‹ Les pères de l'égliseChapitre 39 sur 44 · DE LA MONOGAMIE · texte numérisé non relu

DE LA MONOGAMIE

1. Les héréliques suppriment les noces -, les Psychiques les multiplient. Les premiers ne se marient pas même une ibis ; les seconds se marient plusieurs kis. Que deviens^tn, 6 loi du Créateur? Eutre les eunuques du dehors et tes ▼olupCueux serviteurs, tu gémis autant de la soumisnoii des tiens que du mépris des étrangers ; cooséquemment même offense de la part de ceux qui abusent et de ceux qcH ii*iisent pas. Mais la oontînenciè de cette nature n*est pas louable, parce qu'elle est hérétique -, Tusafi^e est illégitime, parce qu'il est psychique. Ici, bîasplième là, luxure : d'un coté destruction, de I nutrc dt siionneur pour le Dieu qui institua le mariage. Chez nous, au contraire, qui justiiions notre nom de spirituels par la connaissance des dons spirituels, la continence est aussi religieuse que l'usage est pudique, puisque Tnn et l'autre sont avec le Créateur. La continence rend gloire à la loi du mariage, Fusage la tempère. La première n*est |X)int contrainte, le second est soumis à des règles. L*une est le choix de la ▼olonté, Fautre a des mesures. Nous ne connaissons qu'un seul mariage, de même qu'un seul Dieu. La loi des noces est plus lioaurablc là oii elle a sa pudeur. Mais, comme les Psychiques ne revivent pas l'£sprit, les choses de l'Espnt

(f) ^om ^ec qm «gnifie mariage uiiù|ue.

ne leur plaisent pas. Aussi, tandis que les choses de 1 Esprit leur déplaisent, lis aiment celles qui appartiennent à la chair, parce qu'elles sont opposées à l'Esprit, u La « chair, » dit TApotre, « s'élève contre l'Esprit et TEsprit « ooDti*e la chair. » Or, que désirera la chair, ^inon ce qui est de la chair ? Voilà pourquoi, dès Torigine, elle est devenue étrangère à TEsprit : « Mon esprit ne demeurera « plus à jamais dans Thomme, parce quil n'est que i( chair. »

II. Nos adversaires nous reprochent donc comme une hérésie la discipline de la monogamie. Lenrfi^rnnd motif pour nier le Paraclet, c'est qu'ils le regardent comme le fondateur d'une doctrine nouvelle, et sui'toui de la plus dure des doctrines pour eux. U faut donc commencer par examiner avec détail s'il est vrai que le Paraclet ait enseigné quelque chose que 1 on soit en droit de premke ou poinr une nouveauté, par rapport à la tradition oaiholique, ou pour un fiiideau, par rapport au joug; léger du Seigneur? Le Seigneur lui-même s*est prononcé sur ces deux points, quand il a dit : « J'ai encore heaucoup de choses « à vous apprendre, mais vous ne pouvez pas les jiortep « maintenant. Lorsque l'Esprit de vérité sera venu, il (( vous enseiguera toute vérité. )> C était déclarer assez maniiesiemeni qu'il ferait des choses qui poui raicut |>asser pour une nouveauté, puisqu'elles n'auraient jamais été publiées, et pour un fardeau de plus, par la raison même qu'elles n'auraient pas encore été publiées. En vertu de ce raisonnement, réponds-tu, on pourra mettre sur le compte du Paraclet toute espèce de nouveauté ou d'obligation, quand même elles viendraient de l'Esprit contraire. Point du tout. L'Esprit contraire se trahirait à la diversité de sa prédication, d'alxjrd en altérant la règle de l.i loi , puis en altérant l'ordre de la discipline, parce qu'il commence par corrompre ce qui vient en première lif^ne, c'est-à-dire la loi qui est antérieure à la discipline. L'hérétique s'attaque nécessairement à Dieu, avant de s'attaquer

T£RXULLI£N

h son iijsuiuiiou. Mais le Paraclel, qui avait à enseigner beaucoup de choses que le Seigneur avait réservées |)our son avènement, ainsi qu'il l'avait déclaré d'avance, rendra d'abord témoignage au Christ lui -menie, tel que nous le connaissons, avec toutes les di^poiitioos du Créateur ; il le gfk>rî0era, il aura toujours son nom sur les lèvres. Se fai» saQt ainsi reconoaitre à ce caractère principal, il révélera les nopilireuses prescriptioDS des disciplines, qui, toutes nouvelles qu'dles sont, puisqu'elles viennent d'être revé» lées, toutes lourdes qu'elles scmt, puisqu'on ne peut les supporter encore, seront accréditées par l'intégrité de sa prédication, disciplines néanmoins de ce même Christ, qui a dit : <( J'ai encore beaucoup de choses que vous ensei- <{ gni'i il le Paraclet, » et non moins lourdes pour les Psychiques d'aujourd'hui, quelles ne 1 étaient alors pour ceux qui étaient incapables de les porter*

IIL Que la monogamie soit un fardeau, à Timpudente infirmité de la chair de le savoir. £st-elle quelque chose de nouveau ? Le contraire va être constaté. En effet, nous affirmons de plus que quand même le PSaradet eut ordonné une virg;inité ou ulie continence absolue, sans permettre aux bouillonnements de la chair de s'apaiser dans un mariage unique , li a aurait introduit aucune nouveauté , puisque le Seigneur lui-même , en sa qualité de vierge , ouvre le royaume aux vierges. L'Apotre aussi . les yeux fixés sur son modèle, n'embrasse-t-il pas la continence en son honneur , et ne déclare-t-il pas qu'il la préfère ? — Tout en maintenant les droits du marfage, réponds-tu. — D'accord , et nous verrons jusqu'où; il le diétruit néanmoins en partie , puisqu'il liii préfère la continence. « Il « est avantageux à l'koiDme, dit-il, de ne s'approcher d'aa- « cune femme. i» Donc , c*est un mal de s'en approdier. Car il n'y a d'opposé au bien que le mal. « Voici donc ce «( qui me reste à vous dire : Il faut (jue ceux qui ont des « femmes soient eomnie s ils ii t n avoient point. » Raison de plus ^ur que ceux qui en out ae doivent point en avoir.

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11 explique ensuite pourquoi il donne ce ronscil ; parce que ceux qui ne sont point mariés s'occupent des choses de Dieu , tandis que ceux qui le sont cherchent comment ils plairont cha^n dans leur mariage.

Et ici, je puis le déclarer, ce que l'on permet n'est {ws un bien véritable. Car le bien véritable, an lieu de se permettre, est un droit acquis. La permission repose «sur quelque motif, parfois sur celui de la nécessité. Enfin , celui qui permet le mariage dans cette circonstance , le permet contre sa volonté ^ car il veut tout autre chose. « Je « veux, dit-il, qu'ils demeurent dans cet état comme j'y K demeure moi-même. » Et lorsqu'il prouve que la continence est meilleure, que veut-il donc, sinon ce qu'il a déclaré préférable tout à l'heure PGonséquemment, s'il permet tout autre chose que ce qu'il veut, en le permettant non par volonté, mais par nécessité, il montre qu'une oondesoendanœ qui Uii est arrachée malgré lui n'est pas un bien véritable. En un mot, quand il dit encore : « Il vant mieux « se marier que de brûler; » singulier bien en vérité, qu'un bien meilleur qii un châtiment, et qui ne peut paraître meilleur que par coiiiparaison avec quelque chose de très-mauvais. J'appelle bien ce qui mérite ce nom par soi-même , sans comparaison , je ne dis point avec le mal , mais avec un autre bien ; de sorte que si dans sa comparaison avec un autre bien il s'cclipse un peu, il garde néanmoins son nom de bien. D'ailleurs, si ce n'est que par comparaison avec le mal que tu le nommes un bien , dès lors c'est moins un bien qu'une espèce de mal infé^ rieur qui, surpassé par un mal plus considérable, entre malgré lut dans la classe du bien. Retranche la condition, et ne <iis plus : « 11 vaut mieux se marier que de brûler; » je te le deiuaude, aseras-tu dire encore : « Il vaut mieux se « marier, )> sans ajouter pourquoi i! est iiieilleur de se marier ? Le mariage cesse alors d'être quelque chose de meilleur y et en cessant d'être quelque chose de meilleur, il ne reste pas même un bien , dès que l'on retranche la

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eoDdilioD qui , en le raodant quelque chose de meilleur ^ nous force de le regarder comme un bien. Il vaut mieux perdre un orâl que deux. Toutefois, si tu cesses de comparer ces deux maux Tun arec l'autre, n^avoîr qu'un œil ne

sera pas meilleur, parce que ce ne sera pas même un bien. Mais que penser maintenant si c'est de sa propre autorité, c'est-à-dire d après l'opinion de l'homme, que i apdtre permet le mariage par eondescciulance , et à cause de la nécessité que nous signalions tout à l'heure , « parce qu'il « vaut mieux se marierque de brûler ? » Car, lorsque passant à un autre ordre d'idées, il dit: «Pour ceux qmsont u dans le mariage, ce n'est pas moi, mais le Seigneur qni « leur fait ce commandement, » il montre par là que ce qu'il avait dit plus haut, au lieu d'avoir pour soi l'autorité du Seigneur, n'est qu'une conjecture de l'homme. Au contraire, reporte-t-il les esprits vers la continence: <f Je veux, dit-il, que vous soyez U)ns en Vélat où je suis « raoi-méme. Or, je crois que j'ai aussi l'Esprit de Dieu j » afin de révoquer par Tauionié de l'Esprit saint ce qu'il avait accordé à la nécessité.

Jean d'ailleurs, en nous avertissant de marcher dans les voies OÈL a marché le Seigneur , nous a également avertis de marcher dans la sainteté de la chair; il n'en faut point douter : « Quiconque , dit-41 , a cette espérance eo lui , se « sanctifie comme il est saint lui-même, n Car il est dit ailleurs : « Soyez purs comme il a été pur lui-même , >» c'est-à-dire du c6té de la chair. En efifet , il n'aurait point parlé ainsi de TEsprit, parce que l'Esprit saint se reconnaît de soi-iTiè[ii(\ sans avoir besoin qu'on lui rappelle la sainteté, qui est le (ond de sa nature. 3fais cVst à la chair qu'il laut enseigner la sainteté, parce quelle a été sanctifiée dans le Christ. Si donc la feculté de se marier se trouve infirmée 9 soit par l'examen des conditions dans lesquelles elle est accordée , soh par la déclaration que la continence lui est préUéfahle, pourquoi ce même « Esprit qui vient « enseigner toute discipline et toute vérité, « n'aurait«il

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pas pu après les Apôtres et avec le progrès des temps, sui-^ Tant qae le dit l'Ëocléataste : « Chaque chose a son temps, » imposer à la chair son dernier frein, en ne nous détottP-* nant plus du mariage non pas obliquement, mais à décou-vert, d'autant plus que « le temps déjà court » Test devenu encore davantage , puisqu'il s'est écoule cent-soixante ans^ environ depuis 1 iipotre ? Ne seras-tu donc pas forcé de te dire à toi-ruLine : Cetd: (li>ciphue est ancienne, quand tu la retrouveras dans la chair et la volonté de Jésus-Christ d'abord, puis dans les conseils et dans les exemples des Apôtres? Oui, il y a long-temps que nous étions destinésà cette sainteté. Le Paraciet n'introduit rien de nouveau*. Ce qu*il a prédit d'avance , il l'exécute ; ce qu'il a long^temps attendu, il le réclame. £t maintenant, tu te persuaderas facilement par ces réfleadons qu'il convenait brâucoupplus au Paraciet de prêcher un mariage unique, puisqu'il pouvait l'interdire complètement, et qu'il a usé d'indulgence ià où il aurait fallu supprimer, si tu sais comprendi e quelle est la volonté du Christ. A ce caractère encore , tu dois reconnaître dans le Paraciet un avocat : il a dispensa ta faiblesse de la virginité absolue.

IV. Loin d'ici maintenant la mention du Paraciet comme d'un auteur qui nous soit personnel i Parcourons les Ëcrî* turcs anciennes qui nous sont communes. Il nous sera facile de démontrer queia discipline de la monogamie, au lieu d*étre nouvelle et étrangère , est ancienne et particulière aux chrétiens; de sorte que le Paraciet, tu pourras t'enconvaincre , la rétablie plutôt qu'il ne l'a établie.

Quanta ce qui concerne 1 antiquité, quel exemple peuton alléguer de plus ancien que l'origine du genre humain lui-même? Dieu donne à l'homme une sculti iemme (ju il tire d'une seule cote, et cela entre plusieurs. 11 y a mieux. Lorsqu'il prélude à son œuvre : « 11 n'est pas bon , dit-il , « que l'homme soit seul : faisons-lui une aide. » Il aurait dit des aides, s'il lui avait destiné plusieurs épouses. Il éta- Uit aussi la loi pour l'avenir. En effet, il a été dit prophé-

ÏËHTULLIEIS

dquement : « Et ils aevont deux dans une même chair ; » deux, mais non trois ni davantage. B^ailleurs , ils ne sont

plus deux, s'ils sont davantage. La loi demeura inviolable. Les pères du genre humain vécurent jusqu'à la fin dans un mariage unique, non point parce que les femmes manquaient, mais parce qu elles manquaient, de peur que les prémices de la race humaine ne lussent souillées par un double mariage. D'ailleurs» Dieu n'avait qu'à vouloir pour qU'il existât d'autres femmes. Adam aurait choisi parmi la multitude de ses filles, ayant encore une Eve fimnée de sa chair et de ses os^ si la piété Veût permis.

Biais depuis que le premier crime, rhomicide, eut été inauguré dans le fratricide, il n'y eut pas de forlait phTs digne du second rang que la réitération du mariage. Peu importe, en effet, que 1 uu des anciens ait eu deux épôuses l'une après l'autre , ou habitant à la fois dans la même maison. Unis ou séparés, le nombre des époux reste toujours le même. Cependant, l'insiltution divine, violée mie fois par Lamecli , se maintint dans sa vigueur jusqu'à la destruction de cette race. Il n'y eut pas dans la suite de second Lamech ainsi marié à deux épouses. L'Écriture nie ce qu'Ole ne déclare pas. Ce furent d'autres iniquités qui provoqu^^t le déluge ; des iniquités qui ne furent diàtiées qu'une seule fois, mais non pas « soixante-dix fois « sept fois, » ainâ que le méritent les doubles mar^ges.

Mais le genre humain, réparé de ses ruines, renaît avec ia monogamie, sa mère. Deux recommencent à croître et à multiplier dans une seule chair. Noé et son épouse, ainsi que leurs iils , nv connaissent qu'un seul mariage. Je retrouve la monogamie jusque dans les animaux , afin que les bétes elles-mêmes ne naquissent point de Tadultère. « De tous les animaux, est-il dit, et de toute chair, tu 4c prendras deux de chaque espèce , mâle et femelle , afin « qu'ils vivent avec toi dans l'arche. Des oiseaux du ciel ic selon leur espèce, ec de ceux qui rampent sur la terre « selon leur espèce^ deux entreront avec toi , mâle et fe-

M melle. » C'est ainsi que IHeu ordonna enccore au patriarche d^en choisir sept pour les unir un à un , selon qu^îls sont mâles et femelles. Enfin, que dirai-je de plus? Il n*est pas

uienie permis aux oiseaux impurs d^entrer dans l'arche avec deux femelles.

V. Voilà ce que j'avais à dire sur ce tëmoîgnafre qui , emprnnl/» au berceau du monde, sert coiuint^ ih^ p uintifif^e en faveur de notre origine, et de là vient la présomption qu elle est d institution divine. 11 s'agit ici d'une loi et non d'un simple conseil. Si cette coutume a été suivie dès le débuts nous remarquons que le Christ nous gouverne d'après les lois primordiales ; ainsi encore , dans la question du divorce « quand il dit : « Moïse le leur avait permis à « cause delà dureté de leur cceur *, mais au commencement « il n'en était pas ainsi, » il rappelle è sa rè^le primitive <c Tind i visibilité du mariage. Yoilà [)ourquoi il ajoute : a Que « l'homme ne sépare donc pas aujourd'liui ce que Dieu a «joint dès le commencement,)) L'A|)6tre, dans son épître aux Éphésiens , dit encore : ((Dieu s'est proposé en lui- « mâme , après que les temps marqués par sa providence « seraient accomplis , de réunir tout en Jésus-Christ , « comme dans un seul chef > tant ce qui est dans le cîel « depuis le commencement que ce qui est sur la terre. »

De là vient que le Seigneur s'applique à lui-même la première et la dernière lettre de l'alphabet grec , comme symboles du commencement et de la fin qui se concentrent dans sa personne, pour attester qu'à l'exemple de l'a , qui descend jusqu à I a» , et de 1 , fini remonte jusqu'à l a , le commencemi ni descend en lui vers la fin, de même que la fin remonte au commencement, pour que toute disposition^ en s achevant dans celui par qui elle a commencé, c'est-àdire par le Verbe de Dieu « qui s'est fait chair, n s'achève comme elle avait commencé. Il est si vra i que tout est raj^lé dans le Christ au commencement, que la foi retourne de la ehroondsioB à Fintégrité de la chair, telle qu'elle exista dfabord. J'en dis autant du libre usage des aliments , à

lEiirULLlEN.

renseption du Bang lui seul» tel qu'il eilsia d*abord ; de Tindivisibililé du mariage, telle qu'elle eiist^ d'abord ; de la défense du divorce, qui n'exista point d'abord ; en un mot,

Thomme tout entier est rerois en possession du paradis, où il fut placé d'abord, l'ourquru donc n'y devrait-il pas réintégrer, ne fût-ce que par la uiooogamie, cet Adam qui ne peut y rapporter une chair aussi pure qu'avant d'en avoir été banni ?

Quant à ce qui touche le rétablissement de la loi primordiale, la raison de ta destination première et de ton espérance te redemande ce qui exista dès le commencement, conformément à ton origine qui commence dans ▲dam et recommence dans Noé. Choisis qui des deux tu voudras pour origine, il n'importe. La discipline de la mo^ aogamie te réclame dans l'un et dans l'autre.

Mais si le commencement se transmet jusqu'à la fin , de même que Ta à Va , ainsi que la fin reinoiite jnscju'aucomiiu'iicement, de même que l'a; à l'a , et que par conséquent noire origine soit transférée en Jésus-Christ, l'homme animal en Thomme spirituel, parce que « ce n'est pas le corps « spirituel qui a été formé le premier, mais le corps animai « et ensuite le spirituel , » examinons maintenant ce que ta dois à cette seconde origine, c'est«à-<lire s'il convient que tu sois dans le même état que le second Adam, qui fut luimême dans le même état que le premier, puisque le second Adam, ou, en d^autres termes, Jésus-Christ, fut entièrement vierge, comme le fut Adam avant son exil. Mais après avoir doriûc à ta faiblesse Texeuiplc de sa chair, l'Adam le plus parlait, c'est-à dire Jésus-Christ, par là mcme d'autant plus parfait qu il cbt plus pur, se présente à toi dans une chair virginale, si tu le veux. Mais si tu te sens trop faible, il se présente à toi monogame en esprit , n ayant qu'une seule épouse, TEglise, que figurldent Adam et Eve. L'Apotre, en interprétant « ce sacrement auguste comme le symbole d de Jésus-Christ et de l'Église, » nous atteste qu'à la monogamie cbamelle correspond la monogamie spirituelle.

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Tu le Yois donc; renouvelé dans Jésus-Christ, tu ne peux porter les marques de ton origine , sans la profession de

monogamie, et à moins d'être dans ta chair ce qu'il est en esprit, quoique ce qu il a cité dans sa chair lu doives roUc également.

VI. Mais clierchous-iious encore quelques auteurs de notre origine. Car des pères monogames, tels qu'Adam ^ Noé , et peut-être Jésus-Christ lui-même, ne sont pas du ^ût de quelques-uns. En un mot^ ils en appellent à Abraham, quoiqu'il leur soit interdit de reconnaître pour père tout autre que Dieu. Ëh bien ! qu'Abraham soit notre père; que Pftul soit notre père, d*acoord! « Je vous ai fc enjendrés à rËvangile , » dit TApâtre. Montre-toi donc fils d'Abraham. Tu n'as point en lui une origine indéterminée. C'est à un moment fixe et marqué (ju'il est ton père. «Si, en effet, c'est jwr la foi que nous somines les i( enfants d'Abraham, » comme i enscifjne 1 Apotrc cjunnd il dit aux Galates : « Sachez donc que ceux qui s'appuient « sur la foi sont les enfants d'Abraham , puisqu' Abraham « crut à la parole de Dieu, et <|ue sa foi lui fut imputée à justice,» il était alors dans la monogamie, si je ne me trompe , puisque la cirooncision n'existait pas encore. Si par la suite il changea sur chacun de ces points pour adopter d*une part la digamie en épousant sa serrante , de l'autre la circoncision comme un signe d'alliance, tu ne peux le re<ronnaÎLre pour père qu'au moment où il crut à Dieu, puisque lu es son ills scion la loi ti non selon la chair. Ou bien, si lu adoptes pour père le sccoiui Ahraham, c'est-à-dire lo digame, adopte éj^nlement le nirronris. Si tu rejettes le circoncis, répudie doue pareiiiement le digame. Tu ne peux mêler ensemble deux dispositions qui diffèrent entre elles si complètement* Le digame commence à la circoncision ; le monogame avec rinoirconcisiao. Tu admets ladigamie;

(i) Allosioii à cet paroks de Jé«ii»-Gliritt : iVM»* vMê AOrtm voear^ svp§r twnmi «mu m«m est faUr vuter qui âi cmUê hL

«dpels donc «msi la cirociiicisiaii. Tu définuls Tmciroim* cÎBÎaiiv le .voilà ex^àmad à la monogamie. Il eit si mi que ta es le fils d^Abraham , mooogmne et ineirooticis , qne si

lu te circoncis, lu cesseras dès lored'élre son fils, parce que (u ne le seras plus en vertu de la ioi , mais en vertu du signe de la foi qui a été justifiée dans l'intégrité de la chair. Tu as TApotre ; instruis-loi avec les Galates.

Conséquenimcnt , tu as beau te permettre la digamie , tVL nés pas le fils de cei Abraham dont la foi se manifesta kursqu'il appartenait encore à la monogamie. Quoique daue la «nite il soit aj^peié le père de Datioasuombieusesi ik ne rest que de celles qui deraient être céputéesenfoits d'Afarakam, eu vertu de la foiquiavaic précédé sa digaaiie.

allais pourquoi tous ces détails ? Autres sont les figures, autres les réalités. Autres sont. les images, autres les préceptes. Les images passent une fois accomplies ; les |)! t ( eptes demeurent toujourîi pour avoir leur accomplissemenc. Les images prophétisent , les préceptes gouvernent. Que présageait la double uuum d'Abraham? Nous rapprenons de la Ixjuclie de 1 Apdtre , qui l'explique œmme la figure des deux alkanoes, de même qu'il rattache à Isaac Torigine de notre peuple. Si tu es né de k femme libre, si tu appartiens à Isaac^ il est oertsîn qne oe patriante ne porta fe joug que d*tmseul maria|fe. Yoilà mes pères , si je ne me trompe. Qtuint ans autres , je ne les connais pas. Si tu en eheorehes autour de toi des exem* pies, lu rencontres un David qui réitère les noces jusqu'à travers le sang, et un Salomon riche en épouses. Mais veux-tu des modèies préférables? tu as Joseph, qui ne connaît qu'un seul mariage, et à ce titre , j'ose iedirc meilleur qu'un père ; tu as Moïse, qui vit Dieu face à lace ^ tu as AÛon , le grand pontife. Le second Moise du second peuple, qui introduisit notre image dans les promesses de Dieu , et dans lequel fut consacré pour la première fois le nom du Seigneur, ne contracta point non plus un double mariage.

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VII. Apr^ ces amiques exenuples de personoa^ qui tiennent aui- origines dn monde ^ .paaKms ans lenes antiques des ËcritnTes- de la loi, afin de traiter dans nn

])lan méthodique toute cette question. Puisque les uns soutiennent nu'il n'ont rien de commun avec la lui que Jésus-Christ est venu non pas détruire, mais accompHr, puisque les autres ne gardent de la loi que ce (jui leur conTÎent) nous atlîrmons, nous, que ia loi a été abrogée en ce sens que les Êsirdeaux intolérables à nos pères eax-mêmes , ont dispara , tandis que les devoirs de .la justice demeurent toujours^ non-«eul^ént réservés, mais encore augmentés, afin « que notre justice soit plus aboo- « dante que la justice des Scribes et des Pharisiens, n S'il en est ainsi de la justice^ il en Ta de même de la pudîclté. Si donc, de ce que la loi oidonne an firère qui mrvit d*épi)ust r ia fciniiie de son frère, mort sans enfants, afin de susciter au dëiuiit ijiu' pùsicrité; si raéme de ce que cehi peut arriver plusieurs ibis dans uuv seule et même personne, suivant la subtile question des Sadducéens, ils concluent que la réitération des noces est permise, qu'ils cornniencent^ par comprendre la raison du précepte , et ils i«connaitront ensuite que cette raison, venant à cesser^ est du nombre de celles qui devaient être abrogées dans la loi* Il fitllait nécessairement remplacer dans le léartaipe son frère qui était mort sans enfants. Pùvrqnoî ? D'abord cette bénédiction : « Croissez et multipliez, h devait avoir son accomplissemc nt. En second lieu, les enfants portaient les |)échés de leurs pères. Eniin . la vinpnité et la stérilité étaient regardées con mu' un tjpprobrc. Ainsi, puur que ceux qui mouraient sans entants, ou condamnés par la nature, ou prévenus par une mort prématurée, ne fussent pas chargés de malédictions, la loi voulait qu il leur fût. suscité de leur sang une postérité de substitution, 5 alla» presque dire posthume*

Mais depuis que la fin des temps a rendu inutile ce pré^ cepte : « Croissez et multipliez -, )> depuis que TApôtrea dit:

TERTULLIEiS.

K Qiio TOUS reato^tr-U à ûûre^ mosk que omt qui ont «les a ^éponm fioicQt aanmie Vils n'en avaâsnt pas , parée que M le téoips est court ? depuis que le raisin vert, mângé par. <( les pères, a cessé d'agaoer les deucs des enfants, parce « que chacun niuurra dans son péché, » des lors les c uuu^ ques non-scnlemont n'ont plus été soumis à i opprobre , mais ils ont mérilé la grâce et ont été conviés au royaume (les cieux. La loi , qui ordonnait de succéder au mariage <ie son frère, étanteosevelie, le principe opposé, quidéfen*^ dait de sneoeder au mariage de son kère^ pnévalul* Far eonséqueiU, ce qui a cessé d'être en. vigueur pavce que la ranon n'ea sobàste plus, ainsi que nous.ravons àiitent à Theure^ ne peut fournir un: at^gument à ua auti^e. La fismme qui a perdu son éjtouz n'en ëpoudem doue pomt un second, puiscpi*en se remariant elle épouserait son frère ; car nous sommes tous frères. Et cependant, cette femme, u à laquelle il c\st prcscrii de se marier ddus le >ei^eur,» épousera non pas un {laïen, mais sou Irère, l aiicienne loi elle-même défendant de s'unir h des étranj^ers. Or, puisqu'il a été dit dans le Lcvitique ; u Celui qui épousera Il la IsoMue de son frère fait une chose ilhcite ^ il a décou«i ' vert la turpitude de son frère ^ ils mourront sans enr* laMt » il n^y a point de doute que la défense de se remarier, imposée àoelui-ci, besoit de même imposéeè collet, qui ne peut épouser que son frère»

Gomment donc mettre d'aooord la loi et TApdtre, qui ne renverse pas complètement la loi ? nous le montrerons ' quand nous serons arrivés à son Epître. En attendant, pour ce qui concerne la loi, ses raisunuemenlsnous conviennent mieux. Elle interdit encore aux prêtres de se r( nnu ier. Elle ordonne à la fille du prêtre, veuve ou répudiée, de retourner daus la maisou de son père si elle n'a pasd'cniants, et de se nourrir de sou pain. Pourquoi, si eUe n a pas d'enfonts ? Ce n'est pas dans Tintentioii qu elle se remarie, dans le cas oti elle en amrait; — - car quelle raison- plus impérieuse pour ne pas se remarier si elle en a ? mais

ÏERTULLIEN

afin qtie «i elle en a, elle soit nourrie paat «on fiis filvtoiqtte par son père, el mette le fiUàménied'aoeQnipliroe oommaivdement de Dteu : (i Honore ton père et ta mire» » liais nous, . Jésus, qui est le pontife suprême du Pèse» nous revêtant de

ce qui est à lui , parce qu en effet les «hommes .baptîâés en Jésus-Christ ont revêtu Jésus-Christ, « nous a étahlis prèu-es (( de Dieu son père, » suivant le témoignage de Jean. S'il retient auprès de lui le jeune homme qui se hâtait d'aller ensevelir son père , c'élaît pour nous montrer que nous sommes marqués par lui de ia même onction sacerdotale que ces prêtres auxquels la loianciennedéfeiidaifed'assiflter aux funérailles de leurs pères : « Le prêtre u entrera point « au lieu oti il y a un mort | et il ne se souilkra point par « les funérailles de son père ni de sa mère. » Derân-noos donc aussi nous conformer à cettedéfeose ? Noii, sans dente; Dieu qui est notre père unique , et TÉglise qui est notre mère , ne connaissent pas la mort. Nous-mêmes , nous ne mourons pas, puisque nous vivons en Dieu, ef nous n'ensevelissons pas de morts, puis<:]u'ils vivent en Jésus-Christ. Appelés diî nom de prêtres par Jésus-Christ, noussomuies les débiteurs de ia monof^amie, en vertu de la loi aAciûeiuie de Dieu, qui nous prophétisait dans ses prèues.

VUL Maintenant si nous nous tournons vers la loi qai nous est propre, c^est-à-dire versl'Évan^le, qn^ exemples y trouvons-nous P Pendant que je PinternSge» voilà que deux prêtresses de fat sainteté ehrétkn&e, ià JUkmogarnie et la Continence» se présentent aussitôt à moi sur le -seuil de la loi nouvelle. Tune pudique dans le prêtre Zacharie, l'aulrc intacte dans Jean le précurseur^ i une apaisant Dieu, l autre préchant le Christ; Tune annonçant le prêtre tout entier, l'autre montrant du doigt plus qu'un prophète, c'est-à-du*e un Ijonnnc (jui non-seulement ^|M^ba le Christ ou le montra en iace, mais eut l'insigiie honneur de le baptiser. Qui» en effet, était plus digne de consacrer le corps du Sei^eur, qu'une chair semblable à .eelle qui conçut et enfanta ce corpeP C'est une viergpe

qui ei^anta le Christ, une vierge qui devait se marier une seule fois après cet eiiiautement, a6n que les deux titres tic la sainteté eussent leur consoinmation dans la naissance de Jésus-Christ, par une mère à la fois vierge et attachée à un seul époux. L'enfant est présenté au temple. Qui le reçoit danssesmaiofip qui le reoui^nait le premier eu esprit? C'est un homme juste, un homme éclairé, un homme qui n'trait été marié qu'une i^is ; quand même il n'y auraU eu que nette raisofi: qu'il ne fidkit pas que le Chnsi fût annoncé phtt dignement par une femme âgée, veuve d'un seul époux, et qui, passant sa vie .dani le temple, figurait dans sa personne la pureté que Ton doit apporter dans le temple spirituel de TÉglise.

Voilà quels témoins rencontre TEnfanl-Dieu j il n*en aura pas d'autres dans un âge plus avancé. Pierre lui seul sera marié ^ sa helle-mère me l'indique ^ qu'il ait été monogame, je le conjecture par TÉglise qui, fondée sur lui., devait composer de monogames Tordre hiérarchique de ses ran^. Quant aux autres, dès que je ne trouve pas qu'ik aient été mariés, il faut nécessairement que je les suppose vierges et continents. En effet, de ce que chez les Grecs l'entraînement de la coutume désigne par un nom génér rique la femme el l'épouse, quoiqu'ils aient un terme parr ticulier pour cette dernière (l), ce n'est pas une raison pour conclure des paroles de Paul que les ajxjlres nient eu des épouses. Si , en effet, il eut traité la question du marriage couiiiieil le fait dans ce qui suit, où l'Apolre aurait pu citer quelque exemple plus approprié , ce serait à bon droit qu'il paraîtrait dire : « N'avons-ndus pas le pouvoir de « inener partout avec nons des épouses , comme fout les M autres apôtres et Céphas? » Mais puisqu'il ajoute aussitôt -des choses qui prouvent son désintmssement dans les al^ m^ts qu'il pouvait exiger des fidèles : « IN'avonfr-nous pas a le droit d'être nourris à vos dépens ? » c'était démontrer*

710 TËRTULLIËN.

qité les apdtres ne menaient pmnt pHi^foiit avec eooL é$»

épouses, — ceux qui n'eu ont pas ne laissent pas d'avoir le droit d'être nourris, — mais simplement des femmes qui les servaient, au même titre que celles qui accompagnaient le Seigneur.

D'aîUeurS) si Jésus-Christ « reproche aux Scribes et aux 41 Pharisiens de s'asseoir dans la chaire de Moïse, saas^ pru- H tiquer ce qu*ils enseignaient, » comment supposer qu*U établissait dans sa proprechalre des hommes qui ne savaient pas prtecrire, encore moins pratiquer la sainteté de la chair qa*H lenr avait appris de Umte manière à enseigner et à ]pnitiquer, d'abord par son exemple , ensuite fMar le raison-' nement ? Témoin « le royaume du ciel qui appartient anx « enfants, — les euiauis qu il compare au royaume des « cieux après avoir parlé tlii m n iage: » et ce précepte : « Soyez simples comme la colombe , oiseau Don-sculeinent « incapable de nuire , maïs plein de pudeur et qui ne « connaît qu'un seul mâle; » témoin encore lorsqu'il dit à k Samaritaine « qu'elle n'a pointdemari, » pour lui montrer que la réitération du mariage équivaut à l'adultéré ; témoin lorsque dans la manifestation de sa glaire , parmi tant de saints et de pro]Àètes, il choisit de préférence pour compagnons Moïse etËlie, Tun monogame^ Tautre vierge^ car Ëlie ne fut pas autre que « Jean qui est venu dans la « vertu et l'esprit d'Ëlie ; » témoin enfin « lorsque cet « homme insatiable , adonné au vin , qui fréquentait les « fables des publicains et des pécheurs, » u assiste qu'une M-nlv fois à des noces, quoique l'on ne manquai ]K)liit de se marier autour de lui. Il ne menait de les céléhnîr qu'autant de it»s qu'il voulut y paraître.

IX. Mais ces raisonnements courraient grand risque de ressembler à des conjecturés forcées , s'ils ne se oarroiM>> raient par les sentences que rendit le Seigneur au sujet de la répudiation qu'il défend aujourdliui après l'avoir permise autrefois; d'abord^ dit-il, « parce qu*il n'en était pas « ainsi dès le commencement , )> de même que de la réité-

TERXULLIEN.

wvûàa dm mariage ; enaliite , « parce qoe rbomine né doit H, paa MfNtrer ceux qàe Dim « «iis > » c'e6t*à-*diré pour de pa» 8e molter oootre Je Seigneur. A oelnî^à- seul de séparer qui a uni. Or, il séparera, non par la dureté de -k

répucBatioD, qu'il reproche et supprime, mais par la dette de iamort. En eflct, u de deux passereniix, Tun ou 1 autre « ne tombt' pas à terre sans la volonté du Père céleste. » Si donc « l'hottïme ne doit point séparer par le divorce ceux .(( que Dieu a unis, » il s'ensuit également <( que Thomme ,n ne devra point uair par le mariage ceux que Dieu a sépa» -4t nés par b mort , » aussi rebelle à la volonté de Dieu , dans Tacte qui unirait ce qui est séparé, que dans racteqw séparerait ôe qui est uni. £a voilà suffisamment .sur le res«pect pour la volonté: de Dieu, et le rétablissement de k kni primitive.

. Mais une autre raison conspire à ce dessein ; je me

trompe, non pas une autre raison, mais la même qui a établi la lui piiniîiive et détermine aujourd'hui la volonté du Seigneur à interdire le divorce. La voici : (( Quiconque « renvoie sa femme, dit-il, si ce n'est ])n\\v cause de for- « nication, et en épouse une antre , est adultère ^ «t celui jv qui épouse la femme renvoyée est adultère. »

La femme répudiée peut-elle se marier légitimemeiit,-mè dira-t-onP Et si elle vient à pécher en dehors du inàriage$ a-t-elle mérité la flétrissure de Tadultère^ puisque Tadioltère est le crime dans le mariage ?

— Dieu, qui juge autrement que les hommes, a déckt<é que pour elle tout commerce de ce genre, qu'il ait lieu par les noces ou par la prostitution, est un»vérii;i]:tle adultère. Examinons en effet ce qu'est le mariaiji (i('v<ui[ Dieu, et nous reconnaîtrons égalenieiit c( qu est 1 adultère. Il y a mariage, lorsque Dieu unit deux époux dans une seule chair, ou, lorsque les trouvant unis dans une même chair, lia scellé leur unkm. 11 y a adultère, lorsque les deux époux étant séparés pour une raison ou pour une autre, il vient se mêler uneautre chair \ c est trop peu, une chair éttangère, .

ilont il ne peut pas étrer.dit : « Voilà la chair de ma cdiinr^ H et Tes de mes 09. » Car oe qni a été feit une iaàs et prononoé oomme dès le coinniencenieiit, ne peut oooTenir aujourd'hui h une autre chair. Vainement donc tu me dis :

Dieu ne veut pas que la femme répudiée se remarie tant que son époux est vivant, comme s'il le lui perniettaii ajirès qu il est mort, puisque si elle n'est pas liée envers le mort, elle ne l'est pas davantage envers le vivant. Gomme la répudiation brise le lien du mariage (1) aussi bleu que la mort , dès lors elle ne sera plus eochaiuée à son époux, puisque le lien qui renchaînait est rampu^ tant il est vrai que peu importe qu'elle se remarie du vÎTant on après la mort de son époux. Car ce n'est pas contre lui qu'elle pèche, c'est contre elle-iméme. « Tout autre péché commis par ce Thomme est hors du corps ; mais celui qui commet la ror- « nicalion pèche contre son propre corps. » Or, il est coupable d'adulhrc, lorsqu'cn outre de cette première chair que Dieu avait unie en deux, ou qu'il avait trouve < unie, il mêle à sa chair tout autre chair. Voilà pourquoi le Seigneur supprima le divorce qui « n'exista point dès le com- « mencement, n afin de rétablir ce qui exista dès le com- « mencement, » c^est-à-dire l'union de deux époux vivant jusqu'à la fin dans une même chair ; et de peur que la nécessité oul'oGCasiQn d'une troisième chair s'unissantlr une autre ne franchisse la barrière, il permet la répudiation dans un seul cas, celui où interviendrait l'adultère qu'il cherche à prévenir.

Il est si vrai que le divorce n'exisia point dès le commencement, que chez les Romains on ne trouve cette (hireté de cœur (2) que six cents ans après la fondation de leur ville. Mais les Aomains se souillent par l'adultère

(t) Ici Tertullien se trompe, la répudiation ne détroit pas 1p mariao^o 5 elle ne fait que rompre la cohabitation, tandis que la mort brise le lien tout entier.

(3) Allusion à ces parole» de Ilotre-'Seigneur ; Mojfst» êd dnrltisiti coidi» veelri jwiMMf wM» îUmUiêPÊ uxwu fiifras.

sans même répudier kum épouses. Vçnar Bons, qittfid sûétàe nom répudkriam les nteeiy îl.ne nous est pas permis de nous marier.

X. remends nosad^emiresen appeler an iémoi|^age de TApôtre. Pour saisir plus fi^ilement le sens de ces paroles, il iaut établir d avance solidement que la femme n'en est que pins enchaînée à son mari quand il est mort, loin de j^oiivoir prendre un ;nure époux. Rappelons-nous, en effet , que le divorce a iieu par la discorde ou établit la discorde, tandis que la mort arrive par une loi de Dién , non par les ressentiments -de Thomme; qu'elle es( tme detle qu'il noms faut tous payer, les maris comme les autres. Si donc la femme i^pndîée qui a été séparée de coffs et d!ame par ladisoarde^ lacolère,' la haine» on œ qlii kë moh live, o'eil>è-difnpar lesoatiages, les mairvais traitemeiits, ou lonte espèœ de sujet: de plaintes, est enchaînée à son ennemi; car je ne veux pas l'appeler son éjx)ux -, à plus forte raison la iemme, qui a été moins séparée du lien conjugal qu'abandonnée par lui , sans qu'il y ait de sa faute, sans qu il y ait de la faute de son mari, seulement par une conséquence de la loi divine, d^meurera-t-elle r^xmse du défunt auquel elle doit la concorde , Umt mort qu'il est. Elle n'a entendu de sa bouche aucune parole de .répudiatbn, donc ellen^ l'a psint quitté ^ eiie ne hiî d signé aucun acte de. dméce, donc die demeure avec lui \ àle n'aurait pas voulu le pérdile,' donc elle le garde. Elle a pour elle la la^ude dû souvenir : lout ce qui M manque de son époux, elle le rend présent à Tœil de Timagination. , , . •

Enfin , j'interroge la femme elle-même. Dites-moi, ma sœur, avez-vous envoyé en paix votre mari devant voiis ? Que répondra-t-eiie ^ Au milieu des dissentiments de la discorde ? Mais;la voilà plus étroitement enckainée encore à celui avec qui il lui £audra plaider sa cause devant Dieu. Point de. séparation la on ks liens sdMstenC. Nous nous sommes quittés dans la pais, dira-t-elle. JEh bien !

7 a TERTULLim

qu^dl^.DQPtiime de gâHer la- pais- dmreeliii qa*eUepourra plus répudier» n'ayant pas.méme la {lermission de se remarier, quand elle pourrait le répudier. En effet y

elle prie pour le repos de son ame ; elle demande pour lui le rainncliissement ; elle coujure Dieu de la réunir à lui au jour de la résurrection, et chaque année elle* célèbre i anniversaire de sa mort par roblnfion dn sacriiice. Si elle manque à ces pieux devoirs, elle a véritablement répudié son époùx,.autaiM; qu'il est en elle, et cela ayec d'autant plus d injustice que, ne pouvant pas le répudier, elle la fait de la seule manière qu'elle a pu; et cela avec d'autant plus d^indtgnité , que son époux ne le méritait pas. Ou tnen, i9CNitîèBldra*t-oii que nous ife sommes rien après la mort ? Ifais c'est Hi une uMxtme'de quelque Épicure , et non de Jésus-Christ. Que si nous croyons à la résurrection des iuuHs, nous continuons donc d'être liés à ceux avec lcs(|uels nous ressnsi iionnis. puisque nous rendrons compte de i^oU'e adminisU'atioa commune.

On me dira peut-être que, « dans le siècle à venir) les « hommes n'épouseront pas de femmes, ni les femmes de « maris, mais qu'ils seront comme les anges. » D'accord ; mais de ce que le mariage ne sera point rétabli , il ne s'ensuit pas que nous ne soyons pas liés à nos époux qui ne sont plus. Loin de là, nous leur demeurons liés:d'ati^ tant plus étroitement que, destines à un état meilleur, nous ressusciterons pour former une alliance spirituelle, ^ nous recouiiaÎLre nous aussi bien que les nôtres.

D'ailleurs, comment chanterions-nous dans réternité l'hymne de la reconnaissance envers Dieu, si nous ne gardions en nous-mêmes le sentiment et le souvenir de oe devoir ; si nous ne repéenions , en ressuscilant, que k substance sans la consoiflnce ? Gonséquemment, nous qui rons aveoDieu, nousserona ensemble, parce que, a mal it la différence des Kéoompenses^ mal^ le grand ne « des tabernacles qui sont dans le royaume dn Père,

TfiRTULLlËN.

« avons tous travaillé* devant le même Dicfu pour le de- « nier tki même salaire, ) c'esl-^-dire jîonr le denier de la vie étemelle dans laquelle Dieu ne sépaitia pas plus fvux qu'il a unis, que dans cette vie d'un jour où il interdit la sé|>aration. Puisqu'il en est ainsi, comment une femme apparticnidra-t-elle à un autre époux , elle qui ap*pardent 4éjà au sien pow tiMite rëtemité? Km nmiB adressoDâ ksi ans deux sexes, quoique nous né parlons qa a un seul , puisque la iHsciplîue est hf-mémè plmr tous les deux.' Autu-t-eUé un époux selon 'Fesprit^et >un époux selon la chair? IfeisJa conscience. d'une' seule femme partagée entre deux licminies coRStîCném unrvéri^ table adultère. Le premier, pour être éloigné de la cliair, n'en réside pas moins dans le cœur, là ménie ou l.i pensée, sans avoir besoin du ministère delà cbair, consonmip l'adultère par la concupiscence, et le mariage par la volonié. 11 est mari jusqu'à ee jour, tant qu il possède ce par quoi il Test deyenu , c'est-ènlire la vok»lé, dans laquelle un autre ne peut habiter sans crime. D'ailleurs, il n'est pas banni parce qu'il a quitté les yiles relations de in ch^. Loin de là ! en détenant plus pur, il est devena nn mon plus digne de respect* ' >

XI. Ainsitdonc, toi qui dok* k te marier en l*loire*M^ «t gneur, ainsi que le prescrivent la loi et TApotre , si toutefois tu en as quelque souci, qui es-tu, lorsque tu viens demander un pareil mariage à des humines auxquels il n est pas permis de l'avoir, k l'évêque qui doii n'avoir é\o marié qu une fois ; à des prêtres et à des diacres soumis à la même obligation^ à des veuves dont tu as répudié la discipline dans ta personne ? Mais, en yérité, c'est livrer les maiîs aux ^ïousbs, et les épouses aux maris , autant de Ibia que le pain enefenristique. Voilà comme ils enlendfBnt elles e^Qotte reoonùBatidatibn : « Bonne à quiconque' te « demande^i» Et ils TtCB-uninont tons les deux dans VE^d»

Soi est -rier^^ qui' est Funiq» épouse d'un seul Jésusshrist. Ët tu prieras pour tes maris, l'ancien et le nouveau.

71« lË&iiUtUËN.

Choisis ttnwm lecpel des deux ta veux être adultère. Eh^ vers l*uil et Teutre, j'imagine. Si tu essaie , ne prononce pas le nom de ton époux : que ton silence, écrit dans un contrat étranger, lui serve d'acte de répuiiiaiion. Tu mériteras mieux les attentions de ton nouveau mari en oubliant l'ancien. Tu dois n'en plaire que tlavantafjc h celui pour lequel tu n'as pas voulu plaire à Uieu. Voilà ce que l'Apotre approuva, ou ce qu'il avait complètement oublié, selon les Psychiques, lorsqu'il écrîwt : u La « femme est Héeà la loi du mariage tant que son marî esl « vivant; mais si son mari meurt;, elle est libre 4 qu'elle « se marie à qui elle voudra, pourvu' que ce soit sdba le n Seigneur. » En effet , il» s'appuient sur ce passage pour justifier le second mariage, et même tous ceux qui pourraient suivre le second; car lout ce qui dépasse ruaité peut se répéter indéiiuiuient.

Mais dans quel sens l'Apotre a-t-ii écrit ces mots ? Cela deviendra clair, aussitôt qu'il sera prouvé qu'il ne les a point écrits dans le sens dont abusent les Psydiiques. Or, les doutes seront dissipés, si Ton réfléchit à tout ce qui est ici en désacooid dans la doctrine, dans la volonté et dans la discipline personnelle de Paul lui-même.. 8i', en effet, il permet les secondes noces, qui n^înislèrent pas dès le eommenclementy comment affîrme-t-il que « toates-ohofies « sont rappelées à Tëtat originaire dans lésu»-Ghrist: ? 9 S'il veut que nous réitérions les mariages, comment nous fait-il descendre d'Isaac qui 11a été marié qu'une fois? Comment établit-il tous les degrés de l'Kfrlise sui' la monof^amie, si celte discipline ne commence pas par les laïques dont s enrichissent les rangs de TEgiise? Comment délourne-t-il des ûruits du mariage ceux qui. sont. eaoove engagés dans le mariage, en les avertissant cquc le temps « est court, n s'il rappelle dans. les li^s du mariage oeox dont le mariage est brisé :pBr.la.movt? Si toutes ces propositions se combattent dsâa le clmpilffe,doiit il s'agit, U sera cmistaté, comme nous Tavons dit, que TAp^re

TERTULLÏEN.

point écrit dans le sens dont abusent- les Fsychkpm. M'est-^l.pw ptn nisonoabAede dîee que œ passais unique aqndque nâottf en harmonie avec rewenibley que de 8% magîner que TApôtre ait pu enseigner une doatFine si oontradictoire ? Ce but, naus pourfons le découvrir dans la cirœnstance elle-même. A quelle occasion TApotre écrivait-il ce passage ? Il s'adressait k une Eglise novice encore, on . pour mieux dire, qui ne faisait que de naître, et qfi'il nourrissait de lait, parce qu i lle ne pouvait supporter un aliment plus vigoureux. Gela est si vrai que, grâce à leur enfance dans la ioi, .ils ignoraient encore quelle règle ils devaient sume dans les néomsiiU^ de ik chair et du sexe. Nous pourrons nous.en côninincrepay k réponae qu'il leur donne : a Quant «ni choses que vous » mV^es écrites, je tous dirai qu'il :est avantage w k n rhanune de qe s'approcher d'aueune fiemme; mbis^ ponv « «filer k.feroication , que diaque homme. vive avec sa « femme. »

Il nous montre par là qu'il s'en trouvait qui , surpris dans le mariage par la foi ( l)r( tienne, craignaicui qu il ne leur fût plus permis désormais d'user de leur mariage, dqpnb qu'ils avaient cru en k chair sans tache de Jésus-* Qirfet. Au reste, « ce quHl kur dit, c'est pur oondescen- « danoe, et non par oornmandement; » c'^esl-à-dire qn'H donne un conseil et non un mdre-, car. « il aurait wnlu « que tons fussent dans réiafc oii il éuiît luMn^me. »

Lorsqu^il népond sur Tardckdu divorce, il nous montre que telle était Topinicm de quekpies-uns, surtout de ceux qui, après avoir embrassé la foi, ne croyaient pas devoir continuer de vivre dans des mariages païens. Ils le consultaient encore sur la virginité. Ici l'Àpdtre n'avait point reçu de commandement du Seigneur, a II est bon à « l'homme, répondait-il, de persévérer dans cet état, » c'est-à-dire dans l'état où la foi l'aura trouvé. <c Êtes- vous f( Ué avec une femme? ne cherchez point à vous délier. u N'avez^vous point de femme? ne chorchez point à vous

XËRTULLIEN.

«' nwîer. -Au mte, ni'yaa%.èfomez une femme, vous ne « pédiec pas, » Noii> parce que, pour celui qui .est délié dé son ma^nat^ avant la toi, sa seccôyle épouse, la première depuis la foi, ne lui sera pas comptée, puisque notre vie ello-même ne commence qu'à la foi.

Mais ici « il voudrait les ëpar^jncr, dit-il. Ces personnes- « là souffriront dans Jenr chair des af&ictions et des peines, (( à cause de la dureté des temps, m qui rejettent les fardeaux du mariage; ou plutôt, pour les avertir qu'il valait mieux s'occuper de plaire k Dieu qu a un mari 9 c'était reprendre ce qu'il avait permis.

Ainsi encore, dans ce même chapitre où « il déclare à 41 chacun qu'il doit demeurer dans la Tocation oii il était « lorsque Dieu Ta appelé» » ajouter ces mots : u La femme « est iiée à la loi du mariage tant que son-mari est vivant ; « mais si son mari meurt, elle est libre ; qu'elle se marie '< à qui elle voudra, pourvu que ce soit selon le Seigneur; » c était nous (Icuioiitrer qu'il entend parler de celle quia été trouvée déliée d'avec sou époux, de même que tout à l'heure de l'époux délié d'avec son épouse, pourvu toutefois que le nœud ait été hrisé par la mort, et non par le divorce, parce qu'il ne permettrait pas à une femme répudiée de se remarier contrairement au précepte ancien. Voilà pourquoi, « si la femme se remarie, elle ne pèche point, « parce que ce second mari, qui est le praaier depuis « qu'elle a embrassé la fei-, ne lui sent pas eamplé. » De là vient que TApâtre ajouta, « pourvu que ce soit dans le A. Seigneur, Il s'agissait d*une femme qui avait eu un mari païen, et avait embrassé la foi , après 1 avou perdu : il l'avertit, de peur qu'elle ne se crût autorisée à épouser encore un païen , même après cfrt? devenue Chrt l ieune^ quoique les Psychiques s'inquiètent peu de ce point.

Sachons-le touteîois, l'original grec ditfère d'avec les éditions ordinaires par deux syllabes, soit qu'elles aient été altérées à dessein, soit qu'elles Taient été dans la sinw plioité du cœnr. Si. son époux vient k mourir, indique un

TElTULLm.

futur. Dans œ cas } iapennissioD, en s'étendkeuit à rinfini, eut donné un mari «ataul de Ibis qû*oo en eût perdla, sans garder dani le mariage la réserve qui conrïeiit même à des psfiens. Mais qwmd méiçe le texte « celle «I dont le mari viendrait à rnobrir )> désipieraift le» fetnr, ee futur ne s'appliquerait qu'à celle dont le mari' cesse de vivre avant qu'elle ail embrassé la foi. En un mot, adopte le sens cjuc tu voudras, pourvu ijuc tu ne détruises pas tout le reste. Car, puisque cette parole anéantit celles-ci : u Avez-vous été appelé à la foi élant esclave? que cela ne a vous trouble pas, — Un homme est-il appelé à la foi étant « circoncis? qu'il n'affecte point de paraître ineirconcis; » auxquelles correspondent les suivantes: «£tes-vous lîéaveé «.une femme? ne cherchez point à ymm délier.-*- M'avez tt vous point de femme ? ne cherchez point à tous qmh 4n fksr ; » il est asses maniiSBSte que mules ces propositâons ne s'adressent qult des hommes qui, engagés «bns une vo* cation nouvelle, et d*hier pour ainsi dire, consultaient l'Apotre sur l'état où les avait surpris îa foi cliréi lcnne.

Telle sera l'explication de ce chapitre, qu'il iaut interroger sous le rnpport du temps, du mol il . des exemples et des arguments qui précèdent, aussi bien que des déclarations et des sens qui suivent. Mais il ûiut chercher avant tout s'il se rapporte au but et au dessein que se' propose rApdtre; car il ne faut rien garder de ce qpii met un homme en contradiction aveq loî-^éne^

XIL Écoute maintenaut une ingénieuse objeeiion de nos adversaires.

Il est si vrai, disent41s, que l'Apâtre a permis la

réitération du mariafi^e, qu'il n'a soumis au joug de la monogamie que les iTi(:iiil)res du clergé. En effet, ce qu'il prescrit h quelques-uns. il ne le prescrit jx)iut a tous.

— Quoi donc î ce qu il prescrit à tous, n'y a-t-il que les évéques auxquels il ne le prescrive pas, si ce qu'il prescrit aux évoques il le prescrit à tous ? Le prescrit-il à tous, parce qu'il le prescrit aussi aux évéques, on le preflcrit41

7i0 TBTULUEN.

aux évéqucs parce qu'il le présent à tous? Ooii vieaaeDt Tiévêque et le clerc? Ne sortent-ils pas du peuple? Si tout la peuple n'est pas assujéd à U kû db la moiiogaime, ou prâidre les roonogames du cleff!0é? Fandro-f-il institaer quelque ordre particulier de môDqgetmes ponr en reorater les membres dn sacerdoce? S'agit-il -de nous enfler d orgueil et de nous élever au préjudice du clergé? alors nous ' sommes tous une même chose ^ alors nous sommes tous prêtres, « parce que Jésus-Christ nous a laits prêtres de « Dieu et de sou Père. » S'af^it-il, au contraire, d embrasser la discipline sacei*dotaic ? alors nous déposons- les insignes du sacerdoce et nous nous déclarons inférieurs. Il felbutdonc que toutes les règles de la- discipline oommuae à tous fussent présentées dès le début, comme pour serrir un jour de prÎDcipe à tous- ceux qui ^uyeroerakut TÉglise, afin que le peuple sût qu'il devait observer ladisdpUne qui fsiit les préposés, et que 'VcuitoritB eUe-méme ne s'autorisât point des prérogatives de . son rang pour descendre jusqu à la licence .

L'Esprit saint prévoyait que plusieurs diraient : Tout est permis aux évéques, ainsi que votre évoque (i Lthina (1), qui ne craignit pas la loi Scaniinia (2). En eliel, combien de digames qui président parmi vous et qui in- Sttltem à TApôtre, oo du moins qoi ne rougissent fias quawi on li| ces pàssages eu leur présence. Poursuis dooc, toi qui penses quela monogamie n^est.&ite que pour le» évétjaes; effiipe deia même main les autres articles de la discipline, qui sont exigés des évéques en même temps que la monogamies « Me sois ni admmé an vin, ni violent, « ni prompt à frapper, ni querelleur, ni avide d'argent, « ni inhabile à gouverner ta maison ou à maintenir tes tt enOEmts dans lobéifisance, ni cherchant ta bonne re-

(i ) Ville d'Afrique. Cëtait une colonie ibodée par le» RomaiiM. (3) Ut loi Seantiate poruit les peines ks pkis sévères contre letesrrnpieiiit do le jeunesse des deux seies.

TEIITDLLIEN. 7tî

H nommée auprès des étrangers. » Si , en effet, ia monogamie est obligatoire pour les éTeques seuls, tout ce qui doit accompagner ia monogamie n'aura été imposé qu'aux éfètfaes, Qaant aus laïques, qui s'ont rien à démêler avec la monogamie, fout le reste leur est étranger. Ta as un faon moyen, 6 Psychk|iié, d*écbapper aux liens de tonte la discipline. Affirme résolument que ce qni est imposé à quelques-ans nW pas imposé à tous; ou bien, si toutes les ■ autres obligations sont communes, tandis que la mono- (^mie n'atteint que les cvêqiies, ne taut-il pas dès-lors reserver pour eux seuls le titre de Chrétiens, puisqu'ils observent la discipline dans sa plénitude ?

XIII. — Mais, dis-tu, l' Apôtre, écrivantà Timothée, aime u mieux que les jeunes veuves se marient, qu'elles aient des « en&nts et qu'elles soient mères de lîunilie« »

— Ces mots s^adressent aux jeunes veuves qui, surprises par la fi>i dans le veuvage. Tant suivie quelqne temps, K mais qni, après avoir vécu avec mollesse, secouent le c( joug & Ûsos-Ghrîst et vieulent se rémarier, encourant « aiiïsi la condamnation et rendant vaine leur première « foi, » cette foi apparemment qui les surprit dans le veu- * vage, et qu'elles oiu abandoiuiée après l'avoir professée un moment. Voilà pourquoi il veut qu'elles se marient, de peur qu'elles ne violent ensuite les engagements du veuvage auquel elles se sont consacrées, mais non pas qu'elles se marient autant de ibis qu'elles ne voudront pas persévérer dans un Yeuvage éprouvé par la tentation, ou potir mieux dire, voué à la mollesse* Nous lisons dans son épitre aux Romains : « Une femme mariée est liée par la loi du « mariage à son mari tant qu'il est vivant; mais s'il vient « à mourir, die est dégagée de la loi da mari. Si donc elle n va avec un antre homme pendant la vie de son mari , (c elle sera appelée adultère ^ mais quand son mari est « mort, elle est affranchie de la loi du luariage, parce « qu'elle peut aller à un autre sans être adultère. » Mais connais par ce qui suit quel est le sens de ce passage qui T. VII. 46

7>^t TERTULLIEN.

semble te donner gain de aiuse. a C'est pourquoi, mes A frères, vous éles vous-mêmes morts à ki loi par le corps iç'de JéiuS'Ghrist pour être à im autre qui est ressuscité « d*eotre les morts, afin^que nous portions des fruits pour K Dieu; car, kNraque nous étions assujétis à la chair, les K passions criminelles, étant excilées par la loi, agissaient <t dans les membres de notre corps et lenr faisaient pro- <( duire des fruits par la mort. Mais maintenant nous (( soniiiies affranchis de la loi de mort dans laquelle nous « étions retenus-, de sorte que nous servons Dieu dans la (( nonveaulé de l'esprit, et non dans lancienneté de la u lettre. )) Si donc l'Apotre nous ordonne de monrir à la loi par le corps de Jésus-Christ, c'est-à-dire par 1 Êf^lise qui réside dans la nouveauté de l'Esprit, et non par l'ancienneté de la lettre , c^est-à-dire de la loi , en t'affrancbissantde la loi qui ne lie pas la femme à Tépouit qn^elle a perdu et ne Tempeche pas d'appartenir à un autre homme, il t*assujétit à la condition opposée et te défend de te remarier après la perte de ton premier mari. Autant tu serais loin de Tadultère, en te donnant à un autre époux après lu perle du premier, si tu devais vivre encore sous le régime de la loi, autant, par la dillérence de l'institution nouvelle, l'Aputre t'accuse d adultère, si, après la mort de ton premier mari, tu en épouses un autre. Déjà morte à la loi, tu ne peux plus profiter de ces condescendances depuis que tu as quitté la loi qui les autorâsait.

.XIV* Maintenant, quand bien même l'Apôtre eût per- «BAS. absolument un second mariage à ceux qui étaient de- Tenus veufe depuis qu'ib^avaient embrassé la foi, il eût agi dans cette circonstance comme dans beaucoup d'antres

où il s'écarte de sa propre règle, h couse de la nécessité des temps, comme, par exeoiple, ioisqu il circoncit Timothée, à cause des foux frères qui étaient en ces lieux-là; lorsque, contrairement a l'observance des Juifs, il inii odnit dans le temple des hommes rasés, lui qui réprimande les

TBRTULLUEBr. rt3

Gaiates, quand ils vculeàt garder les prescriptions de kk toi. Mais les circonaitaaûes. e&igeaieot «qu'il ae lit tout « à tous, pour les gagner tiom^- éprouvant pôur eux les « douleurs de renfaotcnnent, jusqtt^à ce que Jous^CbrisI « fût fiomé eu eux^ » et féchauffiiot cm nouvean-nés de la fot csomniè le lait une nourrice attentive, en les infitrui* sant plutôt par condescendance que par dommandement, — car autre chose est us^ d^indulgence, autre chose ordonner*, — conséquemroent, leur accordant la iatiilté leoijKjraire de se remarier, pour coiupuir à la faiblesse de la chair, de même que Moïse avait permis ia répudiation , à cause de la dureté du eœur.

Ici , par conséquent , nous devons compléter ce aens. S'il est vrai que Jésus-Christ ait supprimé oe qu^avait ordonné Moise , parce que cette institution « n'existait pas « au «ânmenoeniBnt, » et que ce ne soit pas là une rai» son pour dire que le Christ est venu au nom d'une antre puissance, pourquoi le Paradet n^aurait**il pas également supprimé ce que Paul a permis , puisque le second mariage n'exista jx)iût au commencement , et (|ue le Paraclet ne peut exciter les soupçons ni passer p(jur un Esprit étranrjer, la doctrine nouvelle qu'il ap|)oric < lant digne de Dieu et de Jésus-Christ? S'il a été digne de Dieu et de iésus-Christ de donner un frein à la dureté du cœur, lorsque les temps furent consommés , pourquoi ne serait-* il pas plus digne de Dieu et de Jésus-Glm^ de secouer enfin Tinfirmité de la chair ^ lorsque les temps sont devenus pins comrts ? 8'il est juste de ne pas séparer le ma-* riage , il est également honorable de ne pas le rétcérer. Que dirai->je enfin? Dans k siècle lui-même, on regarde comme une vertueuse discipline^ ces deux choses, consacrées , la première sous le nom de concorde , la secoude sous le nom de pudicité. La dureté du cœur ré^ua jusqu'au Christ; l'infirftiitc de la chair n'aura ré(^né que jusqu'au Paraclet. La loi nouvelle hiipprima le divorce ^ c'était assez faire. La prophétie nouvelle supprima ic^

cond mariage, 6t aussi le divorce du premier (l). Mais ]r dureté du cœur céda plus .volontiers au Christ que Tiiiûrmité de la chair. Gelle^a wmdique Paul pias que celle-là Mbise, si toutefois c^est le revendiquer que de Tadopter qaand il accorde, que de le Tépudier quadd.il ordonne, elle qui cherche à échapper kxse qu'il préfère et à 9à vdûDté de louft lesinsfants^ elle qui se noùs pàrniet pas de nous conformer à ce que TApôtre aime le mieux. Jusqiies à quand donc cette impudente infirmité de la chair < ontinnera-t-c!le de lutter contre les disciplines les plus glorieuses? Son empire a duré jusqu'à ravéncment du Paraclet, époque à laquelle le Seigneur avait ajourné racoomplisseaieDt des choses que l'on ne pouvait porter alors, mais que personne aujourd'hui ne peut plus repousser, parce que celui par lequel il est donné de les porter ne manque plus» Combien de temps encore alléguerons-nous le prétexte de la chair , parce que le Sdffneur a dit : « La chair est feible ? d N'&>t-il pas déclaré auparavant «que l'Esprit est prompt,)) afin que r Esprit triomphe de la chair, et que la faiblesse cède à la force? En effet, «que celui qui ju uî comprendre comprenne, » dit il ^ en d autres termes, que celui qui se sent trop faible , se retire. Il se retira aiissi ce riche , qui , pour n'avoir pas embrassé le précepte de partager ses biens avec Tindigent, fut abandonné par le Seigueur au libre arbitre de sa volonté. Il est impossible de rejeter ici sur la dureté de iésu&Christ ce qui ne provient que de la dépravation de notre libre arbitre. « Voilà, dit « le ^Seigneur, que j ai placé devant Un le bien et le mal ; « ciiotsis ce qui est hneii. » Si tu ne peux pas obéir , parce que tu ne le veux pas, car il montrequeta le peux,

(i) L'ÙmnUoijuium de Moreau tionne un autre sens à ce membre do pbnie. Il qno Monlaa ait supprUné noB-ftuknittit h MCtmd mariagt, mail le firemier. Nous n'avont pas été de cet avis, d'autant {dus que Ter^ tuHien va démentir ce stns dans le 'chapitre qui suit, oîi 11 expose la doctrine des Monlanistes.

TBRTULUEIf* 7i5

si tu le Teux, puisqu'il a proposé 1 un et l'autre à (on choix, éiolgne-toi de celui dont tu n accomplis pas la vdanté*

XY. Ici donc quel est notre orgueil , en renonçant à des hommes qui n'accomplifiBeDt pas la Tobuté de Dîeû ? Quelle esl notre hérésie, en coodamiiaDt les secondes no» ces comme illicilès et entachées d^aduhèré ? Qu^esl-ce en éiFet que Tadoltère, sinon un mariage illégitime? L*Apâtre censure ceux qui condamnaient absolument le mariage, et interdisaient les alinicuis créés par Dieu. Pour nous, tout en répudiant les secondes nœes , uons ne supprimons pas plus le raariaf^e, que nous ne réprouvons les aliments en jeùnani plus souvent. Autre chose est dé^ truire, autre chose xestreindre ^ autre chose est défendre le mariage , autre chose imposer un frein au men riage. D ailleurs, pourquoi ceux qui non s accusent dWgueil ou d'hérésie en cette matière , s'ils plaident si fort en fiiyeur de Tinfinnité de la chair, qu'il faillè, selon eux, hn venir en aide par la pluralité des mariages, nWt-ils pas pitié d'elle, et nWbrassent-ils pas ses intérêts, lorsque les tortures lui ont arraché des paroles d'apostasie ? Celle qui a fléchi sur le champ de bataille ne mérite-t-elle pas plus d'excuse que celle qui a iléehi dans un appartement ? celle qui a succombé sur le chevalet plus que celle qui a succombé sur un lit ? celle qui a cédé à la cruauté plus que celle qui a cédé à k volupté P celle quia été vaincue au milieu de# gémissements, plus que celle qui a été vaincue au milieif des transports de la luxure ? Que font-ils cependant ? Us retranchent de leur communion oell&<», qui n'a point persévéré jusqu'à la fin; ils accueillent celle-là , comme si elle avait persévéré jusqu'à la fin. Examine pourquoi IHine et l'autre n'ont pas persévéré jusqu'à la fin. Tu trouveras que les motifs de celle qui n'a pu résister à la cruauté sont plus honorables que les moiils de celle qui n'a pu supporter la pudici té. Néanmoins, si l iulu inité de la chair n'est point une excuse pour la délection sangianie, à plus forte raison pour la défection impudique.

TERTULUJBN.

XVI. En Terité, je ris d'entendre nos anta^jonistes nous opposer rinfirmité de la chair, quand ils devraient bien plutôt en proclamer la vigueur. Se marier une seconde fois est VÊûB céuvre de forée ; 'û Sàut des reins pour passer du repos de la contînenee aux actes de laehair. Une pareille faiblesse futBt à un troisième , à tin ({natrième et jusqu a uo septième mariage; de sorte qtse plus elle se proclame dâ>ile, pluaelle se montre forte* déadéeàpreDdfeponrdéfenfieur^ non plus l'Àpétre, mais quelque Hormoeène, qui épousa plus de femmes qu'il ne lui fut possible cTcn peindre (i). En effet, la matière abonde dans Hermogène. De là vient que, la prenant pour Tame de l'univers, il n'en est que pins éloigné d'avoir TEsprit de Dieu, puisqu'il ne mérite pas iiiéme le nom de Psychique, quoique le Psychique n'ait pas reçu le soufHe de Dieu.

Frétextez-vous rindigence^ déclarant ainsi que ¥Ous nV vez prostitué publiquemèot votre chair que pour trouver dans le mariage un moyen de subsistance, et oubliant quis TOUS ne devez vous mettre en peine ni de votre nourriture, ni de votre vêtement? Vous avee Dieu qui donné aux corbeaux leur nourriture, aux fleurs leur parure* Mettefr^us en avant la solitude de votre maison ? comme si une seule femme pouvait fournir une société nombreuse à un homme, toujours prêt à fuir (2)! D'ailleurs, il y a des veuves, vous pouvez en prendre une. Des épouses de cette nature, il vous est libre d'en choisir, non pas une , mais plusieurs. Direz -vous que, regardant une postérité des mêmes yeux qu autrefois la femme de Loth , vous ne revenez au mariage que parce que le premier a été stérile ? Quoi donc ! Le Chrétien , ce déshérité du siècle tout entier , cherchera des héritiers ! D'ailleurs » n'avez-vous pas des frères? N'avez^vons pas une mère , qui est TÉglise ? Si

(t ) Hermogène avait été pekitoe avant d'enbraaier le Ghrittianltaie et de

tomber dans ï'hêrésîc.

(i) La persécution. C'était encore un des reproches de Tertnliieu aiu calholiquei. •

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vouseroyes que les lois Juliennes (l) sont encore en vigueur sous l'empire du Christ, et que les vierges ou les hommes sans enfants ne sont nptes à rien recueillir de son testament, à la Ijonue heure. Mariez-vous donc éternellement , afin que le dernier jour vous surprenne danç ce continuel mélange de la chair , comme autrefois Sodôme et Gamerrhei ou ks coniieiD'pQraiiis du déli^. X ces deux mcrta, « maingeoDt.et faovèns, )> ajontefi^en un

'ic ioanciiis*tnou9 ^ car nous nionrrons "cfe tpamt ^ sana vous rappela que cèt anathène : « Malheur aûa « femmes» enceintes ou nourrkes , » sera hieu ph» amer et plus terrible, dans la destraction èa mbndetonC entier^ qu'il ne Ta été dans la dévastation de la Judée, qui n'est qu une si faible partie du monde. Rassemblez donc par la réitération des iri;iria*;( s des li uits au>sï bien appropriés aux derniers temps, que des mamelles gonllc es de lait, et des flancs chargés de dégoût ou poussant des cris. Préparez à rantéchrist, je. le veux bien» une plus riche matière à ses cruautés. U vous aàiènera pour aocoucbeus^s^ des bouîTéaux.

, XVU. « La foibiesae de hi chair» «» répéte»^ua I K» vérité, vous anreK là une merveilleuse prélrogatîve à présenter an tribunal du Seigneur \ Mais alors elle n'aura plu9^ pour juge uli Isaac , notre père 9 qui ne connut qu^iti âenl mariage ; un Jean , dont la virginité faisait les délices de Jésus-Christ; une Judith, fille de Mérare, ni tant d'autres illiisires saints. Il ne faudra que des juges païens. Une relue de C;n thage se lèvera pour prononcer contre des Chrétiennes, elle qui, fugitive sur un sol étranger, au moment où elie aurait dû aspirer d elle-même a^x noces d'tin roi , refuse d'en célébrer de secondes, et;, par tui.eseniple contraire 9 aime mieux hruler que de se marier. Auprès d'elle siégera cette dame romaine qui^ outragée dans un attentat nocturne , mais n*en ayant pas moins* subi les vio-

(1) Elles oidoMiaiont la patemU^ Mm* ks peines les plus sévères^

ÏËETULU£N.

leDces. d'im étntoçer^ km dani mu saDg la souillure de sa'chair» afin de venger sur dle-œénie les dvoits de la mo-

nogailiie. Il s'en est rencontré qui aimèrent mieux mourir pour Icurb époux que de se remarier après les avuii* perdus.

Mais voilà que la monojjamie et la viduité ont le privilège de servir les idoles. Il n'est permis de placer \a couronne sur la tétede la Fortune féminine qu a celle qui n'a eu qu'uD époux. Il en est de même pour la déesse Matuta. Le grand pontife et Tépouse du flamine ne peuvent avoir été mariés qu'une fou. Les prêtresses de Gérés restent veuves du vivant et du consentement de leurs époux , séparé , quoique toujours unis. Il en est d^autres qui nous jugeront sur la continence absolue ; ce sont les vierges de Vesta, de Junon Aciiëcnne, de Diane S{ vHiiqne et d'Apollon Pythien. Alais, que dis-je? Les prèires du bœuf qu'adore TEgypte ju{;erniii eux-mêmes la faiblesse des Chrétiens par rapport k la continence. Rougis, d chair qui as revêtu Jésus-Christ ! Qu'il te suflise d'un mariage unique pour lequel tu as été faite dès le corn- «nencement, et auquel tu es rappelée à la fin des siècles. Retourne à Adam , ne fut-ce qu'au premier, sî tu n*as pas le courage d'aller jusqu'au second. Le premier Adam n*a goâté qu'une fois du fmit de Tarbre, n'a cédé'qa^me fois à la concupiscence , n'a couvert qu'une fois sa nudité, n'a rougi qu'une fois devant Dieu , et dès ce moment ne s'est marié qu'une fois. Si tu as existé dans lui , te voilà i eiidu k ton état ; si tu as passé dans Jésus-Clu ist, tu dois n'en être que meilleur. Montre-nous un troisième Adam , un Adam qui ait été marié deux fois , et alors tu pourras être ce que tu ne peux être entre ces deux Adaaà.

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