‹ Les pères de l'égliseChapitre 36 sur 44 · UVRE PREMIER · texte numérisé non relu

UVRE PREMIER

J*at pensé qu'il toh à fNTopos, eoî^Mijpie faien-aim^ dans le «erfioe de Hotre^âigDeiiry de tous tracer dès ce moment les règles que ^ous aurez à suivre après mou départ de ce monde,, si je suis rappelé avant vous, et de les confier àTOtre bonne afin que vous ayec à les observer. En effet, lorsqu'il s'agit intérêts de k terre, notre prévoyance n*est jamais en défaut, et nous avons des lesta- ^ roents pour assurer à l'un ou à Tautre nos succession* temporelles. Pourquoi ne nous occuperions-nous pas plutôt des intérêts spirituels de notre postérité, en lui léguant d'avance, outre i héritage de nos vertus, nos avertissements et nos exhortations sur oe qui peut lui procurer les biens impérissables et le royaume des cîeux ? Fasse le Dieu « auquel appartiennent l'honneur, la gloire, la louange» « la puissance et la dignité, aujourd'hui et dans tous les « sièeles des sièdes, » que vous puissies recueillir dans son intégrité le dépîk de mes avertissements et de ma foi!

I. Je commence par vous recommander de renoncer à de secondes noces, une fois que je i^e serai plus, autmt du moins que le pourra votre continence. Et ne croyez pas qu'il m'en revienne quelque avantage j c'est pour vous

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seulement que je vous le demande. Vous le savez : la résurrection ne promet pas aux Chrétiens, après leur sortie du siècle, la reuiHon des époux, puisqu ils seront iransformés en la substance ansfélique et en auront la pureté. Par consé(|uent aucune de ces jalouses solliciiiuK ,s qu'éveille la concupiscence de la chair, ne réclamera au jour de la résurrection la femme de rËvangile, qui épousa sept maris; aucun d'eux ne l'attend pour lui adresser des re* proches. La dilHculté des Sadducéens s'est évanouie devant la réponse du Sauveur. Ainsi, que je vous conseille la viduité pour me réserver Fintégrité de votre chair, et que ma jalousie redoute un afiront, ne le pensez pas. Alors il ne sera plus questbn enti^ omis hoifl^x plaisirs. Dieu promettrait-il à ses élus des voluptés si frivoles et si impures ? Maïs puisque ces avertissements peuvent vous profiler, à vous ou à toute femme qui appartient au Seigneur, permettez-moi de les développer.

If. Nous sommes loinde le contester. L'union de Vhommc et de la femme a été bénie par Dieu, comme la pépinière du ^onre humain, imaginée et permise pour peupler Funi* vers et remplir le siècle, pourvu toutefois qu'elle demeure iinique. Adam était le seul mari d'Eve ^ Eve fut la seule femme d'Adam, parce que Dieu Tavait seule ârée de sa èôte. Sans doute les anciens et les patriarches eux-mêmes é{)ousaient plusieurs femmes et avaient en outre des con- 6ubines. Mais sans répondre ici que h synagogue était la fi^pire de réélise, et. nous bornant k une interprétation piQs simpfe, il fui li'écessaire dTétàblir bien des choses qui devaient être retranchées ou réformées dans la suite des temps j car la lot mMl^ue était attendue : il fallait marchera son accomplissement à travers les oiiibres et les imperfections. A la loi mosaïque devait succéder le Verbe de Diéu, qui introduirait la circoncision spirituelle. Ce n'étaient donc là que des institutions provisoires, autorisées nlôrs par la condesccrtdancc de Dieu - mais qui, appelant une réforme postérieure^ ont été retranchées comme su-

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perflues ou coordonnées entre elles, soit [>ar le Seigneufj' dans son Évangile, soit par TApotre, à la fin des temps.

m. Maisdfi ia liberté accordée aux pères, des restrictiûM imposées am enfants, conclurai-je que le Christ est yeùXï séparer ks époux et détruire l'union conjugale, ap-^ . poriBQC ainsi une prescription contré le mariage Loin dé moi cette pensée; je Tabandonne à ceux qui, entre autres erreurs, prétendent qu'il but séparer ceux qui ne sont plus i^^ifiiè seule et même chair, et par-là donnent un' démenti à celui qui, ayant emprunté à Thomme de quot créer la femme, a réuni et confondu dans les liens du ma^ riagedeux corps formés de la même substance. D'ailleurs, nous ne lisons nulle part cpie le mariage est interdit, puisqu'il est bon en soi-même. Seulement rApoire nousapprend qu'il existe quelque chose de meilleur que ce bien , car, s*il permet le mariage, il lui préfère la continence, celui-ci à cause des pièges de la tentation, celle-là par rapport à la brièveté des temps. A qui interroge les motifs de cette déclaration, il devient bientôt évident que le mariage ne nous a été permis qu'en vertu de la nécessité. Or^ la nécesnté déprëcie>oe W'^lle autorise. '^^'^^ " » j : . ; i u j ; . , i ; i >

Bnsuite, il M écrit : « 11 Vimt éiëdt^ Mlrièr que d4» Il brâler. » Mais qvel bien , je tous le demande, qu*uil bien qui ddt toute sa reooinmandatioB au mal avec lequel on le compare ; de sorte qu?il n*est bon de se marier que parce que brûler est un mal. Mais combien il vaut mieux ne pas se marier et ne pas brûler nou plus ! Dans la persécution aussi, il vaut mieux profiter de la permission qui a été donnée de fuir de ville en ville, que d'être livré aux magistrats et d'npostasicr dans les tortures : plus heureux cependant ceux qui n'ont point de&ilii en rendant à Dieu un illustre témoignage !

Jirtiplus loin. Caque Ion ne fait que permettre n^est pas bon. — Quoi donc , s'écriera-tron ? fauiÀÏ nécessaire* ttieat que je meure. Si je tremble, je le puis sems-crime. £t iiîoifjer^nds rSil*«bjet i&'ins|iiredeB craintes, je me

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dciie du motif qui me le permet; car personne n'îmag^înc de peripettre ce qui est bon de sa nature, attendu que pas Qadoule ne ^'élève sur sa bonté, qyi est manifeste à tous. Que certaines choses ne soient pas formellement défendues, ce n'est pas une raison pour les désirer, quoMiue, h vrai dire, leur en préfér^ d*autres, ce soit les défendre. La préférence donnée aux unes devient fe' oondannatioB des autres. Une chose n'est pas bonne, ou n'est pas dégagéi^ de tout mal, par la raison qu'elle ne nuit pas. Le bien Té-* ritable l'emporte par ce oôté, que non-seùlement il n'est pas nuisible, mais qu'il est toujours profitable. Vous devez préférer ce qui est positivement utile à ce qui n'a d'autre mérite que de ne pas nmre. Le premier suppose des combats et des triouiplies; le second peut donner le repos, niais sans victoire. Si « oubliant ce qui est derrière nous tt pour ûiter les yeux sur ce qui est en avant, » nous écoutons les paroles de TApétre, nous^ aspirerons à oe qu U j H de meilleur. Ainsi, quiûqu'il ne nous « tienne pa&oe lan- « gage pour nous tendre un piège, il ne nous en montre « pas moins l'utilité de la continence, » quand il dit < <c Une « femme qui n'est pas mariée s'occupe du soin des choses jiL du Seigneur, afin d'être sainte de corps et d'espiit. Mais a cdle qui est mariée s'occupe du soin de plaire h son « mari. » Au reste, nulle part il ne permet le mariage sans nous répéter qu'il aimerait mieux nous voir suivre courageusement ses exemples. Heureux le fidèle qui res-semblera à Paul .

IV. Mais nous lisons que «la ( hnir est faible, » et notre mollesse se prévaut de cet aveu. l outt fois, nous lisons aussi que tt l'esprit est fort; » double oracle placé en regard l'un de Tautre pour s éclairer muluelleroent. La chair est une substance terrestre, Tesprit une substance céleste. D'où vient donc que, portés à nous excuser, nous ailégiiioos ce qu'il y a en nous de faible, au lieu de nous appuyer sur oe qiie nous avons de fert? Potuiquoi la substance de k terre ne se soumet-elle pas à la iwihâttyioeda ciel ? Si réduit esc

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plus fort que la chair, parce qu'il est de plus noble origine^ n'acciuoDS que notre lâcheté qui cède l^empire à la plus fiiible. Deux espèces de faiblesses humaines rendent les secondes noces nécessaires à celles dont la première muiim a été brisée. La première et la pli» paissante vient de la eoncupiscence de la chair; la seconde nak de la conciipisoence du siècle» Ifais nous devons répudier Tnne et . Fau^^ parce que nous sommes les serviteurs de Dieu, et que nous renonçons à Tambition et aux voluptés du siècle. La concupiscence de la chair rac^r en avant les obligations de ràge, recherche la moisson de la beauté, se repaît avec orgueil de ce qui est son outi age; un mari, dit-c3lle, est nécessaire à une femme, pour la guider, la consoler et la proléf^er contre les mauvaises rumeurs.

Vous, ma bien-aimée, à ces conseils de la concupiscence répondez par Texemple de nos sœurs dont les noms sont enrôlés dans la milice du Seigneur, et qui, après avoir ei^> voyé devant elle^ leurs époux, immolent à la pudeur les séductions de la beauté ou 'de la jeimesse.. Elles aiment mieux devenir les épouses de Dieu : toujours belles, toujours vierges pour Dieu, elles vivent avec Itii, elles s*en<- Cretiennent avec lui, dks ne le quittent ni le jour, ni la nuit, elles lui apportent en dot leurs oraisons, et en échange de cette sainte alliance, elles re^Divcnt de lui, touteo les lois qii elles le désirent, le douaire de sa faveur et de sa miséricorde. C'est ainsi qu'elles possèdent d'avance le don éternel du Seigneur, et qu'épouses de Dieu ici-bas, elles sont déjà inscrites dans la famille des anges. Voilà sur quelles traces vous exerçant à Tapprentissage de la continence, vous ensevelirez dans la tombe d'une afiection spirituelle la ooncupiscenoe de la chair, en substituant les récompenses éternelles aux sollicitations temporelles et fugitives de la beauté ou de l'âge.

■ D*un autre eâté , la concupiscence du siècle prend sa source dans la vaine gloire, la cupidité, Tambition et le prétexte d*nne fortune insofiisanle, qu'elle transforme en

autant de nécessités de se marier. Dominer dans une famille étrangère, s'établir dans une opulence qui n'est pas k soi, «mcher à aittniî Us frais de son luxe, et prodiguer follcir veBt des tràors qui ne lui eoâleat rien, voilà les biens cëksies qae la concupiscence promet. Ah I loin des fidèles •ces pensées, puisqii*iîi ne doÎT^t pas s'inquiéter eommcat ib vivront, à moins de se défier des promesses du Seigneur, « qoi rèvét de tant de graee le lis dcs'cbamps, qui nourrit « l'oîseaa du ciel sans qa*il travaille, qui nous défei»d de (( nous mettre en peine de la noorritiire on du vêtement a pour le jour de demain, et nous aflirme avec serment « qu'ii 11 ignore aucun des besoins de ses serviteurs. » Il ne leur donne p^^, il est vrai, de lourds colliers d'or, des vêtements aussi somptueux qu'embarrassants, un peuple d'esclaves gaulois, des porteurs p^ermains, ni toute cette pompe qui allume dans le cœur d'une jeune fille le désir de se marier ; il leur fournit seulement le nécessaire ; c est assez pour la décence et ta modération, Persuades-Yous bien, je vous en conjure, que rien ne tous manquera si vous servez le Seigneur. Je me trompe, vous possèdes tout en possédant le Seigneur auquel appartiennent toute» cbcBes. Songes aux biens célestes^ tous regarderec avec mépris ceux de la terre. La veuve qui s*est engagée ait service de Dieu ne connaît plus d'autre nécessité que la persévérance.

V. Quelques-uns, disent-ils, u'cntrentdans le mariage que par le désir de revivre dans une postérité, plaisir quelquefois si amer. Cette raison n'existe pas pour nous. A quoi bon soupirer après des enfants, puisque, si nous en avons, nous souhaitons de les voir enlevés à ce siècle impie, à cause des tempêtes qui les menaçait, impatients nousmêmes d'écre diélivrés de ce monde prévaricateur et d'être reçus dans le royaume de IKeu, ainsi que TApêtre le demandait pour lui-même ? Une postérité vraiment est chose nécessaire au serviteur de Dieu ! Sans doute nous sommes déjà trop certains de nom salut, pour consaoKer encore nos

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loisirs à nos enfants ! Il nous faut chercher des'fordeaux doDt la plupart des infidèles s'affranchissent, que la loi leur impose, dont ils se débarrassent par le parricide, mais qui à nous sont aussi importuns que dangereux pour la foi! Pourquoi le Seigneur 8*est*-il éâné : « Malheur aux « femmes enceintes ou nourrices ! » sinon parce qu'il veut nous attester (jue des enfants seront une eiieoiiibi e dans ce jour où il faudra avoir les pieds libres? Cet anathéme retombe sur le mariage, mais il n'atteint pas les veuves. A la première tronjpette de l'ange, elles s'élanceront sans obstacle. Qu'importent les persécutions et les calamités les plus violentes? elles les supporteront sans peine, parce qu'il n y aura aucun fardeau nuptial qui tressaille dans leur sein ou s*agite à leurs mamelles.

Si donc on ne se marie que pour la ch^ir, le siècle, no le dësir de laisser une postérité, aucune de ces prétendues nécessités ne peut convenir à un CSirétien^ il lui suffit du moins d*avoir succombé une fois à Tune d*elles, et dWoir épuisé dans un mariage unique toutes les concupiscences de cette nature. Célébrons tous les jours de» noces, et nous 'serons surpris dans ees stériles oecupalions par le jour de répouvante, comme Sudonie et Gomorrbe. Assurément, elles ne se livraient pas seulement aux noces et au trafic. Mais quand TEcriture dit: « Ils se mariaient et ils trafi- « quaient, » elle désigne les deux dérèglements les plus remarquables de la chair et du siècle, et qui nous détournent le plus des préceptes divins, Tun par les couYoitises de la luxure, Fautre par le désir de posséder. Leur aveu- « ^ement toutefois avait lieu lorsque le monde ne louchait point encore à sa fin. Que fiiut-Û donc attendre, a le Seigneur nous détourne aujourd'hui de choses qui déjà lui étaient abominables autrefois ? « Le temps est court, dit «l'Apôtre. Que reste-l-il à faire, sinon que ceux qui (( sont dans le mariage vivent comme s'ils. n'ciaieuL pas « mariés ? »

Yl. Si ceiu qui sont mariés doivent s'abstenir comme s'ils

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ne Tétaîent pas, à phis forte véaoa est-il défendu à ceux qui sont libres de reprendre des liens qulls n'ont plus; de sorte que la femme dont le mari a quitté ce monde doit abriter dans la continence la fragilité de son sexe. Au reste, ainsi le pratiquent la plupart des femmes infidèles pour honorer la mémoire d un ëjx>ux qui leur a été cher. Quand une difficulté nous arrête, jetons les yeux sur ceux qui parcourent à f uie de nous une carrière pins Irihurieiise encore. Combien qui , en sortant du bain régénérateur, se consacrent à la chasteté ! Combien qui , d'un consentement mur tuel, suppriment les devoirs du mariag;e, eunuques volontaires, pour mieux conquérir le ciel ! Si Ton embrasse la continence dans le maria^^, à combien plus forte raison Êmdra-t-il se l'imposer quand la mort Ta rompu? Il est plus dilEcile, si je ne me trompe, d^abandonner les droit» d*un mariage qui subsiste, que de renoncer pour toujours à celui qui ne subsiste plus. Quoi donc ! la continence embrassée pour Dieu paraîtra-t-elle chose si dure et si difficile h une veuve chrétienne, quand les Gentils eux-mêmes immolent h leur Satan le veuvage et la virginité de leurs sacpniorcs ? A Rome, ces gardiennes du feu éternel qui préludent k leur châtiment par les flammes qu'elles entretiennent avec l'antique dragon lui-même, sont choisies parmi les vierges. Dans la ville d'Ëgée, c'est une vierge que le sort désigne pour être la prétresse de Junon Achéenne. La pythonisse qui exhale ses fureurs à Delphes ne connaît pas le mariage. Ici même, nous voyons des veaves d'un genre nouveau s'arracber au lien qui les unit, pour se consacrer à Gérés Africaine. Oubli le plus cruel des oublis ! Peu satis&ftes de mourir à des époux qui Tivent, elle» glissent de leurs propres mains dans la couche conjugale celles qui doivent les remplacer, au grand plaisir de leurs épjux^ s'interdisent tout commerce avec eux, et répudient jusqu';u]x caresses de leurs enfants. Tant que dure ce saccrdof'c , cllrs observent cette sévère discipline de la viduité , qui n a pour elles aucune des consolations de la

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TËRXDJULiEN.

|>iécé. Tmfik les sacrifices que le démon impose aux siens, et il est obéi I La continence de ses serviteurs le dispute à celle des serviteurs de Dieu. Les enfers contiennent aussi des prêtres. Satan a trouvé le secret de perdre lejs hommes , même par la pratique des vertus : peu lui importe de iuer les âmes, celles-ci par la luxure, celles-là par la continence.

VU. Le maitte du salut nous a montré dans la continence un inslrumeut de notre éternité, un témoignage de la foi , et on ornement de cette chair qui doit r^tir un jour un yéleraent d'incorruptibilité, enfin un moyen d*ai>oomplir la ^okmté de IKeu. ftéfléclyasez de plus, je vous en conjure, que personne ne quitte ce monde sans la volonté de Dieu, puisque la ft^ille elle-même ne tombe point de l'arbre sans sa permission. A celui qui nous a fait entrer dans le monde de nous en faire sortir. Par conséquent, si votre mari est rappelé avant vous par la volonté de Dieu, c'est aussi la volonté de Dieu qui a rompu votre mariage. Pourquoi voudriez-vous rétablir ce que Dieu a détruit? Pourquoi dédaigneriez-vous la liberté qui vous est offerte, pour reprendre les cbaines du mariage ? a Etes- « TOUS lié avec une femme, dit TApotre ? ne cherchez 4t point à TOUS délier. N*avezHrons point de femme ? ne « cherches point à vous marier. » Car, quoique tous ne péchiez pas en vous remariant, il vous avertit cependant que vous vous e&posez aux tribulations de la chair. Ghé^ riflsons donc, autant que nous en sommes capables, la vertu de la continence. Saisissons-la aussitôt qu'elle se présente, afin que la viduiié accomplisse ce que n'a pas pu le mariage. Il faut embiasscr avec amour une occasion qui retranche ce que la nécessité ordonnait. La discipline de rÉglise et les prescripti ons de TApotre nous apprennent assez tout ce que les secondes noces enlèvent à In foi , et combien elles nuisent à la sainteté, lorsque Paul détend a à celui qui a été marié deux foisde présider dans l'Église, « et n'admet dans l'ordre des veuves que celles qui n'ont

lERTVLUËN.

«eu qu*un mari,)> parce que 1 auiel de Dieu doit demeurer immaculé. La muliiuide que rÉvanf^élîste aperçut couverte de robes blanches figurait la sainteté de l'Eglise. Le sacerdoce de la viduité et le célibat subsistent jusque chez les païens. Le démon , pour rivaliser avec Dieu , a défendu au roi du siècle et au grand poadfe de se marier deux fois.

YIll. Qu'elle est agréable à Dieu la chasteté» puisque son antagoniste en reproduit le simulacre , non pas qu'il soit capable de quelque yertu , mais pour insulter à notre maître jusque dans ses prédiIectîon9! £n effet» une bouche prophétique a exprimé d*un seul mot TexceUence du veuirage : « Soyez justes enrers la TeuTe et Torphelin ; puis, « approchez, entrons en lice, dit le Seigneur. » Plus le bras de Thomme fait défaut à ces deux faiblesses, plus le Père commun leur ouvre ses miséricordes et les couvre de sa protection. Voyez comme il grandit et s'élève jusqu'à Dieu, le mortel qui fait du bien h la veuve ! et la veuve elle-même, quelle est sa dignité, puisque son vengeur ici-bas entre eniice avec le Seigneur 1 Un pareil honneur, j'imagine , ri est pas réservé aux vierges. Quoique chez elles, une chair intacte et dégagée de toute souillure doive . contempler Dieu fece à fiice, toujours est-tl que la veuve marche à travers des sentiers plus pénibles. Ne pas convoiter ce que Ton ignore, et continuer de haïr ce que Ton n*a jamais souhaité, rien de plus facile. Une gloire plus belle s'attache à la continence, qui connaît ses droits et ne dédaigne qu'après l'expérience. A la vierge donc plus de félicité ! mais h la veuve plus de labeur ; celle-ci parce qu'elle a toujours gardé le port; celle-là, parce qu'elle n'y est parvenue qu'à travers les tempêtes. I^ns l'une, c'est la grâce) dans l'autre, c'est la vertu qui est couronnée. La religion a des faveurs qui nous viennent de In libéralité divine, d'autres que nous méritons par nos efforts. Les dons de Dieu se gouvernent par sa grâce : les mérites de l'homme ne s'achètent qu'an prix des combats. Appliquès^^vous donc

T£RXULLI£N.

Il ta nodesde, qui est la gardienne de la pudeur ; an travail , qui fait les^bagatelles; à la frugalité, qui dédaigne le siècle. Recherchez les conversations dignes de Dieu , • au souvenir de ce vers païen, sanctiiié par l'Apotre : « Les mauvais discours corrompent lœ bonnes mœurs. » Des compagnes bavardes, d^oeuvrées, adonnées au vin, passionnées pour le luxe, sont le plus grand obstacle à la résolution de garder le veuvage. Par la loquacité, elles glissent des paroles ennemies de ki pudeur \ par le désœu* Trementy elles éloignent de toute occupation sérieuse ^ {MT Tintempérance, elles ouvrent la porte à tous les désordres \ par l'amour du fiiste^ elles alimentent les feux de h concupisoence. Jamais firaime de ce caractère n'a su parler des avantages de la viduité. C'est que, pour parler le langage de l Apotrc, elles se font uu Dieu de leur ventre, et aussi de ce qui Tavoisine.

Voilà , compagne bien-aimée dans le service de Dieu, des recommandations qu il était à peu près superflu de vous développer après TApotre, mais qui ne seront pas sans consoladon pour vous, puisque, si Dieu l'a ainsi décidé» elles yons rappelleront ma mémoire.

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