mïtXLl£N
sa sagesse, sa raison , son Fib. Qu'ils insttkeiit avec vous
à nos mystères ! qaiift- nient que J^Stas-CShnst après la résurrection générale jugera tous les hammes ! qu'ils viennent encore avec Platon et les poètes nous placer sur son tribunal un Minos, un Rhadamante ! que du moins ils essaient d'effacer l'ignominie de leur condamnation ! qu'ils nous déaM^ntrent clairement qu'ils ne sont pas dea esprits immondes » quand tout les en aocuse, et le sang dont ils se repaissent ^ et les sacrifices dégoûcanis qu'on leur o0re^ et toutes les inÊimies de lenn préùres ! qulls s inscrivent en feux contre • la senleneb déjà pronoocée contre leur perversité, etqui au jotursupréâié 8*élendra à leurs adorateurs et îi leurs ministres !
L empire que nous exerçons sur les démons nous vient du nom de Jésus-Christ et de la pensée des châtiments qu'ils savent que Dieu doit leiir iiifllf^cr par le Christ. Craignant le Christ en Dieu et Dieu dans ie Christ, ils sont soumis aux serviteurs de Dieu et du ChrisL Aussi , au moindre eontuct de nos mains , au moindre souffle .de notre bouche, effi^yés par la pensée et par l'image fin feu éternel, vous les voyez pleins de terreur sprtir à regret des corps, lorsque, nous .le commandons, et hiuglr'd^uDe humiliation snbie en votre présence. Vous les croyes quand lis meptent ; croyez-les donc aussi quand ils disent la vérité contre eux-mêmes. On ment bien par vanité, mais pour se déshonorer, jamais. Aussi inclinons -nous bien plusàci*oire ceux qui font des aveux à leur préjudice^ qœ ceux qui nient pour leur propre intérêt. L<es témoi* gnages de vos divinités fonf beaucoup de Chrétiens, parce qu'on ne peut les croire sans croire au Clirtst^ Oui i ils enflamment la fet à ncis saints livres, ils élèvent et afifer^ missen^ notre espçrance* Ydus leur offres en. sacrifice le aang des Chrétiens : voudraient41s perdre de n sél^ de si utiles adorateurs ? S'il leur était permis de mentir quand 1 un tic nous les interroge en votre présence, pour kur arracher ia vérité, s'expo^aient-ils, en vous ren-
imiULLUW; 51
dhnt CSknûmB^ à ss^wt-ilpiifanSBt jour par toémAims ? i )UIV. Qmmi wifim «nfewnitr ^Hk ne k
pas y qu'il n'y a d'autre dieu que le Dteu des Chré» tiens, en faut>il davantage pour nous jusufier de 1 accusatÎDQ d'avoir outrage la rciigioD romaine ? Car, s'il est œrtatD qu'ils ne sont piis dieux , il est par là même prouvé ^le «e D est pas une religion ^ et si votre religion et vos ii/CKOL Bmt dje» chimères, commeol pouvoot^nausétre et»» fMm myers la reKgioD.? Vaye agatsarion retombe. snr ymn aeulaiiiiî» en adorait le nentoiige, en mépriant^. que dis'je?*^ ^xanbàttaDl lamie^reUgiaii du yrsà dieu, .ilMÉipnf TOtre léle du iràie trop réel d'Iitéligioiiai * :> Et quand il serait avéré que oe aoiit dia^dièto^ ne oon-^ venez-vQus pas, d'après Topinion générale, qu'il cxiiiLc un cire plus élevé, plus parfait, et comme le uiaiire de Tunivers, dans lequel réside la plénitude de la puissance et de la majesté ? Tel est le systèmeadopté par le plus grand iMmibre d entre vous au sujet de la divinité. L'autorité lOttVf^ine est dans les mains d'un seul ; mais il portage avec i^usieunies fiMictioiis de la divinité. Yoîlà poonquot Platon iKHM> vepfésente le grand iufâter dena le eielà b t^ d'Me aime^dUein et de démons. H laut» sek» mis, vénérer de lm-«iéme tous ces employé siiEsltefMi SL'S lieutenants. Mais, répondez-moi, quel crime commeton contre César, quand, jxjur mieux mériter ses faveurs, on concentre sur la personne de César ses hommages et ses es})érances ? Est -on coupable pour ne vouloir point donner à un autre la qualité de Oi^, de même que celle de César à un autre* prince? Ne serait-ce pas plutdt xm crime capital d'appeler ou de soufiHr qu'on-appeUe César
que op csitt kon César InÎHBêiiie? PcrînettegE à rnn iTadmr le vrai Dieu, à raotre Inpiter; à Vna de lever des atanis suppliantes vcn le cîel , à-raotre vers rautel de la foi ; à cehiî-& tle compter kes nuages en priant , connne vous lu dites, à celui-ci les panneaux d un lambris ; à l'un d'oârir à Dieu sa propre vie en sacrifice, à 1 autre
52 TERTUIXIÉN.
cdled'unixmc. Prenez gaide qûe'ce ne soit autoriser Tirréiigion que d'dter la Ubérlé de k reli|poo et le choix de k divinité, de ne pas me perenettre d*adorer qui je tMc, pour me'ccantAÛncfre d'adorer qui je ne veux pa». Où est le dieu qui aime les hommages forcés? Un homme lui^ même en \uudrait-il ?
Les Egyptiens se livrent sans scrupule et en toule liberté à i'extravaf^ance de leurs superstitions , inscrivent au rang des dieux les oiseaux et les bétes, et punissent de mort quiconque a tué un de ces dieux. Chaque province, chaque ville ai^dieâ particulier : dans la Syrie Astarté» dans TArabie Dysai^, dans k Norique fiélënus, dans l'Afrique Gélesds, dans k Mauritanie ses vois. Je crds n'aroir nomm^-que des provinces romaines» et cependant leurs dieux nesont pas les dieux des Romains. Ils sont tout aussi étrangers à Rome que ces dieux inconnus consacrés par les villes nîUni€i|)ales, Delventinus à Cubsin , YisidianusàNarni, Ancaria à Ascoli, Nursia à Vulsin, Valentia àOcriculum, Nortia à Sutrin , Curis à 1 alèse, Curis, qui a dcHiné sou nom à sa fille Junon. Tous les peuples ont leurs cultes divers ; à nous, à nous seuls on refuse k liberté de- conscience i Nou». ^outrageons les Romains^ nous cessons d*étre Romains , parée que^ notre Dieu n'est pas adoré des Romains* Toutefois, que vous le vouliez; ov non 9 notre Dieu est le Bieu de tous les hommes : l'univers lui appartient. Mais chez vous, il est libre d*adorer tout, hors le vrai Dieu, comme s'il n'étaii pas just,c que le dieu de qui nou^ dépendons luus, fût adoré de tous. '
XXV. La démonstration de la fausseté de vos dieux et de la vérité du notre me paraît complète. L'autorité de vos dieux est venue elle-mépic apposer le sceau' à révideuce et à la force du raisonnement. Mais, puisque j ai nommé les Romains, je ne refuserai point d'entrer en lice avec les .téméraires qui ulRrmeot que c'est en récompense de leur xèk inviokUe pour, leur religion , que lés Ro-
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mains «mf ëlev^ à ce baut point de gloire et domkiènt
sur le monde-, que, par conséqueat, une pr^ove sensible que leurs dieux sont véritables, c'est que leurs plus scrupuleux adorateurs sont aussi les peuples ks plus florissants.
Voilà donc le prix magniûque dont la reconnaissance deXM dieu a gratifié la çité qui les koDOre, C'est donc un Sterculus, c'est un Mutunus, c'est une Larentina (1), YQS dieux originaires, qui çea élevé Tempire à 00 fiâte de prospérité ? Car, pour les dieux édrangers, je n^imagtne pQS.qu% aient protégé les Romains aux dépens de leurs «ompatriotes, ni qu'ils aient abandonné k dies ennemis la terre où ils oui reçu le jour, où ils ont passé leur vie, où ils se sont signalés et où reposent leurs cendres.
Mais Gybèie chérit peut-être dans Rome le sang troyen, les descendants de ses compatriotes qu'elle défendit autrefois contre les Grecs. Elle a voulu passer chez leurs vendeurs, qu'elle prévoyait devoir mettre un jour sous le joug kssuperbes oonquéranfsde la Phrygie. Aussi a-t-elle donné sous nos yeux une preuve édafante de sa divinité, lorsque l'empereoi» lUn>Aufèle ayant été elilevé à la république près de Syrmiuni , le àisike des calendes <d^avril , le véné» rable chef des Galles mutilait ses bras le neuf des calendes du même mois, faisait avec: son propre sang d'inipiu es liba lions, et ordonnait les prières aceoulumécîs pour la santé de cet empereur; alors au rang des morts. 0 paresseux Qourriers ! 6 tarrlives dépêches , qui ont empêché Cybèle d'être plus tdt instruite de la mort de l'empereur î £n vérité , les Chrétiens riraient-bien à leur tour d'une pareille, divinité* >
' Jupiter tt-Nil pu vmr d'un oeil indifférent son ile de
(1^ StoToulu?!, tV\n\i du fumier. Mntunus était chez les Romains ce que Priape était chez les Grecî. î.arentinc, ou Laurentia , femme du berger Fausluie, «urnoiniiiée Lupa^ a cause de ses rnœurâ; d'an lupanar.
M. i'uhhé GOILLON.
Giète éfaraïklée jilaque dans ses fondemenlB par hs hàaH' ceaqx nmiaiiit? A-t'-U ainsi ioablié Tanfie dû moat Uav Faifam des CSorybuiteSy et les doiK parfums de sa nour^ rice ? Son tombeau ne lui est-il^ pas plus chér que le Gapi-
tole ? Et n'est-ce pas à la terre qui couvrait ses cendres qu'il devait accorder 1 empire du monde?
Junon aurait-elle souffert que Garthage fût renversée par la race d'Ëaée; Gartbage dont la déesse» pour parler aveclepoètey
Au séjoar de Samoa préféra la beauté :
C'est là qu'étaient son glaive et son c\\nr redouté* ■ ' Si dans ses Iqd^s etiorls le Destin la seconde^ ^ Ces orgueilleux remparts règueront sur le uu^da*
Epouse et sœur infortunée de Jupiter» elle pe pouvail rien eonlre les destins ;
Car Japitor luUnéin^ A leur joug eit «oomis.
Les destins ont donc livré Garthage aux Romains, en dépîf des vœux et des eÙurts de Jiinon ; et cependant jamais les Romains ne leur ont rendu autant d'iiouueursqu'à Lareutuiat la plus infâme 4^ prostituées.
Il içst constant que plusieurs de vos dieux ont régné». Or, sî œ sont eux «pii aujenrd'kui distribnénl les vc^amnes» de qui tenaient^ils les leurs? Quelles ditinités l«piler. et Saturne adoraieol^tls? quelque Steroulos» apparemment? Mais Sc^ronlus et ses compatriotes n'eurent des autels à Rome que long-temps après. Quant i\ ceux de vos dieux qui n'ont pas régné, il est certain que de leur temps il y avait de,s rois qui ne leur rendaient point de cuite, puisque ces divinités n'existaient pas encore. Il y avait des princes long-temps avant vos dieux : il Sàni doue cberpl^er ailleurs les dispensateurs des ooiironues.
Biais que c*est avec peu de fondement que Ton attribue
TEBTOLLIBU. 55
aux dieux la g^ndeur de Rome comme prix des hommages qu ib en ont reçus, puisque sa grandeur a précédé œs iiomttiage8»l Et quaUpie Numa ait enfanté toutes vos superstitions, néanmoÎDs vous o'aviee de sou temps ni statues ai temples; la religion était frugale, les cérémonies éléieiit pauinres; alors, pas de Capilole rirai de TOlympe ; quelques aulélsde gazon dressés à la Mte, des vases d'argile, une iumce légère, de dieu nulle pan : le ciseau des Grecs et le génie toscan n'avaient pas encore inonde Rome de statues. En un mot, les Komains n*étaient pas religieux avant d être grands; ils ne sont donc pas grands parce.qu ils ont été religieux. Eh ! comment ces magni-' figues prospérités les auraieut^ils dues à lemr reRgiou^, puisqu'elles sont Touvrage du sacrlli^ ? '
Sn effet, toutrojaume, tout empire, si je ne me trompe, s'établit par la guérre, s agrandit par la yictoire. Mus la ^en^et la Tietoire traînent nécessairement après elles le sac et la ruine des cités. Les cités ne croulent pas sans que les dieux en soiiffrent ^ les remparts et les temples s'abîment dans ICvS mèiiiLS décombres-, le sang du prêtre coule avec le sang du citoyen 5 les mêmes mains enlèvent l'or sacré. et Tor profane. Ainsi, autant de trophées pour les. RomaiDS, autant de sacrilèges ) autant de victoires remportées sur les peuples^ autant de triomphes sur les dieux ; autant de dépouilles arrachées, à rennemi, autant de divinités captives dans vos temples. Et ces dieux vaincus consentent h reeevoir les hommages de leurs vainqueurs ! et ils donnent un empire sans Ix)i nes(l) à ceux dont ils ont à payer les outrages plutôt que les adoraiions î C'est qu'on outrage impunément comme on adore sans iruit des dieux muets et insensibles. Kt comment pourrait-on faire honneur à la religion de la grandeur des Romains, qui
(1) Attmion à cp vm :
impêtàm Unâfua ML
56 T£RTULLIEN.
l'ont ofTensée à mesure qu'ils se sont agrandis, ou même qui ne se sont agrandis qu'en l'offensant ? D'ailleurs tous ces peuples subjugués dont les royaumes. oui grossi le colosse romain , n'avaienMls pas aussi leurs rdigions ?
. XX Yl. Voyez donc si le dispensateur des couronnes ne • serait pas plutât cet itre souverain qui-tieia dans sa pal»- « sauce et-Ia terre et ceux qui gouvernent la- terre ;*sî celui qui a précédé les temps, qui a ordonné les' «èdes et Feucfaainement leurs révolutions, n*a pas réglé dans ses conseils la durée et les vicissitudes des empires -, si les cités ne s'élèvent et ne s'abaissent point au gré de celui qui dominait le genre bumain avant qu'il y eut des cités.
A quoi bon toutes ces impostures ? Kome sauvage est plus ancienne que quelques-uns de vos dieux. £lle régnait avant la pompe et la magnificence du Capîtole. Les Babyloniens régnaient avant vos pontifes, lesMcdes avant . vos quindécemyirS) les Egyptiens avant vins saliens, les Assyriens ^vant vos luperques» les Amazoness avant vos vestiedes. Et si c'étaient véritableasent, vos dieux qui dW^ posassent des royaumes, les Juifs, contempteurs de toutes ces divinités mensongères, n'auraient jamais eu d'empire. Vous avez vous-mêmes offert des victimes à leur dieu, à son temple des présents. Un jour, vous avez lionoré de votre alliance leur nation. Jamais vous ne l'auriez subjuguée, si elle n'eût commis un dernier ajltentat contre le Christ.
XXyU. Nous nous sommes suffisamment justifiés du crime d*avoir outragé vos dieux, en prouvant qu'ils ne sont rien, moins que des dieux< Aussi quand on nonscon-* voque à dUmjûes sacrifices , nous opposons le témoignage de notre conscience, qui nousapprend à qui se rapportent les hommages pruititué^ à de vains simulacres et à des hommes déifiés.
Quelle démence, s'écrient quelques-uns d'entre vous, d'aimer mieux perdre la vie par opiniâtreté, au lieu de la sauver en sacrifiant , sans répudier pour cela vos
TSRTULLIKN* 57
croyances ! C'est-à-dire que vous nous donnez le conseil de vous tromper I Hou» reconnai880&& sans. peine celui qui TOUS l*a suggéré, qui soulève le monde contre nous, et afin d'abattre notre constance ^ emploie aujourd'hui l'artifice qui séduit, d^ain la violence qui terrasse» L^artÎBaii -de ces manœuvres, c^est oet^esprit, ange et démon à la fois, qui, devenu notre ennemi par sa réprobation et «ivieuk des g^ces divines, s'introduit dans vos âmes, d'où il nous , feit la guerre, et vous pousse, par de secrètes instigations, à ces jjii^cments ini([ues, à ces cruautés barbares que j'ai attaquées au commencement de cette apologie.
£t quoique les démons nous soient soumis , pareils à de jnédbants esclaves^ mêlant parfois l'insolence à la peur, ils sont ravis de nuire à ceux qu'ils redoutent. la haine est fille de la peur« dondamnés sans eqiérance, knr .con!-» solatioD est le mal qu'ils opèrent én 'attendant que leur supplice, déjà commenoé, seconsomme. Ce qui n'empédie pas toutefois que, traînés en notre présence, ils ne ploient sous le joufj et ne rentrent dans leurs chaînes. De loin ils nous bravent : de près ils rampeul. Ainsi lorsque, sem* blables à des esclaves qui , brisant leurs fers , s'échappent de leurs cachots ou des mines qui les retiennent, ils s'élancent contre leurs maîtres avec d'autant plus de fureur qu'ils sentept l'inégalilé de leurs fiurees,. obligés alors de oomhat&re/oes vils ennemis* nous leur résistons avec une consi&noe égale à leur acslmnement, et nous n^en triomphons jami^is plos glorieusement que lorsque nous mourons avec intrépidité pQur la foi.
XXVill. Mais puisque, iurccr des liommes libres à s;icrifier, est une injustice criante, une TÎolence inouïe, attendu que la religion est un acte s{K>ntanc (1), quoi de plus extravagant que de vouloir contraindre un autre
(i) Ce membre Je phrase a un second sens également plausible. La voici : « f^vuatd dfailleais on let ?bll rémpUr avec, zèle d'aittrae deroh*
TSKmJLIKN..
bomme de rendre à la divinité des hommages que de lutmême il est assez intéressé à luî rendre ! N'a*t-il pas droit de TOUS répondre au nom de m liberté : a Je ne veux pas, « moi, des bonnes grâces de Jupiter^ DeqnoÎTOus mélez«^ « TOQ»? Que Jfantis a-irrite ! qu'il me moatre tel visage « qu'il voudra, qtte voite^ importe? « Cest pour oek que iftseqptits perven^vciuB ontjBuggéré.leoolueil de nous imposer des sacrifioes peur le salutdes empereurs* Vous tous croyez obligés de nous y contraindre. par la force \ et notis, la foi nous ordonne de vous offrir nos têtes.
Nous voilà donc arrivés au crime de lèse-majesté humaine : mais cette majesté est pour vous plus auguste que la inaje$té divine. Dans vos craintes respectueuses ou vos rusés ménagements , vous vénérez plus César sur son tndoe que Jupiter dans TOlympe* En vérité , voua fttei nûspa, s'il y a là intelligeiibe. Le dernier des vi«: wms. ne vauc-il pas mieux qu*w mort quel qu'il soit ? Mais tel n*est pas le motif qui vous guide. Vous oédea à la tenreiiir d'une majesté qui éWouît vos séns, «oupaUes la divinité, de lui préférer une puissance humaine. Aussi vous parjurerez- vous plutôt en jurant par luui» vos dieux, c|ue par le génie seul de César.
XXiX. Assurez -vous d'abord que ces dieux auxquels vous sacrifiez pour le salut des empereurs, ou de qui que ce soit , peuvent en eS&t les protéger ou les guérir. Si cela est , traitest-iHms eu ci'imiuels. Mais si ces esprits méchants , anges ou démons vSQQt capables d'opérer qôelque bien, si, après s*étre perdus enx*méni^ ^ ils ont la vertu de sauver ^ si des eondwaiaés peuvent absoudre si enfin des morts (vous saves ee qui en est ) garantissent les vivants , qu*ib commencent donc par défendre leurs statues, leurs images, leurs temples qui ne sauraient se piisiicr des gardes que leur donnent ies Césars? Et ces statues, ces temples, la matière n'en est-elle pas tirée des mines et des carrières de ^ Tempereur ? Leurs édifices sont-ils debout ^utren^nt que par la volonté de Tempereur ? Plusieurs dieux ont éprouvé
M'cc^ère y d^aafres se aont ressenti* de sa ntiuifieeiloe et dir ses libértilitfa. Je le demande , teâx qm aônt au pouteîr dé Peaqperenr, qui n'eusieiitque par lei» comment seroulHilà les arbitres de sa deadnée? oomitiefit leur détra-t-4) saison*
servation , taadis qu'eux-mêmes ils lui sont redevabieij de la leur ?
Voilà donc pourquoi nous, sommes criminels de lèse-" majesté, parce que nous n'abaissons pns les empereurs au-dessous de la pierre ou du métal qui leur appartient , parce que bous ne nous jouons pas du salut des emperéuril é& ie piaçaiM dana des mains de plomb. Vous, au contraire^ vous Yous^montreE religieux à leur égard enî te ekerdmiit ofa il,n*esi p», ea-le demandant à êtres impuissaiits à raccorder , (duldt qtt*ai| seul être qui le tient en sa puis^ sance , en faisant une guerre bamre Aux Chrétiens qui seuls savent comment il (iiut le demander , qui seuls , par conséquent , peuvent l'obtenir.
XXX. Nous, Chrétiens, nous invoquons jxd or le salut des empereurs un Dieu éternel, un Dieu véritable, un Dieu vivant , un Dieu dont les empereurs eux - mêmes doivent redouter la colère plu» que celle de toiia les dieux réanis. Peuvent-ils ignorer de qui ils tiennent l'empire , eMbmeftt ils sont entres dans le'moiide ^ qui leur « <lonné k vie ? Ib senleiit bien qu'il n'y a pas a*aatre Dieu que' loi , qu'ils dépendent de lui seul , placés an secbnd rang 9 les premiers après lui , avant et par-dessus tous les dieux. * En effet, supérieurs à tous les hommes vivants, comment ' ne seraient-ils pas au-dessus de tous les morts? Ils connaissent les bornes de leur pouvoir ; ils comprennent qu ils ne peuvent riea.coutre celui par lequel ils peuvent tout. Qu'il déclare In guerre au ciel cet empereur en démence ^ qu'il le tndne captif à son char de triomphe , qu^il mette garni'* aûn dans le ciel, qu^l rende le ciel trilKitaire! Rèrerie extravagante I it n'est grand qu'autant qu'il reoonnAk son maître dans le Hieu du ciel. Il appartient, lui aussi ^ au Dieu de qui relèvent le ciel et toutes les créatures. C*e«t
eo T£RTUI£I£N.
par lui qii il est crapereur ; par lui , qu'avant d être empereur, il est homme. Il lient sa couronne du Dieu dont il tient la vie. Les yeux levés au ciel ^ les atains étendues, parce quelles sont . pures ^ k-téte nuc« parce que nous n'avons à rougir de rien ^ sans ministre qui nous ens^gne des formules de prières,* parce que chei^ nous cW le ocsar qui pi^ie , nous demandons pour le^ empereurs , quels qa*ils soient, une longue. Vie, un règne tranquille^, la sûreté dans leurd palau , la valeur dans les armées , la fidélité dans le sénat , la vertu dans le peuple , la paix dans tout ic monde : enfin tout ce qu'un liomme, tout .ce qu un empereur peut ambitionner.
Vœux magiiifi(jues î... Je ne puis les adresser qu'à celui qui .a le pouvoir de m'exaucer, parce qu'il est l'unique dispensateur des grâces , . parce que je suis le seuLqut aie le droit de les obtenir, comme son serviteur, comme son adorateur, prêt à être immolé pour sa loi. Je lui offî^ la plus pileuse victime qu^l m*a demandée luHnéme , la prière partie d*iine ame innocente., d'une chair pudique , inspirée par TËsprît saint. Loin de ses auttels quelques grains d un vil eneens, les parfums de l'Arabie, quelques gouttes de vin , le sang d'un bœul languissant qui appelle Ja i^ort : mais, mille fois plus que toutes ces souillures, loin de ses autels une conscience infecte! Une merveille qui m'étonne toujours , c'est que parmi vous les prêtres les plus corrompus choisissent les victimes les plus pures, et que Ion examine plutôt les entrailles des animaux que le cœur des sacrificateurs* Tandis que nous épanchons ainsi notre ame' dievant Dieu , déchireE-noiis si vous lie trouves' bon , aveo des ongles de fei', atiachez*nous4i des croix , que vos flam** mes nous caressent de leurs langues dévorantes , que vos poignards se plongent dans notre gorge , que vos bétes féroces Lontlissent sur nous, la seule attitude du Chrétien en prière vous témoigne qu'il est prêt è tout souffrir ! Courage donc , zélés magislrafs î arrachez à cet homme une ame qui invoque son Dieu pour le salut de l'empe-
reurl... La Tériléy le dévoàeiKient'à J>ieli , Yoilà donc nos cnmes!
XXXI. •^liEKi»pea^ét^e qn'adroîcs flatteurs , nous nous fetrancbons derrière des tobox hypocrites, podr iéchapper au supplice par Timposture. — En vérité, c*est la un artifice qui nous réussit à merveille. Sans doute , vous croyez et vous nous laissez prouver tout ce que nous voulons ! Si cependant vous vous persuadiez que peu nous importe la vie des empereurs , ouvrez nos livres ! ils sont la parole de Dien ; nous ne les cachons à personne ; différentes ciroônfltBBces les ont fait passer dans des mains étrangères. Tous y apprendra qu'il nous est enjoint , par un excès de charité 9 de prier pour nos eiineinis , de soul^îter du bien k DOS persécuteurs. Or , quels sont les plus grands ennemis» les plus acharnés persécuteurs des Chrétiens , sinon <%\ix» là mêmes dont on les accuse d'offenser la majesté? II y a plus , vous y trouverez cette loi formelle , explicite : « Priez ' )) pour les rois, pour les princes , pour K s puissances de la n terre, afin que vous jouissiez d'une paix parfaite (1). » £u effet, que Tempire s'ébranle, tou$ ses membres s'ébranlent avec lui ; et nous-mêmes, bien que la multitude nous regarde comme des étrangers , nous nous Mutons nécessairemenr enveloppés dans ses 'désastres.^ ' .
XXXIi: DVdlleurs , une raison non moins décisive nous lait une fei de {irier poiu* le salut des'«mperfaurs et pour les prospérités de Rome. Ignoron^nbuS que la dernière catastrophe qui menace Ti'nivcrs , la clôture suprême du temps avec toutes les calamités qu'ellé amènera , n'est suspendue que par le cours de l'empire romain? De-' maDder à Dieu d'ajourner ce lamentable événement, c'est lui demander la prolongation l'empire. Si nous ne jurons point par le génie des Césars, nous jurons par leur vie, plus auguste que tous les génies qui né sont que des démons, lions respectons dans les empereurs les conseils
(i) Uom. xin. — 1 Timotli. it«
%% TBRTUIUSN.
de la Providence qui les a établis chefs des nations. Ilg n ont de pouvoir , nous le savons, que celui que Pieu leur a rransmis. Nous iui demandons la conflC^rratilMi d^uii être qu'il a lui-même touIu : et t'est Jà pour nous un grand serment Quant aux génies, noi^ les conjurons pour les chasser des coirps qu il^ obsèdeiit. Mak nous préservé le
ciel de jurer par eux., et de leur déférer ainsi un honneur qui n'appartient qu*au Dieu Téritable !
XXXni. Hais pourquoi parler davantage du religieux
sentiment et de la piélc chréfienue qui nous lie à rempe-
• leurr Pourrions-nous y manquer envers lelu de notre
Dieu? A ce titre, je le dirai hardiment ; César est à nous
plus qu a personne , puisque c'est notre Dieii qui Ta éiabli
ce qu'il est. Je suis donc à mégie p(us qu'un autre deeen-
tribuer à sa conservation , nourseulement. parce que je la '
demande à celui qui pent raccorder» et que je suis dans les
oonditîons nécessaires pour robtenir^ laais encore parce
^ «n al^âissint la majesté impériale au-dessous de Dieu ,
mais dOr Dieu seul , j'intéresse bien plus sûrement en sa
faTëur le Dieu auquel je soumets César. Je le fais sujet de
Dieu; mais son égal, non. Je ne lappelerai point Dieu,
et parce que je ne sais pas mentir, et parce qu'il ne me
vient point à l esprit de rinsiilter, et parce que lui*mdme
ne voudrait pas s'entendre appeler dieu. Homme, il ne
peut que gagner à s abaisser devant Dieu^ C'est bien asses
pour lui de porter le titre d'empereur , titre apgbste qui
kii vient d'en bjiut. L appeler dieu, c'est lui dénier sa
Clité de César : il ne peut être empereur sans être un nne. lors même qu'il s'avance envisonnc de gloire sur le cbar triomphal , on a soin de l'avenir qu il est mortel. Derrière lui est placé un héraut qui lui crie : Ref^arde derrière loi , et souviens-foi que tu es homme. Rien de si flatteur, de si propre à lui donner une haute idée de sa pompe éblouissante, que Tindispensahle précaution dç hii rappeler la fragilité de son être. Appelez - le dieu , il descend , parce qu'il a la conscience du mensongjs^ z mais
jqu% est mille, fois plus ^nd , quand on TiiYQrcH ^6 oe pas se croire lui dieii!
XXXI V. Auguste , le fondateur de votre empire , ne permettait morne qu on le nommât seigneur : c'est le privilège de la divinité. Je consentirais cependant à lui déférer ce titre, pourvu que ce ne soit pas dans le même liens que je le donne à Dieu. Je ne suis point Tesclave de César. Mon unique seigneur, c^est le Dieu tout-puissant, le Dieu éternel , le maître de César, conme le lïikii. J)*aill€ors , U cet le père de k patrie ; «qmtneot en serait le aeigoeur ? On noin qui respire la bonté et ranovr n'eslil pas préférable à un nom qui ne rappelle qae des idées de puissance? Voyez les chefs de famille I ils en sont appelée les pères plutôt que les seigneurs. Le nom de dieu convient bien moins encore à Tempereur. Ce n'est qu'à la plus honteuse comme à la plus funeste flatterie qu'il appartient de le lui décerner. Tandis que vous avez un empereur, irea- V0U8 saluer de ee titre quelqu'un de ses sujets? Par oe sanglànt et impardonnable outrage, n^attireriez-irous pas Ja yepgeance de Teinpel^p sur votre téte, peut-être* même sur la féte de ee^uî que Voua aurlese honoré de ce nom? CSommencea par respecter la divinité, si vous vonlea aménager à Teniperenr sa proteedouvl Gesses d*appeler dieu celui qui ne peui se passer de Dieu ! Si cette basse et sacrilège adulation ne rougit pas de son iriiposlure, qu'elle redoute les sinistres présages : c*est conspirer cc^ntre la vie de César que de le consacrer dieu avant son apothéose,
XXXV. 1^ Chrétiens sont donc les ennemis de TÉlaily parce qu'ils ne rendent point à Temporieur de^ honneurs illusoires , lAaisongei^ , sacrilèges *, parce que , disciples de la religion vériuible $ jls célèbrent les jours de fêtes de rempereur par une joie tout intérieure, et non par la débauche. Grande preuve de zèle , en effet , que d*ailuiner des feux et de dresser des tables dans les rues , d'étaler des festins par les places publiques , de transformer Rome en vaste taverne, de faire couler de& ruisseaux de vin , de
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courir çà et là ea bandes'tttmultiieuses, llosolte à la bouche , Timpudence sur le front , la luxure dans le regard ! , La joie publique ne se roanifeste-t-ellè que par la bonté
publique ? Ce qui viole les bienséances tout autre jour , deviendra-t-il lé^jitime aux fêtes de l'empereur? Ces mêmes lois, qu'en d'autres temps on observe paf respect pour César , faudra-t-il les fouler aux pieds pour i buuorer aujourd'hui La licence et le dérèglement s appelleront-ils piété ? De scandaleuses orgies passeront-elles pour une féle religieuse? Ob 1 que nous méritons bien fa mort » d'acquitter les Yflens pour lies empereurs, et de participer à Tallégresse générale sans novs départir de la sobriété , de la cbastet^, de la modestie! Quel crime, dans un jour consacré au plaisir , de ne pas ombrager nos portes de lauriers, de ne pas allumer des flambeaux en plein midi! La joie populaire a sanctibc le désordre : liea de plus honnête alors que de décorer sa maison de toutes les apparences d'un lieu de proslitutiuu nouvellrriu rit ouvert.
11 est à propos maintenant de mettre à nu la sincérité de VOS démonstrations pour la seconde majesté, . qui £çmmis-^ sent prétexte contre nous à une seconde calomnie. Vous accusea les chrétiens de sacrilège lordiqu'ils refusent , par respect pour la bienséance, pour la'modestîé et la pudeur, de célébrer avec youâ les fêtes des Césars ? Examinons de quel coté se 'trouVênt la francbise et la vérité. Il se pourrait t|iie ceux qui nous refusent le nom de Romains et nous déclarent ennemis des empereurs, fussent plus criminels que- nous. J'ititerroî^e donc les liomains eux-mêmes; je demande à cette immense multitude qui s agite sur les sept collines , si jamais sa langue , toute romaine qu'elle est , épargna aucun de ses empefeurs. Tibre , réponds-moi ! parlez, écoles de gladiateurs! Srla nature n'avait recouvert les cœurs que d*une matière transparente , pas un seul dans lequel on ne surprît, comme dins un miroir^ à QÔté des Tceux secrets qu'ils nourrissent , les images tUbjours nouvelles do àouveanx Césars, pour en obtenir les largesses
et les distributions acooutninées. Oui , voilà ce qui occupe les Bomains , à Theivre même oh ils crient :
O ! pnndi riir MM joaiâ paiir«joiit«r «as sIbuiI'
Un Chrétien ne connah fgs ptùs oe langage qu'il ne sait soiÀnitei^utt nouyel empenems
Le peuple , dites-vous , iest toujours peuple. — • Soit. Mais cependant ce soni-là des Romains : nous n'avons pas d'ennemis plus acharnés. Mais peut-étré que les autres ordres de rÉtat , selon le rang qu'Us y orcupcnt , ont montré une plus religieuse fidélité. Rien d hostile dans le sénat, ni parmi k$ chevaliers : dans ies-camps, à la cour, pas Toiiibre a une conspiration. D'où venaienl donc un Cassius,- un lîiçer, un Àlhînus? Venaient ceux qui assassinent Câàr, caebës entre deux Ixwquets de laiprier? ceiix qui s*eieipent 4an8 les^ §ynaases pour étrangler habitenietit leurs maîtres; ceux qui lorcent le palais h main armée , plus audacieux que les Sigerios et les Parthenius ? D'où ils venaient ! Ils étaient Romains, si je ne me trompe; c'està-dire que ce n étaient pas des Chrétiens. Tous , lorsque déjà couvait leur rébellion prête à éclater , sacrifiaient pour le saittt de l'empereur , juraient par son génie, simulaient phis ou moins la fidélité 9 et surtout ne manquaient pas d'appeler les Chrétiens des enhemiii publics. Les compUoes on ie& partisans des dernières feotions qti*on dé- CMvre tous les jours » iiaisérsides' restes échappés après la ■loîssoi» de 4eur8 parricides diefs, n*omaient-ils pas leurs portes de guirlandes? Y en avait-il d'assez fraîches , d'assez touffues pour eux? Quels vestibules brillaient avec plus de pompe sous le.feu de^ illuminations? Ne couvraient-ils pas la place publique de la ma^i^nificenee de leurs tables? Était-ce pour prendre leur part de la joie générale ? Loin d'eux ce projet 1 Ils murmuraient , des vœux coupables à Tombre d%ne solennité étrangère ; et , substituant un Bourean prince à un- prince dont ils tramaient la chute » T. vu. 6