DE LA PUDICITÉ
I. La pudicilé est la fleur des mœurs, Thonneur du corps, la gloire des deux sexes , riotégrité du sang, la garantie de Pespèce humaine, le fondement de la sainteté, le préjugé de toute vertu. Ouoiqu elle soîl mrc, dillieilement parfaite, et à peine durable, elle demeurera cependant quelque temps dans le monde, si elle est préparée par la nature, persuadée par la discipline, contenue par la ceiasore. En effet, toute reein est le fruit de la nais*sanoe ^ de Téducation ou de la oonitrainte. Mais, eoinme les maux remportent, ce qui est le cafaetère dès'depniers temps, il s^ensoit que les Hens ne peuVent plus nAître, grâce k la corruption des semenœs , ni se dérélopper par l'éducation , grâce à l'abandon des éludes , ni être contraints, grâce au relâchement des lois. En un mot, la vertu dont il s'agit est tellement tombée en désuétude, que l'on fait consister la ]>udicité, non plus à triompher de la passion , mais à en modérer la iougue -y et que pour avoir la réputation de chasteté, il faut bien peu de chasteté. Mais laissons la pudidté du siècle avec le siècle luimême ; qu'elle naisse avec son esprit, qu^elIe se forme à son école, ou qu'elle soitoontrainte par sa servitude^ qu'importe ? Je me trompe, elle eût été plus inaBieureiise encore si elle eût subsisté, puisqu'elle fût demeurée stérile, comme i\e faisant rien pour Dieu. Je préOère rabsenoe
TERTULUEN
d*un bien à un bien inutile. Que sert-il d'être ce qui n est pas profitable ? On s'attaque à ressence même de no»
biens ; on ébranle le fondement de la pudicité chrétienne, • qui tire du ciel tout ce qui la caractérise, et sa nature par le bain de la réfjénération , et sa rèjjle par rinsti ument delà prédication, et sa censure par les jugements empruntés à l'un el à Tautre Testaments, soutenue d'ailleurs dans ses efforts par la crainte et l'attente du feu étemel ou du royaume.
N'aiirnis-je pas pu, moi aussi, étoufier la vérité sur ce point ? J'apprends qu'un édit est aiBcbé, et même qu'il est péremptoire. Le souyerain Pontife (1), c'est-à-dire l'évéque des évéques, patle en ces ternies : « Quant à « moi 9 je remets le pécbé de l'adultère et de la fomien^ f( tion k ceux qui ont feit pénitence. » O édit, sur lequel on ne pourra écrire . Bonne action ! Et où af!iclicra-L-on cette libérnli lé sur les portes des passions, j'imagine, et an-dessous de l'enseigne des passions. Une pareille pénitence doit se promul{juer là où réside Timpudicité. 11 faut lire son pardon là où l'on entrera avec l'espérance de son pardon. Mais quoi ! c'est à la porte de Téglise quon le lit ! c'est dans Féglise qu'on le proclamie.; et elle est vierge î Loin , loin de Tépouse du Christ une telle poUicatioa ! CeUe qui est véritable, qui est pudique, qui est sainte, empéchéra la souillure d'arrivé mâme à ses oreilles. Elle n'a point de fornioateurs auxquels elle promette celte grâce. En eut-elle, elle ne la promettrait pas, parce que « le temple de Dieu, élevé par la main des hommes, a été (( appelé une caverne de voleurs, n plutôt que d'adultères et de fornicateurs.
Ce traité contre les Psychiques, et même contre i'opî»nion que j'ai partage quand j'étais dans leur société, leur fournira une nouvelle raison pour'm'aocoscr de légèreté.
liamais la répndiatHm d'une alliance n'est une présoMp-
(t) Lt pape nlnt ZépbjrlB.
lion de })eché, comme s'il n'était pas plus laciiïs d'errer avec la foule, lorsque c'est la vérité que l'on aime avec le petit Dombre. Mais une inconstance salutaire ne me déshonorera pas plus que ne me ferait ibonneur une in^ constance qui me perdrait* Je ne rougis pas d'une erreur k laquelle -j!ai renoooéy parûe que je me félicite d'y avoir reacmé, et que je on tmuve meilleur et plua chaste. Pei^ sonne ne eoDiaak'la'hoAte pour s*étre atuendé, La isdctioè dans le. Christ* a atissi tes diverses périodes par lesquellef passa l'Apoire lui-même, Lorsque j'étais enfant, dit-il, «je parhii^. comme un eniant, et je raisonnais comme (( un enfant. Mais depuis que j'ai atteint la maiurité de <t i homme, je me suis dégagé de tout ce qni appartenait « h l'enfance. » Tant il est vrai qu'il ahaiulonru ses premières, pensée^, sans pécher toutefois, lorsqu'il se montre Bélé, non pour les traditions de ses pères, a mais pour les « tcaditions cfariétiennes, » désirant même le retranche» ment de ceux qui conseillaient « le maintien de la eirooii* « cisîon. » Plut è Dieu qu*il en fât ahisi de ceux qul ims» molent la pure et vérinÂle intégrité de la chaÎTi mutilant la pudeur elle-même, non pas dans sa sur&oe extérieure^ maid dans ses formes les plus intimes , lorsqu'ils promettent le pardon aux adultères et aux iornicateurs, au mépris de la vénérable discipline du nom chrétien , discipline à laquelle le siècle lui-même rend un tel témoignage, que s'il essaie quelquefois de la punir dans nos femmes, c'est plutôt par la souillure de la chair que par le supplice, en voulant leur ravir oe qu'elles préfèrent à la vie. Mais cette gloire décline.* U fout s'en prendre à cetix qui devaient d'aulant phis énergiquement reluser le pardon k ces sortes dMnfiunies, cjn'ils se marient autant de fcâs qu'ils veulent, prédiémënt pour ne pas être forcés de soecom-» ber à Tadultère et à la fornication , « parce qu'il vaut « mieux se marier que de brûler. ^) C est- à-dire que l'incontinence est nécessaire à cause de l'incontinence, et que l'incendie s'éteindra avec les flammes. Pourquoi donc
732 X£AiyLIi£N.
ranectent^ik dtns la suite, au nom de la pénitence, des animes auxquels ils assignent pour remède la liberté de plusieurs mariages P Car les remèdes sont superflus là oit les crimes sont pardonnes, de même que les crimes demeurent là où les remèdes sont inutiles. Ainsi , de part et d autre , ils se jouent de la sollicitude et de la iiéçlb- ^ence ; ici , en prémunissant inutilement ceux auxquels Us pardonnent; là» en pardonnant sottement à ceux quMIs prémunissent , puisqu'il n*est pas besoin de précaution là où on pardonne» ni de pardon là oiï il y a eu précaution. Ils prémunissent en effet comme s'ils Toulaient empêcher le crime; ils le remettent comme s'ils voulaient qu il fût commis; tandis que s*ils ne youlaient pas qu'il fût commis» ils ne devraient pas le remettre, ou que s'ils ne veulent pas le remettre , ils ne devraient pas chercher à le prévenir. L'adultère et la iornicatiun , en eflet, aesont pas rang;és indifféremment dans les prévarications médiocres n»i graves , pour qu'ils comportent à la fois et la sollicitude qui prémunit, et la confiance qui pardonne; Mais , comme ils sont par leur nature » à la téte de tous les crimes , ils ne peuvent en même temps , être remis comme frtttes légères, et environnés de précaudons comme déliu mortels. Chez nous (1), au contraire, on se prëcautionne si bien contre les prévaricatidns graves et capitales, que nous ne peraiettons pas même de passer , après avoir embrassé la foi, à de secondes noces qui, à nos yeux , ne Afférent de la fomii ation et de Fadullère , que par le contrat et la dot. Vuilii i)uiir(|U()i , préconisant le Paraciet par la superiuriié de sa (luclriue , nous retranchons saHs pitié de notre sein ceux qui contractent un second mariage, de même que nous excluons les adultères et les fomicateurs condamnes à répandre désormais des larmes stériles , et à n'emporter de Tlfigtioe que la proclamatiflii de leur déshonneur.
(i) U» NoniMikte».
TlftXliLLieM. 733
ÎI. « Mais Dieu est ïmi , et très-bon, s'écrie-t-on ! Il est « compatissant, il se plaît à pardonner -, il est abondant en ' a miséricorde , il la préfère à tous les sacrifices j il aime « mieux le repentir du pêcheur que sa mort ; » il sauve tous les hommes, ec surtout ka fidèles. Il faudra donc que les en&Dts de Dieu aiment aussi la miséricorde et k paix; « se purdonnant mutuellemeot oomme Dieu nous à parti donne ) Déjugeant pas pour D*étse pas jugés; car si le « serviteur tombe ou demeure ferme , cela regarde son n maître ; qui étes^vous pour oser i^jLDsi condamner le serti viteur d autrui? Pardonnez, et il vous sera pardonné.»
Voilà par quels prétextes frivoles ils se prévalent de la Ixiiiié de Dieu et s'endorment dans leur mollesse, cherchant plutôt à énerver qu'à fortifier la discipline j mais nous pouvons les réfuter par autant de textes contraires, qui proclament la sévérité de Dieu et nous invitent à la fermeté. £n effet, quoique Dieu soit bon par nature, il est juste néanmoins. Voilà pourquoi, s'il sait guérir» il sait aussi perdre ; n s*il donne la paix^ il envoie aussi les maux; « s*il préfère le repentir, w il défend aussi k Jérémie d*interoéder pour le peuple péoheur« « Lorsqu'ils jeûneront, « dit-il, je n'exaucerai pas leurs prières*, » et ailleurs : « Prophète, ne prie pas pour ce peuple : n élève |>as j>our u lui tes hyinnes et les supplit ations , parce (jne je ne u l'exaucerai pas au jour de ses cris vers moi, au jour de « son aiiliction. » Plus haut encore, ce même Dieu, qui préfère la miséricorde au sacrifice, parle ainsi : <n. Toi donc, it ne prie pas pour oe peuple ; ne me demande pas de lui « fdire miséricorde, et ne viens pas me supplier pour lui| « parce que je ne t'exaucerai point ; i» c'est-è-dîre, quand il implorera ma miséricorde, quand il fera pénitence dans les kurmes et le jeûne , quand il m'ofirira le sacrifice de son affliction. « IKeu en effet est un Dieu jaloux, et dont ne H' peuvent se moquer » «eux qui présument trop de sa bonté. Il a be;iu être jiatient, il n'en menace pas moins, par la bouclie d Isaie, de mettre un terme à sa patience.
TEITOLLIEN.
« Jusqu'ici je me suis îu, dit-il 5 me nnrai-jti toujours? (( Attendrai-je éterneliement? J'ai été plein de patience; « je nie lèvérai oomme dans reafaotement, et je détruirai. h-^Ia flamine tnarchera devant sa -face et elle dércrera « ses ennemis» en tuant non-seulement le corps, mab «n « précipitant les âmes dans les enfers* » - D^ailleurs, comment le Seigneur menaGe->t*41 ceux qui jugent? Il nous l'apprend lui-même. «Vous serez jugé^ H comme vous aurez ju^é les autres. » Voilà pourquoi rA|><)tre prononce, et cela dans une cause de fornication, u que le couptiblc doit être livré à Siilan, pour être puni (( (lans son corps. » Il va même jusqu'à n^procher à ses frères de ne pas porter leurs ditlérends devant les saints, quand il ajoute : V Pourquoi entreprendrais^je de ji^^ <c ceux qui sont hors de l'Église ? Vous pardonnez pour « qu'il vous soit pardonné par Dieu. » Les péch^ sont purifiés, d'accord ; mais les péchés contre un de nos frères, et non pas les péchés contre Dieu.
En un mot, nous feisons profession dans la prière de rienieitre à nos débiteurs leur dette. Mais il ne convient p»is (l'a lit 1 plus loin, ni d'invo(pier c/)nti <idictoirement dans les couttils de la discussion ranforifé des Écritures, ici pour resserrer le frein de la discipline, là pour le relâcher, comme si ces Ecritures étaient incertaines, et qu'incertain fût aussi le secours de ia pénitence; ici faisant bon marché de la discipline par son indulgence, là refusant le pardon par sa rigueur. Or, lautoritéde TÊcriture demeurera immuable dans ses limites,' sans <^position réciproque, si le secours de la pénitence est renfermé dans ses conditions, isans conccssbo amoliissante, et si lescatiscs dles-mémés sont distingnées, sans proposition qui les confonde. Nous le déclarons, les causes de la pénitence ce sont les péchés, que uouh divisons en deux catéjpries : l(*s uns seront rémissibles , les autres irrémissibles. D'aprrs ce partage, il n'est doutenv pour personnr <juc les uns méritent le châtiment, les autres la damnation. Tont pé*
ché est expié par le pardon on [Ktr le supplice ; par le pardon, au moyen du châtiment; par le supplice, au moyen de la damnation. Pour établir cette dificrence, nous avons déjà cité quelques passages, également plausibles, cmpniQlés aux Ecritores, qui , d'une parC^ redennent » de raotre remettent les péchés* Mais Jean- va nous instruire : « Si quelqu'un sait que son frère a oomtnis un péché qui « ne va point à la mort» qu'il prie, et Dieu donnera la vie « à cet homme dont le péché ne- va point à la mort. » Yoilà le péché rémissible. <c Mais il y a«cin péché qui va à la << mort, et ce n'est pis pour ce péché là que je dis qu'il faut « prier. » Yoilà le péché irrémissible. Ainsi, là oîi se trouve la condition ou le moui de la demande, là se trouve aussi la condition ou le motif de la rémission. Où il n'y a ni condition, ni motif pour la demande, il n'y eu a pas davanta^ pour la rémission. La condition de la pénitence se Sonde aussi sur cette distinction des péchés. 11 y aura one pénitence qui pourra obtenir le pardon» c'e8t<4i*dire lorsque le péché est rémissible. U y aura une ailtre pénitence qui ne pourra jamais robtenir» c*est*à^dire quand le péché est irrémisâUe. U reste donc à eiaminer sp^ cialcment la nature de Tadultère et de la fornication, jxjur s<ivoir dans quelle classe de péchik lia duivent èue rangés.
111. Mais auparavant je résoudrai une difficulté que soulèvent nos adversaires, pnr rapport à cette seœnde pénitence, qui, d'après ce que nous déclarons^ n a pouit de pardon à attendre, a S'il est, me dit-on, une pénitence qui « n'ait point de pardon à attendre, tu n'as plus dès-lors à « fairo pénitence $ car il ne £iut rien entreprendre d'inu- « tile. Or, la pénitence deviendra inutile, si ellen^a point « de pardon à opérer. Mais, non ; il ùait Êiire toute es- « pèce de pénitence. Donc, toute espèce de pénitence obu tiendra le pardon, afin qu'elle ne soit pas stérile, puia* « qu'il ne faudrait pas la faire, si elle devait être stérile. « Elle sera vraiment stérile, si le pardon ne la couronne.»
' Ite ont raiaoo ncms opposer cette objection, puisqu'ils se sont emparés violeiument du fruit tic cette pénitence, c'est-à-dire du pardon. Mais autant la pénitence sera stérile chez eux, pniisqu'elle n'y obtient qu'une réconciliation humaine, autant elle sera profitable chez nous, qui nous souvenons que Dieu seul remet tes péchés, et consé« quenunent les péchés mortels. £n efieti renToyée à Dieu, et se prosternant dès-lc»^ humblement devant lui^ elle méritera d'autant plus son pardon, qu'elle le demande à Dieu seul; qu'elle c|pit que la paix accordée par lei hommes ne «ulfit pas à son péché; qu'elle préfère roo^ devant l'Église, plutdt que de rester en communion avec elle. Regardez ! elle demeure debout à la porte, elle sert d'avertissement aux autres par Texemple de son humiliation , elle appelkî à son secours les larmes de ses frères , et s'en retourne plus riche, par la compassion qu'elle a excitée , que si elle eût été eu communion avec eux. Si elle ne moissonne pas la paix dans ce moment, au moins sème-t-elle devant le Seigneur. Loin de perdre sa récolte, elle la prépare. Elle ne renonce pas aux avantagés , si elle ne renonce pas aux exerdoes. Ainsi , la pénitence de cette nature n'est pas vaine, ni sa discipline empreinte de rigueur. Toutes les deux honorent le Seigneur; oell^là, en ne se pardonnant rien, obtiendra plus facilement; odle-cî se secourra plus complètement elle-même, en ne présumant rien.
IV. Maintenant que la distinction de la pénitence est établie , nous pouvons revenir h la discussion des péchés eux-mêmes , pour exan^incr s'ils sont de nature à pouvoir être pardonnes par tout le monde. Avant tout , l'usage a consacré le mot de fornication comme synonyme d'adultère. Le yoisiiiage des idées amène la réciprocité de certains mots : nous en usons ainsi dans cet opuscule* D'ailleurs, que je dise adultère ou prostitution, c'est toujours une seule et m^e flétrissure imprimée sur une chair qui a été souillée. Peu importe , en effet, i|iiie l'hooiBie envahisse la
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femme qoi est mariée ou celle qui est libre ^ puisque ce n^est pas sa propre femme. De même les lîeubc soot indifférents , la pudicité est immolée dans un char comme dans un appartement. Tout homicide , même en dehors de la forêt, est un hii^amiage. Ainsi, quel que soit le lieu, quelle que soit sa complice, Thomme commet l'adultère sur lui-même et souille sa chair, dès qu'il s'unit à la femme autrement qu^ dans le mariage. Voilà pourquoi les alliances clandestines, c'est-è^re qui n'ont pas été contractées en face de TÊglise, sont regardées chez nous^ presque comme Tadultère et la fornication véritable. Fns^ sent-elles même recouvertes ensuite par le mariage , elles n'échappent pas h rinfamie^ Quant am autres emportéments des passions , qui attentent au corps , au sexe et aux lois de la nature , nous les bannissons non-seulement du regard , mais même du seuil de TÉ^lise , parce que ce ne sont pas des péchés , mais des monstruosités.
V. Quelle est Ténormité d( l aduhère, espèce de Ibrnication, par rapport à la nature du crime ? La première loi de Dieu est là pour le déclarer. En effet, après avoir interdit radoration superstitieuse des dieux étrangers et la iahrication des idoles ; après avoir recommandé la sanctification du sabbat) après wwr prescrit le respect pour le père et pour la mère, seconde religbn après celle de Dieu, elle ne trouva rien autre chose pour confirmer ce début et nous servir d avertissement, que ce précepte : « Tu ne commet- » tras point Tadultère. » Après la chasteté et la pureté de l'esprit, arrivait l intégrité du corps ^ aussi vint-elle à son secours, en écartant aussitôt son ennemi, radultère. Reoopaaia donc la malice d'un péché dont elle a placé la défense immédiatement après celle de l'idolâtrie. Le second n'est pas éloigné du prenuer. Bien de si rapproché du premier que le second. Ce qui se fiiit à la suite du premier est en quelque façon un autre premier. L'adnkère est donc un crime à peu près égal à Tidolâtrie ; car ridolàlrie, souvent reprochée au peuple, sous le nom d*aduUère et T. VII. 47
7Sg TERTULLIEN.
de fernicatioD , lui sera associée dans le sort qui Tattend , eomme dans le rang qa elle occupe; lui demeurera unie dans la damnation ainsi que dans la disposition. Il va plus loin ; après avoir dit ; « Tu ne commettras point l'adul-* » tère ; » il ajoute : « Tu ne tueras point. » Placer Tadul^ , tère avant l'homicide , c'était le flétrir d'aufant plus. Ainsi, ;^ à la tcic de la loi la pins sainte, sur le froiu de l'édit céj\ este , où est furniolée la défense des prévarications les f^raves , tu peux reconnaître à la place, au rang et 4- au voisinage de chacun d'eux leur mesure , leur essence ^ 1» malice. La dignité d'un crime consiste à marcher . à la ^^(6 ou milieu des pins pervers. La pompe et l'ap- 'paiei 1 <lc Tadultère est une marque de sa grandeur. Je le covieii ipleentreridolàtriequi le précède et le meurtre qu*il , traiiie à s» suite. Sans doute il méritait de s^asseoir fié- > rement parmi les grandes notabilités du forfait , et en s'installa nt an milieu d'elles, il remplit une place vacanie pr une autorité qui marchait leur égale dans le crime. Ainsi < îil ernir- dans de pareilles limites, appuyé de part et d autre p<^v dt^ s( mhiahles compnf^nous , qni l'arrachera des corps a»'Jxquels il est si éh oiiement uni, pour briser les noeuds des ' «rimes, ses voisins , et le dérober auii embrassemeDts.de ses frères , afin de le mettre en réserve lui seul pour leâ fruits de la pénitence? L'idolâtrie d'une part , rbûflBÎeide de l'autre , ne cbercheroninls pas à le retenir ?. Us prendront , s'ils le peuvent ^ la voix poiir s'écrier : K Arrêtez I il est à nous j il est le lien de notre en- « semble. L^'idolâtrîe nows conduit; l'adultère, en nous « servant d'intermédiaire , nous unit les uns aux autres ; « en brillaiiL au milieu de tious, il resserre notre unité. L'É- « cntui'e divine nous a cunnne identifiés : ses caractères « sont notre ciment^ lui-même ne peut rien siins nous. « Iloi, idolâtrie, il n'est pas rare que je fournisse occa- 4c sioD à l'adultère. Mes bois sacrés » et mes collines , et « -mes eaux vives^ et mes templfn; eux-mêmes au milieu ^ u. des dités savent tout ce que nous faisons pour le - ren*
TEIITULLIEN
(t versement de la pudeur. Quant à moi , homicide^ je « trayaille aussi souvent au profit de l'adultère. Sans par- ' <c,ler ici des tragédies, les empoisoniieurs et les nag^- « cieiB savent eomlneii de prostitutions je venge, combien <t de rivaMtés je pro icge, que de gardiens, que de délateurs, « que de complices je fais disparaître. Les accoucheuses « savent encore combien de conceptions adultères sont « immolées. Jusque chez les Chrétiens, il n'y a point « d'adultère sïïus nous. Oii se trouvent les idolà frics, là « se trouve l'œuvre de l'esprit du monde. Où 1 homme « est tue par la souillure , là aussi est l'homicide. Ainsi , <t point de milieu ; ou il est exclu de la |;râoe de la pé- « niteoce, ou bien elle nous est acquise à tous. Ou « nous gardons avec nous l'adultère, ou nous raccompa* '( gnons, n
Yoilà ce que les choses crient d'elles^mèaies ; on si la
voix leur manque pour le proclamer , voilé ddbovt devant toi Tidolàtrie et i homicide ^ au milieu d\ ux se luontre aussi Tiidn Itère : tons trois se couvrent du sac de la pénitence; ils souillent leur téte de cendre j ils répandent les mêmes pleurs; ils poussent les mêmes gémissements; ils sollicitent avec les mêmes prières ; ils implorent avec les mêmes genoux; ils invoquent la même mère. Que feras*tu, discipline molle et complaisante? On tu devras montrer à tons une ^ale indulgence , u Bienheureux» en 41 effist les pacifiques , » ou bien, si' tu établis des distinctions, il te iiudra penser comme nous. Quoi ! après avoir condamné du même coup Vidolâtre et Thomicide, tu arraches à cette loi conmmne l'adultère, qui vient après l'idolâtre, qui marche devant I homicide, collègue de l'un et de l'antre. — Il y a acception de personnes , me dit-on: vous dédaignez les pénitences qui savent compatir.
YI. — D'accord* Montre-moi sur le patronage de quels exemples ou de quels préceptes divins tu ouvres la porte de la pénitence a l'adultère lui seul , et dans sa personne à la fornication. L'attaque se renfermera désormais dans
cette ligne de démarcaiion. Toiuteibis, il est nécessaire que j'en ciroooscrive ici la fanne, de peur que tu ne teades la maîa vers le passé , ou qae tu ne regardes en arrière, «i car ce qui était ancien est passé, » suivant Isa!e. «f Le renouvellement ' s^est opéré , » dit lérémie : « nous avons oublié ce qui est derrière nous , écrit TA- «t pôtre , pour nous avancer vers ce qui est devant nous.» Enfin, « la loi et les prophètes, d'aprts le Seigneur liii- « même, n'ont subsisté que jusqu'à Jeaii. » En effet, si nous 11 vous commencé par invoquer la loi pour caractériser 1 iidulière, nous avons bien fait de recourir à la loi. que le Christ a n'est point venu détruire, mais accoiU' « plir« y Si iesiardeauxde la loi ont subsisté jusqu a Jean, il n'en va pas de même de ses remèdes ^ le joug des actions a été rejeté, mais non le joug de la discipline; la liberté dans le Cbrist n'a point fait tort à rinnooence. La loide'la piété, de la sainteté, de rbumanité, de la vérité, de la cbas-' teté, de la justice^delamiséricorde, de la bienveillance, de la pudicité , demeure tout entière. 11 est dit dans ccuc loi ; <( Bienheureux Thomme qui la médite et le jour et la <( nuit. » C'est d'elle encore que David a dif : « La loi du « Seii^ueur esi ii réprochable ^ elle convertit les ames. Les « ordres du Seigneur sont droits-, ils réjouissent les cœurs j le u précepte du Seigneur brille au loin ; il éclaire les yeux, n ft L'Apôtre dit également : « Ainsi-, la loi est sainle, et le <c commandement est saiot, juste et boa ; n par conséquent aussi ce précepte : « Tu ne oomionetlras point d'adultère, m 11 y a mieux \ il dit plus haut : « Détruisons-nous donc la fc foi par la loi ? A Dieu ne plaise ! au contraire , nous Té- « tablissons, » c'est-à-dire sur les points qui , interdits une seconde fois aujourd'hui daus k nouveau Testament , fîoiit prohibes par uu précepte plus rif^oureux encore. Au lieu de «Tu ne commettras point 1 adultère,)) on lit : uQui- « conque ref^arde avec convoitise a déjà commis l'adultère u au iond de son cœur^ n et au lieu de « Tu ne tueras M ^int, » — on lit encore : « Quiconque dit à son frère ,
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« Raca, sera digne de 1 enfer, n Demande maintenant si la loi qui défend l'adultère subsiste ^ncope, quand elle s'est fortifioe de la prohibition de la cooToîtise.
Au reste y si quelques exemples paraissent militer pour ^oiiB, ils ne seront point en contradiction avec la discipline que nous soutenons. Inutilement, œ semble, eût surajoiitée une loi qui ne fidt pas plus de ^rlce à TorigiBe du péché, c*e6t4Hlire à ses causes et à la irolonté, qu'à Taetion elle-même , si le pardon accordé autrefois à Tadultère était une raison pour qu'il fût encore accordé aujourd'hui. Pourquoi la discipline cst-elle assujétiede nos jours à des règles plus parfaites , sinon pour que ta molle condescendance 1 énerve davantage peut-être? Tu donneras donc la paix à tout idolâtre et à tout apostat, parce que nous voyons le peuple autant de fois, rétabli qu^il tomba - dans le crime ? Xu resteras en communion avec rhondcide, parce que le roi Acbab fSkugk par la prière le sang de Nahotb, et que David expia, piff sa ^sonfession , le meurtre d*Urie et l'adultère qui avait été Toriglae de oe ce meurtre? Désormais tu remettras Tinceste, à cause de Loth ; la fornication , jointe à l'inceste , à cause de Judas ^ les noces souillées par la prostitution, à cause d'Osée; les maridf;(s répétés, que dis-je? la polygamie elle-même, à cause de nos pères ^ car le pardon doit s'appliquer indistinctement à tout ce qui était autrefois l'objet de l'in- .dulg^ence, si Ton s'antorise de l'exemple ancien pour accorder le pardon à l'adultère. Nous avons à lappui de notre sentiment des exemples qui, empruntés à cette même antiquité» profivent que la fornication , loin d avoir cluenu miséricorde, a subi sa sentence. Il me suffirait de dire que vingt-quatre mille hommes , nombre immense ! périrent du même coup pour avoir péché avec les filles de Moab. Mais j'aime mieux, pour la ;;luire du Christ » emprunter au Christ lui-même sa discij)line.
Eh bien! que les temps passés aient eu toute liberté pour se précipiter dans Timpudicité , puisque les Psychi-
TERtULLlfiN
ques le veulent. Oiie la chair ait pris ses diats avant le Christ, ou plutôt qu elle se soit perdue avant qu'elle eût été recherchée par fion maître, elle n'était pas di^e encore du don du salut, ni propre à Toitioe de la sainteté. £lle était encore tyrannisée en Adam par ses ooniroitiaes, toujours prête à conToiler les beautà apparentes , attachant ses yeuK à la terre, et gardant rimpatience de ses désirs depuis ses feuilles' de figuier. Le poison de la volupté fermentait constamment en elle, et les souillures qu*elle avait coni raclées ne pouvaient être purifiées , parce que les t ;ui\ purifiantes n'existaient pas encore. Mais depuis que le Verbe de Dieu futdesceiuiii dans une t liair qui n'avait pas même été ouverte jiar le iiiaria<je, depuis que le Verbe se fut incarné dans une chair qui ne devait pas même s'ouvrir pour le maria^, puisqu'elle venait , non pour embrasser le bois de Tintempérance, maïs de la souffiranoB-; non pour goûter quelque doux breuvage, mais le breuvage amer; puisqu*^e appartenait» non pas aux enfers, mais an del; puisqu'elle se ceignait les reins, non des rameaux honteux de la volupté, ma» des fleurs de la sainteté ; puisqu'elle communiquait aux eaux la vertu de sa pureté, dès-lors la chair qui se délivre dans Jésus-Christ de ses soudlnres anciennes, devient une chose différente, et sort entièrement renouvelée. Ce n'est pins celle chair formée par le limon de sa semence et le bourbier de sa convoitise ; c'est une chair re£iite par une eau pure et par l'Esprit saint. Pourquoi donc la justifier d'après le passé? Elle ne s'appelait ni le corps de Jésu^-Chnst, ni les membres de J^us-Ghrist , ni le temple de Dieu , lonqu'elle obtenait le pardon de Tadultère* Voilà pourquoi , si, depuis qu'ellea changé d'état pour être baptisée (kns le Christ , elle a revêtu le Christ, et a été rachetée à un î^and prix , c'esi-à-dire par le sang du Seigneur et de l'Agneau , tu as sous la main un exemple qui sert de précepte, de forme et de ju(»ement, dan>ï le pardon qui a été accûidé ou qu'il faut accorder à la toruication et à 1
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di4|ère. Tu as&OfliispiHir dctcminer, Tàge de oetleq^ie»{tion , répoque nous «vdqs fi^.
YIL GommeAce , je le veux bîeD , par la parabole oà U est parlé de la bi:ebb perdue, que chef>che le Seigneur- et qu'il rappcfrte sur ses épaules. Gite^nous en témoigna^ les peintures elles-mêmes de vos calices : peut-être pour- ^ ras-lu y lire que rinterprétatioD de cette brebis perdue s applique moins au rétablissement du Chrétien qu'à celui du païen pécheur. Ici, nous invoquons la discipline de la nature , la loi de l'oreille et du langage , et eoiiu rintégrité de rintelligenee, pour attester que. la réponse ^e hii toujours dans le sens de rinterrogatîon ou de la pcovocation» La provocation couaisiait , si je ne «oe trompe , en ee que les Pharisieus murmuraieiit que le Seigneur admit auprès de lui les Publieaias et les cheurs , et voyaient avec indignation qu'il parlageAt leur table. D'après cette réflexion, à quel autre, je le demande, , le Seigneur put-il appliquer le rétablissement de la brebis peixlue qu'au païen perdu dont il s'agissait aloi^, et non au Chrétien qui n'existait pas encore? Ou bien, comment se persuader que le Seigneur, se jouant de la réponse, pour ainsi parler, laisse de coté celle à lai|ueUe il éemàt satisfaire pour s'occuper . de celle qui est à venir ?
— « Mais le Ghrélien est proprement la brebis ^ le peu- « pie de r£glise est le troupeau du Seignair \ le Cbrisi (c est vraim^t le bon pasteur. Il faut entendire par oetffs « brebis le Gbrétien qui s'égare loin du troupeau de VAce glise. Tt
-~ l a veux donc que le Seigneur, au lieu de répondre aux murmures des Pharisiens, n'ait répondu qu'à ta présomption? A ce prix , toutefois, il faudra l'approprier cette paralx)le, de telle sorte qu'en s'appliquant au Chrétien , elle exclue tout-à-fait le païen. Dis-moi, le genre humaÎM tout entier n'est-il pas le troupeau de Dieu? Le même Dieu n'est-il pas et le maître et le pasteur de toutes les natiops ? Qui est plus éloigné de Dieu que le piûen anaâ
kmg^e«i|» qu'il s'égm ? Qui est plus Tobjec des recherches de Dieu que le paien « lorsqu'il est rappelé par le Chdst? £n un mot, oet ordre se montre le premier dans les païens. €ar enfin ils ne deyiennenf chrétiens, de païens
((ii*ils étaient 5 qu'après avoir été la brebis perdue , cherchée par le Seigneur, et rapportée sur les é|>aiilcs du
^ Christ. Il faut donc conserver cet ordre , afin qu*ici Texplication réponde à ce qui précède. Toi , au contraire, tu voudrais, si je ne me trompe, que* la brebis perdue eût quitté , non pas le troupeau , mak Tarche ou je tie sais cpielle clôture ?
Ainsi , quoiqu'il précise le nombre des |^!ens , ce n'est pas une raison pour qu'il désigne les Chrétiens, puisqu'il s'adressait aux Juifs , et leur reprochait sév^ement dé murmurer contre Tespérance des païens. Mais, afin de mauifester sa grâce et sa bienveillance , contrairement à
. la jalousie des Pharisiens, à Fégard même d\\n seul païen, il préféra le salut d'un seul pécheur, sauvé par la pénitence, à leur salut, iruit de la justice. Ou bien , les Juifs n'étaient-ils pas justes, et avaient-ils besoin de recourir à la pénitence , puisqu'ils avaient entre les mains le gouvernail de la discipline et les instruments de la crainte, c'est*à-dire la loi et les prophètes ? Il les peignit donc dans cette parabole, sinon tels qu'ils étaient^ au moins tek qu'ils auraient dû être , afin de mieux les faire rougir de leur présomption , qui s'imaginait que la pénitence , nëces.saire pour les autres, ne Tétait pas pour eux?
Il en sera de même de la parabole de la dragme. Née des inèiiies éléments, elle deniandc aussi que nous reconnaissions le païen sous la figure de celle dragme, quoique la maison dans laquelle elle est perdue soit TEglise , quoique la lumière du flambeau à Taide de laquelle on la retrouve soit la parole de Dieu. Mais, que dis-je ? Ce monde tout entier est la maison commune de tous les hommes. La grâce de IKeu y brille bien plus quand elle se manifeste sur le péien qu*ellè surprend dans ies ténèbres, que quand elle
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se Éaawiette mç le Chrétien' qti& est dé(à^ dans la Nbnièffe de Dieo. En un imt , pour» la brebis , pour la dragme , il
n'est question que d\ine seule erreur. Si elles désignaient le Chrétien pécheur, après la perle de sa I'ok elles n'auraient pas 1)11 hlié tiuuble jH rte et son rélablissement.
MaintenaLît , je me relâche quelque peu de ee que j'ai avancé , afin d ajouter même par cette concession à l'autorité de ma proposition , lorsque j'aurai confondu ainsi Toripieil du parti oppose. Je déclare avec vous dësonnais ^ que CCS deiutparaboles figùreot le Cbrétien pécheur; mais il ne s'eDBoiç pas qu41 puisse se relever parJapéniteuôe du crime dé son adultère et de. sa fomieaticni» Il est dit qtt*il a •péri , d'acoosd ; il s'a^t d'eianiiaer ici quel est ce genre de perte : la brebis a péri , non pas en tDourant , mais en s'égaraïit ; la dragme a péri, non pas en expirant, mais en se cacliant. Ainsi , d'une chose qui est saine et sauve on peut dire qu'elle a péri. Le fidèle périt donc, quand il court aux spectacles insensés du cirque; quand il se repaît du sang des gladiateurs; quand il assiste aux turpitudes du ^éâtre -et aux vanités de Tarène ; quand il ae néle aux jeux et aux banquets dVne solennité mondaine ; quand il .prête sonconoours ou son nnnîstète à tine idolâtrie ^ lui est étrangère; quand il exerce la magie ;
Suând il a prononcé quelques paroleb blâspl^ématoires on 'line apostasie douteuse. Il s*est jeté bors du troupeau par une de ces prévarications , ou bien peut-être encore il a roiDpu avec T Eglise par un mouvement de colère, d'or^ gueil, de jalousie , ou eurin , ce qui n'est que trop commnn , en refusant de se soumettre au chàtiuient. Voilà le pécheur qui doit être recherché et rappelé. Ce qui peut être recouvré, ne le pourra jamais , s'il demeure toujours en dehors. Tu interpréteras heureusement la parabole en :rappelant un pécbenr qui vit encore. Mais l'adultère » rmais le fomicateur, qui ne le tient pour mort aussitôt quHl <a oommis le crimë ? De quel front rétabliras^u un mort dans le troupeau , sur raotorilé de cette parabole qui n'y
i«p|iettB pas tme brebis norle? finfiot si tu le souTsens
des prophètes, alors qu'ils gouniMiadeiit les pasteurs, Éee-» cbiel, à moÎBsque je ne me trompe, pfononça ces pannes :
« Pasteurs, voilà que vous mangez le lait et que vous vous <( couvrez de la laine des brebis; celles qui étaient vigou- <( reuses , vous les avez tuées ; celles qui étaient lan^uis- <( sautes, vous ne les avez pas soif^nées : celles qui étaient (( blessées , vous ne les avez pas pansées \ celles qui s'éa taient égarées, vous ne les avea poÎBt ramenées ; celles « qui étaient perdues, vous ne les avez point cherchées. » Ta Tentendsl Aeproche-t-ilatix pasteurs de n'avoir poîat son^ à r^aôer dans le trofupeaa les brebis qui étaient mortes? Non ; ce qu il leur reproche ouyertement, c*est d'avoir immolé les In^is ; de les avoir laissé manger par les bêtes féroces de la plaine : elles ne pearent ni périr réellement, ni èue dévorées, quand on les abaiultiiine, pour être reprises ensuite comme si elles n'étaient ni mortes ni dévorées.
Je veux bien que, d après 1 exemple de la dra^^e, il se rencontre dans la maison de Dieu, qui est i'Êglise , quelques péchés légers , comme Tindiquent le module et lepoidsde-ladragme, péchés qui, s*y<âchant un moment et découverts bientôt après > amènent sur-le^dhamp Tallégresse de la purification* Mais» lorsqu'il s agit de fonuca* tion et d*adultère » ce n*est plus la dragmo, mais le udettt qui les caractérisera. Pour se mettre à leur recbercbe , il faut non plus seulement les clartés d'une lampe, mais les rayons du soleil tout entier. xVussitot qu apparaît un criminel de cette nature, il est eli;>ssé de TÉglise; il n'a pins rien de commun avec elle. Loin d* causer de la joie à celle qui le découvre , il la plonge dans le deuil; loin de provoquer les félicitations des assemblées voisines , il excite la tristesse de ses proches et de ses frères. De notre interprétation ainsi confrontée avec la leur, il résulte donc que les paraboles de la brebis et de la draçme a^applî*quent d'autant mieux au païen , qu'elles se rapportent
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moins au Girétien , «oufpable du cgime anqu^ k' partie adverse les ploie malgré elles. *
YIIL II arrive k la plupart de oeux «qui interprètent
les paraboles ce qui arrive d'ordinaire pour des étoffes de jx)urprc qu'il s'agit de reproduire. 0"''înd vous croyez avoir habilement adapté les nuances des coideurs et rendu Toriginal par une imitation exacte, aussitôt que vous examinez les deux carps , et que la lumière joue sur eux, les. dissemblances qui s*en échappent dissipent toute TciS reur. Geus-Ih marchent dans les mêmes ténèbres, qui ^ dans la parabole des deux fib^ prenant prénexte de quelques Bgures semblables en apparence, s^éloignent de k lumière véritable de cette oomparaiaon que reeonrre la matière de la parabole. Ils veulent que Km deux peuples soient représentés par les deux fils, le Juit par le lilsaîné, le Chrétien par le plu.s jt^inc Ils ne p( uvent en effet établir que le Chrétien peehenr obtiendra son pardon dans la personne du plus jeune des deux hls, sans que laine dcTienne pour eux le symbole du peuple Juif. Or, si je parviens à démontrer que la oomparaiflon du peuple Juif avec le fils ainé n'est pas légitime, il sera impossible d'admettre par Toie de conséquence que le second fils soit rimage du peuple Ghréttèii. Taiuement donc le Juif est bonoré du nom de fils et de fils aisé, parce qu'il a été le premier du coté de l'adoption; Taînement il envie au Chrétien rhonncur d avoir été réconcilié avec Dieu le Père, chose dont la partie contraire fait grand bruit ; toujours est-il que ce n est pas le Juif qui dit au Père ; a V oilà « que depuis tant d'années je vous sers, et je n'ai jamais <t transgressé vos ordres. » A quelle époque, en effet , le Juif ne traDSgres8|aht*il point les ordres du Seigneur, lui qui « entendait sans comprendre, qui baissait le juge sélé «i pour la justice, et méprisait la sainte parole ?i» Par là nnêiiie c0tte réponse du Père ne s'adressera pas davantage au Juif : « Vous êtes toujours avec moi , et tout ce qui est « h moi est h vous, » Pourquoi cela? Parce que les Juifs
TËftïliLLŒN.
'soiit àMtaeés des fils apostats, qui ont étéengendm et
nourris en haut lieu , mais « qui ont reconnu le Seigneur, « qui Tont abandonné, et ont aiiumé la colère du Saint u d Israël. »
Sans doute, les plus nri])l( s prcrofi^atives ont été accordées au Juif; toutefois elles lui ont été enlevées h cause de son intempérance^ à plus forte raison, la terre des promesses paternelles. Cela est si mi, que le Joif , semblable au plufr jeune des deux fik, et oomme lui cUsdpateur des trésors divins , s'en va mendiant à travers les contrées étrangères , esclave aujourd'hui encore de ses maîtres , c'est-à-dire des princes de ce monde. Que les Chrétiens cherchent donc un antre frère ; la parabole ne pëut s'appliquer au Juif.
Il y aurait eu plus de convenance à comparer le Chré^ -tien au fils aîné et le Juif au plus jeune , par rapport à la foi , SI Tordre de ces deux peuples, déterminé dès le sein deRébecca, permettait ce changement, que contredit d'ailleurs la conchision de la parabole. Cnr il convient au Chrétien de se réjouir et non de s'attrister du rétablissement des Jui& , puisque notre espérance tout entière repose sur le même fondement que Tattente d'Israël. Ainsi, quoique certaines particularités aillent au but , il en est beaucoup d'autres qui, pour quiconque réfléchit mûrement, détruisent la parité de Tezemplé. Quand même toutes les circonstances se rapporteraient l'une à Tautre avec Teiactitnde d'un miroir qui rend une image , l'interprète devrait craindre encore que la justesse des comparaisons ne soit détournée du sens véritable que demandait la substance de chaque parabole. Ne savons-nous pas qiH les pantomimes, lorsqu'ils adaptent à des chants des gestes allégoriques, expriment des choses parfaitcnient lices entre elles, mais qui n'ont aucun rapportavec la fable, la scène et le personnage présents ? Mais qu'importe un art en dehors de l'art théâtral ? Il n'a rien de commun avec Andromaque. Ainsi , les hérétiques donnent à ces
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mêmes paraboles un sens conforme à leur caprice poui' l'appliquer habilement la où ils ne devraient pas. Pourquoi habileraeni Farce que dès l'origine ils ont concerté }eê macères de leurs doctrines , pour qu'elles eussent à correspondre aux paraboles. Une fois affranchis du joug de la Térité y il lear a été fiicile de cenbiner leurs optnions et leurs dogneB avec le fleus apparent de ces paraboles.
IX. Pour nous, qui nHmagînoDs point des syslèaiesdV près les paraboles, mais qui interprétons les paraboles
d'après leur substance et leur motif, nous ne nous mettons point l'esprit à la f^êne pour tortui er chaque mot , pourvu que nous évilions ce qui contrarie directement le but général , comme, par exemple, poui quoi cent brebis ? pourquoi dix draj^mrs ? quels étaieiH ces balais ? Il fallait <pie l'Évangéliste, pour mieux exprimer combien le salut d*un seul pécheur était à cœur à Dieu , adoptât un nombre déterminé dont s^élait perdue une seule partie. De même Fattilude d'une femme qui cherche une dragme dans sa maison , demaudait nécrâairement le secours d'un balai et d*nne kmpe. En effet, les inTesdgaéons de èe genre rendent beaucoup de dioses suspectes, et la plupart du temps détournent les esprits de la vérité par des interprétations futiles ou forcées. Or, les circonstances qui ont présidé à l'ensemble, à la dispasition et au contexte de cette parabole, nous ont été racontées siîri])leineni jxiur être appli(jiiées au but que se {)ropose cet exemple. Les deux fils bi.'niitieroiif donc la même ehose que la dm^^iuc et la brebis. !!:> auront la même cause que les deux paraboles auxquelles ils se lient , c'est-à-dire les murmures des Pharisiens, qui trouvaient mauvais le cominerce du Seigneur avec les Gentils. A qui douterait que dans la Judée, subji:^pée depuk long-temps parie bras de Pompée et de Lucullns, .les publîcains fussent des infidèles, je lui dirais : lis le Déutérooome : « Aucun des fils d*Israêl ne «t recueillera les tmpdis. n D^aillenrs le nom de poblicain
XKilTULLtBN.
n'eût jamais été aussi abominable devant le Seigneur, s'il n'avait été le nom d'étran(jers qui vendaient jusqu'à l'air du ciel, jusqu'au droit de traverser la terre et la mer. De ce qu'il associe les pécheurs aux pubiicains, il ne s'ensuit pas qu'il veuille parler des Juifs, quoique plusieura d'entre eux aient pu être Juifs d'origine. Mais le Seigneur a diatîpçué la miiltitiide4le8idolà(re8eiideux espèces, ceux qui étaient pécheurs, par l'ottice qu'ils remplissaient, c'est-à-dire les pubiicains, et ceux qui étaient pécheurs par nature, c'est-èrdire qui ne remplissaient pas Tofiice de pubiicains* Dlailleurs, on ne lui eut pas reproché de s'asseoir à la table des Juifs, mais des infidèles, avec lesquels la loi mosaïque défendait de manger.
Maintenant il faut considérer d'abord dans la j)ai .d)ole de l'Enfant prodigue ce qui est plus utile. Car l'é^yaliié des exemples ne peut être admise, si fout en correspondant exactement à l'imagée, elle est nuisible au sidut. Or, nous voyons que l'essence fondamentale du s^iut, placée dans le maintien de la discipline, est anéantie par l'interprétation qu'adoptent nos adversaires. Car si celui-là est vraiment Chrétien qui , après avoir reçu de Dieu son père le trésor du baptême, de l'Esprit saint, et conséqueminem de la vie éternelle, s'en va loin de son père, prodigue fpUenient ses hiens dans les dissolutions du paganisme, se dépoijiille des dons dç rintelUgence, se vend en esclave au prince du siècle, qui n*est auu-e que le démon , et eu reçoit l'ordre de garder les pourceaux, c'est-à-dire de nourrir les esprits inunondes, puis s'avise un beau jour de retourner avec larmes à son père, qu'arrivora-t-il ? C'est que, non-seulement les ad u Itères et les lornicateurs, maïs les idolâtres, les blasphémateurs, et les apostats de quelque nàlure qu'ils soient , satisferont à la justice du Père pur eette parabole. Dès lors s'anéantit toute la substance du sacrement. Qui craindra désormais de dissiper ce qu'il aura la faculté de recouvrer ensuite ? Qui prendra soin de conserver éternellement, oe qu'il ne pourra perdre étci'*
- neilementP La sécurité du criuic est uue inviuiioii au crtnie. Ainsi donc l'aposiat recouvrera «ou premier me&t) il revêtira de nouveau TE^prtt saint -, il portera de nouveHu Tannenu sioréqui scella son baptême; le Christ s'ivinolera de nouveau pour Loi , et il «'assiéra encore une fois à oetle tabfe, d'où sont arvacbés par les bourveaux pour être. ensuite jetés daiÉi les ténèbres, nus et dépouillés» les convives qui sont présentfs sans la robe Duptîale.
Ici donc la dilliculté redouble, puisqu'il n est pas mêiue expédient que la parabole de 1 Enfant pitulif^ue s applique au Chrétien. D'autre part, si TimM^c de Fils ne s'applique qu inipariaitement an Juif, il taudra en < herclier l'interprétation naturelle dans le dessein général que se proposait le Seigneur. Jésus-Christ était venupQur sauver ce « qui avait péri , et le médedo est pl^ nécessaire à ceux II. qui sont malades qu'à Ofmx qui se portent bien* » Voilà ee qu'il figurait dans ses parabviès^ voilà ce qu'il prêchait dans ses maximes* Quel est Tbomine qui périt? qui pe^ k santé, sinon celui qui ne cpnnatt pas Dieu ? Qui ^ sain, qui eat sauvé, mon celuiqui oonnait Dieu ? Ce sopt là deux espèces de choses qui sont sonirs et que désignera aussi la parabole dont il s'agit. Remarque-le, en effet. Le païen a-t-il conservé le bien de sa iiaiSsauce en Dieu le Père, ainsi que ces trévSors de sagesse et de lumières naturel hs pour connaître Dieu , et dont l'Apdire a dit ; u Le « inonde avec sa propre sagesse n'a pu connaître la sa«- « gesse de Dieu , » sa propre sagesse , c'est-à-dire ce(le qu'il avait reçue de Diep. 11 la dissipa doue en s'éloignant du Seigneur par ses d^rdres, et eti se jetant au milieu des orHurs, des passions et des volupté du œond^» oii, presaé par la faim de la vérité, il se livra au priuee du siècle. Celui-ci lui donna des pourceaux à ganier, troupeau fàmilîer des dénions, parmi lesquels, prMde la nourriture qui soutient la vie, il voyait tous ceux qui vaquaient à l'œuvre de Dieu , |x)sséder l'abondance du pain céleste.
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Il se souvieni donc du Dieu qui est son père ; il rèvient k lui après avoir satisfait à sa justice, et se couvre de son premier vêtement, je veux parler de cet état qu'Adam avait perdu par sa prévaricatiûB. Il reçoii aussi pour la première fcrâ cet anneau par kqael le néophyte, inlerrogé au baptême, signe les engagements qu*il contracte, puis enfin se nourrit de la substance du corps de Notre* Seigneur daii% le pain encharîstiqne. 'Le voilà cet Enfianlt prodigue qui , par le passé, ne connut jamais la sobriété ^ précoce dissipateur, Chrétien tardif. Voilà celui que les Pharisiens ne voyaient pas sans peine dans la personne des publicains et des pécheurs, abandonner le siècle pouise jeter daria les bras de son père. C'est poui^ fif^in cr ce mystère seulement qu'il nous est parlé de la jalousie du frère aîné, non pas que les Juifs fussent innocents et soumis à Dieu, mais parce qu'ils enviaient aux Gentils le salut, eux qui auraient dû demeurer toujours la nation chérie du Père céleste. Aussi 1^ Juif gémit^I de la pre- Tôlière vocation du Chrétien y-mais non de sa seconde réhabilitation (1). La vocation, en effets est visible même pour le païen; quant à la réhabilifation , comme consomme dans le secret de nos églisea, elle n^eat pas même connue des Juils*
J*ai donné, si je ne me trompe, des explications plus appropriées à la matière des paraboles, à la convenance des sujets et au maintien de la discipline. D'ailleurs, si dans la brebis, la dra^e et les désordres du fils, nos adversaires ne s opiniàtrent à voir le symbole du Chrétien pécheur, qnc pour avoir droit de hn remettre l'adultère et la fornication, quand il se repent, il faudra également accorder le pardon à tous les autres péchés capitaux , ou réserver oomme irrémissibles Tadullère et la fornication , qui leur
fi) Teitullicn enlcntl par la première vocation, le changement qui s'opcrc dans Ja conduite par la régularité des mœurs et la pratique des vertus chréticimes ; par réhabilitation > ou léldjlissement , les cérémonies «pli eomMcnM k CbrétiMi.
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ressemblent. Mais j*aiDie mieux dire qu'il n'est pai? permis d'argumenter en dehors du sujet dont il émit question, £a un mot, s il était permis de transporter ailleiir»k.seD»4e ces paraboles, nous ap|Uii|uerioRs plmidt.aa niirtyrer^ p^mœ qu'elles font çaacevoir, parce qfhé le iparCyre aeul pourra réhabiliter le fdsqui a. dissipe tous 9Sàbi4eiis^|»uîs-< que d'une parc il publiera avec a)lë@pr^. qu'il a ft^n^é k^aifagipçpenhiet raut-il retipiiyé^ dapa ipa' fumier in»^ mpDde;.et que de Tamre il rapportera aubercail, sur les éfM»les4ti 9eî||^ttr. lui^méiiie , la brebis fugitive , quand même e)le se sei^t égarée à travers les muiitagnes et les précipices. Toutefois nous aimouh mieux être moin.s int énieux peut-être dans les Écritures que d'être inp^énieux contre cUes. Nous devons donc respecter le sens du Seigneur ainsi que ses préceptes. On peut p^berai|âsigfiè<^ vemeut en interprétation qu'en action.
X. Après s'être afiranchis de la néo&SBÎlé 4!appUqiier au yaiep ie,3eoâde<sesrp«ab)lés,.«^p^am^^ admif 'C^le de ne pas les inierpniier autrement qu^'Je comporte le b|it que Top s'y propoiait, nos adi^ersavjei 8qi|â«P9^tmaiDteia^Dtque nnjoiictîbD4e feiie péuî^eijMse ne conyieni pas aux païens, dont les prévaricatîpii8 ne,9(mt paa i^ssitjéties à Ja péniteuce, parce qu'il faut les imputer è rignorance qui n est coupalile envers Dieu que du cùté de la nature. Par conséquent, ajoutent-ils, il n'y a pas connaissance du remède là il n'y a pas connaissaqce du péril ; la pénitence n*est raisonnable qu'autant que la prévarication a été le fruit ck' la ( onscience et de la volonté, accompaf^nées du sentiuieiu de la fiiute et de la, grâce. Q^(^ est celui qui pleure ? quel est celui quis'iuimilie? L'homme qui sait ce qu'il a perdu, etce qu'il recouvrera, s'il immole la victime de la pé^tence en ViKymeur de oe Ebéo^e Di^ii qui, à ce titre, la prescrit à ses eufisints bien phisqt|> .4e9 étrangers. — Quoi donc, leur répondrai-je, parce^qn^ lés ^^ioiinites étaient paiena, Jenas peQS9i^il.q^'4a ^^nldia» pensé» de la pénitenoe, karaqu*ii déclinait l^offîcfe 4e ki pré- T. VII. 43
TBRTULUBN.
dkaiioa? Ou piutdC, prévoyant que la miséricorde de i^use répandait jusque sur les étrangers, la redoutait-il oonme Tanéantissement de la prédication ? Toujours est-il qtte le prophète faillît périr à cause dHine cité proforie qui jusque-là ne ooDhaissaiit pas Dien^ péchait etHxM^r ignoranoe, sHI n^avalt été destiné à figurer la passion dci Seigneur , qui devait rflchetèraussi les idofttres pénitents. Heureusement pour notre cause, Jean qui frayàit la* vcÂea du Seigneur, prêchait la pénitence aux ^dats et aux pnhlicains non moins qu'aux enfants d'Abraham. Le Seigneur lui-même ne dit-il pas que les habitants de Sidon et de Tyr auraient fait pénitence, s ils avaient vu les témoignages de ses miracles ?
n V a plus. Je soutiens que la pénitence s'applique mieux à des péchenra par nature que par volonté. £q effet, celui qui n'a pas encore usé de ses fruits les méritera mieux que celui qui en a déjà abusé-, et des remèdes anployés pour k première fois auront plus de vertu que des rànèdes usés. En vérité, Dieu va se montrtsr plus loompatksant envers des ingrats qu'envers des ignorants $ il dera pli» miséricordieux pour des réprouvés que pour de» homdiea qu'il n'a point encore approuvés; de sortèqu^an lien de s'irriter contre les affronts qu'a reçus sa clémence, il les encourage, et dispense moins volontiers ses libéralités aux étrangers qu'il ne les perd dans ses enfants, lorsqu'il adopte les nations à ce prix, tandis que les Juifs se jouent
sa patience !
Les Psychiques au contraire veulent que Dieu , le juge iouveràin , « préfère le repentir à la mort de ce pécheur, » ^ni de son tmé préféra la mort au repentir: S'il en est Jiinai, plus nous péchons, plus nous sommes agréables k Rien. Eh bien donc i fenamlmle de la pudeur, de la chasfelé et de tonte espèce éb ccmtinence, toi qui, avee une discipline de cette nature, et que n^avone pas la vérité, marches d'un pas inoerfiin sur cette corde si délicate , cherchant l'équilibre de ta diaîr par Tesprit, modérant
TEftTULLIEK.
par la foi les emportements de ton ame, et donnant h ton œil ie frein de la ci^ainte, pourquoi donc tant d'inccrtilude et de timidité ? Poursuis ta marche , si tu le peux, si tu k Teui , puisque tu es si sûr de toinnéiDe , et comme sur un temuD solide ! Si quelque faux pas de k chair, quekfoe distractioii de Tame, quelque dùr|HiBe du regard te détouiue de ta course, qu'importe ? Dieu est bop ; c'est aux siens e| mm an pÉlens qu'il ouvre ses bras ; une SMÔnde pënit'aocuetlUr ^ d'adultère que tu ëtaiii, tu ècébs 4^ nouveau chrétien/" ' /:î-jr>i..;i*rMinf -^fsi-sjf W,;nuft ùi -
'■ Voilà ce que tu me dis, ô compatissant interprète de Dieu. Je inereiiilrriis volontiers, si l'Ecriture dû Pasteur (1) avait mérité de prendre place pariiii les livres canoniques, ou plutôt si le concile de toutes les Eglises, mcme des vôtres, ne l'avait rangée parmi les livres faux ou apocryphes, adultère elle-même et par cette raison défenseur de ses pardls. Va, elle est bien digne de t'initiery puisqu'elle n'a tout au plus pour elle que ce pasteur (il), que tu figures sur le calice, prolanatair lui-même du sacrement chrétien, véritabk idok de l'ivresse, asile de la fornication qui soit l'ivresse « et dont tu ne Ixms rien plus vôlontiers que k brebis de k jieconde pénitence. Quant à mm, je vais puiser aux torî* tures de ce Pbstenr, dont t'inotimiptibililé ne sait pas fléfchir. C'est lui que dès l'abord Jean-Baptiste me montre; lorsqu'avec le bain baptismal et Tobligation de la pénitence, il m'adresse ces mots : « Faites de dignes fruits de péni- « tenre.et (^irdez-vous de dire en vous-mêmes : Nous avons c( Abraham pour père (de peur, sans doute, qu'ils ne s auk torisassent de l'adoption paternelle pour pécher de nouk teau). Car je vous dis que de ces pierres mêmes Dieu d pent susciter des ènfants à Abraham, n Yoik qooune il
.■>:ir - 'jiilUr. )
(i) Attribuée à Hermat.
(a) li semble à Tertullicn , dans Texagération de sp:^ doctrines et de son style si fi'^uré, que l'image du bon Pasteur, peiiUe sur le calice, était tine sorte <i'iavitation à l'adultère, prce t^u'il proiiicLUit ie pardon au repentir, etc.
XERTULLIËN, '
nous conseille de renoncer au péché en faisant de dignes fruits de pénitence. Je le ( iL-inande, à qin'l auiresiPjOc qu'à la reiorme absolue des mœurs, se reconnaît \c 1j uit de la pénitence? Si on le fait consister plutôt dans le pardon, le pardon lui-même ue point sans k renoncement au péché. Le reDOQoemiemau péehé est donc la racine du pin^oo^ pour que le pardon puisse être le fruit de la pénitêoce.
XI. Maiiiieiiaiit, la question des paraboles est t^munée qiamt k ce qui coocerDe rËvan^e. Qçtfi le Sei^eur se soit montré ici-bas miséricordieux enTers des pécl^urs semblables» comme par exemple lorsqu'il se laisse folK^er par la femme pécheresse) qui arrose ses pieds de ses larmes, les essuie de ses cheveux, et prélude à sa sépulture par des pariums j ou bien encore lorsqu'à cette Sauiaiitaine, qui n'était pas seulement tombée dans Tadultère, mais qui s'était prostituée dans un sixième mariage, il révèle qui il était, chose qu'il n'accordait facilement a personne : cette Temissioa des. péchés, accordée à des femmes déjà chré— lieDnes» ne donne, pas gain de cause à nps adversaires* Nous nous contentons de dire : Le Seigneur lui s^i|l a ce |louvoir. Eh bien ! profile?^ de son pouvoir et de sa ccmdes^ -oendance. Toutefois nous ne laissons pas de déclarer q|ie le ■pardon qu'il accordait même à des Juifs pépbenrs, Idrâqii^il ■ était sur la terre, ne préj u ge rien cçmtre notis.
Ia discipline chrétienne ne commence,) ainsi que. nous Tarons dît plus haut, qu'au renouvellement de lalliaDce et à la rédemption de la chair, c'est-à-dire à la passion de -Nolre-Seigneiir. Point d'borame pariait avant que le mystère de la foi ait été découvert; point de chrétien avant 'que Je Oinst ait été reçu dans lu ciel :, point de saint avant que l'Esprit saint soit dfâç^du 4u ciel.pour régler iadi^ •cipline elle-même.
XII. Je somme donc ceux qui ont reçu dans les Apôtres et par les Apdtres un Pàraclet, qu'ils ne possèdent plus même aujourd'hui , parce qu'ils rejettent i6elui qui est descendu plus pleinement dans les prophètes et les Apdircs
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TËRTliLLlËNi
neciTeaux, de me prouver, les livres ajx)stoUques à la main, que les souillures d'une chair, criminelle après le baptême, peuvent être effacées par la pénitence. ^îous aussi, dous saluons dans les Apôtres la forme de rancienne loi par rapport à la fornication, quelle que soit la sévérité de ses prescriptions, de peur qu'elle ne semble plus douce dans la discipline nouvelle que dans Tancienne. Lorsque VÈyfBnffUe, retentissant pour la première fois, ébranla tout ee qui était ancien, écôuteE quelle est la première rè^e que les Ap6tres-, d'après rauttnrtié de TEsprit saint, foM entiendre à ceux qui avtitent commencé d*étrer appeMis parai les' nations- « Il a semblé bon an Saint'E2Bprirei k n nous de ne point vous imposer d'autres fardeaox ^ne « ceux qui sont nécessaires ; que vous vous absteniez des « victimes sacrifiées aux idoles, de la fornication et du V sang, toutes cliosos dont vous ferez bien de vous garder. « Quii FEsprit saint vous conduise, n II nous suHit qu'ici encore la fornication ait gardé sa pince d honneur entre l'idolâtrie et l'homicide. Car, par celte interdiction du sang, il faut surtout entendre le sang de Thomme. Or, de- «jnd œil les Apôtres TCUlent-ils que nous regardions les seuls crimes quMIs eiœptent de lobservtition de la kM an-^ cienne, et dont ib nous prescnTent indispensablement de Boas abstenir, non p is qu'ils permettent les autres, îmais parce qli'ils déclarent ceux-là seuls irrémissibles , apvèè aToir allégé comme rémissibles tons les autres fiirdeami de la loi, par condescendance pour les païens? Pourquoi nous délivrer d'un joug si lourd, sinon {>our courber notre tête sous le joug de cette sévère discipline ? Pourquoi briser tant de liens, sinoti pouj nous en imposer éternellement de plus indispensables .' Ils nous ont affranchis de nombreuses servitudes pour nous enchaîner à des devoirs dont rînfraction sesmi plus funeste. Il y a en une sorte de com<pensation : 'nous' avons gagné beaucoup en perdant quel^ qne chose. Uiie compensation ne peut se révoquer ) or, elle Baserait révocable qu'aux mêmes oonditions, c'esl-è-dire
753 TËKXliLUM.
par la réitération de b fomicBtbn, do aong «ide l'idolâine. Il fitut reprendre la loi tout eiltière, si on brise la clause qui dispense de la loi. Mais non. Le Saint-Esprit n'a pas
signé avec nous un pacte à la légère, d ^uitant plus digne de nos respects qu'il nous a prévenus volontairement. U nous est impossible de rompre nos engagements avec lui, sans péclier par ingratitude. D ailleurs, il ne voudra plus reprendre ce qu il a cédé, ni céder ce qu*il a retenu. L^es-* sence du Testament nouveau est ioiinoable , et la procla^ madon du décret» ainsi que le dessein qui Ta inspiré, ne finiront qu'avec le monde. G*est iM^oir sufiisamment refuse fe pardon , que d'avoir formelleoient gardié le préceple : tout ce qu'il n a point abandonné il Ta revendiqué» De là vient que les Eglises ne rendent pas la faix à Teffusion du laug. Que les Apôtres se soient écartés du principe qù'ils avaient établi, il n'est pas permis de le croire, je l'iixiagine, ou, ai quelques -uns peuvent le croire, qu^ib le prouvent.
XIII. Nous connaissons ici toutes leurs vaines conjectures. Ils soupçonnent en efief cjiie l Apotre Paul, pardonnant , dans sa seconde Épître aux Corinthiens , à ce même ftirnicateur que dans la première il avait livré à $atan pour la ruine de sa chair, parce qu'il avait été Vim» |iie héritier du mariage de son père y c^iange de lu»* gy^, lorsqu'il écrite « Si l'un de vous m'a contrislé» il « qe i^'a pas^tmtristé seul; mais je ne dû pas èout pour « pas fOus accabler. Il suffît actuellement à celui qui « m'a affligé d'avoir reçu oeife fxirrectioB. Et vons devez « plutôt le traiter maintenant livec indulgence et le con- M soler, de peur qu'il ne soit accablé par une trop grande « tristesse. C'est pourquoi je vous conjure de lui donner <t des témoignages de votre charité. Et je ne vous en parle « qu'a fin de vous éprouver et de reconnaître si vous êtes « obéissants en toutes choses. Ce que vous lui accorde-^ fc re^i, je le lui accorde aussi. Car si j'ai donné quelque « cbQse« je Tai donné à cause de vous, au non de Jésns-
TERTOLUSN. 769
(( Christ, aBn que nous ne soyons pas surpris par Sotau , « dont nous n'ig^norons pas les pensées. »
Où est'ii question ici d'uo foraicateur ? Où est~îl question de l'impie qui a souille la couche paternelle? Où esl* il «ineMÎqn d'ua Cluréti6ii.qiu « sarfiMé iaiD|xideur àm païens? L*Apôtre n*eût-il pas absous par un pardon spécial celui qu'il aTsit dondamé par une colère spéciale ? Sa fiîlié ett plusofaseure que son ind%iiafbn. Sa nçuelir est plus manifeste que sa douceur. D'ordinaire cependant la colère prend ties voies plus délournées que riiidulgence ; la tristesse liésite plus que la joie. Cest. qu'il s'agissait ici d une indulgence légère. Nous pouvons nous en convaincre aujourd'hui mieux que jamais, où les plus grands crimes ne sont pas remis sans être proclames hautement , à plus forte raison sans épre mentionnés. Eh quoi! si tu introduis dans l'Église la pénitence d'un fornicaleur pour fléchir l'indignation de l'assemblée chrétienne, pcenai^t |i9r la main le coupaUe, caché sous an cplioe « couvert de cendre^ et annonçant par son estérieur le ^uil et IV tAttement» tu Toblig^ de se prosterner pubUqttâpaent devant les veuves et les prêtres, d'knplorer IWislapce' de nos frères f de baiser les pas de chacun d'eui , de se rouler humblement à leurs pieds! Ce a est pas tout. Pasteur bienveillant , évêque miséricordieux, tu harangues l'assemblée chrétienne, ah n d'émouvoir la pitié en faveur du criminel , et tu cherches tes chèvres dans la parabole de la brebis^ tu fais promettre à ta brebis qu'elle ne s'cchappera plus du bcârcail , comme si ce qui n avait pas été permis même une fois ne l'était plus à l'avenir; enfin, au moment où tu es le plus indulgent, tu t'efforces d'effrayer, les autres sur les conséquences d'«ine chute. Ii'Àp^tre, contraire 9 aurait pardonné sup-le-ehanp un erime si abominable, qui à la souillure de la totnksiâim ajoiite Celle de TiiH^este, sans même exiger du préwicar tenr ces marques extérieures, qui sont comme les ambassadrices de i^ pénitence , et que tu devrais avoir apprises
760 tHftTULLiEN.
de" lui, sans le Mnaeer à Tavenir, Ans rav«rtnr de se» devoirs!
0 y a mieux, répliqiies-tû. il demande am Gorin- Ihiensde doniier h cet bommedes témoignages de diarité, plutôt povir satttfaire li oe devoir, qne pow loi remettre
sa faute.
— Toiitefois,j*ai entendu le mot de Charité, et non pas de Communion. Il écrit aux Thessaloniciens : « Que si quel- « qu^un n'obéit point à ce qne nmis ordonnons pir notre « lettre, notez-le, et n'ayez point de commerce avec lui, « afin qu'il en ait de la cofifusion. Nt^ le rrf^ardez pas « néanmoins comme un ennemi, mais reprenez- le comme « un frère. » Tant il est yrai qu'il aurait pu dire <{«e la charité seule étaitaceonlée au fornicateur, sans la communion.- Mais à l'ineestoeux, il aurait refusé jusqu'à la charité , puisqu'il < leur reeommanda de le bannir du milieu fc d'eux, « à plus forte raison de leur ooeor. — Hais non ; il craignait probablement que Satan ne les frustrât dans la perte de celui qu'il avait livré à Satan, ou que celui « qu'il avait cond imné à la perdition de sa chair, ne fût « accable par une tristesse trop (grande. » Tei nos adversaires voient dans « cette perdition de la chaii ) 1rs exercices de la pénitence, qui, par les jetînes, riiumiiiation, le deuil et les mortifications de toute nature, semble satisfaire à Dieu en'immolant la chair, afin de conclure de là qae ce fornicatetir, ou pour mieux dire cet incestueux, n'a ^pas été livré par l'Apôtre à Satan pour sa perdition, mais pour son amendement, puisqu'il devait mériter par cette -mortification de la chair un pardon qu^il obtint récHe- "ment*
Il est bien vrai que le même Apocre « livra Hyménée
« et Alexandre à Satan , afin de leur apprendre à ne plus « blasphémer. )i Ainsi l'écrit-il à son cher Timolhée. Mais ne déclare-t-il pas, en parlant de lui-iucme , « qu'un ange de Snîan a été mis dans sa chair pour lui donner comme « des souliiets^ de peur qu'il ne vint à s'enorgueillir » Si
TERÎULLIEN. 7«1
ii« advminM «UèçiMlit ceileamoriïé Bans le irât de nom Ihît^Hniaprêbdfe que ces hommes ont ëtë Kvrés k Bàîxa poinr létivaiieiidenientetnen poùr ieur perdition, qaellè minmiiiiiiafié le blàsphèitoe et' Titiceste petevent-ils avoir avec une ame étrangère à ces souillures ^ je ne dis point assez, avec une ame qui, ne pouvant s'enorgueillir que de la plus haute sainteté comme de l innocence la plus pure, si elle était souffletée, pour ainsi dire, dans TApotre, ne Tétait que par une douleur de téte ou d oreille , ainsi que s'exprim(î le proverbe? Il n en va pas de même de Tinceste et du blasphème. Ils ont mérité de remettre l'homme tout entier en possession de Satan, et non de le livrer à son ange. Bo effet, que TApotre, dit-il , les ait livrés a Sataii lutméme , ou qu'à TApdtre il ait été donné- sealemebt Qd ange de Satan , la-diffiére&oe idapiorte, on» pour miein dire, la difféveiioe est CBafemielle* • Eafin* kraqne Ilaul conjàre le'Seigneèr de lai/re^ tirer^ qù'eile répoùa^ en re^it^il? «Ma grâce te mflkt ^ « la fbrce'se perfectionne dans la faiblesse.» Ceux qui sotft . livrés à Satan ne peuvent entendre ces paroles. D'ailleurs, si li crime d'Hyménée et d Alexandre est irrémissible dans le siècle {jrésent et dans le siècle à venir, puisque c'est un blasphème, TApotre, en opposition avec la déclaration du Sei{jneur, « n'eût pas livré à Satan, avec espoir de parft don , ceux qui, par leur blaspème^ avaient déjà fait nau- « frage dans k foi. » Voilà pourquoi il appela « naufragés « de la foi » çemqui n'avaient plus Tespérance de rentrer dans levaissenu de l'Église. Il n'y a plus de pardon à attendre pour ceux qui sont tombés de la foi dans le blasphème , quoique d^ailleurs les païens et Us hérétiques reçotToat^lnus lés jours leur gràce après iEmir blaspUraé.
Si l'Apotre a dit : « Je les ai livrés à Satan pour leilr
u apprendre à ne plus blasphémer, » il l a dit aiin que ces hommes livrés à Satan, c'est-h-dire chassés de l'Eglise, servissentaux autires d'enseignemeulqu li ue ÊiUait pas bla»-
. 762 TERTULLIEIS.
phéraer. Par ooDséqiunt, ce n'est point pour son amendement , maU pour sa perditioo étemelle, qu'il livra le nicatenr mcestueuz à Sofaii, mqpei U étuît déjà passé par un crime plus abominable qve om des pidens t afin que Ton sût qu*il fallait éviter k fornication.
Enfin , TApoCre écrit « pour la perdition de sa eliaip, w et lion pour la souffrance de sa chair, condamnant ainsi la substance elle-même qui avait failli, et qui était tombée dans la mort par la profanation de son bapterne, u afin « que son ame soit sauvée au jour de Notre-Seigneur, » dit'il. Apres cela, il s'agit d'examiner si Tame de cet homme sera sauvée. Quoi donc 1 une ame souillée <l'un si grand crime serait sauvée , ^ la chair n'aurait été livrée à la destruction que pour lui épargner le châtiment? Si nous saoriÊMms ainsi la résurrection de la chair^ l'opinion contraire conclura qpe Tame peut souffrir sans le 42orp$% Il ne lui reste donc plus qu]à Tassiniiler à TEsprit, qui prend naissance dans notre Ëglbe , et qu'elle doit rendis sain et sauf au jour du Sei^éur, c'esto^ndire pur de toute contagion et de toute souillure , puisqu'elle rejette de son sein le fornicateur et Fincestneux. L'Apôtre, en effet, ajoute : « Ne savez-vous \rds qu un peu de levain (i aigrit tonte la pàfe ?» Et cependant la Cornicaiion u était pas un peu , mais beaucoup de levain.
XIV. Après avoir ainsi écarté les questions qui avaient été soulevées , je reviens à la seconde Épitre aux Corin* tbienSy afin de prouver aussi cette parole de l'Apôtre» U nous suflira de dire que^la réprimande adressée à cet boname, quel qu4l filty ne peu^^ pour bien des raisons, s'appliquer à la piensonne d^un fornicateur* Car s'il rivait livré à Satan , comme -il le déclare ^ pour la perdition de sa chair, il l'avait conséquemment beaucoup plus condamné que réprimandé. Il y en avait donc un autre auquel il voulut que suffît une simple réprimande , puisque le foruicateur avait été, non pas répriniaudé , mais condamné par sa sentence, te donne , en eiiet , à exa-'
T£fiTUXX.I£N. 76a
«iner aï daiid^ 1» première Épitre U y en avait d^^utres qui, contrisiant i* Apôtre par km désoUdres, furent oon«f
tristes par lui , en recevant de sa- bouche les reproches qu'ils avaient mérités, selon le sens Je la secondes É[)ître, et si Tun d'eux a pu recevoir soii pardon dans cette même Épître, Or, remarquons-le bien ! toute cette première Épîire a été écrite, non pas avec de Teficre , mais avec du iîei, hautaine, indignéfif dédaigneuse, menaçante, hai« nenfle^ affectant pour ainsi dire le Janga^de toutes les panions dont le$ Corinthiens étaient les esclaves* Les achkines,' les rivalités i les dissensions , l'orçôeil , Temportement, les disputes, demandaient à être gouvernés par k violence, accablés par la Haine, réprimés par la eorreo tiim, idiai^és par roargaeii, épouvantés par la rigueur. Écoutez- quel aiguillon eette humilité enfonçait dans kur cœur ! « Je rends grâces à Dieu de ce que je n*ai baptisé « aucun de vous, sinon Crispe et Caius, afin que personne « ne dise que vous avez été bapiibés en mon nom. — Car « je n'ai prétendu parmi vous savoir autre chose que Jé- «( sus-Christ , et Jésus-Christ crucifié. — 11 semble que K i>ieu nous traite, nous autres Apôtres, comme les der^r « niers des hommes , comme des criminels condamnés h k' mort, parce que nous sommes un spectacle au monde , « aux anges et aux hommes. Nous sommes devenus % comme le rebut de tous, comme les balayures du inonde. «— -Mesttis-je pis libre? Ne suisje pas Ap6tm? N*ai*je « pas vu Jé8iia4!ihrîst notre Seigneur ?» Avec quelle fierté au contraire a-t-il été forcé de (Hre : « Et moi je me mets fort »< peu en peine d'être jugé par vous, ou devant le tribu- « nal derhomrae ; je ne méjuge pas moi-même ! — Per- « sonne ne saura quelle est ma gloire. — Me savez-vous a pas que les saints doivent un jour juf^cr monde? » Et maintenant, quelle liberté dans ces réprimandes qui attaquent de front 1 Quels coups va porter ce glaive spirituel! <( Vous voilà rassasié ; voiis voilà devenus jridie»; 4( vons.régnex» Si qndqq'nn se flatte de savoir quelque
764 TËaXULLlËN.
« choBe, H ne sait pas mèam enbcm dfe quelle manière il* « faut saToir. » Puis, ne dirait-on pas qu'il frappe son ennemi au visage? « Qui est-ce qui met de la différence « entre vous? Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu? Que « si vous l'avez reçu , pourquoi vous en glorifier, comme ti si vous ne l'aviez pas reçu ? » Il rédouble d'énrr^jie : « Quelques-uns, quoiqu ayant la science , continuent de « manger, dea viandes offertes aux idoles. Or, pëehant^le « la sorte contre leurs frères, et blessant leur conscience « 'fkibley ils pèchent contre Jésus^C&rist. » Le voilà mahitenant qui parle de lui*: « H^wons nous pas droit d*écre « nourris à vos dépens? N'avons-aous pas le pouYoir de « mener partout avec nous rAe femme qiiisok notre sœur « en'<Jës[iii9<-(%rist, comme font les autres Apôtres et les « frères dii Seigneur et Céphas ? Si d*autres usent de cette « faculté à votre égard, pourquoi n'en userions-nous pas « plutôt qu'eux?» Ensuite il les perce individuel leuieiit de son stylet : « Que celui qui croit être ferme prenne a garde de tomber. — Que si quelqu'un aime à contester, a pour nous, ce n'est point là notre coutume, ni celle «de r£^ise de Dieu.» L'imprécation par laquelle il termine son Ëpître : u Si quelqu'un n'aime point Notrea Seigneur, qu'il soit anathème: Maran-Atha,» retombait encore sur l'un d*eu£ Mais j'aime mieux insister sur les pAssages oii rÂp6tre est
eus pressant que jamais, et où le fornicateur fait lui-même guerre aux autres. « Il y en a parmi vous qui sont enflés «r d'orgueil, comme si je ne devais plus vous aller voir. « Cependant, j'arriverai bientôt, s'il plaîl au Seigneur*, et « je connaiirai non pas le langage de ceux qui s'enor- « gueilHssent, mais l'eilei de leurs paroles. Car ie royaume « de Dieu ne consiste pas dans les paroles , mais dans la « vertu. Lequel aimez- vous mieux que je vous aille voir « la verge à la main, ou que ce soit avec charité et dou-^ « ceur ? » Qu'y avait-il donc? « On entend dire qu'il se « commei parmi vous des impudicilésy el de telles impu^
ixaumuKM. 265
« dicitésqu îl n'en est pas de serablabies cbez les païens, « jusque-là qu un d'entre vous abuse de la femme de sou «t propre père. Et vous êtes encore enflés d'orgueil ; et vous « Dftves fOS été plutôt dans les pleurs pour faire retran- (t cher du* milieu de vous celui qui a commis une action n si hanteuseP v ^oiir qui ces larmes ? pour un mort appareinmmil? Devant qui devaient- elles couler? devant ieîSeif |^qrsW4kBite?ifaîs;que signifieraQt ces mots : «Pour u, u feirei retrancher du 9»iJieu dp vous ? » 11 ne s agit pas Ici de le ëba^ser hdrs des murs de : il ii*éiait pas
besoin de demander à I>Mu.miie feeulté qu'avait le préposé en vertu de son ministère. Ces parolesiVOiulàieDt jîire que cette chair, par la mort commune k Iqos el qui iûi'étatt propre, n étant plus qu un aidavre et une enveloppe impure, frappée d'une lèpre iiicmcdlablc , devait être retranchée absolument de l'Église. Aussi rAp()(re, ahn de retrancher l'impie autant qu'il était en son pouvoir ici-bas, 1q fppppa-t-il d'une sentence « qui le livrait à Satan pour la •« pco^^Q de sa chair. » Une chair qui était abandonnée au démon devait donc être maudite, aÛD quelle fut désr h^téedu sacrement de la bénédiction, oonuoe neikkvaot jpipaisrentterdaqs lecamp de l'Égliae. Nous voyens ici Ja sévérité de TAp6tre sa fjroduini sous daix aspects^ oouM i|n prgueiUewc et. Qoutrè wai ioccatueiw. U s'arme contre Tun delà verge, contne Taiitrede.la soilcace; de la.TeirQpé pour menacer, de la sentenoB' pour eaBeçuler^ Tunequi hi iiie encore, l autre qui frappeau^t^î ruae'qûîliepfro- €he , l'autre qui condamne . H est certain que dès ce moment l'orgueilleux répriniandé Ircuibla sous les menaces de .la verge, et que 1 incestueux condamné périt sous la réalité de aou châtiment. Ils s'en allèrent tous deux, le premier corr lîgé par ia fi^ayeur, lesecond commençant déjà son supplice.
Dans la seconde lettre; que le même Apotre écrit aux Corinthiens, il est quefelion de pardon. £h bieu^ d'aocoijdl I|iaisà<iui.8'ildi^e ce pardopilenrignomey.pmrce quewk per%oon^» ni lafMrévafâeatiou Ae.sont oouuuées. Ceipparons
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la chose avec le sens. Si l on m'opjx)se i incestueux, l'orgueilleux se présentera également. La relation est snfllsanle^ puisque TorguelUeux est réprimandé et rincestueux condaniié. L orgaeiikiu obtient sa grâce, mais après avoir été censuré ; Tincestueux ne semble pas Tayair obtenoe , ptHsqa'il a été condamné. Si c*est à celui pour, lequel il redoute Tamertuniede la tristesse que TApAlre pardonnait) rergueilleax aoî a été repsis courait encore le risque d^étre consumé par le chagrin, puisque les menaces et les répri*^ mandes étaient bien faites pour Taccabler. 11 nVn va pas de même du condamné. Par sa faute, par sa sentence, il était censé anéanti : il n ;ivait point à s attrister, mais seulement à souffrir le supplice sur lequel il aurait pu pleurer avant son châtiment.
En second lieu, si le criminel obtenait son pardon, ponr que nous ne fussions pas frustrés par Satan, c'était dans la personue de lorgueilleux que TApdtre cherchait h pré-^ venir cette perte, parce qu'il n*était point encore perdu : on ne prend pas de précautions contre un fait accompli , mais pour un fait qui peut s'accomplir. Le condamné, ao contraire, èé^ la proie de Satan, était perdu pour rË^rlise, ^ au nMMBeiit oilt il commettait un crime si abominable, à plm fone raison, lorsqa*eli8 le répudiait de son séin« Comment donc Faut aaraît*il pu craindre k perte d\iii homme qu'il avait dqà livré à sa perte en le retranchant, vt qu li lie pouvait pas conserver, puisqu'il l'avait c^ondamné? • Enfin, où cnnviciit-il que le juge se montre indulgent? Est-<ie lorsfjn'il a prononcé une sentence décisive, on bien quand il a ditF( ré la senu nce, surtout un juge qui n'a point coutume de réédificr ce qu'il a détruit, de peur de passer pour un prévaricateur ? Réponds-moi donc ! si la première Éphre n'avait pas ocntrislé tantde p^sonnes \ isi elle n'avait réprimandé persomie, épouvanté personne, se bornant à frapper Tincestueux ^ si elle n*avai€ ni intimidé ni consterné atiottu orgueilleux sur la gravité de sa faute, au lieu d'investir du pardon le fomicaieur incestueux, ne serait-
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il pns pins suret plus raisonnable de conjecturer qu'alors, pai îTii les Corinthiens, il s'en trouvait quelqu un qui, réprimandé pour le même motif, effrayé et plongé dans la doukitir, reçut ensuite le pardoû d'une faute qui permettait le poidoM P Voilà ce que tu aurais dû lire, sinon dans l'Êpitre, m moins dans la religion que professait TApâire» éSït par le respect en caractères piqs manifestes encore que sas paroles, afin que Paul , illustre ÂpôUre dé lésds- Ûvist, docteur des nations dans la foi et dans la vérité, vase d'élection, fondateur des Églises, juge des disciplines, ne fût pas convaincu d'une inconséquence qui va jusiju à condamner précipitamment celui qu'il absoudra tout à Vheuré, ou jusqu à absoudre sans réflexion celui qu'il a justement condamné jMjur uii< seule impudicifr de moindre gravité: à plus forte raison pour des nows incestueuses, pour une luxure impie, pour des dissolutions parricides, qui surpassent métoe celle des paiens, dit-il, de peur qu'on ne les mît sur le compte de la coutume; qu'il avait jugées km du crime , de peur que le criminel ne profilât du retard I qu'il avait condamnée en appelant à son^ secourt la vertu du Seigneur, de peur qu*il ne parût frappé par une seatenoe humaine. Il è'est donc joué et de son Esprit qui l'inspirait , et de Tange de son l^ise, et de la vertu du Seigneur, s'il a révoqué la sentence qu'il avait prise d après leur conseil. ' '
XV. Si tu ramènes à l'intention de l'Apolre les autres passages de cette É{ntre, ils ne prouveront rien en faveur du pardon de l'inceste, à moins que l'Apôtre n'ait encore à rougir ici de ses contradictions. Comment admettre, jamais qu'après avoir accordé tout à l'heure le seuil de l'Église et la fiiveur de la paix au fornicateur incestueux il recommande aussilât de haïr les impudicités, de retrancher ces souillures, de pratiquer la continence, comme s'il n'avait rieti décrété de contraire il n'y a qu'un moment? EaatsMne si ces paroles : « Cest pourquoi, ayant ce minisn lèreaebn la- miséricorde que nous avons obtenue, nous
a ne nous laisbous point aijaLUt;, inai^ nous rejetons loin <( de nous les intentions ténébreuses, » vont bien dans la bouche de celui qui révoqua la condamnation non-seulement des intentions ténébreuses, mais des crimes les plus manifestes. Sera-ce le même hommequicxcuaeni Itinpudicité et qui, parmi les titres de ses travaux, après ses angoisses et ses tribulations, après ses jeûnes et aesi vetHes» prêchera ia chaste^ ? Sera-ce^ le même qui a^pneuni indifiréremment à la commuobq tous les réprouyés, et. qui écriia ces mots : «Quel lien peut-il y avQÎr eot^ la jtistioe tt et riniquité ,? quelle union entre les hfinièrea et les ténè* <c fares ? quel accord entre Jésua-Chrisi et Bélîal ? quelle « société entre le fidèle et Tinfidèle? quel, rapport enfin « entre le temple de Dieu et les idoles ? » Ne sera-t-il pas permis de lui répondre hardiment : Pourquoi établis-tu d( s cUfTérences entre des choses que lu as réunies pnr la réliabiiilation de rincesluenx ? Dès que lu las rémiégré dans le corps de TEglise, la justice est associée à Tiniquité, les ténèbres sont en commun^ avec la luini^fe, Bëlial <st d*acoord avec' Jésus-Christ, et Tinfidèle participe aux mêmes sacrements que le fidèle. Quùnportent les idol^? Le profimaleur du temple de Dieu outre luirmêine dima ttii tiemple de Dieu. N'est:ice pas Paul qui nous tient, ce langage ? « Vous êtes le tmple du Dieu .vivant, seloniclB « que Dieu dit lui-même : J'habiterai en eu^ et je marf( cherai au milieu d'eux ^ je serai leur Dieu et ils seront
mon peuple. C'est pourquoi retirez -vous du milieu d'eux, .« et ne touchez point à ce qui est impur. » Est-ce bien toi^ ô Apôtre, qui, après avoir tendu la main à ce gouffre d iaipudicités, l'oublii s toi nicine jusqu'à ajouter : u Ayant donc (t reçu ces promesses, mes bien-aimés, puriiions-nûua de « tout ce qui souille le corps et Tesprit, achevant Toeinvre « de notre sanctification dans la crainte de Dieu ? n .
Je te le demande, Tbomme qui grave dans nos cwf&jàe telles paroles aurait-il.rappelé cbns i'JËgli^ un igmifiajtwr? N'écrit-il pas ces mots à dessein» comme po«r te prouver
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i>ujourd'liiii qn il ne l a point lait ? Si les passaf^^es qui pré- <:èdent i établissent, ceux qui suivent devront le ( juger. Il écrit à la fin de son Épître : u De peur qu'ainsi Uieu ne . « m'humilie lorsqne je serai retourné chês vous, et que 41 je ne sois réduit à en pleurer plusieurs qui y après avoir « péclié, n ont point fait pénitenea des impuretés, des % ibniicaliims et des impudioilés qu'ils ont commises. » leî' TApôtre ne dit pas quMl &at reinlégrer dans VÈ^à» des liommes qn!il devait y retrouM^ 9*iis fiûsaiea^ pénitence ; il dit seulement qu'il feiit les pleurer et les rejeter, iodhibitablement afin que les fruits de leur pénitence fussent |)erdus. D'ailleurs celui qui venait de déclarer qu'il n*y avait pas de communauté jxjssible entre la lumière et les ténèbres, entre la justice et l'iniquité, n*a pu parler ici de communion- Mais ils ne connaissent rien de i Apotre tous ceux» qui, contrairement an caractère et aux allures de rhemme lui-même^ contrairement à la règle et à la forme de ses disciplinés , veulent que la doeteur de la chasteté, même quand il parlait en son propre nom, Tennemi dé» olaré de tente impudicité, et qui se montre tel partout , ait ren^u la paix de TÊgltse à im ineestueux, plutât qu'à tout autre, criminel plus excusable.
XVI. n fimt donc leur monurer néoessairemaDt TApâtre dans tout son jour, et le défendre dans sa seconde épître aux Corinthiens , tel que je le connais dans toutes les autres, lui qui, non content de eonsacrer le premier dans sa première épître le temple de Dieu en ces termes : « Ne sa- « veaJ-vous pas que vous êtes le feuiple de Dieu, et que u le Seigneur habite en vous? » détermine par une loi spéciale la manière de purifier, de consacrer ce temple : « Si « queiqttUB: profane le temple de Dieu, Dieu le perdra; « car- le temple de Dieu est saint, et c'est vous qui êtes ce « temple. » Ëh bienl réponds-moL Gélui qui a dit : ic Que <( personne ne se trompe 8oi*méme , » c*est-à-dire que per-' aomie ne soit asaes téaséraire pour rendre à Dieu le temple qui a été profimé^aurait-il réintégré le temple de Dieu qui a T. VII. 49
TERTULUEN
été profané, c'est-à-dire le misérable qui a été livré à Saran pour la perdition de sa < hair? T)e même encore, lorscjue , rangeant parmi les autres criminels, je me trompe, à ia tête des autres criminels a les adultères , les fomicateurs , les vo- « luptuenz,' les abominables, et leor fermant le royaume H des cieuz, » il commence par dire : « Ne vous y trompez fc pas, » c'était déclarer qu'ils ne l'obtiendraieiit jamais*-' Qui leur enlève le royaume des cieuz , leur enlève k la fois la vie qi^ est dans le royaume. Il insiste : « C^est ce « que quelques-uns de vous ont été autrefois; mais vous «avez été lavés; vous avez été sancdfiés; vous avez été « justifiés au nom de notre Sei^eur Jésus-Christ , et par u l'Esprit de notre Dieu. » Plus il excuse ces prévarications commises avant le baptême, plus il les déclare irrémissibles après le baptême, puisqu'il n'est pas permis d'être lavé une seconde fois.
Reconnais encore dans le passage suivant, Paul, colonne immobile de la discipline : « Les aliments sont pour HTestomac, et l'estomac pour les aliments; c'est Dieu « qui a lait l'un et qui a fait les autres. Mais le corps n'est « point pour la fornication, il est pour ie Seigneur; car « IHeu a dit : Faisons Thomme à notre image et à notre r ressemblance; et IMeu créa Thomme , et il le créa à son « iinaf;e et à sa ressemblance. Le Seigneur est pour le « corps. Le Verbe «n effet s'est fait chair. De mêine que a Dieu a ressuscité le Seigneur, ainsi il nous ressuscitera «par sa puissance, ) sans doute à cause de la conununauté de notre chair avec lui. Voilà pourcjUDÎ il njuuie : « Ne savez -vous pas que vos corps sont les membres de « Jésus-Christ, » parce que le Christ est aussi le temple de Dieu. « Benversez ce temple, et dans trois jours je le « relèverai, £nleverai-je donc à Jésus-Christ ses propres « membres pour eu*faire les membres d'une prostituée ? K à Dieu ne plaise I Ignorez-vous que celui qui se joint à « une prostituée devient un même corps avec elle; car ils « seront deux dans une seule cbair. Maïs celui qui de-
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TRRIUUJJËlir. 771
« meure attaché au Seif^neur est un même esprit avec u lui. Fuyez donc la fomicatioa. » Si la fornication peut espérer le pardon, comment la fuirai-je, puisque je serai de nouveau foruicateur? D'ailleurs, que gagoeeai-je à la ^r? Je serai ua seul et même oorps avoc celui m^iiel je m*at^c^®^ 1^ commonioD.
* <t Tout autre péché comm» par rhomme est hçgB dH «corps; roaii'irqtniqui commet h fornication pèdK cwrtre « ion prqire corps. » Et» de peur que tu ne t'emparasief de ce mot comnie d*iine permÛBion pour «t'abandonner à la lornicatioii , parce que ce serait contre un bien qui est à toi , et non pas au Seigneur que tu pécherais ; il t'enlève à toi-même pour i apprendre (juc tu appartiens au Christ : a Vous n'êtes plus à vous-même, » ajoute-t-il. Pourquoi cela? a parce que, poursuit -il aussitôt, vous u avez été achetés d'un grand prix; au prix du sang dé Notre- Seigneur. ((Glorifiez donc, et portez Dieu dans u votve corps.» Je le le demandb, rhooinie qui impose^oei préceptes a-t-il pu pardonner à celui qui ^ insultant au Seigneur k chassa de son prqire ODqps, et cela par l'inceste?
Veufetu connaitreà fond TApôtiPe, aûn de comprendre avec queik id^oeur il porte k hache dans la fixràt des passions pour les«Btirper j usque dans leurs racines, sans jamais
leur permettre de germer de nouveau ? écoute les vœux qu'il forme pour que i ame s'abstienne de la moisson légitime de la nature, je veux parler du fruit du mariage. 4( Sur ce que vous m'avez écrit, je vous dirai qu'il est 4t avantageux à l'homme de ne s'approcher d'aucune « femme. Mais, pour éviter la fornication, que chaque « homme vive avec sa femme, et chaque femme avec soa <( mari. Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, a et la femme ce qu'elle doit à son mari. » Qu'il ne se soU relâché sur Tusaçe de ce bien que malf^é lui^ et pour prévenir k fornicalion, qui Tignore? S'U Ta permis et le permet encore è quelqu^un , dès qu'il ne k propose que
TERTULLIËN.
comme un remède, il en infirme i usage, et il persisterait à enchaîner les niaria.j^es à la loi de la continence , s'il ne redoutait la fornicatioa à cause de laquelle il les autorise. Remarquons "le toutefois : il excuse le manage, comme il le déclare; mais il ne le prescrit pas; car h ii voudrait « que tous fussent daos Tétat où il est loi^méme. w Or; â les dioses licites sont tolérées y que penser de ceax qai espèrent les illicites ? Apâtre ajoate : « Je dis aux personnes . « qui ne sont point mariées (m qui sont Tenves , qu'il lear « est bon de demeurer dans cet état comme moi. Que si « elles ne peuvent garder la continence , qu'elles se ma- « rient ; car il vaut mieux se marier que de brûler. » De (juels ieux , dis-moi , est-il plus terrible de brûler ? des feux de la concupiscence ou du châtiment? An contraire, si la fornication reçoit son pardon , sa concupiscence ne brûle plus. 11 convient mieux à un Apotre de nous pré* munir contre les flammes du supplice. Si c'est le châtimeni qui bnlie, donc la fornication à laquelle le cbâti* «nent est réservé pe peut obtenir son pardon.
lyailleuvs, lorsqu'il interdit le divoree, par qtut le remplace-t-il ? Pour écarter Tadultère, il veut que les
^eui époux séparés gardent la côntinenoe, ou se réconcilient Tun avec Tautre, conformément au précepte du Seigneur : (( Quiconque renverra sa femme , si ce n'est pour « cause d'adultère, la rend atialtère; et celui qui épousera « la femme renvoyée commet un adultère. > Quels préservatifs nous i)i\ re TEsprit saint, pour nous empêcher de ronimettre une seconde lois ce qu'il ne veut pas pardonner deux fois! Si l'Apotre proclame partout qu'il vaut mieux popr rbomme de demeurer dans cet état : « Etes- vous lié (t avec une femme, dit-il, ne cberchez pointé vous délier,»
«c'est afin que lu ne donnés pas occasion à Tadullère» « N'avoE-vous point de^ femme P ne cberchez point à vous (f ' marier, c*est afin que tu gardes ta liberté. « Au reste, si
-« vous épousez une femme, vous ne péchez pas \ si une fille
•«remarie, elle ne pèche pas non plus. Mais ces persoanes-
TBETULUËN.
tt là souflrîroiit des tribulations dans leur chair. i> Ici encore il ne permet qu'avec le désir d'épargner, u D'ail- « leurs, le temps est court ^ il faut donc que ceux qui ont tt des femmes soient comme sHis n'en avaient point ^ car « la figure de ce monde passç ; » oui , sans doule^ perce qu'il n'a plus besoin qu'il lui soit, dit : « Croissea&et multi* <c pliez. » C'est ainsi qu'il vent que nous vivions, libres de toute soUicttude, a parce que ceux .qui ne sont point ma* « rîéâ $*occupent du soin de plaire à Bien ^ fandîs que ceux « qui sont mariés s^occupent du scnn des choses du monde , (t et de plaire à leur compagne^ » GW ainsi qu*il 4it : n Celui qui conserve sa fille vierge fait mieux que celui qui « la marie. )> C'est ainsi qu'il déclare beaucoup plub heureuse la veuve qui , ciJtrtV' dans la carrière de la foi , profite de la mort de son époux jiour embrasser la viduilé. C'est ainsi enfin qu'il recommande tous ces conseils de la contineDce comme venant de Dieu lui-même : a. Je pense « que c'est TËsprit de Dieu qui me conduit , » dit-il. Quel est donc l'audacieux défenseur de l'impidicité , le trop fidèle avocat des adultères , des fornicateurs et.des incestueux, qui, prenant en main Jeur cause contre TEsprit saint, ne c^nt pas de porter un feux t&nol^^na^e contre son Âpôtre? Non , il n*est pas vrai que Paul ait jamaia accordé rien de semblable , lui qui s'efiforoe partout de restreindre par des modfs vertueux les nécessités les plus légitimes de la chair. 11 permet les noces, d'accord 5 mais non l'adultère. Il excuse les mariaf^es, d'accord 5 mais non la fof*nication. 11 va même jusqu à imposer des limites k la nature, de peur qu'elle ne glisse dans la prévarication, et il s'attache à réprimer les actes que Dieu a daigné bénir de peur de paraître autoriser ceux, qu'il maudit. Tout ce qu'il pouvait &ire , c'était de pnrifier la chair de ses souillures; quant à effacer les ladieff légères, il ne le pouvait pas. Wais telle est la Couttune des pervers, des ignorants, des hérétiques, et en général de tous les Ps^fchîques, Ils s'arment de quelque texie équir-
TCaTOLLIEN.
v oque coDtre une multitude de seutences claires et positives.
XVII. Je te somme d'en appeler à l'arseual des écrits ipostûl^iies. Examine chacune de ses lettres*, elles arborent tontes le drapeau de la pudicité et de la sainteté ; elles comliBttent foutes contre les œuvres de la luxure, de la dâbaocheetde la passion. Qu*écrit4I anx Thessaloniciens? « Nous ne vous avons pas prédié une doctrine d'erreur « ni d'impureté. — Car la volonté de Dieu est « que vous <( soyez saints , que vous évitiez la fornication ; que chat( cun de vous sache posséder le vase de son corps dans la « SHnctificalioii e\ 1 honnèteu», ne snivnnt point les raou- « vements de la concupiscence coionie font les Gentils, Cl qui ne connaissent point Dieu. » Que lisent les Galates ? « 11 est aise de connaître les œuvres de la chair. » Quelles sont-elles? A la téte de toutes, il pbce la a fornication, K Timpureté, la luxûre ^ car, je vousle déclare, et je Tai « «léjà dit : « Ceux cpi les commettent ne posséderont point « le royaume de Dieu. » Quels sont les principaux enseignements qn^il dolaine aux Romaius, sinon « de ne point afaan- « donner le Seigneur, après aVoir embrassé la foi ? «> Que dirons-nous donc ? « Demeurerons-nous dans le péché, u afin que la gprâce abonde ? A Dieu ne plaise ! Car une « fois morts au péché, comment vivrons-nous encore dans « le péché ? Ne savez-vous pas que nous tous qui avons « été baptisés en Jésus-Christ , nous avons été baptisés en « sa mort? Ën effet, nous avons été ensevelis avec lui par « le baptême pour la mort du péché, afin que, comme « J^Bus^hrist est ressuscité d*entre les morts par la gloire « de son Père, nous marchkms aussi dans «me vie non- « velle< Car si nous avoôs été entés eû lui par la ressem- « Uance de sa mort , nous serons aussi entés en lui par « la ressemblance de sa résurrection , sacliant que notre *c vi«l bomme a été crucifié avec lui , afin que le corps « du péché soit détruit. Que si nous soinmes morts avec « Jésus-Christ , nous croyons que nous vivrons aussi avec
ÏKRXLILUEN. 775
« lësufrClinst, n'igQorant pas que Jésus-CSlirist , retm<-
« cité d'entre les morts, ne meurt plus, et que la mort « n'aura plus d'empire sur lui. Car, mort pour le péché, <( il est mort seulement une ibis; mais la vie qu'il a raain- « tenant est éternellement en Dieu. Considérez- vous de <( même comme étant morts au péclu', et comme ne Tivant « plus que pour Dieu en Jésus-Christ Notre-Seigaeur. »
Tu Tenteiids I Jésus-Christ étant mort une fiais, bqI deceux qui sont morts an péché après le Christ ne peut re* vivre pour le péché, et surtout pour un péché si |prandk On bien, si la fomicalioD et Tadultère panvent être admis deux fins, Jésufr-Ghrist |ient donc .mounr deux foi». L' Apétve insiste encore 1à--des8us pour empêcher la prévaricatioii de régler dans une chair mortelle dont il connaissait la faiblesse. « Comme vous avez fait servir vos membres à « l'impureté et à l'injustice pour 1 iniquité, dit-il, de u même faites-les servir maintenant à la justice pour votre « sanctification, w En effet, quoiqu'il ait déclaré « qu'il « n'y avait rien de bon dans sa chair, » il parlait selon la lettre de la loi sous laquelle il avait vécu ; mais selon la loi de TEspril à laquelle il nous assujétit, il nous délivre de la faiblesse de la chair. « La loi de r£qirit> dit- il, m'41 (( affranchi de la loi du péché et de la mort.» Quand même il parlerait ici en partie au nom du judaïsme, il ne nous en applique pas moins la plénitude et rimégritédesdisriplines, puisque n c'est à cause de nous, dit-il, que Dieu a envoyé n son propre Fils, reirétn d'une diair semblable II celle du « pcclic, et à raison du péché il a condamné le péché dans « la chair, aùn que la justice de la loi soit aœompKe en « nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon « l'Esprit. En effet , ceux qui vivent selon la chair, re- « cherchent les choses de la chair et ceux qui vivent « selon l'esprit jutent les choses de l'esprit. » Il a déclaré que rafifection pour les choses de la chair, c'était la mort* 11 ajoute de plus qu'elle est Tennemie de Dieu , et a que « ceux qui vivent selon la diair, » c*est*à<lire dans Taf-
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fecdon pour les choses de la ebair, ne peumit plaire k 'Dîea. (( Sî TOUS vivez selon la chair, dit-îl, Vous mourres.»
Or, par lafiectioa de la chair et la vie de la chair, que que devons- nous entendre, sinon loin c e; qu'il rougit de nommer ? Autrement l'Apotre eût nommé toutes les œuvres (le 1 1 chair.
Lorsqu'il rappelle aux Éphcsiens leurs dérèglements passés, il les avertit pour lavenir : a Parmi lesquels nous K avons été autrefois dans les mêmes diésonlres, vivant se- « Ion les désirs de la chair et nous abandonnant aux mon* « "vements de la 'chair. » Enfin, quand il censure ceux i|ui s'étaient reniés eux-mêmes, c'esl-à*<lire qui avaient cessé d*étreçhréden$, parce qu'ils « s^étaient livrés à toutes « les oeuvres de Timpureté, » il dit : a Hais vous , ce « n'est pas là ce que vous avez appris de Jésu&Cbrist. » Même langage ailleurs : « Que celui qui dérobait ne dé- « robe plus. 0"^^ celui qui s'abandonnait a la fornication ne s'y abandonne plus^ que celui qui était adultère cesse d'être adultère : voilà ce qu'il aurait ajouté, s'il avait eu coutume de pardonner à ces prévarications, ou s il eût voulu qu'on leur pardonnât, lui qui, ne voulant pas même se souiller en paroles, s*écrie : «Que votre bouche ne proie fère ancuiie parole mauvaise* » £t encore : « Qu'on « n'entende pas même nommer parmi vous la fornication fc ni quelque impureté igae ce soit, comme il convient k « des saints ( tant il est loin de les excuser ! ) sachant bien M que nul fomicateur, nul impudique, ne sera héritier « du royaume de Dieu. Que personne ne vous séduise par tk de vains discours ^ car c'est là ce qui attire la colère de « Dieu sur les enfants de la rébeUion. » Qui donc séduit nas frères par de vains discours , sinon celui qui leur prêclie publiquement que l'adultère est rémissible , sans même s'apercevoir que l Apotre en a détruit les fondements, iorsqu il « retranche les ivrogneries et le» festins,» Qomme encore dans ce passa{je : « Ne vous laissez point « enivrer par le vin , d'où nait la dissolution, » il explicfue
TEailLLIfiN. 777
tûam Kux (MqBBÎens quels «ml 9 lesmenifares de rheonne « terrestre qu'ils domot feire mourir sur b lerreylafor^ « nîcalioo i rimpareté , lespàssioDS déshonDéies , les mau* « Tais désirs , et les paroles honteuses. » Accorde , si tu le peux , tant et de si puissantes déclarations avec la seule » que tu revendiques. Le petit nombre disparaît devant le grand nuiiibre, ie doute devant la certitude, robscurité devant la lumière. Quand même il serait constant que l'Apotre a remis sa prévarication au Corinthien fcn nicateur, il faudrait ae voir dans ce fait qu'une dérogation umq^e à ses propres règles , à cause de la nature des'câr* , constances. Il drcootât le seul Timothée : ii,ue laissa pas d abolir la circoncisioii*
Xyin. Tout cela , me réponds-tu y imi^que- Tinterdiction de Timpudicité, oon moins que la recommandation de la chasteté, toutefois sans eicÂqre le pardon ; car de ce que la fiiute est condamnée , il ne s'ensuit pas que le pardon soit refussé, puisque par là le temps du pardon se confondrait avec celui de la damnation qu'il exclut.
Il ne restait plus aux Psychiques que cet argument; voilà pourquoi nous avons réservé |x^ar ce nioment Texamen de tout ce que l'ancienne loi elle-même a établi pour refuser la communion ecclésiastique aux prévarications de. cette nature. Nous lisons dans les proverbes ou pa~ Toemies de Salomon y que la fornication est irràmisaible* «t Celui qui souille une femme est un insensé qui perd son « ame. H ne trourera plus que la bonté et la douleur, et « son opprobre ne s'effacera jamais^ Car la jalousie dé- « vore comme la flamme , et Tépoux sera inûezîble au « jour de la vengeance. » Si tu t* imagines cpe ces psurolei s'appliquent aux païens , c'est donc bien vainement que tu as déjà entendu ces paroles qui s'adressent aux fidèles: « Retirez-vous du milieu d'eux , séparez-vous d'eux, et K ne touchez point à ce qui est impur. » Tu as au début des psaumes : u Heureux l'homme qui n'est pas entré dans (fc le conseil de Timpie» qui ne s'est pas qrrété.dans la
TEaTULLIËN.
« voie des pécheurs, et qui ne s'est point assb dans la
« chaire de corrnpcion.» Le I^lmiste dit encore plus tard :
« Je lie me suis point assis dans les assemblées de vanité, K et je n'entrerai point dans les conseils où siègent les • méchants, m c'est-à-dire dans réj^Iise de ceux qui font le mal, «et je ne m'assiérai poinr avtc les impies. Je laverai « mes mains parmi les justes , ô mon Dieu! et je me pre- « seoterai à votre autel , d Seigneur ! » Le seul David nous foomira un gp^and nombre de textes. « Avec celui « qui est saint, diUi, vous vous sanctifierez; avec cetui H qui est innocent, vous deviendrez innocent ^ avec le « pervers , vous vous pervertirer. » Et ailleurs : « Le Sei- « gneur dit au pédheur : Est-ce à toi qu'il appartient de u publier mes décrets? Pourquoi. ta bouche annonce-t«elle fc taon alliance ? Quand tu voyais un séducteur, tu coua rais à lui 5 tu as partagé l'héritage des adultères. »
C'est à cette école que s'éttiit formé l'Apotre, lorsqu il dit : a Je vous ai écrit dans une lettre : N'avez point de (c commerce avec les impndujues , ce que je n entends pas « des impudiques de ce monde , etc. Autrement il vous « foudrait sortir de ce monde. Aujourd'hui, je vous écris, « si celui qui est du nombre de vos fifères est impudique, « on idolâtre (qu'y a-t-il de si semblable?) ou ravisseur « du bien d*autnii (qu*y a-t-il de si voisin ?) ou tout autre (c chose pareille, ne prenex pas Uiéme votre nourriture « avec des hommes de cette sorte, » à plus forte raisoa rEudbaristie ; «car un peu de levain aigrit toute la pâte, v De ménie à Timothée : « N'imposez légèrement les mains « à personne, et ne participez point aux péchés d'autrui.» De même aux Ephésiens : « N'ayez rien de coniniun « avec eux ^ car vous étiez autrefois ténèbres. » Et avec plus (1 ( nergie encore : « Gardez-vous de participer h « leurs œuvres stériles et pleines de ténèbres ; loin de là , « fuyez-les.* Car il serait honteux de révéler ce qu'ils font « en secret. » Quoi de plus honteux que les impiidicités ? Si TApdtre ordonne aux Thessakmicieiis de s'éloigner d'un
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de leurs frères qui vivait dans la nonchalance, que sera-ce du fornicateur? Tels sont en effet les préceptes du Seigneur, « qui aime son Eglise , qui s'est livré pour elle afia de la « sanctifier, la purifiant par l*eau du baptême en sa pa- « rôle pour se former une église glorieuae, qui n*ait ni « tache , ni ride^ » après le baptême conséqaemment , « makqiii soit pore et spias opprofare» dépoaidant désop- « mais les rides de la Tétasté, comme une Tkrge ; sans la « souillure de la fomîoatioQt comme une épouse; sans K aucune ignominie , parce qu'elle est purifiée. »
— Si tu essayais de répondre que les pécheurs , surtout ceux qui sont tombés dans les prévarications de la chair, sont retranchés de la communion, mais pour un temps, et qu'elle doit leur être rentlne plus tard , api t s les délais et les expiations de la pénitence , conforniéinont à la mifi^oorde de Dieu , a qui aime mieux le repentir du pe- « chenr que sa mort, )i il £iudi:ait renverser ici une objection qui est le fondement principal de yotre opinion. Nous déolarouâ, nous, que si la miséricorde divine avait trouvé bon dé pardonner à ceux qui ont feitti, après avoir embrassé la loi, rApdnre se fut exprimé ainsi: cCard^a- « vous de participer aux œuvres de tén^res, avant que les « coupables aient fait pénitence ; ne mangez avec de paît reils hommes qu'après qu'ils se seront roulés humble- « ment aux genoux de leurs frères ; et enfin , quiconque «c aura proiané le temple de Dieu , Dieu le perdra , s*il n'a « couvert sa tête de toutes les cendres de rÉglise. » 11 aurait d\i en cfteL délerrainer la nature de la condamnation, puisqu il condamnait pour un temps et à de certaines conditions 9 s'il est vrai qu'au lieu dëtre perpétuelle , la rigueur de sa condamnation n'était que temporaire et conilîtionQelle. Or, puisque dans toutes ses Épitres, d'une part , il défend d'admettre ces sortes de pécbenrs, s'ils ont -embrassé la fti $ et que de rauti)e> il les retrancliedeiacanw munion , a^Us ont étéadbtms, et oela sans la moindre espé* nnce de oonditKm et de temps , il fortifie par là notre
ïeRïULLlEN
sentiment, en nous aïonirant que par «ce repentir qu'ai u m « mieux le Seigneur, » il faut entendre cette pénitence qui , précédant la foi et le baptême, est préférée par lui à la mort de ce pécheur layé une seule fois par la grâce de Jésus-Christ , qui n'est mort qu'une fois pour nos péchés.
• L'Apotre établit lui-même cette vérité dans sa' propre penoutte. Après avoir déclaré «que Jésus-Chmt est venu « dans œ mcmde pour sauver les pécheurs enlve lesquels « il était le premier, » qu'ajoute -t- il? «Mak j*ai ob- « tenu miséncerde ^ parce que j*ai ùit tous ces maux par « ignorance , n*ayant pckat la foi. » Tu Tèntends ! Cette clémence de Dieu , qui , « à la mort du pécheur préfère
son repentir, » ne regarde t^ue ceux qui sont encore dans l'ignorance et loin de la foi, pour la délivrance desqueb Jésfjs-Oirist est descendu , mais non ceux qui , counaissant déjà Dieu , ont été initiés au sacrement de la foi. Si la miséricorde du Seigneur s'applique aux infidèles et à ceux qui ne le. connaissent pas encore, c'est donc cette pénitence qui attire sur elle la miséricorde, sans pr^u<» dîee toutefois de cette autre espèce de pénitence qui , aprèsrinitioticmdela foi, peut recevoir de Tévéque le pardoD ponr des fiiutes Itères, ou de Dieu seul , pour les prévarications capitales et irrânissibles*
' XIX. Mais pourquoi toujours parler 4e Pàul ? Ne voilà tril pas que Jean semble fournir à la partie adverse je ne sab quelle autorité? On veut que dans son Apocalypse il promette formellement à la rornication les consolatioijs de la pénitence, lorsqu'il écrit à l'Ange de l'Église de Thyatire : « J'ai quelque chose à te reprocher ; tu permets « que Jézabel , cette femme qui se dit prophétesse, cnsei- ¥. gne et séduise mes serviteurs, afin de les entraîner dans tt la fornication et de leur faire manger des viéudes îm* « molées aux idoles, ie lui ai donné un temps pour fiiire « pénitenoe , et elle ne veut point se repentir de {sa pvo»- « tttutioB. Je la frapperai de maladie sur sa ooudievet « ceux qui commettent Tadullère avec elle seront dans la
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TEftTULUEN
« plus ê^raadc affliction, s'ils ne font; péniteace de leurs <( œuvres. » Heureusement pour nous, les Ap6tres sont entièrement d'accord sur les rèf^U s de la foi et de la discipline. « Que ce soit donc moi , (lit Paul , ou que ce soient « eux qui TOUS prêchent, voilà ce que nous vous prêchons. » Il importe donc au sacrement de la £û tout entière de croire que JetD n*a rien accordé de ce que Paul a refusé. QaiooiM|Be se soimeiidra de cette uniformité de TUsprit sont) sera «ondiiît par lui à rinteDigeiice de ses pteraks* VwÊ^ de T&yatîré intcodiiisah seorèiement dans TÉglbe oné femne' hérétique, qui enyait d*eD8ei§Der k doo* trine qu'elle avait apprise ées NioolaîiBS, et il la pressait justement de faire pénitence. Qu'un hérétique , trompé 01 igiaairement , puisse obtenir son pardon et entrer dans l'Église , après avoir connu et pleuré son erreur, qui en doute? De là vient que chez nous 1 hérétique, assimilé au païen , ou, à dire vrai , pire que le païen . est admis dans rÉglise, quand il a dépouillé par le baptême de la vérité la malice de ces deux hoiiimes.r Ou bien, si tu es certain que cette femme, après avoir vécu de la foi , se jeta eu*» suite dans la mort de Thérésie , afin de réclamer pour elle, le pardon qui yient de la pénitence ^ non pas à ûfré à*hé^ rélique, mais à titre d^nne servante de Dieu qui est tombée dans la prévarication , je veux bien qu'elle fesse pénitence, mais pour s*arracher à ses impudidités, et non pourobèenir sa réintégration. Il s'agira donc ici de k pë^ nitence, dont î! faut acquitter la dette, nous le reconnaissons beaucoup plus ionnellemeut que vous , mais en la réservant à Dieu lui seul.
D'ailleurs, cette même Apocalypse précipite plus tard dans l'étang de soufre et de feu, et cela snns aucune réserve ni condition, les infame^s, les lornicateurs, de même ' que les timides , les incrédules, les homicides, les empoisonneurs, les idolâtres, et enfin tous ceux qui, après la Hoi, se .sont souillés de ces opprobres. On ne prétendra pas qu'elle nit voulu parler des païens, puisque c'est aux fidèles qu'elle
TERTULUËN.
dit : « Celui qui vaincra, possédera ces choses, et je serai <t son Dieu, et il sera monûls; >» et qu'elle ajoute aussitôt : <( Mais Ils timides, les incrédules, les abominables, les tt bomicides, les fornicateurs, les empoisonneurs , U s ido- V lâtres auront leur part dans l'étang brûlant de lèu et do a soufre, qui est la seconde mort. » Même langage ailleurs. <c Bienheureux ceux qui obéissent aux préceptes afin qu^ils u aieut des droits sur larbre de vie, et qu'ils entrent par « ks portes dans la cité sainte. Loin d'ici les ckioas^ les « empoisonneurs, les tmpadiqiies el les bomiddes ! i» Pour^ quoi? parce qu^ils n*obâssent point aux préœples. On ne metddiors que ceux qui étaient dedans. D'ailleurs, il vmit été dit auparavant : « Pourquoi tnadnubje juger ceux qui « sont hors de 1 Eglise? »
On objecte encore ce passage emprunté à une épître de Jean, li a dit, s'écrient-ils : « Le saug de iésu&^rist, sou « fils, nous purifie de tout péché. »
Nous pécherons donc toujours et de toute manière , si c'est toujours et de tout péché que son sang nous puriBe ; ou bien s'il ne nous purifie pas toujours, donc ce n'est plus après la foi , et si ce n'est pas de tout péché, donc il ne nous purifie pas de la fornication. Mais par quoi TApâtre ttvailril commencé ? Il avait ék : a Dieu est la lumière « même, et il n'y a point en lui de ténèbres. Et si nous af- « firmoDs que nous sommes en société avec lui, tout en « mai^hant dans Ica ténèbres, nous mentons, et nous ne « pratiquons pas la vérité. Au contraire , poursnit-il , si « nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même «dans la lumière nous sommes en union complète, et u le hang de Jésus-Christ son fils nous purilie de tout pé- « ché. )> S ensuit-il que nous péchions en marchant dans la lumière, et qu en péchant dans la lumière nous wjoos purifiés ? nullement 9 car celui qui pecbe 11 ne mardie pas it dans la Ivunière, mais dans ks ténèbres. » Par là il nous montre comment nous serons purs de tout péché « en marchant dans la lumière , an sein de laquelleon ne peut com-
TBETUUiEM. 783
mettre le péché, tant il est vrai qu'il entend par cette j)uriJication, non pas que nous pécherons , mais que nous ne pécherons pas. «Car en mairchant dans la lumière, « sans participer aux ténèbres , nous serons purifiés, » non pas parce que nous aurons dqx)sé nos prévarications , mais parce que nous n'en aurons poinC commis* Telle est la vertu du sang de Motre-Seig;neur. Ceux qu'il a purifiés du péebé» et que par suite U a placés dans la lumière , il les conserve puiB ^ s'ils enatinuent de marcher dans k lumière.
«-^ Mais rApdtre ajoute , dis-tu : « Si nous disons que «( nous sommes sans péché, nous nous séduisons nous-
« mêmes , et la vérité n*est point en nous -, mais , si nous u coulcssons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous « les remettre, et pour nous purifier de toute îni(|inté. i)
— S'ensiiit-ii qu il nous purifie de toute impudicité? ou bien s il en va ainsi , il nous purifie donc également de ridolàtrie ; mais tel n*est pas le sens de ce passage. £a eâiet,' voilà qu'il revient là-dessus : « Si nous disons ^jue K nous n avons point péché, nous le faisons menteur, et o sa parole n*est point en nous. » Puis , avec' plus d'insis^ tance encore : « Mes petits enfants» <yt-il, je vous écris « ceci, afin que vous ne péchiez point. Cependant, sHl 41 arrive que quelqu'un pèche ^ nous avons pour avocat « auprès du Père, Jésus-Christ, le juste , et lui-même est (t la victime de propitiation pour nos péchés. »
— Eh bien ! répliques-tu, je prends acte de ces paroles : elles prouvent que, si nous péchons, nos iautes nous sont remises.
— Comment en sera-t-il ainsi , puisqu'en continuant cette épître , je trouve une déclaration toute différente? En effet 9 il nous défend absolument de pécher, et il insiste fiortement sur ce point, pour ne pas faire une pareille concession. Nous déclarer que les péchés, une kàs remis par le Christ, n'obtiendraient plus de pardon , c'était nous avertir de garder précieusement la sanctification. « Qui a
7M T£HTULLIBN.
(( cette espérance en lui devkmt saint , dit-il , conjiiie Dieu est saint lui-mcme. Tout homme qui commet le péché va « OOOtre la loi ; car le pèche est la violation de la loi. Vous
^ « sarez que Dieu s'est rendu visible pour détruire le pé-
* « ché; » donc par conséquent 9 on ne peut le commettre qpe jusque-là. li ajoute en effist : « Quiconque den meure en lui, ne pèche point; et quiconque pèche ne <i Ta poini tu et ne le connaît point. Mes petits enfants, K que personne ne tous sëdtnse. Cefaii qui fidt les oeiln yres de jusdce est juste comme Jésus- Christ est joste. /« Celui qui commet le pédié est enfiint du démon , tt parce que le démon pèche dès le commencement. Le Fils « de Dieu n'est venu dans le monde que pour détruire les « œuvres du démon. » Cela est vrai. En délivrant I homme
. par lebain qui le régénère, ilTaffranclnt de saservini(l(*, et révoque la sentence de mort. «Voila pourquoi quiconque « est né de Dieu , ne commet point de péché , parce que la « atfetaaco de i>ieu demeure eu lui , et il ne peut pécher, « parce qu*il est né de Dieu. En cela, on reconnaît les en- « fanis de Dieu et les enlants du d^mon. 9 A. quel caractère se font-ils reconnaître , sinon que les uns ne pèchent plus depuis qa*ils sont nés de Dieu, et que les antres chent toujours , parce qu'ils appartiennent au dëm6ii , comme 8i*iis pi*élaient jamaisués de Dieu ?
Que s'il dit : <( Quiconque n'est pas juste, n'est point né «de Dieu, » comment Timpodlquc ap|>ai lieiidra-t-il de il on veau à Dieu , puisqu'il a a^^sv. d'être à lui ? Il faut donc soutenir nécejisauemeutque Jean s'est contredit lui-même, lorsqu après avoir déclaré dans sa première épître que nous ne sommes pas exempts de péché, il nou& allirnie
- maintenant que nous ne péchons pas ; d'une part, promettant le pardon , de l'autre, désavouant formellement pour enfants de Dieu tous ceux qui commettent le péché. Mais loin de nous cette.penfiée I Nous-mêmes nous ne nous som* mes pas écartés de la distinction que nous «Tons ëtâhlie entre les péchés, et qui a été notre point de départ. 11 y a
TSaiULLIEN.
mieux : Jean Tient lui donner une nouvelle autunté en déclarant qu'il existe ceilaines fautes , comme échappées à la surprise de tous les jours, et auxquelles nous sommes t xposés. A qui, en eftet, n'arrive-t-il pas de se mettre en eolère injustement, de garder son ressentiment par de là le coadher du aoleil, ou de s'emporter, ou. de se laisser aliev à la médisance, ou de jurer à la légère , ou de.iiiaiiq[ucr à ta parole , ou de mentir tantôt pour s^excuser, tantdt par nécessité? Daifô les aâaireSy'au milieu de nasdevoifs^dans le oommeroe, à table, par la vue, par Tonie» que de tentailions multipliées ) tellement que, sHl n'y avait pas de par^ dm pom* ces foutes, il n*y aurait de salut pouf petsoane I Vmlli donc celles qui bodb soront pardonnées par Tinter^ cession de Jésus-Christ auprès de son Père. Mais il est des prévarications opposéesà celles-ci , en lantque plus ^^raves et niurtelles, qui ne comportent pas de pardon , telles que l'homicide, ridolàtrie, la fraude, l'apostasie, le blasphème; ajoutez-y l'adultère, la fornication, et toutes les autres profanations du temple de Dieu. Yoiifi les crimes pour lesqilels Dieu n'intercède pas. «Voilà ceux que ne coramettira « jamais quiconque sera né de Dieu, » parce qu'il cesserait d*étre le fils de Dieu, s'il les commettait. Par là s'expliquonfe ■atnrdlement les apparentes contradictions de. Jean ; il né Éât qu'établir la disdnctioo des péchés, en disant icique les «niants de Dteu pèchent , là qu^ils ne pèchent^pas. 11 avait d^avance tous les yeux la .maxime qui termine ses épitres , et il y rapportait les passages qui précèdent, parce qu'en finissant, il devait dire plus clairement: « Si quelqu un « sait que sou frère a eoiiim'is un péché qui ne va poiut a « la mort , (|u il prie, ei Dieu donnera la vie à cet homme « dont le |iéehé ne va point à la mort. ]\Tais il v a un {xîché a qui va à la mort *, et ce n'est pas pour ce péché-là que je «dis qu'il £iut prier. »
Il se rappelait ^ d'ailleurs, que Dieu avait défendu à Jé* rémâe de prier pour le peuple, qui était tomi>é dans des prévaricadons mortelloi. « Tonne i»iq|uité est péché ^ mais T. VII. 50
7g(> ïE&TUUifiJ!^.
(I n y a un poché qui Ta à:!» noit. N«fiiMV»«iiqiie» goir
«t conque est nè de Die» , ne pèche point* » à^mii-ènik!!^ ne commet point le j)4ché qui va k la mort. Qué te 're0li^ t-il donc, siïKui h nier que iadulLcrc et la fornication vont point h h\ mon , ou bien à coafesser que des prévarications pour lesquelles ii u est pa&mémeperoûa dejpri«I^y sont irrémissibles ?
XX. il est donc bien constant que la discipline des Afiâtrts ordonne sévèrem^ au prapcfié de foire respectée le temple ée Dieu> et ratEfmdie impito^aUemeni de LÉ-» ^jUm Hwtt moiUé^ contre padicité^ sm laiiBcr tmmm tspottt àù irhehiliOitifrn. Je veux cep^nAuit, oomm par mmîl , prodoire ici le féiiioigiiage d^iin compagooft dés icpâlies, bien propre à eonfiarmer, f»ir .use seateace pce»* ^peanwvéDéfable, la diaeipUDiedes maitras. Naaèanrâa encore une lettre de Barnabé aux Hébreux, Barnabé, homme d'une autorité assez grave, pour que Paul l'ait placé à c^té de lui dans la prailque de la tempérance : « N'v aurait-il donc que Barnabé et moi qui n aurions» pas « le droit d'agir ainsi i > D'ailleurs l'cpîtrc de Bamabé^ jjQQÔtdaDa les égides de plus d esiime que ce Pasteur^ dé-^ fenseui* apoeriphe des adultères. Avertissant donc let diaciptss.de laisser toutât Ic&iasanictions queroiL éoÊÊaaitmm aam^iduBS la foi , pour tenilre de plus eâ pUia'wrs la perfection, saas jeter de noiivéau les fondcoienta de lr« péaitefueepardeacBamaaMncB, il knrdic miII ecl:im-t cpMBibtocpie ceaaquidnt étéane fan. âclaiaiés , qui ant c gonté le doa du ciel , qui oa€ été faite .partiei{]aiilB 'dè « Saint-Esprit ; qui se ipatiioarm de la saiele: parole de tt Dieu, et out failli vers la fin des temps, soient admis tf une seconde fois à lu pénitence, parce qu autant qu'ii t( est en eux, ils ci uci fient de nouveau le Fils de Dieu, el a s'exposent à rignoiuinie. Car, Inrstju'nne terre abréur ifée par la pluie produit les plantes nécessaires à ceux qui « la ooltivem, elle reçoit la bénédiction de Bie«<. Maig « ^piatid elle ne paodata qae* des tmoeê et^cs épincs^ éHe
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TERTULLÏEN.
• <ëf«bfeindê«iée et approche de la malédietikni ^ ^ àer-fiik «* on y inet le n Celui q«i apfnii: des iipâtrai et th^ 9«igfD»îrtrec l69 Apdtn» mie poralte iMnnifiet'iit «Mnrfîèr «m MM iiBsàr6i»m depéuiMie, proaritepav ée»
fril tpàti'bien la loi, et il en conservait les %ures^ dmi^ toute leur vérité.
li^fin, le lépreux de la loi ancienne était un symbole de cette discipline. An contraire, si la lèpre s'accroît « et se répand, ef si elle couvre roufc la [>eau depuis la tète « jusqu'aux pieds, et tout ce qui parait aux yeux, le prên « tre le veira, et le jugera eni^ahi par une lèpre qùi mm « mulie pas, pivae quelle est i^yie -oluBigBe «ii Mmt^
chrof, et k canse de eeto^ oei' Jumiiie 'sem piw. Jfaîà « quand la chair vive aura paru en lui ^ akv» iL ftenf 41 millé. n Vétsnvmï ncré viMdait naos fam emBimn^ dbe pariliqtte TliolmM'qdî «pané des Kahilndts utacâani* iM» de k^lnir à la bluichaiir é/t la iùy eoaridàrfe^dni» le iMMle oomoM-m tvee ci ime ionilliire, et quia été-ean fièrement renouvelé , est pur, du moment qu^l n'est plus de diverse couleur, ni mêlé du vieil homme et de 1 Jwmmc nouveau. Si, au contraire, il reparaît quelque chose de cequi était ancien, après que ce qui était ancien a été détruit, alors ce qui dans sa chair était régardé comme mort au péché, est déclaré impur, et ne peut plus être purifié par le» prêtre. La fornication qui se» flMiHre' de nouveau, et qui souille Tnaîté de^k cOulèuy Oduvelle pfq» qui elle avait été bannie, est dooc uft yfkê qofr n*«dM* pk» la pttrîficatiili^r
H «n esî 4fcBté&ie pour les maisondi « Lbrsquefod èàfà « aaanneé a« préti^u*il existe sur les mots #aMè pts»* 4f sob oonwaie des taches et des ouverares, sman d-y eBi«« « trer pour l'examiner, il commandera d'enlever tout oe « qui s'y trouve , a(m que tout ce qui s'y trouve ne soit <( pas souillé. Lorsque, entré dans ia maison, il verra sur <( les murs des ouvertures avec des taches pâles et rougçâ ^
TEBTOLLIEN.
« 1res y et plus enfoncées que le reste du mûr, il sonka <f hors de la porte de maison , et ausuldt ii M fermera « .durant sept jours* Il reviendra au septième^ et il Teui'- « fnineta; s il trouve la lèpre ai^pneniée» il eomniBndera « d^arracher les pierres du tien où est la lèpre » et il les « fera jeter hors de la ville, dans un lien inunonde , et « il fera remettre d*autres pierres à la place de celles qui « ont été 6tées,»et il fera enduire la maison avec une autre a terre. » Il faut, en effet, lorsque nous nous approchons de Jésus- Christ , poutife suprême du Pire, que, dans l'espace d'uue semaine, nous retirions auparavant de la maison du vieil homme tous les obstacles qni pourraient gêner sa présence , afin ^ue ce qui demev^re de la maison de notre ame et de notre chair soit pur. Aussitôt que le Yerbe de Dieu y est entré , et y rencontre des tach^ rou- ^tres et des plaies ardeotrâ , il faut arracher et jeter hors de nous les pensées mortelles et sanglantes (voilà pourquoi 1 apocalypse place la mort sur un eheval .verdfttre, et Tange exterminateur sur un cheval rouge comme le feu), et à ces pensées perverses substituer les pierres polies, solkles, adaptées h Tédifice, telles enfin quelles sont lorsqu'elles deviennent des fds J Abraham , afin qu'ainsi l'horame soit habile à recevoir Dieu. Que si , après celte réforme et cette réédification, le prêtre trouve encore dans la même maison quelque chose des taches et de la lèpre précédentes , il la déclare impure , il ordonne quW en retire tout ce qu'elle renferme, qu'on en arraeke ks pierres et tout ce qui entre dans sa construction , puÎ!^, qu*on jette tous ces débris dans un lieu immonde* Veilà riiomme tout à la fois chair et ame, qui, après la r4eeptioii du baptême et l'entrée de^rétres, reprenant, ■Mdgré sa régénératbn, les premières souillures de la chair, est précipité hors de la ville, dans un lieu immoiîde, c!es(4irdire qu*il « est livré à Satan pdhr la perdition de sa (t chair, » et qu'après sa ruine il n^est plus récdiiié dans rÉglise.
Méaie symbole dans l'hoaiibe qui m dmi mftc «ne
femme esclave , destinée à* |iii"MrB, non eoGore raeheiée à ftix d'argent ni mise en* liberté. « 11' lui lem pndonné, • dit le Lévitiqaey et il ne mourra point, » perce qneeette femme ii*est point encore afoDcbie par oelsi anqpiel elle était réserrée. En effet, b cbair n*ayant pas encore été rachetée par Jésus-Christ, qui se la réservait, elle se souillait itiipuiiément ^ mais une fois rachetée, il u y a plus de pardon pour elle.
XXI. Plus les Apoties connaissaient ces autorités, plus ils ks respectaient, par conséquent. Mais il s'agit maintenant de distinguer entre la doctrine des Apôtres et iear pouvoir. La discipline gouverne l'homme, la pnissanoe le marque de son sceau. La puissance est quelque choM en dehors de lui ; FEsprit , au contraire, est 0ieu. Qu'en* setgnàit doue l'fisrprit ? k Vous éviterez toute communlmté « avec les ceuvresT de ténèbres. n 'Observe donc ce qu'il ordonne. Qui pouvait reraetM le* péchés? Ce droit n'ap panient encore qu'à lui seul. «Qui , éù effet , remet les pé- « chés, si ce n'est Dieu seul , » surtout les péchés mortels commis contre lui et contre son temple? Car, quant auxpécliés que les autres ont commis contre toi , il t ordonne, dans la personne de Pieri e, « de les pardonner septante lois sept « fois. » Ainsi, en admettant même comme certain que les bienheureux Apdtres ont remis une prévarication dont le pardon est laissé à Dieu et non à l'homme , il serait opnsiant qu'ils l'ont fait , non en vertu de -la loi , mais en vertu de leur pouvoir. Les Apôtres i>nt ressuscité dés morts j càe qui n'appartient qu'à IKeù if ils ont guéri, de» malades, ce que personne n'avait feit avant Jésus^brist ; il y a plus, Ib ont infligé des châtiments ^ ee que Jésus» CSirist n'avait pas voulu fairf. Celui qui n*éteit tenu que pour souffrir n'a pas jugé à propos de sévir. « lis frappèf( rent Ananias et Élymas, Ananias de mort, Élymas de « cécité , » pour témoii^ner par là que Jésus-Christ aurait pu en faire autant. Ainsi encore les prophètes avaient par-
Diyiiizeo by GoOglc
TMTULUBN.
<koné aQciennement aux larmes du repentir ie tneurtre «t ai^ec:lBt T'Mikikèi'e, parce quei«QAMiques de sévérité j^'ikA Mubnt déjà donné» le permeltaic Mais toi* é Âmw «postoU^tic ! iwMreniBoi eii ce moment tes exempl».fÊ9fkéiisptes,f et ja monoaitra It 4iviwiéq«i agk fur Km Jnias, puis JwenAqiie le .pouvoir de maeUre' 4^ fréfBmcatioB»éa^eite natiire* Hiha» si M» Vos chaîné que àn nalntiin^le la disa|[4me, ichef de i'Ëglise, noiii$p«w commander que pour obéir, qui es-tu donc, et quels soDt tes dioits pour accorder le pardon, loi qui, ne te niontrant ni pr()})lK"te n; apùire , n'a pas la vertu «Je çieïui auquel il appar lient de pardumier ?
— L'Eglise a le pouvoir de remettre les péchés, diras-tu. ' — Je lui reconnais ce druit autant et plus que toi , moi qui reoQWMns dans les prophètes nouveaux (l) le Pa racle t diont la sagesse amb 4îi : J'CgUse a le pouYoÎF de jramettre leapéchés; gsi4««mt je n^ea «isami |ies, de feiurqueioa n^'en prafilefoiir pécher encore»
IXnMii fae e'esl là.le iaupisa d^in bnx prqpbète? hin de làl II eât ïÂm mieux oonvena li im destructeur 4e h Foi^ d*«eerédîisr sa doctritie par des dulsenee, et d'indKîiier les autres au .p^hé. Si donc il a prononcé <;ette sentence oonformémeut à Tesprit de vérité, rEsprii de vérué, tout en pouvant accorder aux fornicaleurs leur pardon , ne le veut pas à cause du mal qu'il fe" miil au plus grand nombre.
Maintenant, je prends acte de ta déclaration , pjur le demandera quel titre tu usurpes le droit de 1 Église. Si de eeqiMB le SeÂgufiur a dit à Pierre : u Je bâtirai.uwMi^l^gjUse )> sur cette |iierre^ J# l'ai dwté les clefs du rofaunie des » Cieox, » ou Vnm i s Tout ce que tu lieras ou délienis ^ mr la terre , am li^en dedans le%C«ieux; n tu t'itxat* fjiiica oryaeîUfsiseincfct fue lafwdissanoBdetiarelded^iier «Bt deseendue jusqu'k toi» e*esç-ii-dic«à toute TÈglise, qui
(i) MuuLaji el l*rUc«. t.
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Oit en oodimnîon «vec Pierre, qotlle «si Un «idice de |iérvcrtir<et dè ruiaer k volealé mnifeaic dn Sei^enr,
qui ne conférait ce privilège qu'à la personae de Pierre? «C'est sur toi que je bâtirai mon Eglise, » lai dit-il; « c'est à toi que je donnerai les <defs, m et non à i Église. « Tout ce que tu lieras ou (jue tu délieras; etc. » maisiMft pas tout ce qu'ils lieront ou délieront.
Les événemeotB confirment cette vérité. C'est en lui^ o'eit-«à-dire par lui que TEglise a eié édifiée ; c'«dtlui quj tm reçoit la olaf ) el quelle xief ! Écoute : « HàmAies d'ke « Biiâf , «tendes oes paroles i-^étm de Nazareth a M « unuolëpar Tima» etc...» £a un mot, o'^t lut qui le|M» fiiier^ onml par Îb baptême eû léms-Chriat Tenlffa )d« fb jaume des Cubuêk » où aont déliées lés prévarieatibna îqiiî «ntrefois avaient été liées, et où demeurent liées celles-qnî n'ont pas été déliées îoi-has ; lui enftn qui enditiifia Anà* nias dans les liens de la mort , et délivra le paralytique de rinfirmité qui le travaillait. Mais voilà mieux. Dans la discussion qui s'éleva pour savoir s'il fallait garder ou Bon la loi mosaïque , Pierre se lève le premier, sous Finspi-^ ration de l'Esprit saint , et le premier proclame la voca* tien des Gentils. « Maintenant donc, s'écrie-t-il^ pourquoi tentez-vQns Dieu , « imposant à ses disciples un joug îsfm « nos pères ni nous n'avons su porter? Nous croyons quf «r nous aérons sauvés par la grâce du Seîgnieiir ^us* 4t Qirisiy idMiHie exm » Cette déctaration noUS alSranddl 4esebB§aii>ns de la loi qu'elle abrogé , et nonSeiioliaiaiis k icelleS qu'^U 'OMéerve» Tant il est vrai que le peuneir de lier ét de déliet*, aoéerdé à Pierre, n*iniplique pas la rémission des prévarications capitales commises pat les fidèles. Kn lui prescrivant « de reincltre h sou Trèro « ses dettes jusqu à septante fois sept fois, » c'était lei ordonner de ne rien lier ou retenir, à moins qu'il u eût péché contre le Seij^nèur, et non pas contre son irère. De la rémission accordée aux péchés contre l'homme sort la pprfsnniplion que les pédiés oontre Dieu ne doivent
792 IlililliLLlIiN.
pas étn* paidoimÉfs* Qa*y a*t-il làmaiiiteiiant^eoommim areo TËgiise, et surtout swù la tienne , 6 Plsyohiqiie ? Ce pouvoir, en effet , n'appartiendra , depuis la personne de
Pierre , qu'aux hommes spirituels , à l'Apôtre ou au prophète. L'Esprit (l), à vrai dire, est principalement et proprement l'Église , piiisqu'en lui réside la Trinité d'un seul et mémo Dieu, le Père, le Fils et le l'Esprit saiut. C'est lui qui iorme h lui seul cette Eglise qui , suivant la parole du Seigneur, existe là. où trois personne» sont ras* semblées..' Ensuite, tons cenx qui ont embrassé la ménw M sont appelés dn nom d'Ëglise, par notre fondateur et notre oonsecrateiir. Voilà pourquoi l'Ë^^lise remettra . les péchés, il est vrai , mais rÉsprit-'Ëgliae par l'iionnne spê» Hfîtuel , et non pas TÉglise qui réside dans le corps épi^ copal. Ce droit est téamé au Seignent*, et non à son ml* nistre, à Dieu lâî-méme , et non à son prêtre.
XXÎÏ. Mais toi, tu étends ce privilège juscju à la personne (les martyrs. Quelques-uns de ta communion n'ont pas plus lot porté des chaînes, si iaibles qu'elles soient, dans leur prison nouvelle, qu'aussitôt fornicaleurs et adultères de les circonvenir de tous côtés -, partout retentissent les prières ; partout débordent les larmes des hommes les plus souillés} personne n'achète plus volontiers l'entrée de la prison que ceux qui ont perdu l'entrée de l'&glise. Us font violeiice à la pudeur des hommes et des femmes, au milieu de cas ténèbres, qui ne sont que trop femiliêres à leurs ^dissolutions, et ils demandent la paix à des hommes qui ne sont pas sÂrs de la leur. D'antres descendent dans les niiiesv et ik reviennent investis de la communion en sor* tant d'un lien où un second martyre est nécessair e pour expier les fautes nouvel les qui ont suivi le martyre. Oui, en effet, tant qn il vit dans cette chair et ici-bas, est exempt de faute ? Qui peut se proclamer niartyr, tant qu'il Gontiuuue d'habiter ce monde, puisqu'il peut encOTe se rail) T«irtuUien prtad id le moi Htftii 4aittle M| demlifeCaUidtWBe.
TERTLLLIEN. 793
chfliler à pm d'argent, er qu*il reste eiposé aux soins du médocb <m à la CQpidhé de Tiiiorier ?
Mats, je le yeux bien ; le glam est déjà leré sa» la iét6 du flnrtyr ; son corps est étendu sup le gibet ; attache à une
colonne , îl est abandonné k la dent des lions ; coorbé sur uii^i roue, les flammes du bûcher commeiicent à le dévorer ^ au milieu même de la sécurité et de la [possession du martyre, qui permet à l'homme dt" remettre des prévarications réservées a la miséricorde de Dieu , des prévarications qu'il a condamnées sans leur laisser d'espoir, et qaifù les Hpâtres, qui ont été des martyrs ans», si je ne me trompe, n'ont pas jugées rénîistfales ? En un mot, Paul «mit dé}à combatta à Ëpbèse contre les bétes lérooo, ipn^ qu'il prononce la sentence de mort contre rin<$e8tneuxl Qu'il suffise au martyr d'avoir expié ses propres péchés. Il n'appartient qu'à un ingrat ou à un orgucâlleinE de pro- ' diguer àux antres ce qu'il n'a cbaquîs qu'vv^^eflbrt. Qui . détruit la mort de son frère par sa pro^we mort, sinon le Fils de Dieu lui seul ? Ne délivra-t-il pas le larron jusque dans sa Passion ? Il n'était venu, en effet, qu aiin de mourir pour les pécheurs, lui qui était pur de tout péché, et la sainteté par excellence. Toi donc qui veux remettre les péchés comme lui, si tu n'as pas péché toi-même, eh bien ! soufrp pour moi. St, au contraire, tu ^ un péchear, com* Aient l'huile de ta petiie'laiape poumM^llé nous suffire, à toi et à môi? Ici encore je Tèox rectninaitre le €%arist» âi le iGbrial ne réside dans le tuartyre quliifiiî qné le Mityr ^kmne l'abscdotion au fomicatear et4i l'adoltère, révèlemi le Saoà des ccetirs, lui dirai-je, pourremettreaitisi lés pRéwieatiQBS , et je te tiens pour le CSbrist. CTest par ces maits que Jésus-Christ manifesta son pouvoir. « Pourquèi « pensez-vous le mal dans vos cœurs? Quel est le plus « facile de dire : Vos péchés vous sont remis, on de dire : a Levez-vous t t nj'irchez? Or. afin que vous sachiez que ic le f ils de 1 liomiiie a le |X)uvoir de remettre les péchés u sur la terre, Aey^-vous» dit<41 au paralytique» et martt chez, n
TE»TULLIËN
S le Soigneur a pm MHti d'alMCer n fiiianni^ jva^îli révéler la pensée des hoMoes MM d opérer b gnéwBÔii» afin «One rendue èrât pomt qu'il ne lui était pas permis de renkfttre les péchés, je ne puis «ccorHer è qui que ce
fioit le même privilège, s'il ne le jusiitie par les mêmes preiives. Touteiois, quand (u demandes au martyr le pardon de l'adultère et du fornicaieur, tu confesses loi-niéme que ces crimes ne peuvent être efiacés que par nh tnartfre i^ersonoel , puisque tu attends oette "hiveor d'un m^r^ tyre étrai^er. S'il en est ainsi, le ôiarty^ sefn 4è»4ei^ «n autre Impiésie. « J ai encore im auitre baptême, » ^eai^t dit Voilà poiirquoi il sortit de la blessiava éntoàté de Nttiré- Soguevir» du san§ et de l'eau, maiièm de ee deôUe haptême*
Je puis doncdéKmr amtnii par le pronier baptême, si je le puis par le secokid.
— Il faut que nous répétions souvent cette vérité : Quelle que soit Tautorité, quelle que soir la raison qui rende la paix de rÉglise à radultcre et au ioi niaiteur, la même autorité et la même raison devront conférer la paix a Thomicide et à Tidolâtre qui se repentent, certainensent dn moins )à Tapostat, et àceàui qui, après avoir lutté quelqoe temps dans le coanbat qu'il sontenait pour Jésos^^yi^rint, fut vaincu par la cruauté des suppésees*
D'aillf^irs il serait indt|;ne ém Bèsa et de'Sa miséricimln, qui préfère à k mert du péohéiir son repenîâr, qile ÎNtan qw oat flJUi dans la hum rentnsienl phis faeifataMit dâteVÉglise que'telix qui imt fittUi «n CDttvbattaidt. L'id<^ digmlé nean presse de le demanda*. Rétabliras^tu plus volontiers des corps souillés que des corps ensanglantés ? Quelle est la pénitence la plus propre h exciter la com*passion , celle qui murtiiie une chair flétrie par la débauche, ou celle qui moi lifie une chair déchirée par les ongles de fer? Ou ci est le pardon le plus juste sous touB les rapports, celui qWimplôretin pécheur qui a ânlâi vo^ lontairement^ ou eeini qne4ûili^ m péobenr qnî n^a
TERTOLLICN. 795
succombé qu'à la contrainte ? Qui sacrifie aux idoles, cède à la violence ; qui s'abandonne à l'impureté a ëié pleinement libre. Point d'autre force qui pousse à la passion, que l'emportement même de la passion ! Rien de ce qui flatte n*est contraint* Au contraire, quelle violence dans la diversité des supplices et le génie inventif des bourreaux ! Qui a plus renié Jésus-Christ de celui qui l'a renié au milieu des instruments de mort , ou de celui qui Ta renie daiis le plaisir, de celui c|ui ne i a perdu qu'en gémissant , ou de celui qui s'est fait un jeu de le perdre ? Et cependant ces cicatrices, gravées sur son front dans les batailles de la foi chrétienne, demeurent comme un sujet de reproche pour le Christ , puisqu'elles ont essayé de vaincre, et ne laissent pas d'être glorieuses, quoiqu'elles aient fléchiavant d'avoir vaincu. Elles arrachent des soupirs au démon lui-même, avec sa misère^ mais chaste; avec son repentir plein de tristesse» mais qui du moins n*a point à rougir de solliciter son pardon auprès du JSeigneur. Et après cela on pardonnerait de nouveau à des fiwnicateura qui ont apostasié par un crime sans expiation possible î C'est pour eux seuls que la chair serait faible ! Disons mieux ! qu'elle est forte cette chair qui parvient à briser^^sprit !
FIK DËâ ÏHÀlTÉâ DE TEATULLIE».
DOCTRllSE DE TERTULUEN.
JCOBMSNTS- AVANTAGEUX QUE LES ANCfENS ONT POSTES SUR LES ÉCRITS DE TEETOLUEN.
Quelque tache que le fnontanisme ait imprimée k la réputation de Tertullien. ses ouvrajo^es n'ont pas laissé de le faire regarder comme un des plus illustres écrivains de l'Eglise. Saint Cyprien les esLiiiiait tellement, qu'il ne manquait pas d'en lire tous les jours • et souvent, quand il les demandait, il disait : Donnez-moi mon maître. Ruffin l'appelle le plus célèbre de tous ceux qui ont écrit , et Yincent-de-Lérins eu fait un éloge qui n'a rien d'égal, n est»* selon lui, entre les auteurs latins ce qu'Origène est entre les Grecs. Également consommé dàns les lettres divines et humaines, il a comme renfermé dans la Iraste étendue de son esprit et de sa mémoire toute la phi» losophie des sages du monde, les maximes de toutes les différentes sectes , avec ce qu'il y a de plus curieux dans l'histoire et dans les sciences. Presque toujours victorieux de ceux qu il avait entrepris de combattre , il accablait ses ennemis par la force et par le poids de ses raisons, et ses ouvraj^es étaient comme autant de foudres qui ont réduit en cendres les blasphèmes des Juifs, des Gentils , des Gnostiques, et de tant d'autres qu'il a combattus dans ses écrits. La suite des paroles de Viucent-de-
(0 Don GeHIier.
Lérins fait voir qu'il estimait les écrits que Teitullien composa étant catholique , mais encore plusieurs de ceux qu'il écrivit dans le schisme pour défendre la vérité. Nous mpporterm ifi ce-qpi se-cronve lip pkM.veyp^ quablë dans les unis ef dans* les' auti^sur'te Œ)|fttie et sur la discipUne de l'Sçlise , particulièrement les pcnnts- de doctrine dans lesqueb il & a jasMis varié.
SA DOCTRINE SUR L'IKjSPlRATiO^ DES LIVRES DE l'ÉCRITURE.
On ne voit point, par exemple, que Tertullien ait changé de sentiment au sujet de riospiration desi livrer de l'Écriture. Soît cailioliquç , soU montani^te, il f| çru que les livres , tant du vieux que du nouyésm Tesytantest « éuient la parole de Dieu. Il soutient, comme les. autra audens> que le dernier des écrivains sacrés , c'j^-èrdire des prophètes, est antérieur à toua les iaçes, i tous les lé- ^lateurs et historiens profanes, et vent qvCm ait réeoun aux textes oriaioaux pour corriper ce qui se trouve de défec^euxdansles versions de ^Ecriture. Ccst à Mui se qml attribue le Pentateuque, à Jérémie le livre qui jx)rte le nom de Baruch, à Daniel le cantique des trois jeunes hommes dans la fournaise, les proverbes et la sages^ à Salomoii. Quant au livre de rEcclésiastique , il ne marqua point qui en est l'auteur, mais il le cite comme il a coutume de citer ie^ livres de 1 .Écriture sainte. Il en use d« même à Têtard du quatrième livre d'£sdras^ des Madb»^ bées, de Judith et de Job, sans témoî(jncr qu îLe^l çqcun doute spr leur canonicité. Tous les livres de Tancîea Testament ayant souffert beaucoup d*altération dans les temps de désolation, £sdra& les rétablit. Pour ce qui est de ceux du nouveau , il ne reconnaît que quatre Évangiles, savoir, de saiit Mathieu , de saint Marc , de saint Luc et de saint Jean. Mais il remarque que l'on av^t ç^uAume
XliJillULLIEli.
«jl'atirUgiupr à sfitinl Plem od«i de «liivl M aie , et 8Éi«l
Pia\}l celui de saint Luc, Il cite sous le nom de saint Baiv nabé ce que uqus lisons dans TL^plire iuix Hébreux, et TApocalypse sous cetlui de saint Jean rApnire , auquel il attribue aussi les deux Epilras qui. portent son nom. Tant qu il lut catbolique, il parla avec honneur du livre du FiliSteor^ ipais, une fois séparé de TÊglise, et voyant que Gl^Uvve i^ip«U«à li^ péoîteiiii^ k» Chrétiens fornicaieur% nmA biaa autres > ce qfû iîait contraii*e à la ri-*
gipc^r des montanistes , il n'en ipmkt plua qu^avec beau- QOMfi mifFm Çiwâ^Wik Fâmiiaissè q«e le fiyra d!£r« DMh n^'^iaît point dm te caaoïi desi Juîft et qiw de eaii feipps pliui^m fimiit dtffiwhadele racevoir, il ne^laim ]Nis d'en smitenir Tai^orité, s'appuyani-auv Tandrait qui en est rapporté dansTËpîtye de saint Jude.-Il cite quelquefois l'Écriture d une manière. différente de nos exemplaires ^ d'autrefois il a ttribue à un prophète ce que nous ne voyons point qu il ait dit en effet.
svâ LA mmt vEa tWÊMuna» as mbv>
TariikUieft jntoUvai eiLpli^
prit, qu'il désigne sous le Bém da-Trimté. Ces trois 'per«« sorin( s sont inséparables l'une de Tautre -, et si quelquefois on dit que le Père est autre que le Fils et le Saint Esprit, on le dit par nécessité, non pour marquer diversité, mais ordre, non division, mais disiinclion : il est autre en personne, non en substance. Le Père çst toute la substance; le Fils en est un écoul&pien^ Of^ s^e» 4o\Jk pas diva' qu'il y ait deux Dieux ni deux Seigneurs -, non que le Père ne aak Wm, et le Fils. Diea, et k SkinthEipria Bie», âiaia papppe qp« la Fils Q*a9t'iioaHné IMep |i|VQfaiR:rimom^a9
ï£liïULLl£N.
le Pi^re. Si on doit nommer ensemble le Père et le Fils, on appellera le Père Dieu, ei le Fils Notre-Seif^neiir .lé- Sus-Christ, pour ne pas scandaliser les Gentils j mais, ajoutet-il , quand TioLimierai Jésus-Christ seni , je pourrai le nommer Dieu. Pour marquer la croyance de 1 Église sur la Trinité, il relève la cérémonie mystérieuse qui s'observait alors dans le baptême, oa Ton plongeait le néophyte non une seule fois, mais trois fois/ftour chaque nom despersoiH' nés divines. Car, qnoiqu^à cause de l'étroite union qui est entre le Père et le Fils, entre le Fik et le Saint-Esprit» le Père, le Fite et le Saint-Esprit soient un en substance, tb sont néanmoins trois en personnes. Les noms de Dieo% de Tout-Puîssant , de Très-Haut , et antres semblables que rÉcriture donne au Père, conviennent aussi au Fils. Il nomme Parole le Fils , et ajouie qnv cette parole est une personne^ que le Fils est le second après le Père: qu'il a toujours été clans le Père, et a été produit de lui sans en être séparé , qu'il en a été produit comme la plante de sa racine, le fleuve de sa source, le rayon du soleil ^ que, quoiqu'avant la création Dieu fiiitseul, puisquHl n'y avait rien hors de lui, en lui néanmoins était la sagesse, la raison, et sa parole intérieure, qui se produisit ensuite au dehors et devint la parole extérieure. G*est en feisant allufflon à cette génération ou prolatiou extérieure dn Veii>e, par laquelle Dieu dit : Que la lumière soit laite, que Tertuilien avance dans son livre contre Herroogène, que le Fils n'a pas toujours été^ sans préjudice toutefois de l'éternité du Verbe intérieur, qui ei>t la sagesse.