A SA FEMME
LIYAË IL
I. Dernièrement , ompagne bien-aimée dans le senrice du Sagneur, je vous exposais, autant du moins que j'en
étais capable, les règles que doit suiyre une sainte femme dont le mariaî^c est rompu , n'importe comment. Aujour^ d'hui , eu égard à la fragilité humaine , averti d'ailleurs par l'exemple de quelques femmes qui, trouvant dans le divorce ou le rappel d un époux, l'heureuse occasion de la oontinence, non-seulement répudièrent un si grand lâen, mais .ne voulurent pas même se souvenir de la loi qui ordonne « de se marier dans le Seigneur, » revenons àdes conseils plus doux* Ainsi moi, qui tout à Tlieure vous exhortais à persévérer dans le veuvage » je me sens l'esprit troublé par la crainte que , vous parler des aeooiides noces, ce jie soit vons pousser sur la penle glissante d*un aeeoiid mariage. Si vous êtes entièrement sage, vous embrasserez certainement le parti qui vous est le plus utile. Mais le veuvage est pénible; il ne va pas sans de grands obstacles , oeuvre laborieuse s^il en fut jamais , j'avais différé de vous le dire , et je ne tous en parlerais pas encore, si je ne savais de combien de sollicitudes il est envirponé* £a eâieti plus la continence, gardienne sé-
vère dtt Tenvage, est méritoire , plus nous sommes dignes d'excuse si le fiiideàu est trop lourd pour nos forces. Aux choses difficiles une fedle iodulgence. Mais plus il est fiicile « de se marier dans le Seigneur, » puisque cela dépend de notre yolonté, plus nous sommes coupables de tie pas faire ce qui est en notre pouvoir.
Ajoutez à cela que TApotre, en disant : « Je voudrais « que vous fussiez tous en Tëtat où je suis raoi-méme , » conseille aux personnes veuves ou à celles qui rte sont pas mariées de rester dans rëtatoii elles sont, mais qu'en disant, • « pourvu seulement que ce soit dans le Seî^eur, » alors ce n'est plus un conseil qu'il donne, mais un cnlre fos^ mel. Ici donc, si nous n^obëissons pas, nous nous jeioiis dans le péril, parce qu'on peut négliger un conseil; un précepte, jamais. D'une part, simple arertissement soumis «u choix de la Tolonté; de l'autre, puissance qui coninamie et obligation qui enchaîne. Ici, liberté qui use de «on droit ; Hi , cvgueil qui se révolte.
II. Ainsi , lorsqu'il y a peu de jours , une chrétienne se mariait hors de TÊglisc pour s unir à un infidèle, et que ma mémoire me rappelait d'autres scandales semblables , étonné de Taudace de ces femmes et de la perversité de leurs conseillers , parce qne rÈ<:riture n'autorise aucune de ces alliances, je me suis dit à moi«méme ; £lles s'appuient probablement sur la première Épitre aux Gorin* thiens, où il est écrit : « Si un mari fidèle a une fcnune « qui soit infidèle , et qu'elle consente à denenrer avec « lui , qu'il ne la quiue point. £t si une femme fidèle a « un mari qui soit infidèle, et qu'il oonaenla à demeurar « avec elle, qu'elle nesesépara point desni masî. CSar le « mari infinie est sanctifié par la femme fidèle, et le tt femme infidèle est sanctifiée par le mari fid^ ; attire* « ment vos enfants seraient impure. » De cette injonction qui, dans son sens naturel, ne concerne que les fidèles déjà enf;afjcs dans le mariage, conclurait-on par hasard qu'il est permis d épouser des ioiidèlos ? Plaise à Dieu
TEETOLLIEN. 635
que quiconque l'interprète ainsi ne cherche pas à se tromper soi-même ! D'ailleurs il est évident que ce texte s'adresse à ceux quv la foi a surpris dans un mariage contracté avec an iufidèle, cornnie l iiidif^uent clairement ces mots : « Si un mari iidèie a une fenmie infidèle, » dit-il , et non pas : k Si quelqu'un prend une femme infidèle. » L'A* pdtre nous montrait par là que l'homme déjà uni à la femme infidèle doit demeurer avec ttm épouse, après que la grâce de Dieu Ta converti, de peur sans doute que le Ghré-^ tien qui venait d'embrasser la foi ne se cnlt obligé de qui^ ter nne femme qui lui était devenue pour ainsi dire étrangère par la croyance. Yoilà pourquoi il donne ensuite la raison de ce précepte : <t Le Seigneur nous a appelés dans « la paix , dit-il ; Tinfidèle peut être gagné par le fidèle « dans le lien du mariage. >> D ailleurs, le verset qui termine confirme^ Texactilude de cette interprétation, a Que cha- « cun, dit-il, demeure dans la vocation où il était quand « Dieu Ta appelé. » Qnï sont ceux qui sont appelés? Les Oentiis, j'imagine, et non pas les fidèles. S'il n'avait prétendu parler que du mariage des fidèles, il eût permis aux saints de se marier indistinctement. S'il l'avait permis , jamais il n'eut imposé une restriction en contradiction à évidente avec sa premi^ déclaration : « La femme dont « le mari meurt est libre \ qu^elle se marie à (^ui elle vou- « dra y pourvu que ce soit dans le Seigneur. »
Ici point de discussion assurément. Car TEsprit saint lui-même a prévenu toutes les objections. En effet, de peup que nous n'abusions de ces mots «qui elle voudra, » il ajoute aussitôt : « pourvu que ce soit dans le Seigneur, » c'est-à-dire dans le nom du Seigneur, ce qui sif^nifie indubitablement dans le ntiui chrétien. Ainsi 1 Esprit saint, qui aimerait mieux que les veuves et celles qui ne sont pas encore mariées , gardassent la continence , et nous exhorte à suivre son exemple, ne permet les seconds mariages que (( dans le Seigneur, » seule condition qu*il attache à Tinfraction de k continence. « Pourvu que ce soit
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« dans le Seî^enr, » dit-il. Paurtfu ipw ajoute à la loi une
grande force. Pressez cet oracle! torturez -le tant que vous voudrez , il demeure éminemment obligatoire ; il ordonne et il conseille ^ il prescrit et il exhorte; il supplie et il menace. Sentence claire et formelle ! sentence éloquente par sa brièveté même ! Ainsi procède la parole divine, qui veut être pratiquée aussitôt que [comprise. Qui, en effet, ne oomprendra facilement ocûnbieii de danper» et de blessures pour la foi l'Apôtre a voulu prévenir en défendant ces sortes de mariages? Il a voulu d'abord qu'une chair saactifiée ne fut point souillée par celle dW Crentil.
Mais, dira-t-ott , quelle si grande différence y 8^4-11 entre celui qui est appelé au christianisme pendant qu'il est
uni à une infidèle, et celui qui était chrétien par le passé , c'est-à-dire avant son mariaj^jc , pour qu ils u aient pas à se prémunir contre la même souillure? pour qu'à 1 un il soit interdit d'épouser une iiirul( le, et qu à Tautre il soit enjoint de rester avec celle qu'il a? Pourquoi, si le mariage avec l'inûdèle est une souillure, celui-ci n est-il pas séparé comme celui-là est sous le coup d'une défense ?
A cela je répondrai , avec l'aide du Saint-Esprit, d'abord que le Seigneur aime mieux que le mariage ne soit pas contracté, que de le voir dissoudre ensuite. D'ailleurs il défend le divorce , si ce n'est dans le cas d'adultère j en> core reconunande>t*il de part et diantre la continence. L*nn est donc dans Tobligatbn de rester avec sa femme quoU que infidèle, Tautre n'a pas même la liberté de l'épouser. En second lieu , si , conformément aux saintes Écritures , ceux que la foi chrétienne surprend dans un mariage infidèle , sont exempts de souillures, parce qu'ils sont alors la sanctification de l'époux infidèle, il est alors hors de doute que ceux qui sont sanctifiés avant le mariage , s'ils viennent à s'unir à une chair étrangère , ne peuvent sanctifier une chair dans laquelle la foi ne les a point trou> vés. La ^prâce de Dieu ne sanctifie que ce qu'elle 'trouve.
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Qu*arrive*-t-il? Ce qu'elle ne sanctifie point est immonde ; ce qui est immonde n'a rien de commun avec la sainteté, sinon pour la souiller de ses poisons et lui donner la mort.
m. S*il en Ta ainsi » les fidèles qoi 8*uni8sent à des iPenimes peSennes sont certainement conpbles de fornication , et doivent être retranohës de toute communion ayec Tas* semblée chrétienne » suivant les paroles de TAp^tre : « Vous ne mangerez pas même avec de pareils hommes.» Ou bien, oserons-nous présenter au tribunal de Dieu de tels contrats de mariage ? Allègiierons-nous pour excuse des engagements qu'il a défendus? Quoi donc? L'union qu'il a interdite n'est-elîe pas un adultère ? n'est-elle pas une fornication ? Croyez-vous que l'admission d'un idolâtre soit une légère profanation du temple du Sei^ gneur? Groyez^vous qu'elle mêle sans crime les membres du Çhristaux membres de la femme adultère? Nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes, que je sacbe. «Kous avons été rachetés, et à quel prix? au prix du sang d'un Dieu, n En profenant notre chair, c'est lui que nous profimons par contrMoup . Qu'a donc voulu dire celui qui prétend qu épouser un idolâtre est une faute , il est vrai, mais des plus légères, puisque d'ailleurs, en laissant de coté la profanation d'une chair consacrée au Seigneur , toute prévarication volontaire est grave aux yeux du Seigneur? Plus il était facile de Téviter, plus la rébellion est odieuse et criminelle.
Parcourons maintenant les autres périls ou les autres blessures que TApôtre a prévus pour la foi , comme je Tai dit plus haut, et non moins funestes à la chair qu'à l'esprit. Qui peut douter qu'un commerce journalier avec un infidèle n'altère insensibleqient la foi ? « Les mauvais en* « tretiens corrompent les bonnes mcsurs; » à plus forte raison la même t^le et une société de tous les moments. La femme fidèle est nécessairement obligée de plaire à Dieu. Comment pourra-t-elle « servir à la fois deux maî- « très, » le Seigneur et son époux ^ et de plus un époux
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TERTULUEN.
païen ? Attachée à un cpoux païen , elle lui rendra des devoirs de païenne ^ elle aura pour lui beauté, parure, luxe mondain » caresses honteuses, infâmes oomplaisanoes; bien diiférente des saints chez lesquels le respect ennoblit les <d)ligation8 du mariage, où tout se passe avec une pudique retenue, comme sous Tceil de la divinité.
lY. Ihis à elle de savoir comnient elle se conduira visà-vis de son époux. Toujours est-il qu'il lui sera impossible de remplir les devoirs religieux , ayant k ses cétés un esclave du démon , fidèle ministi c , chargé par sou iiiaiii e d'an cter la ferveur et la piété chrétiennes. Faudra-t-il se rendre h réglise? il lui donnera rendez-voub aux bains plus tôt qu a lordinaire. S'agira-t-il de jeûner ? il commandera un festin pour le même jour. Aurez-vous à sortir ? jamais les serviteurs n auront été plus occupés. Quel époux infidèle permettra à sa femme de visiter nos frères de rue en rue , et d'entrer dans les réduits les plus pauvres? Qui souffirirait qu'elle s arrachât la nuit de ses oôlés pour assister aux assemblées de la nuit, lorsque k néce»* site Texigera? Qui la verra d*un œil.tranquilie découcher à la solennité paschflle? Qui la laissera, sans d'borribles soupçons, participer au banquet du Seigneur , si décrié parmi ks jxiïcns ? Enfin, qui trouvera bon qu clic se glisse dans les cachots pour haiser les chaînes des martyrs, pour laver les picdsdes saints, pour leur donner et en recevoir le baiser de la paix ? qu'elle partage le pain et le vin, dans les agapes , et qu'elle passe les journées dans la prière? Qu'un frère étranger arrive, quelle hospitalité trottver»-t-il dans la maison d*un étranger ? S'il faut donner quelque chose, grenier et cellier, tout sera fermé.
y • n en est, dires-vous, qoi supportent la discipline chrétienne sans la gêner. D*aocord; mais voilà prédsément le crime: mettre nn paien dans la confidence de nos pratiques \ livrer à des bommes injustes les secrets de nos mystères ; devoir à leur bon plaisir ce que nous faisons. Impossible de dissimuler nos exercices à qui les tolère \ ou
mmuEN
si nous les lui cachons, parce qu^il ne les tolère pas , alors arrivent la crainte et la défiance. Or, s il e.st vrai que Dieu nous prescrit de le servir, sans rintervention du prochain, comme sans tronble de notre part, peu importe de quel coté vous péchiez , soit en mettant dans le secret votre mari, sii le lolère, soit en vous jetant dans le trouble, s'il fiiut Tou» précaatkNiDer contre sa violenoe. « Ne jetez « pas iro6 perles devant les pourceaux, estait dit, de peur « qu'ils ne les foulent aux pieds, et que, se retournant, « ils* ne TOUS déchirent. » Vos perles, ce sont m bonnes œuvres de fous les jours. Plus vous cbercfaeres à les di»sinukr, plus yous les rendres suspectes, plus vous attirerez la jalouse curîoBité des Gentils. Je vous le demande, réussirez-vous à vous cacher, lorsque vous faites sur votre lit et sur votre corps des signes de croix , lorsque vous soufflez pour chasser Tesprit impur, lorsque vou.s vous le* vez la nuit pour aller prier? Ne s'ima(^inera-t-il pas que vous pratiquez quelque opération ma'jiqne? Déroberezvous à ses regards ce que vous prenez en secret avant toute nourriture ? S'il vient à découvrir que c'est du pain, ne supposera-wl pas que c'est ce pain dont on feit tant de bruit ? Et comme il ne peut pénétrer un mystère qu'il ignore, que d'alarmes! que de soupçons! Il ne réveque meurtres* qu'empoisonnements. Quelques-uns suppopitent le chrbtianisme , dite»<iVOUs; mais dans quel but? pour fouler aux pieds et opprimer Uam femmes ^ pour s^armer du secret dont ils sont maîtres contre des périls qu'ils redoutent, aussitôt qu'elles auront le malheur de leur déplaire. Ils le supportent, mais pour faire' de la dot conjugale le prix de leur silence, et prêts à traîner leur compagne devant le magistrat qui n'épie que Toccasion d'une injustice.
YL G)mbîen de ces épouses infortunées n'ont re» connu leur fatale imprévoyance qu'aux dilapidations de leur patrimoine, OU au sacrifice de leur foi! Là servante de Dieu demeure parmi des occupations étrangères. Que
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Tannée se renouvelle , que le mois recommence , il lui faudra toujours se trouver parmi ces dieux adorés sous le nom de démons, toujours assister à ces solennités en Thonneur des princes, toujours respirer des parfums impurs. Elle sortira d^ime maiflOQ , ornée de lauriers et de flambeaux , que Ton prendrait volontiers pour un repaire honteux , récemment ouvert à la prostitution publique. Elle s'assiéra y avec son époux, parmi des compagnons de débauche 9 au milieu des tavernes; eUe serf ira les hommes de la prévarication, elle qui servait autrefois les saints; et die ne reoonnditrait pas les prélud& de sa condamnation à venir dans les hommages qu'elle rend à ceux qu'elle est destinée à juger vers la fin des temps ! De quelle main idolâtre attend-elle la nourriture mystérieuse ? à quelle coupe trempera-t-elle ses lèvres? que chantera dans un banquet son mari païen? que chantera -t -elle elle-même pour lui plaire ? Ce qu'elle entendra ? des hymnes de théâtre , des chansons de taverne, des paroles impudiques* Mais le souvenir de Dieu, mais Tinvocatioii de Jésus avant le repas, mais les passage des Ecritures saintes pour nourrir la foi, mais l'Esprit saint, mais les riH indchissements de Tame, mais la bénédiction au lever delà table, ou sont-ik? Entre époux si différents, tout devient étranger, tout prend un caractère hostile, tout est matière à condamnation ; tout est déchaîné par rennemi des hommes pour ruiner le salut.
Ml. Que de pareils obstacles environnent les épouses chrétiennes qui demeurent dans un lien infidèle, après leur vocation à la foi, rien de plus vrai ; mais du moins elles ont leur excuse devant Dieu . rjui U s a surprises dans cette union , puisqu'il « leur fait une loi de la continuer, <t et parce qu'elles sont fortifiées et reçoivent l'espérance « de gagner l'infidèle, n Si un mariage de cette espèce est agràhle à Dieu , pourquoi ne finirait«il pas par écre heureux et affranchi des tortures, des angoisses, des obstacles et des souillures de la passion ou de Tidolâtrie,
nifouinii
«-uii îles deux époux étant déjà sou» le patronage de la giâoe divine? En efiOstii celte femme, iqipdee du militu dèi iiH «M^es à kl fin.^|Mll! k» prédications de q)nQh|ae pewii» nage ëminent , a reçu , ayec le chrislÎMHÎiniie » un» 'Wla dfeu: Iwiit qiii la rend respeetsbie à«m ëpm )^€n; il ii*Qge ptiis gtpoôwy 8*«niqiiérir, surf eiUev « oiirîeiideàient. Il a 89921 les neryeilIcB de Dieu; il « iru k» «spéiimflB .46.1« gvâee*, il aîil que éa «oinpagiie eat dèveii^ «nëleureç «use cranl» respeotiieRisen ibit âé lui un candidat de la foi. Ainsi sont^^gnés plu^ facilemeat ceux qu'a unis Ja grâce de Dieu. ■ ' *^ • -
Mais qu'il en arrive bien autrement à Tépouse qui s'est jetce volontairement et de {jaîic de co^ur dans un mariage déft^iidu ! Ce qui déplaît à Dieu roffense , ce qui Toffense .eaît 1 œuvre du démon , et ne peut amener que des malheurs : ne l oubliez pas. Il n'y a quie les plus pervers -d^eiMre les idolâtres qifti supportent le nom chrétien* J^'ik» ,painHfl8ent siiitnohcçr un moment feur ha«M>» c'eal poor 4|piMSBn L^épouse q^^"Û8 ont mmipeev powr «nvî^har sft' fiw- - inii^ on tniiiSVfB^foi* Non , jamais pareilie lini» lie pént être heureqse»' Voulez •vons savoir pourquoi ? TaikKs .q«e' le déaMNH signe cette alliance, le Seigneur la «on- -damne. • ' ■
VIII. Si nous faisons peu de cas de la sagesse divine qui défend , voyons si la sagesse humaine ne tient pas le même langage. Parmi les païens, les maîtres les plus rigides et les phis sfrictement attachés au maintien de la discipline n empèchent-ils pas leurs esclaves de contracter des mariages avec des étrangers? Pourquoi cette prohibition ? De peur qu'ils ne se jettent dans la licence et la d^iiche) ne négligeiil leur service, et n'introdnisaÉI . dca étra^nf^ dadS la i9ai$on de leur maître. Ke •ofÉidi^ne-t-oi^ pa$ k vm ftprvÎAUde plus dure câm qui , apiés . «namation du malci^, continncint de Tivne «tfvec des «h • ekvaa^Mnsm.? Sb quoil les i^ementa de' la teneen- .«disîneront^ils pk|S:etiiioitem^ .^oa.k» iiyidnolMiii du z. VII* 4t
64^ XEktKiAttSX.
ciel ? La feimne idolâtre qai s'unit à un esclave étranger •pènka'sai i^ité, et la femme de k tribu sainte époa*- ■iÊtimt UD'^^erviteur da démon «ddb éafé |bttiiliie de la oom-
:- Niera-MUê qa'nn telvosnaga lui a létédéfendti au nom du Seigneur paï la bMicfae de TApôtre? Où tmver la cause de cette démence, anon dans la |m8tUaÉilillté de
cette foi qni incline toujoufS à la .concuptseedce et aiut joies pi (fanes? Ces tristes scandales viennent {foMôuf'déa femmes u|ju lentes^ car, plus une ft^mnu^ opulente s'enfle de rorgueil de son rang, plus il lui faut une maison vaste et spacieuse, espèce de carrière oîi son luxe prenne lihrement l'essor. Les églises ont peu d'attraits pour de 'faretiles femmes. Un riche , dans la maison du Seigneur, egttme espèce de prodige; et, s'il s en trouve quel- "^fuNitti te" célibat a bientôt vaincu ses forces. Que feront donc ces ambitieuses? Elles demanderont à Satan un '«poux qui leat fourniBse des litière » ée» bêtes de sotesie, -^4es partomewB, dont la baute séaiure trabic ùnie orl^ ^^ne^iM^èrevicai^ Qti époux cbtétien» (û»*U'ficlie, leor refuseràktnns^ doute eettepoiMlpeindét^nte* '* *'
Je vous en conjure, recnfeez sdu» vos feux pics des païennes. L;i plupart de celles qu'illustre la naî*sance ou qui possètlent une f;raudc fortune, choisissent pour époux des hommes obscurs, pauvres, et sans autre recommandation que leur vigueur pour la déhanche , ou .iiwié^ nretilation qui se prête niit ux à sa licence et à Tin- 'ifemîe. D'aùtre| vont plus loin : elles s'unissent à leurs "âfiraiicliis ou àileurs esclaves i* bravant ainsi Vopinion publique. Peb leur importe, pCKnmrqu'elles aient un «mu- 'laeine d^épodOL qui ne gène eiî ^Sen leur liberté. EC-une -divétienne nyngirait de s'tinir & un dhrétien ^âaàs'lbrtune ({uî rënridriralt de toute^ Tabondance de sa pauvrélé ! -€ir a ie rtyyaume'dea êien^ n'appartient point ' Éu -a riebe; » il 4nt bien cpi'iîabit au paltvre. ^La fb'Éittie^flcbe trouvera davantage dans un époux indigent. Qtiieife dot
plu$ ma||fii6qvi6 q«e' celle de réternité? Qu'elle s'eslime ^tmc trop heureuse 4^t4^venir< églJ» ioi elio qui ^peut-e(re ne le sera point là-ha«t.
, VllI. Faut- il tai)t,4'Mri^tion^$. Ipot, te^herches,
tafA\4^ 4ëii]p(?rations pQ9K'idfC94cir « la paimelé de ce idhfétieiM lequel Kçfi a «Diifié^ m lètooidaiieet répond
^toiûe r^K^y^ppe e(Mj^>fi$Mctié 4i^an>({àmi^ dwétienj? L'Eglise en dresse le contrat ^■ltcdilfltfion;''dnKniè
firme, la bénédiction pastorale y met le sceau, les anges qui en sont témoins l'enregistrent, et le Père céleste le raiiiie. Douce et sain Le alliance que celle de deux fidèles portant le même joug, réunis dans une même espérance, dans un même \œu , dans une même discipline , dans une même dépendance! Tous deux, ils sont frères, tous deux serviteurs du même maître, tous deux confondus dans une même chair, ne forment qu'une seule chair» qu'un seul esprit. Ils prient ensemble , ils se prosternent ensemble, ils jeûnent ensemble , s'enseignant 1 un Tantre, s^encourageant Tun Tautre , se supportant Tun Tautre. Vous les rencontrez de compagnie à Téglise , de compagnie au banquet divin. Us partagent également la pauvreté et Tabondance, la fureur des . persécutions ou les rafraîchissements de lâ paix. Nuls secrets à se dénJ^r, ui à se surprendre mutuellement; confiance inviolable, empressements réciproques, jamais dViiniii , jamais de dégoûts. Ils n'ont pas à se cacher 1 un de l'autre pour visiter les malades, pour assister les indif^ents *, leur auraoiie est sans disputes , leurs sacrifices sans scrupules, leurs saintes pratiques de tous les jours sans entraves. Chez eux point de sigbes de croix fur tifs , point de timides félicitations , point de muettes actions de grâces. De leurs bouches, libres comme leurs cœurs, s^élancent les hymnes pieux et les saints cantiques. Leur unique rivalité , c'est à qui célébrera le mieux les louanges du Seigneur. Yoilà les afiiânces qui réjouissent les yeux et les oreilles
Diyiliz
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de Mm»-Chn8t, celles auxquelles il ewoie m psii. « Là If oli ilse ttoovedeox Ghrédens» Uae troixt<e luHuémei » Ui oh il se tioaTe Im-ménie , remieiDi de notre nhit est absenti TeHe» mnt les InstniotioBS qne TApâère boos a hissées dans cette «mrte parole. Compagne l»en*<imiéc, méditez-la , si vous en avez besoin. Qu'elle serre soHoat à vous détourner de l'exemple de quelques femmes împnfrdentes. Il n'est oi permis ni expédient aux fidèles de contracter d'autres mariages»
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jp^iifAtîP^ï. A j^a' CHASTETÉ,';;::;
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n ,L le .110 douUi point, mon frère, qu après «voir envoyé devant \xk ton épouse dans la paix du Sei^piAW^ . résoîn, déponnab à potaéder b MaqaïUîté'de Tame, tn ne mfes à vivre dans Javiiduit^ par ecms^uent, que tu n^^eies soin 4eoQnfeils. Quoique, en pareille c^joncture, cbacrni di4ve «^interroger aoi-inéiae et consulter ses propres fiirces, comme les nécessités de la chair interviennent dans les lié libéra lions de l'esprit, et résLsteiU dans la même conscience à la foi, celle-ci a besoin de conseils étrangers qui lui servent, pour ainsi dire, d'à vocal contre les réclamations de la chair. Il est très-facile d imposer silence à ces réclamations, si l'on considère la volonté de Dieu plutôt que la condescei^nce à la chair. On ne se rend point «^éable à Dieu en flattant les sens, mais en obéissant à la voloDié divine* « Or, la volonté de Dieu , cW que nous « soyons saints, ii En effets il veut que Thoinme, créé \ son ima^ devienne sa ressemblance, « afin que nous soyons « saints comme il est aint lui-même. » Ce bien) ou en d*autres termes» la sanctification, je le divise en plusieurs degrés, pour que chacun de nous puisse y prendre jj^rt* Le premier degré, c'est la virginité conservée depuis la naissance. Le second comprend la virginité qui, depuis la seconde naissance, c'est-à-dire le baptême, nous purifie dans le mariage, d'après le consentement des doux époux, OU persévère dans le célibat par une décision Yolontaire^
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TERTULLIËN
Reste un troisième degré, la monogamie, en vertu de laquelle un sexe renonce k l'autre, quand le premier mariage a été flissoiiii par la mort. La première espèce de virginiié a le bonheur d'ignorer complètement ce que plus tard on regrette d'avoir connu. La seconde dédaigne liéro'iqiiernent ce qu'elle n'a que trop ( oinni. La troisième, qui renonce au mariage uue fois que l union conjugale est rompue, outre le mérite du courage, a aussi le mérite de la modération. I^'est^^ce pas être modéré que de ne pas regretter ce qui nous a été enlevé, enlevé surtout par le Seigneur, sans la volonté duquel il n'est pas une feuille qui iedétadhe êb Farbre, m lé pfu9 litimble pà^reau^ui
tiuitbeàtefiie^?' . • ' : * ' ' ' ' •
' H; ' QueHé itMiééxiiûoù d'aîDenrs dans-ce langa^ : ' v 'Le <r Sei^ur tbéTà-ètiûttë'; lë Sé^he^Èfr me fa ^ié : Il a'ét^ *' fait comme il a semblé bon au Séif^neur. w Voilà pouirquoi, si nous renouvelons une alliance qui a été détruite, nous allons infailliblement contre la volonté de Dieu, en roulant avoir une séconde fois ce qu'il n'a pas voulu que nous eussions. S il l'avait voulu , nous Taurait-il enlevé? A moins de prétendre que Dieu veuille de nouveau ce qu'il avait cessé de vouloir. Il n^ppartient point à une foi sincère et bien fondée, de rapporter ainsi toute cbose in« distinctement à la Tolonté de Dieu , et de chercher à se flatter soi-mémie, en disdnt que rien n^arrîve sans sa*^ kmté, comme si nous onbiiions qti*il y a ^leroent nné détermination eh nooîs. En' Vérité, l*on excuserait toutes hsA prévarications, si Ton s'imaginait que rien ne é*ac« complit en nous sans la volonté de Dieu. Cette prétentibil n'irait à rien moins qu'à la destruction de la loi tout entière et de Dieu hii-mcaie, s'il était vrai qu'il fit par sa propre volonté ce qu'il ne vciitpns, ou qu i! voulût indistinctement toute chose. En effet, r|u and il défend telle ou telle prévarication, sous peine des supplices éternels, il en résulte qu'il ne veut pas ce qu'il défend , parce que cela Foffenae. De-métne auasi/ea qu'il Vent/ il i'ordosme, il le
n«ijBi?r4^i(» jpéoonifilik par le mï^im-éo. VéïÊfniiék'l^ doue que »9i|6 a^vn» at>pris par mipréospl^ «sa qu'il -vm'l etioe qu^il «Q-yeMt (laay il bous iMe Hiooitena&it ^ônttki et h liberté de^clioilir Tiiinstou r4Miire,«ekNl qu'il est ëent :)!
« Voilà que j'ai placé le Wen et le mai devant loi. » Eh : effet, ta as goûté à l'arbre de la science. Consf cjuénmacnt, nous. ne devons pas mettre sur le compte de la vokmté'de > Dieu ce qui est laissé à notre libre détermination, piiisquei' celui qui ne veut pas le mal nous a honorés de la liberté; : iàfllltÈdifrià^que c'est notre propre volonté qui veut quand^j nous vouknois le mal coAlre la Yolonté de Dieu qui veui lfii| ibiwli..tfoii {«ovient donc, loe demcrdanâS-^rjOette vor> lanlé 00 vertu de laquelle nou« irQ«Ion$i||9#|l4lii^ choa&j ceièrela Tohtaté ^ Oieu? De nous-mém^ IB!»époî»liHlR^ jé^.«a ailen/o»dfliofiPl«^^^ rater
lia prévanqué. LedWKi*iieJUΫfiQiiilji«if»iajlb^
lie pécher, il n a fait quen fournir le sujet à sei volonté. La volonté de Dicuéiaii qu il obéît librement, il en est de même de toi. Si tu n oJbéis point à ce Dieu qui, après t'a voir ; montré le précepte, t'adonué le libre arbitre poOr choisir, c'est par le choix libre de ta volonté que lu pencher; 1 s pouv « que Dieu ne veut pas. Tu as été vaincu pai' ie démon ^piî^lfWteiiYOuJaiiâqiie eu veuilles ce que Dieu vfiut| pas^ ne peut néanraoina te oonltlliMk^ puisqu^il; -
ne fémnt point m forcer nîos premîei^ fm0is k voukïioi vMfgti eux le. |Niobé«<iiie4i^e?.:Ite i»M? nMtjei.eii aaclûii^UeB.ce'qttenieviii^JVtt^ Toaltai piBsam'ilpMioa qia^iL«i[»^ mort. L» )pdi]fvairidibâéflMit':$e faonteH:: il intemgBilefe dbpomtions d^ <» volontév Ifeisxfês que lu as¥Oulu^ il 'sW^> suit que tu es son esclave, non pas qu'il ait créé en toi laj volonté, mais parce qu*îl en a trouvé l'occasion . " . '
IIL ruis(jue nous sommes libres de vouloir ou de ne pas vouloir, et que nou&fttott^QBS pqirg. spmyjgWftP/^ifliett»
TEfiTULUEN.
voulant <(»"qid â^aœûnle aveo A yoloîité, je soudeiis qu'il faut étodkp avec un âoin tout rdigieux ijpic^ie est l|i lonlé de Dieu*, manifeste on secrèie. Qeqn^il: veut i^iatki-» fesmnient^ noos lemons' tous 2 il n'en feut pas moins eia*»
miner oomment cette volonté même se manifeste.
Il est des choses qui, au premier aspect, semblent s'accorder avec la volonté de Dieu, parce qu il les permet 5 mais ce qui n'est que permis n'indique pas toujours ia pure et absolue volonté de celui fjui permet. Une permissiondérive de la condescendance : sans doute, elle ne se donne pas sans une certaine participation de la vokmté; maïs ciomme elle est fondée sur une cause particulière à celui qui est Tobjet de cette condescendance , elle -vient d'une' volonté influencée et presque contrainte, fe te lô- jè^ DHHide, qu'est-ce qn*uiie yolonté dont wautte est la câaseP
De meine, il feot considérer le second cas oèi- la; voicnaté divine n'est pins loot-Vfait elle-même. Dieu veutque'nbas fassions'oénaines choses qui lui sont agréables, oitl^indul* gence se eadie, pour ne laisser parler que le précepte. Toutefois s'il a préféré une chose à une autre, une chose qu'il veut davantage par conséquent, ri est-il pas évident que noùs devons suivre ce qu'il piélère, puisque ce qu'il permet vis-à-vis de ce qu'il aime mieux, doit être regarde comme s'il ne le voulait pas ? Car en montrant ce qu'il préfère, il a détruit une volonté moindre par une volonté ' supérieure : plus il a manifesté l'une et l'autre à ta coo» naissance, plus il t'a imposé l'obligadon d'embrasser le parti qu'il t a prouvé lui plake davanta^B. Donc» s'il t'adairemeut incÛqné de suivre; le parti qu'il veut le pte» il n'en faut point douter, ne pas k suivre, c'est aller eonlre sa volanté, en choisissant contrairement à ce qu'il préfère) c'est roffimser pltii qœ' té le rendre fiivoffable , puisque, tout en feisant ce qu'il veut, tu dédaignes ce qu'il aime mieux. D'un coté, tu pèches ; de l'autre, si tu ne pèches pas, au moins ne mérites-tu pas Tamitié del)ieu. Or, se refiiser à l'amitié de Dieu, c'est pécher.
TERTLLLIEN. ti9
6î donc le vmtmâ mariage prorlentit fineulemeiift de ceilè Wlonté qm cât appelée ittdttlgenGe, nous sdutenons, noiU) ' <|a\iiie' vokmtéi]m â potir otfdse Tkîdiil^eiicèii' n'est pas la puye- tdkitifé 'de Dteu, puisque, pPOVétiaiit dé èellê qui-: prëfôrë qnëlqae'Chëèe de mieiut^ es veopaiMande bi eeoti». nerice, il évident *qu*one chose' meiBeure âe peaf étre^ préférée à une cliose raeilleure. ' ■ ' '
J'ai pose CCS principes, afin d'examiner niaintenant les paroles de TAp^tre. Avant tout, qu'on ne m accuse ]X)int d'être peu respectueux envers lui, si je remarque, ce qu il déclare lui-même, que cette iticlnlf^rnce qu il tcm(jif^ne pour le&secondes noces, vient de son propre fonds, c'est-à^ dire 4e k raison humaine, et non de ia preseiipiion divine. En efier ^ a|^s ayoir dit aïKiit- penoènes veuves cài ij|bres t. rlfariez-^viias^si veiBS M peuves garder la continence ; «t i^él vaiit mieux se niMier 'qwe^e tnrûlev$ <i» il afaonle ausskâl^k' sCKOtfde cai^égorie t a FiMur oelka qiii aont dan» « kr iMiiiage, dit-il, ce ft'est pasmeî, ilktfs'le Seigneur « qui leur fait ce commandement. » En s^efficçanl hn^ même pour laisser parler le Sei^eur, il indiquait siiffisammeiu que ce qu'il avait dit plus haut : a II vaut mieux « se marier que de brûler, » il l'avait dit d'après luimême, et non pas au nom du Seif^neur. Quoique cette parole regarde ceux que la loi trouve daus le célibat ou danst le veuvage, toutefois, comme on s'en autorise communément pour se n^arier, examinons quel est ce bien qui vaut mieux qu*utt cMtinient, et qui ne^nt paraître bon'qn& comparé k çe qefil f a de pire, de sorte que le mariajge n^e^ bcAi que poeitoe que brûler est quelque-chose de pire. Or, le bleu, o*est ce qui ccfntthue à mérite!* ce nom, sans qe^il' soit Itttûin de ie eomparer, je ne dis poinit à un mssAy ihÉiis à tom autre lnen, tellement que, comparé à un anitf# Hen, ou éclipsé par lui, il n'en demeure pas moins ee qu'il est. D'ailleurs, si une chose n est déclarée bonne que par comparaison avec un mal, je la liens moins pour une chose bonne que pour un mal inférieur qui, pbscurci par qqel-
650 Tiinviiaif.'
qiM plus grand, est décoré da oam de bien. fJiiEn, supprime i^timoe de la oumparaisoa^ et m dis plus : « 11/ iravA wie^x se marbr 4{u e de JunUer^ ^ Jè .te le deinaii^ > ponmo-tu dire encore : « U ^aut pieux se tnàrier» » ajiHH^ -quel est ce quelque cbois d^iW^ille^ff? T^:M| peia doiîe appeler ibopi CQii8équeipiBpi^ic^t|ui&;t4 ite. pew(i appeler meilleur, parce que lu j^>0cartérun itenne-w la^ comparaison, laquelle, en déclarant le mariage meilleur, le fait passer ainsi pour ud bien : « Il vaut mieux se marier « que de brûler, » Cette parole doit être prise d;nis ce sens : Il vaut mieux èue privé d'un œil que iVtii\ |K^rdre d^ju Supprime la comparaison. Tu ne . pourras dire ; U| esl meilleur d'avoir un seul œil, parce que tu ue peuH; patMiiM^ ; Cela est bon. Qu on ne chfccbe doiio pas k a'^uto^T i^iaor.lè'fieehiipitre.qui d'aiU«iirB ne regarde que le*-plff-î> aoiMieIt ^^uves ou non. e«ear» f^gpgées dans U mxkig^r quoique eeile^-ci daivejvi Hiii^pj jooitepreiidre la. uAiure de. k. permission qui leur, eit.|d|iiA$e, aiusîlitiue je le Um> montrerai. ' ^
IV. Au reste, nous savons que l Apotre a dit du second mariage : « N'avez - vous plus de femme, ne cberchez a point à vous remarier. Si néanmoins vous épousez une a seconde femme , vous ne péchez point, m Mais dans ce * passage, il parle encore de sa propre. auterité, et non d'après îauiiarilé de Dieu. Car U y a une gtqskie àiÏÏéis^iii^c^ entre Je précepte de Qieu ei la. .reomipaadfition dbr rhammé. Je n'ai, prât r^ 4e !9mmis¥iw^%^^SfÂt u gneuTi dit-U \ mais voici le cameil qu^ je dQuniç;>qfli|MRe> « ayant reçu du Seigneur fpAce d^étra son fidèle mli \n nistre. » D^ailleurs on ne trouve ni dans i*Êvangile, oi> dans les Kpîtres de Paul lui-même, le précepte d'abandonner sa fcMiuue. U laiit en conclure qu'on Joit se borner à un seui mariage , parce que ce qui u a jamais éiq permis par le Seigneur est imputé à faute.
Ajoute encore qu'après ce conseil donné par i homme ,
i'Àpdm» Ooni^e: p^ we aane de repeiuir de^ fou.kréi
TEBTULLIEN.
« :N^:«»iii|iB^ti àam^ Imw icMr ito itrîbttaiMiià ^ éa^i
que « U40likf»i:0i^ il9^^ 4nft dGtf
« feiniheà doiveal ^eii^rooinme -s^-iiièn a'nriènt passrW)
Enfin il oppose eatre elles les sollicitudes de ceux quiâout mariés et celles de ceux (jui ne le sont pas. En expliquant pourquoi îl est avantrtf;eux de ne pas se marier, il dissuade de ce qu'il avait permis plus hattt par condcscenduMe; rSû l'applique au prenuer mariage ^ à ^plua ùxte.
son exempte^-iftoni- nwpd^eg jCB-qK'il veut que nomms^gèmy e*6sl<-«!4iire fcmMuênts » €*«sl-«Mib daelArerr ë^pdmntt cè qn'tt.ne ^mit pas que aous^tDywiV o*ést4i-ilivB îiioQiiti^ nènlii'-fiir' <4iOMéqi»oti lorsqail"iwiQt' ImHMteéiWilv^
chose, îl -ne permet ni tihpfement, ni èelôn ia- vérito,' ce qu'il ne veut pas. S'il le voulait, il ne le permettrait pas, il le coin manderait. Mais voici qu'il dit ailleurs: La femme « dont le mari n'est plus peut se remarier à qui elle voudra, pourvu que ce soit selon le Seigneur ; puis il ajoute «Msniôt: ToUtefoîi, éUe sera plus heureuse sî ellede^ «-meure vedve ; et c'est ce que je kiiûoiMeilie; Or, fiwm «qiiej'aî aiis8irE0pricileDîe«f.')i . - .
NoHS troavDBS kit étmx nvk dôÊÊhèalB, Bkr Vm^ il pev«met de 9b remarier; par Tamni il ordonne de s'abstenir; Lequel' des deux ftini*>H croh*ei^dira!Mu. Re^rde et lis* Quand il permet, il n'émet Tavis que d'un homme pru* dent. Recommandc-t-il de s'abstenir ? c'est Tavis dé l'Esprit saint qu'il invoque. Suis donc l'avertissement qui a pour lui la Divinité. Les fidèles ont en eux l'Esprit de Dieu , j'en conviens , mais tous les fidèles ne sont pas des apâtres. Ainsi lorsqu'après avoir dit qu'il était êdèle^ Biul ajoute : (( J'ai aussi LEsprit de Dieu, » chose dont penome ne doutait 9 {niisqu'il était fidèle, il n'a tenu ce kn^^ge <tue pour reprendre sa dignité d'apâtre. les apdcreè , en dRqt, possèdent plus particdllèreaietit r&prsttajbi, tpn
IM T£RT(}LLtSN.
se manifesie eux par les «urnes de la pirqihétiei IW^ fioecité des venus , et fît eonnâiâsancô deb laa(^eS| tuidîs que ks «atres-fidèlestie Font que dans tan degré infiftrieur. U n*a éaac fait intervenir Pautorité de lIEsprit teint qu^ dans feflpèoe'ioù il prâlère noos veir eAtuer. DMon^ à OansD'de la majesté de TEsprit saint , ce n'est phis un coq« seil , mais un précepte. •
Y. Quant au principe qui ne veut qu'un seul mariage, Torigine elle^ême du genre himiain le sanclionne , en attestant ce que Dieu a établi dès le commencement j^our servir de règle à tous ceux (|ui viendraient après* £n effet, après avoir créé l'homme -et jagé qu'une compagne hn était nécessaire, d'une de ses oâtes il forasa- pour lui ttna sanie femme, fii l'artisan » ni la matière ne manqpnisnt» puisqu'Adam avait plus d'nne côte, et qtie les- «nains dé Siîeu aont infatigables. Tonteftîia, Sien ne. donna point à Adatn plnsienrs f^Mames» Adam, fils de Dien, et Ève, fiHe de Dieu, consacrés l'un à l'autre par un mariage unique, ont aussi transmis aux hommes fils de Dieu la loi du mariage, fondée sur l auloriié de la création et la première volonté du Très-Haut. Enfin, « Ils seront deux dans une iK seule chair. » Deux, a-t-il dit, et oon pas trois ou quatre. Autrement, il n'y aura plus une seule ehaîr, ni étsax dans une même chair. Mais comment oek s*aooomplira t-il ?. Si les dem époux ne se confondent qu^anersenle £nis dans une même unité* Que nnbn se mwuveile deux on tmis bis, la chair oessara d'être une : dès-lora, deux ne seront plus dans une seule ehair, mais nne saule^ette-ap* parûendra à plusieurs.
Autre considération. Lorsque TApotre applique « au a Christ et à 1 E^jlise m ces paroles : « Et ils seront deux « dans une seule chair, » d'apW^s ces fiançailles spirituelles de Jésu&4;ihrist et de TÉglise (car le Christ est un comme son Église est une), nous devons reconnaître qu'une double loi , l'origine du genre humain et le sacrement du Christ, Inutn lai. mariages À un seul» La çiooo^mie a inauguré
nRTIJIXBDI. ^
notre naissance charnelle dans Âdam , notre naissance ipirituelle dans le Christ. Nés deux fois, nous tron^oasde part et d'autre un mariage unique. Sortir de ia mdnogamiiSy €*esl dégénérer des deux cotés* Ijes.iqamges répétés AUMttCBioèw&t p«r le pTsaricr faoBiÉe nandît. Ce fut lamath qui^'ea époasaat deux fenmes, étofaiii trois èbets .ébns me m&néiàiair.
YI. Mab les bienheureux patriarches, répliques- tu , non-seulement s'unirent à plusieurs femmes , mais encoi e à des concubines. — Nous sera-t41 permis, pour cette raison, de nous marier plusieurs fois ? Oui, sans doute, si ces maria^^es sont destinés à figurer les types qui survivent, ajttdioles de quelque mystérieux avenir; ou bien aiinens •ommes enonteious l empirede oMIfe pan>le : n Croisses ét k ntaltiplieal» il jD^est-à^lim si tnté oaiiTelle révélation, ne actaft a pas dit : « lie temps en cm*! : ailisi il fimt ifoe « ttlyna oe«t qui ont des femmes, soseat oomme n'en « ayant p(Hiit4.i» .Fav eeaaéqoent , en-praeriSilMit k coatinenoe , et en mellanC uniMn aM-amaigé, pépinière dix monde , elle a abrogé la loi qui disait : « Croissez et mul- « tipliez- » Si je ne me trompe, les deux paroles et les deux dispositions émanent d'un seul et même Dieu, qui, voulant répandre dans i origine la semence du genre humain ^ lâcha les rênes h l'avidité des mariaf^es, jusqu à œ qae le monde fat rempli , et qu il y eut abondaDte ma* i tièite ponr tee tXMmile discipline « mais qui , TeTs la in des temps, cômjprlnm ce qu*ii avait relâciié, vèwoqm ce 'j^*îl:é«fait{yernMi^ toajonn infiniment sege, aoit qn*iljcn- ^boorafsn'îia débuts soit qu'il Mtraifae à kfin« Leâobqi- -m^cèm^ms sonit'timjonr» lfB:|te HbreSr Voilà 'poonfnei Vo^katte vna foféeeto* k laine oraltre, pour l'abattre en son temps. La forêt, ce sera la loi ancienne qui est coupée par l'Évangile nouveau , dont la hache « va chercher jusqu'à la racine. » De même, <cOKil pour œil, dent « pour dent, » a vieilli, aujourd'hui qu'a genné cette Bu^ime : « ïtt ne rendras pas le mal pour k mai. » U en
nsK mnjumff.
est ainsi , ce me semble^ des lé^slations humaines i teà décrets postérieurs âfaotiiseat iesdacreis antérieuTS.
VIL Mais pourquoi ne reconna!trk«&-iioii6 pas plutôt dans les esemples primitife les réglemeiiils qui s'accofdeat avec les nâtres, et éout la foMHStamique a freirré «a plaoe dans la nonveanté présente P Ynlà que je vois dans la M ancienne une restriction apportée à la Iréqiieiice mariages. Il est dit sagement au Lévitique : « Mes prêtres « ne se marient point à plusieurs, m Qu'est-ce que plusieurs , suis-je en droit dédire , sinon ce qui n'est pas une seule fois? Ce qui n'est pas Tunlté, c'est le nombre. Enfin après l'unité commence le nombre : or l'unité est tout ce qui n'est qu'une fois. Mais U était eoeore réservé au Christ de compiler la loi sor «e paint eannae mr 1^ autres. De là Tient que chez bous, à cfiax qui sont eboisis pour entrer dans les éq Moerdoce, il est plu»tMrement et pins fonellement prescrit de n'épouser qu'«ae fbmme. Cela ett si vni, qoe ptoîoinli4iA«ouaisiaMe ont été rqetés dn saeaiiieèe pour^rniv ééwaatih^ jkm d'une fois. t — Mais , me diras-tu, les autres peuvent donc se marier, puis(|uc 1 exception ne les atteint pas?
— - Quelle serait notre extravof^ance, si nous nous imaginions qu'il est permis aux laïques de faire ce qui est défendu aux prêtres? Les laïques ne sont-ils pas tous prè- Iffes? il est écrit : a II nous a faits rois, et pitres de JDieu a CKk sbn Père..» Cest i'auâorité de TÉglkexpii a établi -medisthiQtioii eotna l'Ordre sacerdotal et le peuple.} eUe • qoi.hii JBmpÊt w^mfiBçvàâeB hqiiiie«iap«r6caU«rs.: .mais loif Hi oii rOrdie edeléHMîqna pw mi sié^ dîjjatf ,tif , tu eAmk anri6ee, tu baptisa», tu es prêtre , ne filtre que pour loi seul;, le dis. plus, là o« trois fidèles sont rassembles, quoique laïques, il y a une Église. Chacun en effet vît de sa ioi, parce que « Dieu iic lait point « acception de s personnes, et que ce ne sont pas ceux qui « écoutent la loi qui sont justifiés» mais ceux qui la poi-
.istnitiLim.
« tiquent, » suivant ia déclaration de TÂpotre. Si donc Ca possèdes «i toi<Huéme le dr«it du sacerdoce que tu peux «■âraéraiirbeMiii, >|iiijkiis t assujéttr aussi à la loi du«i<otidm pftriMtl cil besoin eal d'esercer le dmil èxx mtm' dm; Tu dies «ffirir 1^ gacrifibeet hapCMer, après aroir épNisë decuLfeMies? Ne kvêh» pas vm orine bèaucbif» "ptmgttni dans an laiqae^î a épousé deux famnicada rem|4ir ainsi des fonctions 4ac«rd6tales , quand ie prêtre qui a ëtë deux luis marié est dépouille du sacerdoce ?
—Mais, diras-tu, la nëcessiié porte avec sol son exc use.
Il nV a pas d excuse pour la nécessité qui peut ne pas éti^e. >i épouse pas deux femmes, et tune t'exposes pas à la .nécessité d'administrer ce qui n'est pas penais a l'homme warié deux fois, ittetu ««^eat qoie-M» flojfdas dîspdflés de niattiète à pouvolT'eQ tdik Mfnips app»é(A«r de jfés'saéiré^ •OMMI, 'ft |l nY^^n'm'Ôiêo, (|a*une foi, w et qa'imé ki eBaaéqttfMnmaat. Si les laïques, àù mîliem desqaels -on ahotsîl liMppétres, n-ohaorw^nt pas les eDodkitms auxquelles est sottmis le saèerdœe , comment fotami<4K>nr dhofsvr des prêtres parmi les laïques? Nous devons donc prévenir le laïque et empêcher qu'il ne se marie deux fois, puisque Ton ne peut élever un laïque au sacerdoce que dans le cas oii il n'a pas contracté deux mnriages. "
VIII. Eh bien ! que Ton se marie deux fois , si tout ce -qui esc permis-'est bon. Le même Apôtre s^écrie r vrTout
est pailMlli, mais tout n*est pas ^p^ient. » Je te le de- -taande^eè^iiai'iiW'paB mile, peut^èa fiappeler boa? 'St'de# elida» qai'^ie- profitent pas au saint sont permises, -ilftméi^'ifùe èéB thùm fpA ne sontpas bôaaes sont për- ' aifiais é^lemént^. Or, que doîaPttf pnS^^r de ce qui est ibon parce qu'il est permis, ou de ce qui est l)on en soi parce qu'il est utile? De la liheriéà l'utiliié il y a loin , si je ne me trompe. On ne dit pas de ce qui est bon, cela est permis, parce qu'un bien n'attend [ins qn ( n le permette^ il se prend. Qu est-ce dooc que l'on permet? Ce dont la Jbooté -est douteuse ce qu'en ponrrait He pas. permettre
imum.
sansqiîelque cause première qui Justifie la condescendance* C c^i pour prévenir rincontinencc qucle second maria^ est permis, parce que si le choix de quek|ii^ chose qui aWfV hoo a'élaitpas laissé aux fidèles^ il ne resterait plutJiUcun moyen de diacerner ou eel oeliii ^lii «ohék à DÎQ«LètMhiî fiiiobëit à aes penchants; qoi 4» l)o«is4iàcff0berutiUté on court après son plaisir^ Là permisaioii M.le plus mmetd la de ioiid|ie idb bi fidetilté, pmequè htMêlké hh loi s'^niottvé par la' tentftëon^ ôl que la tentatioh opère parla permission. De là vient « que tout eel permis, mais « que tout n'est pas exptJitiU, ) puisque celui qui est libre .est tenté, el que son jugement se pitjûonce pendant qu'il est tenté. Les \|)oiies avaient aussi la permission de se marier et de conduire avec eux leurs épouae^ ^ U leur était permis encore de vivre de 1 Évangîie} -likfjs celui qïû ae voulut pas pupât^r 4^ bépéûce<det4ett6t«riMMon nous engage à maiPchtr sur ses traces « * en bous app^te^H^n* que cette liberté n'est qa'une^ ^épMtve dfito laipidla k eoaàesoBoâsuu» est Kmfnéio au prô^ de keootineiiea.
BOUS 'eiUn)|is.séri6iiseniaBt diuil le sens de ces {Wiro^s , il feudra ne yçÀr dana uii seetmd mariage qu'une IbraicatioB déguisée. En effet, quand il dit ; « Les époux K sont occupés à chercher les moyens de se plaire mutuel- K lement, » cette remarque ne porte pas sur la pureté des mœurs (car il ne censurérait pas une sollicitude bonne en foi) : il désigne seulement les parures, le* ornements, Ica soins donnés h la beauté , et Vout.ce ^ui peut irriter lamivoitise. Or, le désir (I« plaire par la beauté el b parure . extérîeiire^est lessence nème de la concupisoft^diar- Bdle qui est elUifBéiDe iomved^ la limiqatHm, M'ai-^ pa<i msQBd'sffiniierqBebi^eo^ iafomi* ^tioD, puisque je ^uve pa lui ce qui constitue la fornicafioa? Le Seigneur luMuéiuea die: «Quiconque regarde une (( femme avecconvoitisea commis l'adultère au fond de ^n M cœur. » Or, celui qui la regarde pour l'épouser fait-il
looios ou plus ? Qa importe m4me qulii r^ouae t l^'aumît-
TERTULLIBN.
il épousée s'il ne l'avait convoitée pour l'épouser et regardée pour la coûvoiter ? A rnoiuâ peut-être que Ton n'épouae une femme sans Tavoir ni vue ni ooavoitée.
Sans doute il y a une grande différence qu'un homme i marié ou libre 9 désire une femmç étrangère. Or toute femme, même pour celui qui est libre, est étrangère aussi long-temps qu'elle n*est pas à lui ; de sorte qu'elle ne peut être mariée sans avoir été adultère. Les lois semblent établir une distinction entre le mariage et la fornication , mais elle ne poi ic que sur la pcriiiission donnée ou refusée, et non sur la chose en elle-même. D'ailleurs, quel est le but de l'homme et de la femme, dans le mariage comme . dans la fornication ? L'union de la chair dont le simple désir a été comparé par le Seigneur à l'adultère lui-même.
— - Mais, me dira-t-on, vous attaquez jusqu'aux pré* mières noces , jusqu'aux noces uniques !
— Oui, je les attaque et ayec raison , puisqu'elles ont le même mobile que l'adultère. ToîR pourquoi « il est « très-avanlageux h l'homme de ne s'approcher d aucune « femme p) pourquoi encore le principal méiilc de la virginité, c'est de se tenir éloignée de tout ce qui ressemble h la fornication. Et puisque ces considérations sur les premiers mariages sont déjà si puissantes en faveurde la con* tinence, quelle force n'auront-elles pas pour arrêter les seconds et les troisièmes ? Dieu t'a permis de te marier une fois ; témoigne-luiren ta reconnaissance. Tu lui témoigneras ta reconnaissance ^ si tu oublies qu'il te l'a permis une seconde fois. D'aillairs c'est abuser de la coudes* ceudance que d'en user sans modération. Modération vient de modus ^ qui signifie mesure. Ne te sulBt-il pas d'être descendu du faîte d'une virginité snus tache pour tomber au second rang de la chaateté ? i aut-il encore que tu t'abaisses au troisicme , nu quatrième degré , et peutêtre davantage, parce que lu n'as pas su l'arrêter dans le second ? Car celui qui a réprouvé les secondes noces , n'ar pas jugé à propos d'en défendre un nombre illimité. Ma- T. VII. 42
GôB TERTULLIEN.
rioD8-noD8 donc tous les jours» jusqu'à ce que nous soyons surpris y comme Sodome et Gomorrhe» par ce dernier jour, jour redoutable où s'aooomplira cet anathènie : « Malheur « aux femmes enceintes, » c*est-à-dîre , malheur aux maris et aux inoootinenls; car la grossesse, Tallaitement et les enfants sont les fruits du mariage.
X. El c|ii;ind ccsscras-tu de te marier? Quand tu auras cessé de vivre, apparcniment? Renonçons aux œuvres charnelles pour porter enfin des œuvri s spirituelles. Saisb l'occasion , que tu n'as pas désirée peut-être , mais enfin qui arriye ïbrt à propos , d'être libre de toute obligation terrestre. Tu as cessé d'êti^ débiteur. O combien tu es heureux ! Tu as congédié ton débiteur -, supporte ta perte ^ à plus forte raison si ce que j^appelle ta perte est un gain pour loi. Par la -continence, tu es à même de grossir maintenant le trésor de ta sainteté : en restreignant la chair, tu acquerras Tesprit. Descendons au fond de notre conscience. N'est-il pas vrai que l'époux, séparé de sa femme par la mort, se sent un homme nouveau? Il se rapproche de la nature spirituelle, Adressc-t-il sa prière au Seigneur? il est plus près du ciel. Métlite-t-il les Êcrîtures? il est tout entier à ses réflexions. €hante-t-il un psaume? il est inondé de bonheur. Ghasse^t-il le démon? il a confiance en lui-même, \oi\k pourquoi TApotre nous reoMnmande les ablutions temporaires, comme donnant plus de mérite à la prière, voulant nous apprendre par là qu'il font toujours pratiquer ce qui sert dans un temps, afin que cela nous serve toujours. Chaque jour, à tout moment, la prière est nécessaire à Thomme, par conséquent aussi la continence, après laquelle l'oraison est nécessaire. La prière part de la conscience. Si la conscience a honte d'elle-même, la prière est rî!is.si honteuse ( t limide. C'est l'esprit qui porte la prière vers Dieu. Si Tesprit se sent coupable au fond de lui-même, parce que la conscience rougit, comment osera-t-il la prendre pour la porter au ciel, lui ministre saint que couvre <le bonté la rougeur de
TUTULLUgN.
la oonirienoe? Cel oradé de Tinioien Teatateent n*C8l-il pas prophétique : « Yoiia serez aaints, parce que Dieu est
u sairu? » Et ailleurs: « Avec l'homme saint, tu seras « sanctifié^ avec le juste, tu seras justifie; avec l'élu, tu « seras élu. » Nous devons donc marcher dans la loi du Seigneur, oomme ii est digne de lui , et non suivant les ardentes convoitises ée k diair. Gela est d'accord avec les paroles de TApdtre : « La sagesse, seko la chair, c'est la « Mort^ flMkis k Mge-e, selon i^espriti c*68C k m ëteraeile m ctt aom»Seîyienr Jésos-Ghmt. » Si donc k chair» naéne dus un premiior mariage, peut ainsi ékigner r£i|irit •aint, à plaa forte raisou dans un seoond mariage !
XI. Là, en effet, il y a une double honte, parce que, dans un second mariage, deux épouses assiègent un même époux, l'une dans son souvenir, l'autre dans sii chair. Tu ne pourras haïr ta première < ompa^^ne, pui6<^|ue lui gardant une aâection plus sainte, comme à celle qui est déjà reçue dans le sein du Seigneur, tu pries pour sa mémoire et tu offres pour elle des prières annuelks. Te présent teras-ttt donc devant le Seigneur avec autant de femmes que tu en recommandes dans tes prières ? Offnra»Hn le saint sacrifice pour deux femmes ? Et oek par les mains d*un prêtre qui dmi son ordination a sa room^mie , ou même qui a été sanctifié par sa virginitc, et cju eutouient des vierges, ou des femmes qui n'ont été mariées qu'une fois ? Ton sacrifice monlera-l-il vers Dieu librement ? Oseras-tu , entre autres faveurs et bonnes dispositions, demander la ciiastelé pour toi et pour ton épouse ?
Xn« Je sais de quels prétextes nous colorons Tinsa* tkbk convoitise de k chair. La nécessité d une assislance, une maison à gouTemer, des serviteurs à conduire, des magasins et des ckis à gai der, des ouvrages de kine à distribuer, des dépenses auxquelles il faut veiller; voilà ce que nous alléguons. En effet, il *n'y a de bien administrées que ks iïiaisous des hommes mariés ! Tout va mal chez les célibataires \ les iûeos des eunuques périssent ^
la forfune des soldats est dilapidé; lesr voyageuts mm
épouses sont minés ! Oublions-nous donc que nous sommes aussi soldais, soldats soumis à une discipline d'autant plus sévère que notre n^aître est plus grand i' xSe sommes-nous pas des voyageurs dansée monde ? Pourquoi donc cette disposition , 6 Chrétien ! que tu ne puisses vivre sans épouse ?
— Il me- faut, db<-tUy une compagne pour partager les soins domestiques ?
— £h bien ! choisis quelque épouse purement sforîritnelle; choisis quelque -weave belle de sa fm, riche
sa pauvreté, vénérable par son âge. Tu auras feit un bon mariage. Pins tu auras de pareilles épouses, plus tu seras aj^réable à Dieu. Mais non; des Chrétiens pour lesquels il n'y a pas de lendemain, désirent une postérité. Le serviteur de Dieu soupirera-t-il après des héri tiers, lorsque lui-même s'est déshérité du monde ? Chercherat-il un second mariage, par la raison qu'il n'a point eu d'enfants du premier? Mais alors, il demandera donc avant toul à vivre long-temps, tandis que l'Apotre se hâtait de retourner vers le Seigneur ? En vérité, n'est-ce pas ? le Chrétien sera bien plas dégagé de tonte entmve cbns 1» persécution, bien plus bérc»iqtte dans le martyre, bien plus prompt à répondre dans les interrogatoires, bicai plus modéré dans ses acquisitions ; enfin il mourra bien plus tranquillement, s'il vient h laisser des enfans qui lui rendent les derniers devoirs ! Ne st inble-t-il pas que les Chrétiens a;;issent ainsi dans l'intérêt de la république, de peur que les cités ne se dépeuplent s'ils ne veillent k la propagation de l'espèce humaine de peur que les lois, le barreau et le commerce ne languissent ; de peur que les temples ne soient abandonnés ; de peur qu'il ne resie plus personne pour crier : Lss GuairiKrft aux iaùbb l
Yoilà sans doute les clam^rs que veulent entendre ceux qui désirent dés enfants. Le ferdeau d*uiie postérité devrait suffire à lui seul pour nous contenir dans le célibat, puisque les lois humaines contraignent d en avoir^
fgivô^tkt hieù i|tt*aiioon homme aage nen eût jamw déwé vôKobturemeBt. Qoe feiw^ta donc ei m peu amener
ta nouvelle épouse à ta manière de penser ? Détruiras-tu par des médicameiits le germe qu'elle a conçu ? Mais il ne nous est pas permis, que je sache, de tuer uneniant, pas plus avant qu'après sa miissance. D'ailleurs, pendant la grossesse de ta femme oseras^tu demander à Dieu une heureuse déiivraiKse, toi qui as rejeté le remède, q^nd tu IV vais entre les maînsf ^e t'entends. Tu choi siras une femme Mériki ou refroidie par Tâge. J'applaudis à la prudence el surtout à ta £»• £ii effet, on n*a jamais vu aucune femme •térile ou avancée en ft^ devenir féconde, quand Dieu la veut, événement d^autant.plus probable pour toi , que tu semhleras avoir provoqué la colère de Dieu par les orgueilleuses prévisions ! JSoas connoissons un de nos frères qui , pour élever sa fille , épousa en secondes noces une &mme stérile. Deux fois marié, il devint deux fois père.
XIU. A ma présente exhortation, mon liia^e bien-aimé, vienn^t s'ajouier encore les exemples empruntés au siècle, que Dieu nous ofi^ souvent comme un témoi* Ifnage, pour prouver que ce qui 4ui plaît est reconnu bon même par la sagesse mondaine , nouvelle oUîçwtioft pour nous. Leftpaîens tiennent en si grand honneur la mono^mie, que quand les viarges se marie&t avee les cé-* rémonies légales, on leur donne pour les conduire une femme qui n'ait été mariée qu'um^ fois. Comme auspice, cette circonstance est encore d un bon augure. De même, dans les solennités religieuses et les autres fêtes, la femme qui n'a eu qu'un mari prend le pas sur les autres. La -femme du fiamtne ne peut avoir qu'un époux, parce que Ja même loi eiistepour le flamine. Le grand pontife luinBoonoo ne peut se marier qu'use fob, tant la monogamie est en iionoeur» Lorsque Satan imite les sacrements de. notre Dieu, c*est pour contredire les Chrétiens; quedis^Pxs'est pour nous couvrir de conAisîon, si nous hëlaoQons fiire à Dieu le sacrifice que tant d'autres font au démon, ici par
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une virgîiiité, \k par un veavage perpétuels. Ooî n'a eoc
tendu parler des vierges de Vesta et de Junon dans une ville d'Achaîe, des vierges d'Apollon à Ephèse, et de celles de Minerve en d'autres lieux? Les prêtres, et surtout ceux du bœuf Apis en Egypte, faisaient vœu de continence. Les femmes qui se consacrent à Gères Africaine abdiquent Yolontairement leiiFS droits d*époiises, vieillissent dans la chasteté, loin du contact des hommes et fuyant jusqu'aux embrassements de leurs fils. Après la luxure , le démon sait convertir la chasteté elle-niâne en instrument de pei^ ditîon, afin d'aggraver le crime du Chrétien qui rejette dans la continence un instrum^it de salut. An dernier jour, les femmes idolâtres qui ont acquis la gloire, pour avoir persisté dans le veuvage, s'élèveront contre nous*, une Didon, reine fugitive sur un sol étranger, qui aurait dû aspirer h épouser un monarque, mais qui, pour ne pas connaître deux hymens, aima mieux se brûler que de se marier ; une Lucrèce, qui, ayant subi une seule fois, malgré elle et par violence, les embrassements d'un étranger, lava dans son sang les souillures de sa chair, ne voulant plus vivre du moment qu'elle n'appartenait plus à un seul homme*
Je trouverais chez les ndtres un plut grand nombre d'exemples, et même d'autant plus louables quH est plus
facile de vivre dans la chasteté que de mounr pour elle, c'est-à-dire de vivre avec ce bien plutôt que de s'en séparer par la mort. Que de saints persoiinnjjcs, que de vierges dans les ordres ecclésiastiques c^ui se sont voués à la continence, qui ont préféré épouser Dieu seul, qui ont rehabilité l'honneur dé leur chair, et qui se sont montrés d'avance les fils du siècle à venir, en retranchant ma fond d'eux-mêmes la convmtise de la passion et tout ce qui né peut entrer dans le paradis ! 11 finit coadure de là que tous ceux qui veulent entrer dans le paradis doîveDt enfin s'abstenir de tout ce qui n'y entre pas.
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