrangière, condamné h avoir pour père un dieu que Vamour métamorphose en serpent, ^ taureau , en oiseau et .en pluie dV>r« Vous reconnaissez là votre Jupiter. Mab le Fils de Dieu n'a point de mère qui l'ait mis au jour d'une manière impure : la mère qu'il parut avoir ne connaissait aucun homme. Je ' ' vais vous expliquer sa nature, pour vous faire entendre. le mystère de sa naissance.

J'ai dit que Dieu avait créé le monde par sa parole , sa raison et sa puissance ; vos philosophes même conviennent que.Lo§os, c'est-à-dire le Verbe, la sagesse, est larchitecte de ce monde* Zénon le désigne comme le sublime ouvrier

r* a tout arrangé, disposé^ U l'appeHe Destin , Dieu ^ l\ime Jupiter , la nécessité de toutes choses. Selon Gléanthe , ce sont là les attribtits de rÉsprit répandu dans toutes lies parties de l'univers. Nous disons aussi, nous, que la propre substance du Verbe , de la raison el de la puissance, avec laquelle Dieu» a tout fait, est un Esprit, Verbe quand il ordonne , raison quand il dispose , puissance quand il e^écute. Nous avons appris que cette parole , ce Verbe, Dieu Ta proféré, et en le proférant Fa engendré , et que par là il est Fils de Dieu lui-même par l'unité de substance; car Dieu est Esprit. Le rayon parti dn scdeil e9t tme portbn d*un Kmt ; mais le sMl est dans le rayon , puisque c'est le rayon du aoleiU il n'y a pas séparation , n^ais seulement

4% testuluen.

extension de substance. Il en est ainsi du Verbe> Esprit engendre d*unEsprit,Dieu de Dieu^oonun^ la lumière émane de la lumière. La stmrœd^ la lumière ne perd rien ni desà substance ni de son éclat lorsqu'elle se répand et se communique. De jnéme, ce qui procède de Dieu est Dieu, filé dé Dieu, et les deux ^e font qu'un, Esprit de l'Esprit, Dieu de Dieu 5 autre en propriété, non en nombre, en ordre, non en nature , sorti de son principe sans le quitter.

Ce rayon de Dieu , ainsi qu'il était prédit dès l'origine dès temps, est descendu dans une Vierge, et, devenu chair dans son sein , il naît homme uni à Dieu. La chair, nui ru ce par TEsprit, se nourrit, croît, parle, enseîg^ne, opère -, et voilà le Christ. Kecevez toujours cette doctrine, ne fût^ qu'une fable comme les vôtres , en attendant que je vous montre comment on prouve que le Christ est Dieu. Ceux qui parmi vous ont ima^né des fables pour détruire cette térilé, qu'elles s'effprçaient de contredire, savaient que le Christ devait venir. Les Juifs le savaient : c'était à eux que s^adressaient les prophètes. Aujourd'hui ils att^dent encore SOQ avènement -, et le grand débat entre eux et nous, c'est qu'ils soutiennent qu'il n'a point encore paru. Deux avènements du Glirisf sont marqués dans les prophètes , le premier dans la bassesse de la condition humaine ; il a eu lieu \ le second dans la splendeur de la Divinité qui se mar nifeste^ il est réservé pour la consoilimation des temps. Les Juifs, ne comprenant pas le premier, espèrent le second qui a été prédît avec f^us de clarté, et se persuadient qu'il G9t l'unique. Leurs infidélités les ont empêchés de reconnaître le premier , qu'ils auraient cru s'ils l'eussent compris, et qui les aurait sauvés s'ils l'eussent cru. Ils lisent eux-mêmes dans leurs livres la déclaration que Dieu, pour les châtier, leur a dérobé la saf^csse et l'intelligence, l'usage des yeux et des orcilîcs. (domine les abaissements de Jésus-Christ ne leur laissaient voir dans sa personne qu'un homme ordinaire, sa puissance devait le leur faire regarder àxnme un magicien*. D'un mot , chassant les démons

ipi obsédaîent rbomme, rendant lalmnière à des yeux éteints , la santé aux lépreux , le mouvement aux paralytiques, la vie aux morts , soumettant les éléments, a]3at-

saiii les tempêtes et marchant sur les eaux , il manifestait partout dans sa personne le Logos , cVst-à-dire le Verbe éternel de Dieu , son premier né , toujours rempli de sa Tcrtu et de sa raison , toujours soutenu par son esprit* Mais les docteurs et les cliels de la nation , révoltés contre une doctrine qui les confondait ^ jaloux d'ailleurs de voir le peuple en fouie courir sur ses pas, contraignirent Pilate, gouverneur d^une partie de la Syrie pour les Bomaias , de rabaodonn^ à leur haine pour Timmoler sur tme croix. Lui-même Tavait prédit. Ce n^est point asse^ : les prophètes ravaient'anuoiicé bien des siècles auparavant. Attaché à la croix , il fendit 1 arae en poussant un grand cri , et prévint le mioistère du bourreau. A l'instant le jour s'éteignit, quoique le soleil ne fût encore que dans son midi. Ceux qui ignoraient que ce phénomène avait été prédit pour la mort du Christ , le prirent pour une éclipse. On Ta nié ensuite, faute d'en connaître là cause. Mais, ouvrez vos archives! le prodige s'y trouve consigné.

Apr^ que son^corps eut été détaché de la evoix et déposé daps le tombeau , les Juifs renvironnël*ent!avec grand soin de nombreuses sentinelles 9 de peur que ses disciples ne l'enlevassent furtivement , et ne persuadassent à des hommes déjà [uevciiLis, (\u i[ était ressuscité le troisième jour, ainsi qu il i avait prédit. Le troisième jour arrive ; voilà que tout à coup h terre tremble ; l'énorme pierre qui fermait le sépulcre <«st renversée -, les gardés fuieot saisis d'épouvante, sans qu'il eût paru aucun de ses disciples , et , dans le tombeau "vidè^ on ne trouve plus que les dépouilles d'un tombeau. Cependant , les principaux de la liadon, intéressés k supposer un crime » et à tenir éloigné de la loi un peuple tributaire et placé sous- leur dépendance, firent eourir le bmit què le corps du Christ avait été dérobé par scb disciples.

Le Christ ne se montra point à la multitude : Timpiété devait être punie par Taveuglement : n'était»il pas juste aussi que la foi » destinée à d/& magnifiques récompenses , fût achetée par quelques épreuves ? Mais il demeura peu* dant quarante jotirs avec ses disciples'dans la €ra1ilée, qui fait partie de la Judée, leur enseignant ce qu'ils devaient .enseigner eux-mêmes 5 après quoi, leur ayant donné mission de proclamer son Evan{;îlc , il s'éleva daus le ciel , environné d'une nuée qui le déroba a leurs regards : pro- . dige beaucoup plus certain que l'apothéose de Komulus^ . dont vous n^avez que des Proculus pour garants. Pilate » chrétieii daus le cœur, rendit compte de ces événements à Temperèur Tibère. Les Césars auraient cru au Christ s*ik n'avaient pas été nécessaires au monde , nu s'ils avaient pu être Césars et Chrétiens tout ensemble. Les apdtres, fidèles à leur mission , se partagèrent Tunivers , et après avoir becuicoup souffert des Juifs soulevés contre la religion du Christ, iivec ce coiii;ij;e et cette conliance que donne la vérité, ils répandirent le sang chrétien à Borne durant la persécuiiou de Néron.

Nous vous produirons des témoins irréprochables de la divinité du Christ^ ceux même que vous adorer : et c'e^t un argument bien fort , je pense , que d'employer ^ pour vous fiiire croire les Chrétiens , ceux même qui vous em"pèchent de les croire. '

En attendant) voil^ un ensemble de Ce que nous sommes. Nous avons produit l'origine de notre religion , et de notre nom , en faisant connaître son auteur. Que personne ne cherche plus dès-lors à nous décrier, et ne pense autre clio^e de nous que ce qui est : il n'est pas permis de mentir sur le tait de sa religion. £n disant que 1 on adore ce que 1 on n'adore pas en effet , on renie le véritable objet de sou culte ; on abjure sa religion, en transportant à un autre les honneurs divins. Oui , nous le confessons , nous Je proclamons à la feice du monde, jusqu^aa miliea de vos tortures , mis en lambeaux, couverts de notre sang, nous

confessons hautement .que nous adorons Dieu par le Christ. €r6yez-le un homnie» si vous voulez ! c'est par lui, c'^t en loi que Dieu veut être connu èt adoré.

Je répondrai aux Jm&, que c'est par le ministère d'un homme ^ deMdise, qoL*iisont appris eux-mèmesà connaître Dieu. - Je répcmdrai aux Grecs , qu'Orphée dans la Thraoe , Musée à Athènes, Mélampe à Argos, Trophonius dans la Béotie, avaient leurs initiations et leurs mystères. Faut-il arriver jusqu'à vous, 6 maîtres du monde? Numa, qui n était qu'un liomme, plia les Romains au joug des plus gênantes superstitions. Ne sera-t-il pas permis au Christ de révéler le secret de la divine essence qui- lui est propre? Ne lui sera-t-il pas/permîs, je ne dis pas de chercher avec Numa k dompter-, à humaniser un peuple ' grossier et feroiiche» en frappant ses aens par le spectacle d^nne multitude de divioités qu'il fallait apaiser, -mais de donner à des nations civilisées sans doute , que dis - je ? trompées par leur urhanité même , des yeux pour entrevoir la vérité ? Examinez donc si le Christ est vraiment Dieu , et si sa relif^ion conduit à la rélornie des mœurs et à la pratique du bien quiconque Tembrasse. Il s'ensuit que tout* autre religiou qui lui est upposée est Êiusse , particulièreniedt celle qui^ se dachant sous des noms et des simula^ères de morts , n'offre pour garantie do sa divinité que de vains symboles , que de préteudtis prodiges et de ridicules oracles.

XXII. Nous reconnaissons des substances spirituelles, et leur nom lui-même n'est pas nouveau. Les philosophes savent qu'il y a des démons : Socrate n'attendait-il pas la réponse de son démon familier? Et pourquoi pas ? Ne * s était-il pas attaché à lui dès son enfance? et certes, ce ' n était pas pour le porter au bien. Les poètes savent également qu'il .y a des démons. La multitude la plus iguo* lante mêle ce lïom dans seis jurements et ses imprécations; c'est comme avec lé sentiment d'une conviction intime qu'elle prononce' par modo d'esécration. le nom de Sutan,.

chef d'une race perverse. Platon reconnaît aussi des anges. Eeoutons les magiciens i Ils nous apprennent qui! existe des démons et des an^es. Mais comment de quelques anges qui se sont volontairement pervertis, est venue la race pUis perverse encore des démons réprouvée par Dieu, avec leurs auteurs et leur prince, c^est ce qu*il faut voir . en détail dans ies livres saints.

H sulfira de parler de leurs opérations, dont le but unique est la ruine de Thomme. Dès le berceau du monde, leur malice s'est signalée par sa perte. Ils causent au corps des maladies et de funestes accidents, et à Tame des émotions subites, désordonnées , par la violence de leur sur- [»'ise. La subtilité de ces esprits, qui échappe à nas sens, les rend propres à agir ainsi sur notre double substance. Dés forces. purement spirituelles Pestent invisibles, impalpables; quand elles agissient , on ne les reconnaît qu% leurs effets, soit^ par exemple, que le poison secret d'un soufHe meururier fasse tomber lé fruit dans sa âeur, Tétouffe dans son germe, ou le blesse dans sa naissance ; soit que l'air vicié dans ses principes exhale des miasmes pestilentiels. C'est par dos ressorts aussi cachés quo l'influence maligne des anges et des démons remue, corrompt les ames, les jette dans des accès de fureur et de démence , leur souille d'iniàmcs passions, les offusque par mille erreurs, dont la plus grave est celle qui &it preqdre à Thomme, ainsi trom])é et circonveDii, ces démons pour des dieux, au point d'oârir coinme alîmeiifs à leurs simulacres et à leurs images, Todeur des sacrifices et des parÀims. Hais est-il pour eux u» jftas grand bonheur que d^éloigner l'homme du vrai Dieu par leurs prestiges et leurs oracles mensongers? Gomment s'y prennent-ils? Je vais vous le dire. Tout esprit a la vitesse d'un oiseau -, tels sont les auf^es et les démons ; ils se transportent di>nc |>artout en un moment y toute la terre n'est pour eux qu'un seul et même lieu, il leur . est aussi facile de savoir ce qui arrivC'qnelque'part que de le publier. Leur vélocité,

parce que leur nature est iaGOiinrue, les &it pa^r pour des dieux- : ib Teu^eut paraître Içs auteurs de ce qu'ils annonoent; ils le sont quelquefois du mal; du bien, j^mais. Ils ont m^me appris les desseins de Bien, autrefois

par la voix des prophètes, aujourd'hui par leurs écrits qui retenlisseDt encore. C'est ainsi qu'en dérobant à la divinité quelques-uns de ses secrets, ils sont parvenus à la contrefaire. Quant à leurs oracles , sous combien d'ambiguïtés ils les enveloppent ! avec quelle adresse ils les plient à Févénement, quel qu'il $oit! Crésus et Pyrrhus peurent ^^fuus en parler savamment. Si la prétresse sut à Delphes que Crésus disait cuire une tortue ayec de la chair d'agoeau, c'est qu'en un clin d'œil le dieu s'était transporté en Lydie. Répandus dans Tair. portés sur les nues, voisins des astres, il leur est fapile de prédire les eliaiiîjements de temps, la pluie, par exemple, que déjà ils sentent. Vantez leur secours dans la guérison des maladies , je vous le conseille, lis commencent par vous les donner \ ils prescrivent ensuite des remèdes inouis ou contraires. On croit qu'ils ont guéri le mal, ils ont simplement cessé d'en faire. A quoi hon cit^r après cela les impostures et les prestiges à& ces écrits trompeurs, ces 'fantômes sous la figure de Castor et de Péllux, Teau qu'une.Yestale por^ cbips un crible, le vaisseau qti*ùne autre tire avec sa ceinture^ cette barbe qui devient rousse sous la main qui la touche ? lit pourquoi tous ces prodiges i^ afin qu'on adore des pierres et qq'on ne s'ocpupc plus du vrai Dieu.

XXUI. Or, si les magiciens font paraître des fantômes, s'ils évoquent les âmes des morts , s'ils font rendre des miracles a des enfants;, si» habiles charlatans, ils imitent les miracles, s'ils savent même envoyer des songes à la laveur des anges «t des démons qu^Is ont invoqué et qui leur confient leurs pouvoirs » et pâr lesquels d^ehè* vres, des tables devinent Tavenir, à plus forte raison ce» puissances séductrices feront-elles par elles -meoies et

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pour elles ce quelles opèrent pour des intérêts étran-' gers. 'Mais si vos dieux ne faisaient rien de plus qué les anges et les dénions, que deviendrait la prééminence^ la supériorité qui caractérisé essentieilenient la nature divine? Quand fis font des^prodiges.pour établir la croyance . des dieux , nW-il pas plus probable qu'ils aiment mieux se faire dieux que de se donner simplement pour anges ou démons? Ou bien, tonte la tliflërencc viendrait-elle des lieux ? Ceux que vous pioclaniez dit ux dans vus temples, cesscraien(-ils de I èn e partout aiiienrs ? Dites alors que ceux qui courent sur les tours des temples ne sont pas fous comme ceux qui courent sur les toits de leurs voisins; ceux qui se. mutilent ^ comme ceux qui se cou^ pent la gorge* Des extravagances qui se ressemblent partent du môme principe* Mais jusqu'ici cc ne sont que des perdes* Voici la démonstration par le fait, que les dieux et les démons sont absolument- les mêmes.

Oue l'on appelle devant vos tribunaux un homme connu pour être possédé du démon , un Chrétien , quel qu il soit, n*imjx)rie, commandera à l'esprit impur de parler: aussitôt il confessera qu'il est vériiahh ment démon , et qu'ailleurs il se dit faussement dieu. Amenez également quelqu'un de ceux qu'on croit agités par un dieu , qui y ià boucbe béante sur Tautel , hument la divinité avec la vapeur 9 -parlent avec de violents effTorls» et tt*envoient de leur |X)itrine baletanté que des mots entrecoupés. Si cette vierge Célestis, déesse de la pluie, si Esculape, i inventeur de la^ Médecine, qui a rendu la vie à Socordius, Thanalius et Asclépiodote , destinés à la perdre une seconde fois ; si Célestis et Esculape, n'osant mentir à un Chrétien, ne contessent pas qu'ils sont des démons, répandez sur le lieu même le sang de ce téméraire Chrétien. Quoi dfi pins clair qu'un pareil témoignage et de plus 'sûr qu^une pareille preuve ? Voilà ^la vérité elle-même avec sa simplicité , iavec son énergie. Que pourries-vQUS soupçonner? de la magie, ou de Timpos-*

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tnre ? Vos yeux et vos oreilles vous confondraient. Qu'a- ▼e^vous donc à opposer à l'évidence toute nue et sans art?

Si Y06 dieux le sont véritablement, pourquoi s'accusentils fanssèoientde n'être <|iiedesdéiDons?£st>€e par déférence pour, nous ? YaB dieux sont donc soumis aux Chrétiens. Et quelle diWnité qu une dirinité asservie à rhomine^ et ce qu*il y a de plus huiniliaDt encore, à son antagonbte ! D'une autre pavt, s'ils sont anges ou démons, pourquoi réjxjiident-ils ailleurs qu'ils possèdent les attributs divins ? En efiTet, de même que ceux qui pas.^ent pour dieux, s'ils Tétaient réellement, ne se diraic nt jxis des démons, de peur de se dégrader pnv cet aven , ainsi ceux que vous connaissez à coup sûr pour des dciuons, n'oseraient pas se dire dieux, s'il existait vraiment des dieux dont ils viendraient prendre le nom. Se hasarderaient~ils à pro- &ner la redoutable majesté de leurs maîtres 1* Tant il est vrai 'qoe la divinité que^vous adorez n'existe point. Si elle existait , elle ne serait ni usuftpée par les démons, ni désavouée par les dieux. Les- uns et les autres s'aceérda'nt à vous prouver qn ils ue sont pas dieux, reconnaissez donc qu'ils sont tous des démons. Cherchez ailleurs la divinité î Les Chrétiens, après vous avoir convaincus de la faussc îé de vos dieux par vos dieux mêmes, vous découvrent par la même voie- quel e^t le vitii dieu, s'il est unique, s'il est celui que proclament les Chrétiens, s il faut croire en lui et l'adorer, comme notre foi et nos rites le prescrivent.

Que vos dienx vonsdisent maintenant quel est jpe Christ * avec sa fabuleuse hisloiTe; s'il n*est qu^un homme ordinaire-, si ses disciples ont enlevé son corps furtivement

du tombeau; s'il est eiirorc parmi les morts ; s'il n'est pas plutôt dans le ciel ; s il ne doit pa.^ en descendre sur les ruines du monde, au milieu des frémissemenis cl des lamentations de toutes les créatures , les Cin étiens seuls exceptés ; s'il ne doit pas en descendre avec la majesté de celai qui est la puissance et l'esprit de Dieu, son Verbe,

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