T£RTUm£N
ils consacraient au fond de icui cœur i image de leur espérance.
Ils ne sont pas moins prodigues de démonstrations ceux qui consultent les astrologues, les aruspices, les augures, les magiciens 9 sur le salut des empereurs. Quant aux Chrétiens y jamais ils nontveocmn, pas s^me pour leur, propre compte, à des sciences inTentées par lasrançBa rebelles et mamlita de Jlieii. Et .d*4A peut venir cett*- curiosité qui inimoge et suppute' la vié de César 9 âi on ne jnachine rieiEi contre el4e , m on ne soialiaite pas ({u^^le ait un terme, si du moins on n'attend rien de sa mort? Ân lotid de l'horoscope du maître et de la personne que Ton aime , il y a une pensée différente : autre est la curiosité du sang, autre la curiosité de l'esclavage.
XXXVI. S'il est donc avéré que ces conspirateurs , qui gsucdaient le nom de fiom^ios^ sont des ennemi^ publics ^ ne pomrrait-U paà se faire auni iq«e. nous qui {MUsons pour ennc&niis > etauxquek on iwAue le nenide RoÉiains » soyons aussi Romains et rien «loinffqa'ennemis? Non! la fidélité et le dévotyement èm #ux empereùi^s ne oonsistéut pas en témoignages extérieurs, eouft le nMsque desquek la tralitson est si habile à se cacher^ ils consistent dans les sentiments pacifiques que nous sommes obligés d entretenir pour tous les hommes comme ponr les empereurs. Car ce n est pas aux empereurs seuls que nous devons vouloir du bien ^ous faisons 4e bien sans acception; de personnes ^ parce que c est pour nous-mêmes qne noni le faisons , sans attendre ni louange « ùï reooaipense tTancun homme. Notre répnunéiateur «si Dieu 9 ^f» noua a prescrit cette cliarilé universelle, qui s*étend àtous mdiacinctement* Hoos som* mes pour les empereurs les méases que pour nos proohés et nos voisins. Vouloir du mal à qtii que ce soit , en faire , en dire, en penser même, nous est également interdit. Ce qui n'est point licite contre l'empereur, ne Test contre personne : ce qui ne l est contre personne, Test peut-^êlre encore moins contre celui que Dieu a élevé si haut.
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XXX:VII. Si, comme nous lavons dit, il nous est ordonné d^aimer nos enq^mis» qai potirrioiiMoiis haïr? S'il nous est défendu de tiotta venger de ceux qui ncms j»l&nseul » pour ne pas levr ressembler, qui nous 8^r»-t4i permû d offenser? You^-mémes, je vous établis juges': combien de fois^ viil»'él0»-vous décbalnés contre les Chrétiens^v autant pour assouvir vos bagues personnelles que pour obéir à vos lois ? Combien de fois n'a-t-on pas vu le peuple, sans attendre vos ordres , de son propre mouvement , se ruer précipitamment sur nous , d( s torches dans les mains, ou armé d'une grêle de pierres ? Dans la fureur des baccha" naies, on n'épargne pas même les Chrétiens qui ne sont plus. Oui , TasUe de la mort est violé ! Ou fond des sépulcres où ils dorment, on arracbe nos cadavnes; quoique déjà méconnaissables , quoique déji^ en pourriture , piour mutiler, enuore et disperser eës lambeaux. Étrange acbamtement qui nous poursuit jusqiie dans le sommeil de' la mort !- Avez -vous remarqué cependant que nous ayons jamais / chercbé les représailles ? Une seule nuit , et quelques flambeaux, en faudrait-il davantafîpe pour nous assurer une large satisfaction , s il nous était permis de repousser le mal par le mal ? Mais à Dieu ne plaise qu'une religion divine recoure, pour se venger, à des feux allumés par la main des botnmes, ni qu'elle s'afHige des épreuves qui la mettent en lumière ! Que si, au lieu de conspirer dans Fombre, nous levions^ publiquement rétendard, nous ne maiique- * rions ni de forces, ni de troupes: Les Maures , les Marcoinans , les Partlies mêmes , quelque nation que ce soit , renfermée, après tout, dans ses limites, est -elle plus nombreuse qu'une nation qui n'a d'autres limites que l'univers? Nous ne sommes que d'hier, et déjà nous remplissons l'empire, vos cités, vos îles, vos forteresses, vos bourgades , vos conseils , les camps ^ les tribns , les dccuries , ' le palais , le jsénat y la plaee publique ; nous ne vous laissons que vos temples. Quelle guerre ne serions-nous pas cajpables d'entreprendre , même à forces inégales , , nous
qui nous laissons égorger si volontiers, si , dans noire doctrine , il ne valaii pas mieux suuHrir la mort que la donner ? Sans même prendre les armes . sans nous révolter ouvertement , nous pourrions vous coTiibattrc simplement en nous séparant de vous. Que cette immense multitude vînt à vous quitter brusquement pour se retirer dans quelque contrée lointaine , la perte de û nombreul citoyens de loiile condition eut décrié votre gouvernement, et youseut assez piH nis. Nul douté qu'épouvantés de votre solitude, à Taspect de ce^ silence universel, devant cette immobilité d'un monde frappé de mort , vous auriez cherelié h qui commander : il vous serait resté plus d'ennemis que de citoyens. Maint» liant , la multitude des Chrétiens fait que vos ennemis jîara^issent en petit noiiibre.
Mais , sans îioiis, qui vous délivrerait de ces adversaires cachés qui portent le trouble dans vos anies aussi bien que dans vos; santés , je parle 4^ ces démons que nous chassons siems intérêt, sans récQmpense? Il suflirait, pour notre veng^nce, de vous laisser librem^t à la mei^ii deces esprits immondes. \Et vous, sans nous tenir compte de cet important service, sans réfléçhir que, loin .devras être nuisibles, nous vous sommes nécessairesyvous^nous^ traitez en ennemis ! Nous, les ennemis du genre humain ! Si nous sommes ennemis, nous ne le sommes que de l'erreur.
XXXVin. Il fallait doue inscrire du uioiiis parmi les factions innocentes et permises une religion à laquelle on ne peut rien reprocher de ce qui rend les autres factions si redoutables. Quon les proscrive celles-là , dans Tintérét des mœurs publiques , pour prévenir les. déchirements des partis , pour empêcher que lés comices , que le sénat , que vos spectacles ne soient troublés par le choc des rivalités 'Ct des cabales, surtout ,à une époquaoïi IVm vend jusquii ses violences, à la bonne heure ! Mais nous, si indifférents pour la gloire du monde, si désintéressés dans ses grandeurs, nous ne savons ce que c'est que former des ligues : nous demeurons toujoui^ étrangers aux affaires publiques. Le
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mondes, voilà notre répiiblt^ue à noiis. Nous renonçons sans peine à tos spectacles, aussi bien quW principe qui les a
produits : nous avons'en liuneur la super. siilion , qui en est la mère : bien plus, nous nous éloignons avec mépris de tout ce qui s y passe. Nous n'avons rien de commun avec les extravagances du cirque, avec les obscénités du théâtre, avec les jeux barbares de Tarène, avec la frivolité des gymnases. N'a-t-il pas été permis aux disciples d'I^icure dlmaginer œ qa^il leur' a plu? £n quoi voiis c^ensonfr* nous quand nous adoptons d^àutres Joies que. les vdtres ? Et . si nous voulions nous seyrér de tout diverfîsseinent , à iâous le dommage, il me semble; "^us n^j entrez pour rîen. Nous condamnons vos plaisirs, soit 3 mais vous goûlez aussi peu les nôtres.
XXXIX. A quoi donc s'occupe la faction chrétienne? Je vais Texposer. Après l'avoir défendue contre la calomnie, au mal qu!oa lui impute opposons le bien qui s y trouve. Unis enseml^le par le nœud d'une même foi, d'une même espérance , d^une même morale, nous ne disons qu*ttn^ corps. Saintement ligués contre Dieii , nous rassiiégeons de nos prières, afin de lùi arracher par une violence toujours agréable œ que nous lui dêmandons. Nous Tinvoqtions pour les empereurs , pour 4eurs ministres, pour tout es les puissances, pour l'état présent du siècle, pour la paix , pour rajournement de la catastrophe dernière. Nous nous assemblons pour lire les Ecritures, oii nous puisons , selon les circonstances, les lumières et les avertissements dont nous avons besoin. Cette sainte parole noufrit notre foi, relève notre espérance, affermit notre confiance, resserre déplus en plus la discipline en inculquant le précepte. C'est là que se font les exhortations et les corrections , là que se {îrononcent les censures au nom'de>Di«i. Assurés que nous sommes toujours en sa présence, nous jugeons avec maturité, èt c'est un terrible préjugé pour le ju.ofément futur, que d avoir mérité d'être banni de la communion des prières, de nos assemblées et
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de tout ce saint commerce. Des vieillarfls recommandables président^ iis parviennent à celte distinction, non par argeoty mais par le témoignage d'un mérîte éprouvé. Riea de ce qui concerne les choses de Diea ne s'achète ^ si Ton trouve chez nous une sorte de trésor, nous nWo'ns pa^ 'à rougir d^avoir ve^du la religion pour ramasser,.' Cbacua apporte tous les mois son modique tribut 9 lorsqu'il le veut, su le peut , et dans la mesure de* ses moyeus; personne n'y est ubligé: rien de plus libre, de plus volontaire que cette contribution. C'est là comme un dép6t de piété qui ne se con.sume point en débauches, en festins, ni en stériles prodigalités; il n'est employé qu'à la nourriture des indigents, aux irais de leur sépultture, à l'entretien des orphelins délaissés, des domestiques cassés de vieillesse, des malheureux naufragés. S'il y a des Chrétiens condamnés aux mines , relégués dans les Iles ou détenus dan^ les prisons, iniquement pour la cause <de'0ieu, la religion qu'ils ont confessée les pourrit de ses aumônes,
II est vrai' que Texerdce de cette charité a fourni contre nous de nouvelles armes à la calomnie. « Voyez, s écrie i- « on , comme ils s'aiment ! » car, pour nos censeurs, ils se haïssent muiuellement. (t V^oyez comme ils sont prêts à « mourir les uns pour les autres! » Pour eux, s'ils sont disposés a quelque chose, c'est plutôt à s'cntre-égorger. Quant 4U nom de frère que nous nous donnons, ils le décrient, parce que chez eux les noms de parenté né sont que. des expressions trompeuses d^attachement. Cependant nous sommes aussi vos frèrfes par le droit de la nature, la mère oommiine du genre humain. Il est vrai que. vous êtes de mauvais frères; à peine étes-vous des hommes. De véritables frères , ceux qui méritent ce titre , sont ceux qui reconnaissent pour père le mcme Dieu , qui ont reçu les effusiotis du même esprit de sainteté, qui , sortis du même sein de l'ignorance , se sont inclinés avec transport devant le soleil de la vérité*
Mais peut-être que l'on nous conteste notre légitimité^
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.<M» parce que notre i»moa< fràternelk ne retentit jamais sur Yos théâtres, ou parce que nous Vivons en oommun et «n frères* des mêmes biens- qut cher vbus arment lé frère MiiMKMriBW^AdiiS lea ans dans les antres par un saint «Miinge^WMbe iHson»auettne difficulté die parCftgier nos tiats ^ toM ^ «omman dans nbfiresoeiélé,' hormis les femmes. Nons sommes. divisés d^aVec' les antres hommes par • le Seiil point qai les unit; non-seulement ils nsm prni la couche conjugale de leurs amis^ ils leur ouviTnr m m plaisamment la leur, à rimitatîon sans doute de leurs sages les plus vantés, d*un Socrate chez les Grecs, d un Galon chez ies Romains, qui abandonnèrent à leurs amis des femiiies qv'îls awakÉi'épousées, afin qto^e&les leur donpa^ent des ' ttAmU dont ils sisraient p^s les* pères. .Etatt*ce maljgpré alkai^ j'en 40ai6 fbrt; iodigneinent prostituées par lèurs propres Jtotoîs , pouvaîelat^elles se montrer bien jalouses de Ib dhasieté conjugale*? <> sagesse- attîqne ! gravité ro» muiiie! ua philosophe, un censeur donner leçon d'impudicité! '- ^ * ' ^
^ QuÊlle merveille que les Chrétiens avec la tendre charité qui les anime, âîent des banquets communs? Car vous accuses âuSsi nos modestes repas non-seulement d'infamie, maxs encore de luxe. C'est apparemmentpour nous * c^ue Diogène disait : « Les Mégariens mangent'Gpmme s'ils « devnititit mourir le lendemain; ils b&tissent comme s*ils « ne devaient jamais mourir, w Mais on vdit bien înieuz une paille dans Poeil'd^ântrQi qu'une pontre^dans le sien. Quoi! Tair est infecté des repas de tànt' de tribus, de curies, de décuries ! A chaque festin des Saliens , nouvel emprunt ! Il faut de longs et pénibles calculs pour supputer les frais des festins en l'iîonneur d'Hercule. On choisit les^plus habiles cuisiniers |X)ur ies Apaturies, les Dyo- B^sies et les mystères de l'Attique. La fumée des soupers de Sérapis éveille les gardes préposés à Tincendie, et l'on ne parle qnede la n^agnificence dè nos banqttets f Le Door qu'ils pènent cin indique le caractère : on les
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appelle agapes f d'un mot grec qui signifie cto'ât^* Si covh tel» ^u'on les 8tt{)|MMe, une dépense ^ûte au nom de la piété se oonTerdt en gain ; par là , en effet, nous sonlageonB
les pauvres. Nous ne rassemblons point comme vous une tourbe de parasites qui trouvent {glorieux de vendre leur liberté, et viennent s engraisser à vos tables au prix de mille avanies. Nous traitons l'es indi çfen ts com me des bomœes sur qui la divinité. attache jses r^^^rds aT^.pku de oooh plaisance. ' .
Si le n^tif de nos r^ns n*a rien que dlionnéte , jugeas de tout ee^ qu'op y fait par résprk de^relîgion qni Y poé^ side. On n'y soufire'.nen de^bas^ riend*iianipde8le) on ne touche jaul aliments qa^près aisohr noiim son aine. par la prière. On mange autant que la faim Texîge ^ on bwteomnie il convient à des hommes sobres et cbastes^ on se rassasie comme devaiu se relever pour prier Dieu pendant la. nuit; on converse comme sacbant que Dieu écoute. Après qu'on s'est lavé les mains et que les flambeaux sont allumés, chacun est invité à chanter les louanges de Dieu, qu'il tire des saintes Ecriturcn», ou qu'il compose lutHaneme,: c'est r^iceuTe de sa tempérance. Le rq^s se termine comme il a commencé» par la prière. On sort de iè» non povvopmrir. ^ les en handes tumultueuses, iion pour se provoquer au désordre à rinsolence , au meurtre , mais aarec mode^ t!e, «Tec p«deu^$en sortd*uoeéadedewtnipliilâtqne d'un souper.
Condamnez, proscrivez nos assemblées si elles ont quelque ressemljlancc avec les assemblées dan^^ereuses et criminelles , si on peut leur adresser les mêmes reproches qu'aux factions ordinaires. Mais quand y avons-nous concerté quelque perfide complot? Réunis pu séparés, dan^ te* secret de nos maisons ou bien tons ensemble, nous sommes toujours les mêmes, n'offensant personne, ne contristant personne.
XL. Une assemblée d'hommes de , dlvnntnes. chàstes , probes et vertueux, n'est poiiit ane.fiiction , c'est
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un sénat. Le nom de faction convient h ceux qui soufflent la haine contre ces hommes religieux , qui demandât à grands cris le sang de Tinnocence, qui couvrent leur animositëdu misérable prétejLteque lesChrétieosâoat4^caiiie de toutes les caiamitcs publiques. Que le libre moiite mr les remparts, que le Mil oublie deoÙHiter siir les campagoeS) qtt^ttn ciel d'airaio se ferme, que la terre iremUey qull survienne tine fimine, une murlalité y auasitdt : Les Ckrédens au tionl Quoi! pour un seol lion un peuple de Chrétiens!
Mais I épondez-moî , je vous prie. Avant Tibère, c'est-à^ dire avant la naissance de Jésus-Christ, les villes et le monde entiern'avaient-ils pas essuyé les plus (jrands désastres? Ouvrez Thistoire : les îles d Uiérannape, de Délos, de Rhodes et de Cos englouties avec des milliers d'babilantS} la pins grande partie de TAsie ou de FAirique envahie, au ^ raj^XNTt de Platon, par les imitions de la mer Atlantique; la mer de GorinAe mise à sec par nn tremblement de terre; la Lncanie détachée de Tltalie par la violence dcsflms, «t formant llle de Sicile : de tels diangements dans • la face du globe ont-ils pu survenir sans entraîner une foule de victimes ? Où étaient alors, je ne dirai pas les Chrétiens, ces contempteurs de vos dieux, oîi étaient vos. dieux eux-mé nu s lorsque le déluge a submerf^é toute la terre, ou du moins les plaines, comme la prétendu Platon? Les villes oii ilssont nëstOÙ ils sont SMirtSy celles memequ'ils ont bàlies^ prouventaases qu'ils sont postérieurs au déluge : autrement elles ne subsisteraient pdnt aujourd'hui.
L'essaim des Inifii, d*oh les Chrétiens tirent knr erigine, n^était pas. encore .sorti de FEgypte pour aller s'abattre <ït se fixer dans la Palestine, lorsqu'une pluie de feu consuma, sur les frontières de cette contrée, Sodome et GonM)rrbe. Cette terre ravagée exhale encore Todeur de Tincendie, Si quelques fi*uits croiîsent péniblement sur ses arbres, végétation trompeuse à i'œii ^ ils tombent en cen^ dres sous la main qtti les moçbe.
La Tnscieetia Campanie ne se plaifjnuiciit pas tics Ghré-^ tiens lorsque A^ulslnie disparut sous les flammes du ciel, et Pompéia sous la lave de sa unontagne. Personne n adorait k Kome le vrai Dieu lorsqu'Annibal, après la sanglante joarjié» de Gaoaes, mesurait par boisseaux les anneaux lOUiiiw. Tous TUS dieux sans exception étaient adorés de TOUS tous, locM{ue les Gaulois campèrent sur le Gapitole. fièur: aèii(âger»r haêi TÎlles ii*ont jamais essnyé de désastras' ^pe:ln tamfiifaBa ne lies aient partagés 4*oii je eonckis que TDS dieux n*ont pas déchaîné des tempêtes qui les OM em«ponéseuMiémesi'
Die tout temps la race humaine n'a cessé de provoquer laT«ngâ«ànce du Très-Haut ; soit en négligeant son culte, soit en fermant les yeux au soleil de justice qui avait laissé échapper quelques-uns de ses rayons, soit en se for^^eant des dieux pour les adorer*, et laute de chercher l auteuc ds', TinDoeence ^ le juge et le vengeur du crime , elle s*est foulée dan» la fange du vice et du désoirdre.. £n le cherdkant^. elle Teut oonnn; en le ooiûaaiMnfe^ elle Teût adoiéç. en. l'adorant , elle eut épivuTé sa démence au lietL d'irriter sa- eolàre. Le même Dieu dont les hommes ont fessemi liÉ- vengeance amnt qu*il y eût des Ghrétiens , les châtie encore aujourd'hui. C'était lui qui leur prodiguait sei» dons avant qu'ils se créassent des dieux chimériques. Pourquoi les calamités ])résentes ne partiraient-elles pas de la main hienfaitrice dont ils ont méconnu les bienfaits? ing|i^atitude justiciable de Dieu, puisqu'elle s attaque à Dieu! '
Si cependant noua eompaions les catastrophes antiques arec oeUss de qoa joacit nous reoonnditfOQsqueles hommes sont llHiiÉéi^avee moins de rigueur depuis que JMen adonné des Ghnitiena- au( monde. A dater de cette époque, l-inno-: cenoe a balancé le crime , là terre a eu des intercesseurs auprès de. Dieu. Que les pluies d'hiver et d'été, taries dans les cieux , amènent la sécheresse, que Tannée s'offre menaçante et pleine de terreurs, vous remplissez les bains et
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lescabarels, les mauvais lieax regorgent, vous siicrifiez à Jupiter, vous ocdonnea^ au peuple de demander de l'eau, pieds nus; vous cherchez le<ïiel au Capitole, vous âtteudess que la pluie s'épai^he. des voûtes du temple. Mais la4emander è D&eu, mais lourner vos regaids-vers le ciel, vous • n'y songez: pas!- Pow nous, exténués par le jeume et kn aosiérités» pnrifiési par. la oontinenee, stàvté» de lowks plaiars,' prosternés sons le sa^D et k cendire; nous désarmons la colère da ciel *, et lorsqu'eafin nous avoua aituehé la miséricorde , à Jupiter les actions de grâces !
XLI. C èiït donc vous qui êtes à charge au iconde; c'est vous qui , méprisant le vrai Dieu pour adorer de vains simulacres, attirez sur Tempire les malheurs qui Taoca-' blent. Là où il y a vengeance , Tattribuerai-je à celui qu'oC- Censé le mépris, ou bien à ceui: qui reçoivent les hom<mages? En vérité, il y aurait de ieur part combkBd'îi^iistioef â, pourse venger dea Ghrétieiisqai.les IwittageQt, Ss.eiir veloppaient dans les mêmes désastres kjurs pcopffas*«dm* teurs j confondant ainsi des hommes qni se Tifftimfclmpt si • peu. •
«—Eh bien! vous écriez-vous, nous rétorquoqsla dif- « ficulié contre vous-mêmes : votre Dieu souffre que ses « fidèles serviteurs soient punis de nos sacrilèges ! »
Entrez mieux dans . la sagesse et Téconomie de la divine Providence, et alors vos âkjectîans .fi|iifx>nt. Dieu, qui, a renvoyé après la fin du monde le jiigemeiijl^é.ierAel de; tous les hommes, ne précipite point avant ce terme la s^Spara-r tkm qui sera la suite .du jugement. Insqu'à œtte époque dédsivj&j indulgence paternelle, on sévère «ensnre, il' parant traiter les homin^ de la même façon. Il permet que les infidèles partagent les biens de ses serviteurs, que ses serviteurs soient associés aux maux des infidèles , vaste communauté où rien de ce qui arrive n'est étranger Jiises membres. Instruits par lui-même de ses décrets, nous aimons sa bonté, nou» redoQtôns sa mgueur.. Pour vous^. vous méprisez Tune et l'autre ^ d-oii il sait <}ue tmis-ks mus ,
TERXULLIEN.
qui sont pour vous de véritables punitions, ne sont pour nous que de.'îavertisksements. Nous ne nous plaif^nons point, parce que notre intérêt unique clans cr. moiicie, c est d'en sortir au plus tôt. D'ailleurs, l'ignorons-nous? ce sont vos criipes qtti attirent sur la terre Jes fléaui^ do ciel, et quoiqu'ils nous atteignent en poirtie, membres que nous sommes de la société commune^ nous voyons avec Joie Tacoompiis^ sèment des oi^cles divins quiafi^missent notre tûi' et notrè espérance. Si, au contraire, il était vrai que ces dieux, objets de vôtre coite, vous envoyassent }i cause de nous ce déluge de calamités, comment pour riez -vous adorer encore dès dieux si ingrats, si injustes, qui devraient vous garantir de tout mal, et vous combler de faveurs, en haine des Chrétiens?
XLIL On^nous feit encore un outre reproche. On prétend que noos sommes des membres inutiles à TEtat;*— Ciomment cela, de grâce? Nous vivons au milieu de vûus, noos avons la même nourriture, les mêmes vêtements,' les mêmes meubles, les mêmes besoins»' Noos ne somihes point des brachmanes, des gymnosophistes de Tlnde qui noos enfoncions dans les forets et nous bannissions de la vie. Nous ne manquons Jamais de payer à Dieu le tribut de reeooiiaissnncc qui lui est dû comme au maître et au Créateur de l'univers. Pas une œuvre de ses mains qut nous rejetions. Seulement, nous sommes €n garde contre Texcès et contre Tabus. Jetés avec vous dans toutes les nécessités de la vie, comme vous, noos fréquentons le Forum, les marchés,, les bainsi leslbires, les- boutiques^ les bêtelleries. Moos naviguons avec vous, nous portons les armes, noîis cultivons la terre, noos trafiqoons, noos exerçons par conséqoent les mêmes arts, noos loobns nos brâs poor votre usage. Qiie Ton m'explique donc à quel titre nous sommes iniMvIf s à 1 £tat, quand nou^ ne vivons qu'avec vous et pour vous ? ' . . . , .
Si je n'assiste point à vos eéréiuonies, en suis-je moins homme ces jours- là ? Je ne me. baigne point durant les
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nuits des Satnriiaks» pour ne pis pefAre le jour et k ^ nuit ; mais je ne m'en baigne pas moins à une heure-con- .
venable, qui ne puisse me glacer le sang, et sans risque pour ma santé. Il sera bien assez temps après ma mort d'être pale et raide au sortir de Teau. Je ne mange point en public aux fêtes de Bacchus , pareil à ces gladiateurs * condamnës aux bétesy qui font leur dernier repas : mais, ^elqiie part que je mange ,' on me. sert les mêmes- alîffifBnis qu'à TOUS. Je n ack^e; point de couronnes de fleurs, JMÎS j^aidièta desSeurs. Qae;naus4niporte pour, quel usage ? Je les aime mieia libres ef flottantes, que .captives dans^ un boliqiiet , ou éouibees en couronnes.' Les cooronneftinéaie, je les approche du nez. J'en demande pardon à ceux qui ont leur odorat dans les cheveux. Nous n'allons point à Tos spectacles; mais quand J'ai envie de ce qui s'y vend, je l'achète plus volontiers sur la place publique. Nous nacbetoiis pas d'encens,, il est vrai : si les Arabes s'en plaignent y les Sabéens -répondent, en. revanche , t[uï\s Tendent leurs ammates à un^plusjiaut pris et en plus grande quantité pour ensevelir nos morts, que vous n*en perdes & enfumer vos diecoc;
•ii^nw ' Du moins , ajoutez-vous, on ne sauniit nier que les revenus de nos temples ne baissent tous les jours. Qui est-ce qui met encore dans les troncs ? '
C'est que nous ne pouvons suffire à l'entretien de tant d'hommes et* de dieux à la mendicité, et que nous ne (Myona devoir donn^ qu'à ceux qui demandent. Que Ju- |ntér tende la main, nous lui donnerons. On.saitquetiotre eliarité fait plus d'ampdne^ dans les mes,* qpie.vafre rêli* gînn d'offirandes dans ses temples» Quant' aus ômtrilNÎliops publiques, elles rendent grâces de ce qu'il y a des Ghrétiena au monde, parce que les Chrétien» les acquittent sans fraude, avec cette prolnté consciencieuse qui s'abstient du bien d'autrui ; tandis que vous, si l'on examinait tout ce que vous dérobez au fisc par l'infidélité et la supercherie de vos déclarations, on reconnaîtrait que
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maenl • article- /siir lequel tos aooosatioiia aîebt qpielqDe foB^emeftt, est plus queaimpenaé [Mr. toufties ami^
XLIIL ÀTouoDS-le .cependant! Quelques hommës ne sont que trop fondés à se plaindre qu il n'y ait rien à gagner avec les Chrétiens. Et qui sont-ils ? A leur lête, les fauteurs de la débauche publique, les complices de cette infâme profession, les ravisseurs, les assassins, les empoisonncurs, les magiciens, les aruspices, les astroloï^ues. Gain immense que de rei user toute occasion de gain à. œH gens-iè 1 Mais s'il était vr^i que noire secie vous îcaù- . iàt quelque pr^udice, ocmyenes que pai^ ses secourt, elle TOUS en aédmnmage amjdenrient. Compt^t^us pour rien. d*avûir, parmi yo)às des hommes» je ne. dis plus qui chant» sent les démons, qui, le front dans la poussière, invDqueni pour ^us le vrai Dieii, mais* du moins de qulrvul» * n'avez rien* à redouter ?
XLIV. Une perte immense, une perte irréparable jx>ur TEtat,^ à laquelle cependant pis un refl^ai-d ne s'arrête, c'est la dispai ition tant d'hommes vertueux et irréprochableSi qu on persécute , qu'on immole tous les jours. Nous prenons à témoin vos Fegistres, vous qui juger tous les jOMTS les prisonniers,' et imprimez la flétrissure par vossentebces. ParmiceUe feule d'assassins, de voleurs, de «icriléges, de suborneurs, traînés devant vos tribunaux, , se trouvent «•il un seul Ghréiien? Ou, parmi ceux qui vous êOQldéCSMs comme GlH^tiens, s'en rencontre-t-il un seul coupable d*ancun de ces crimes? C'est donc des vôtres que regorgent les prisons; des vôtres que s'encaissent les bétes féroces; des vôtres que retentissent les mines; des vôtres que sortent ces troupeaux de criminels destinés à repaître la curiosité publique. Là, pasiUn Chrétien, ou bien il n'est que Cbréden : esl-il autre ohese^ il a cessé d'être Chrétien. ■ ^
XLY^^ Ac nous seuls dona, oui , à nous aeah rinnoQSMie l Qu*y Q-t41 là qui doive vous surprendre P L'înnacenee est pour nous une nécessité , une impérieuse nécessité. Nous
la eonnakaoiîs pwfidftement, l'ayant apprise de Dieii même qui est na maitre par&H z ncnu k paeéom fidèlement^
ordonnée qu «Ile est par un juge qu'on ne- «aurait mépriser. Vous, ce sont des liommes qui vous 1 ont enseignée-; ce sont des hoiumes qui vous 1 otJt ordonnée. De là vient que vous ne pouvez ni la connaître comme nous, ni appréhender eoomie nous de la perdre» Eh 1 peut-oo coHipler sur les lumières de l-homme pour <sqniMiilre la vertu yé^ riiaUe, sur son «ntorité pso^r le faire pratiquer? Lomièies qoi égSRSDt ! anÉotité que Vim méprise I
D'ailleurBy «foel est le code le pkis sage, de celm qui dit : Tous. ne tuerez point ^ ou de celui qui «touffe la co^ ière ? Lequel est le pins parfait^ ou de condamner TaduK 1ère, ou de ne pas permettre la simple concupiscence des yeux ? Lequel creuse avec plus de sagacité et plus profondément dans le cœur humain, de celui c^ui interdit Taction mauvaise, ou de celui qui interdit la parole mal-^ veillasie; de celui qui4élendien[ial, oudeceluiqnidéfend les repréiaiUes ? Et, rcmarque^^le bien , ce. que vos lois reafertueat de b», elles loot emprunté à noe loi pins, andennç, à 1^ lei divine ! Je vous ai parlé plus haut de Tantiquiléde Moise.
Mais, encore une fois, d impnissance des lois humaines! presque toujours le coupKîble leur échappe, soit que le crime s'enveloppe d'impénétrahles ténèbres, soit que la passion ou la nécessité les brave. Si elles atteifjnent, comment punisjsent-^les ? par un supplice i^cessai rement court, puisqu'il meurt avec la vie.* Telle est la raison par laquelle , Epicure se riaîl de la tortui!e.,et de la douleur», Légères^ disaît41^ elles sont aisées k supporter^ viplentes, elles ne dorent pas. 11 &'en vai ^fm ainsi des Ghredeas.. Vivant sons ToBil Scrutateur auquel riep*'n*éehappe , ayant toujours k la pensée les flammes étemelles qu'il faut 'éviter, nous avour. raison de dire que nous seuls allons au-devant de la vc rtu ; et parce que nous la connaissons parfaitement, et parce qu'il n'y a ni ombre, ni ténèbres, pour
m TERTULLIËN.
notre juge, é| pàroe qu'un ayenir, non pis limité à cjnel- «pies années, mais un avenir àërnel, mm enTireoné de ses terreurs. Nous craignons l'Etre Souverain que doit
craindre celui qui juge des hommes tremblant devant lui j nous craignons Dieu, et non le proconsul.
XLVI. — Je crois avoir justilié lea Chrétiens de tous les crimes que leur imputent des accusateurs altérés de leur sang. J 'ai tracé, sans le moindre déguisemeot, le tableau de notre religion. L'autorité et 1 ancienneté de nos Ecritures, la confession des puissances invisiUfs elles-mêmes, Voilà mes preuves. Si quelqu^un entreptend de me réfu* ter» qu'il laisse là les artifices du langage : qu jl réponde avec la franchise et la simplicité dont je lui ai donné l'exemple.
Mais l'incrédulîté, convaincue par ses rapports journaliers avec nous, de rexcelience du Cbristianisme , se retranche à (lire qu il n'a rien de divin , que c'est-lè une secte de philosophie comme les autres. Les philosophes, nous dit-on , enseignent comme vous, professent comme TOUS Tinnocence, la justice, la patience, la sobriété et la chasteté.
. Bourquoi donc, si notre doctrine est semblable à la leur, ne nous est-il pas permis de la professer impunément comme, eux? S'ils appattiennent à une secte sembla)>lé à laiiétre, pourquoi ne les oondamnes-<vDus pas aux
mêmes choses qui , repoussées par nous, nous envoient à réchijfand? Montl'ez-moi le philosophe que l'on ait jamais contraint de sacrifier aux idoles, de jurer par les dieux, ou d'allumer follement dos flambeaux en plein midi? Tout est permis aux philosophes. Ils détruisent ou* vertement le ciilte public^ ils déclament contre tos su* perstitioDS, et vous le souffrez 1 Vous leur décernez des récompenses, vous leur élevés des statues avec la même fiicilité qui nous condamne aux bâtes* Sagesse que j approuve, f Ils prennent le nom de philosophes, et non pas de Chrétiens! Or, le nom de philosophe ne met pas en
fuite les démons. Qacdîs-je? Les. philosophes placent les démons au second rang après les dieux. On connaît le mot £ci¥ori de Sqcrate : ^ Si mou génie le permet..» Ce même sage, qui du moins enOravoyait la vérité, puisqu!il niait tous ces dieux chimériques, ordonna bien êepeqcknt, .à k Teille.cte.mcnirir, qu*<>n »erifiât imcoq à Escqlape, sans doDte jfnr reoonnussaDce pour son père Apollon, dantJ*0Rièl6 ravaitdéehnre le plus sagede tous les hmîimes. Quelle étourderie dans Apollon ! Il proclamait la sagesse d'un homme qui ne reconnaissait pas les dieux !
Plus la vérité soulève de haines, plus celui qui la professe sans déguiseinent révolte les esprits. Mais un secret iniàiilible pour plaire à ceux qui la persécutent , c'est de Taltérer et de Taffaiblir. Ainsi font les philoflophes^ qui affectent d'aimer la vérité, et qui la corrompent,'>pjEiroe quib ne poursuivent qu'un fantdme da gloire. LesGhrétiens, au OKHniiref uniqiieii»ent occupés de leur salut, reckerdient'uécMairenient la vérité, et' la professent franchement : tant il est vrai qu'il ne faut pas songer à comparer les philoso[)i)es aux Chrétiens^ soit pour la doctrine, soit pour les mœurs.
Lorsque Crésus interrogea Thaïes , ce prince des physiciens, que put-il lui répondre de positif sur la divinité, après avoir fnistré son espérance par de longs délais ? Chez les Chrétiens, Tartisao le plus obscur oonndt Dieu, le fidil oonnaitre aux autres , satisfait à toutes les ques^ -lioD8mr 'r«iUeiir de TuBivers: tandis que Platon noiis aflkme qtt^iî est difficile de découvrir le mintre de la nature , plus dangerem encore de W divulguer à la mulr titude.
Les philosophes prétendraient-ils nous le disputer pour la chasteté ? Je lis dans Tarrêt de mort de Socrate : Condamné comme corrupteur de la jeunesse. Jamais on ne reprochera à un. Chrétien des attentats contre la nature. JMogène ne rougissait pas de ses rapports avec la cowgtisanè^Pbryné \ Speonppe^.disciple de Platon^ fut sur-
pris et taé dans un adultère. Un Chrétien ne connAit de femme qnc !a sienne. Détnocrite. se crevant les yeux de sa propres main parce qu'il ne pouvait maiuifier le Ul-* milite de ses sens à l^aspect d'uae fetnine , ni contenir aa donlenr si M» impadiqQés^éBirs avaient été trompés, pablie aàses son inootttineiioe pur la pvioilîtetpi'tl s'mpom* .Ùb'Chrétién garde ses yenx^tt ne les fin jamM m wêtt cane femoie : son cideur est areuglc pour la "ralsqpié. Bwlerai-je de la modeslié ? Je "vois Dio^ène feuler éer ses pieds couverts de boue Torgiieil de Platon , par un orj^ueil plus insolent encore. Un Chrétien e^t humble, mtme avec le pauvre. S'agit-il de mcxiciation ? Pytha^^ore veut régner sur les Thuriens , Zenon sur les Pnéniens. Un Chrétien ne brigue pas même i'édilité. F aut-tl en venir à régalité d'ame ? Lycurgue se laisse -nMifir de faim parce que les Lacédémoniens ara^ Amxgà ^weHqm» éïo^ k ses lais« Un l^rétien rend gpAseï bonmatix qui Tont condamné. Si je compare la lionne foi; Anaxagope nie le dépôt qui Im a été oon^parscs htes c la bomne foi des Chr^îens est vantée parles pi^Nms eax-tnémes. Si je considère la bonté, Aristote chasse son ami Hermias du poste qu'il occupait. Un Chrétien n'humiliera point son ennemi, l e même Aristote flatte bassement Alexandre pour le gouverner ; Platon se vend à Denys le Tyran , pour être admis aux délices de sa table ; Aristippc, sous la pourpre et sous le maaipie de la çnorîtéi s'abenddmwà la débandiez Hippias est tué dans ses tentatives ^pnorop- -primer sa patrie : janmiB im Giurétien ne s'est rien permis eiootre TCtat, pas même pour mgar les dupétieos, qnelqnes persécutions qu'ils aient subies.
On nous objectera peot-étre qu*il en est aussi parmi nous qui s'affranchissent des règles de notre discipline. On oublie d'ajouter que, ceux-là, nous ne les regardons plus comme des Chrétiens ; mais les philosophes , après tant de crimes et de bassesses, conservent parmi vous le nom et les honneurs de sages. Quel vappsrt esnt»-^ donc entns
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ua philosophe et un Chrétien ? entre un disciple de la Grèce et un disciple du ciel ? entre un homme qui poursuit une vaine gloire, et un homme exclusivement occupé do son salut ? entre un homme qui parle en sage, et un homme qui Vil en sage? entre un homme habile à détruire et un homme qui ne sait qu'édifier? Comment pou vcz-vous comparer le partisan de l'erreur avec son antagoniste? le corrupteur de la vérité avec son vengeur ? celui qui la dérobe, .et celui qui en est le possesseur et le gardien le plus anti- .que? Encore une fois , entre ces deux hommes, où sont les ^points de contact? ... i\ ^4 <i/m^» v
. XLVII. L'antiquité de nos livres saints, établie précédemment, vous inclinera à les regarder comme le trésor où vos sages sont venus puiser leurs richesses. Si je ne craignais de grossir démesurément cet ouvrage, la démonstraiion ne serait pas dillicile. Quel est le poète, quel est le sophiste qui ne se soit abreuvé de cette vérité aux sources des prophètes? C'est à ces fontaines sacrées que les philosophes ont désaltéré leur soif. Comme ils se sont couverts de xjuelques-unes de nos dépouilles , on les compare aux Chrétiens. Voilà pourquoi, j'imagine, la philosophie a été chassée par quelques Etats, tels que Thèbes, Lacédémone, Argo^. Ces hommes, passionnés uniquement pour la gloire et l'éloquence, s'efforcèrent d'atteindre à l'élévation de nos Ecritures. Venaient-ils à y rencontrer quelques-unes des maximes favorables à leurs vues, et capables d'éveiller la curiosité, ils se les appropriaient et les accommodaient à leur fantaisie. N'y reconnaissant pas le caractère divin dont elles sont empreintes , ils ne se faisaient pas scrupule de les altérer en les dérobant; d'ailleurs leur intelligenœ était fermée à la plupart de ces passages mvstérieux, voilés pour les Juifs eux-mêmes, à qui ces livres" appartenaient. L'orgueil humain, en révolte contre la vérité simple et sans ornement qu'il ne pouvait ni goûter, ni croire, corrompit cette majestueuse simplicité par le mélange de ses conjcc- ' tureset lextravagance de ses inventions. Ainsi, au lieu
d'enseigner le dogme de rimité de Dieu tel qu'il l%VMt trouvé, il disputa sur la nature, sur les attributs, sur la demeure de l'Etre souverain. Les platoniciens croient que Dieu n'a point decOrps; le$ stoïciens soutiennent qu'il a un corps.' Epîcute le composé d'atânaes, et Pythagore dénombres; Héraditè trouve son principe dans la matière ignée. Ecoute^les disciplesde Platoo ! La Providence gouverne lea choses dn monde, (^le ditïpiciire? ttcu végète ii^iiioliîle, engourdi, dans un étemel repos', absent de ja terre. Lfè stoïciens le supposent hors dn monde, qu'A ment comme le potier tourne sa roue ^ les platoniciens le placent dansle même raoruli qu'il régit, comme le pilote conduit son vaisseau. S'accorderont-ils davautage sur le monde? A-t-il ' commence? e8t41 éternel ? doit-41 finir? subsistera-t-il toujours? Ils ne savent que résoudre. Même incertitude sur la nature de fâme. Elle est divine et éternelle , selon les uns, ' mortçUe et comiptiWè, selon les antres. Ghacnn ajpnt&on retranche k sa fantaisie. ^
Mais pourquoi nons étoirtier ijne les philosdiMies j avec leurs imaginations, aient défiguré les cpoyances primitives, puisque de nos jours
mence , ont corrompu sous un mélange ààohète les'noiiveaux livres des Chrétiens , en y interpolant avee des dogmes arbitraires, des opinions philosophiques, et ont ouvert sur cette route larr^e et droite mille sentiers tortueux^ labyrinthe inextricable ? Ceci, je ne Tinsiiiue qu'en passant, de peur que Je grand nombre de sectes qui divisent le Christianisme ne fournisse un nouveau {ràext^ de nous comparer aux philosophes, et que les divergence^ de . leurs doctrines ne se confondait avec la yérilé d^ notre religion. I* i
A tous ces corrupteurs de l'Evangile, nous opposoM Tarf^ument invincible de la prescription-, què ht seale>eligiou véritable est celle qui, enseignée par lésus-Christv nous a été transmise par ses disciples. Tous les novateurs ne sont venus qu'après. C'est dans la vérité même, qu'à la
Digitizeci by
suggestion des esprits trompeurs, ils ont cherche des matériaux pour bâtir l'échafaudage de leurs erreurs sur les ruines de la vérité. £ux seuls ont infecté notre salutaire doctrine par un alliage impur ^ eux seuls ont mêlé à nos saintes croyances des fables qui en infirment Tautorité par un faux air de ressemblance avec elles, et s'infiltrent dans les esprits crédules. Qu'arrive-l-il alors? On ne sait s'il faut croire les Chrétiens, par la raison qu'il ne faut croire ni les poètes, ni les philosophes 5 ou bien , s'il faut ajouter foi aux poètes et aux philosophes , sous le prétexte que les Chrétiens ne méritent pas d'être crus. Aussi, que nous proclamions le jugement à venir de Dieu, on se moque de nos prédications, parce que les poètes et les philosophes ont imaginé un tribunal dans les enfers ! Menaçons-nous de feux souterrains, trésor de colère destiné au châtiment du crime? Quels longs éclats de rire ! La fable aussi fait couler un fleuve de feu dans le séjour des morts. Parlons-nous du paradis, ce lieu de voluptés divines, préparé pour recevoir les ames des saints, et séparé de notre globe par une portion de la zone de feu? Les Champs-Elysées se sont emparés de tous les esprits. Je le demande, qui a pu inspirer aux poètes et aux philosophes des fictions si semblables à nos mystères, sinon nos mystères eux-mêmes, d'ailleurs beaucoup plus anciens? A nos mystères donc la foi et la certitude , puisque Ton croit même ce qui' n'en est que l'ombre et l'image ! Dira-t-on que les poètes et les philosophes ont l'honneur de l'invention ? Voilà nos mystères devenus l'image de ce qui leur est postérieur, ce qui va contre l'essence des choses. Jamais l'ombre ne marche avant le corps , ni la copie avant l'original.
XLVIII. Poursuivons ! Qu'un philosophe soutienne , comme Labérius le dit d'après les principes de Pythagore, qu'après la mort le mulet est converti en homme, la femme en couleuvre-, qu'il mette en œuvre tout l'art du raisonnement pour accréditer ce dogme , ne réussira-t-il point à vous séduire? N'ira- t-il poii^t jusqu'à vous persuader de
d6 TfiRTULLIEN.
vous abstenir de la cfaahr des aniikmai, parce qu'en maqr- 'geânt de quoîqtK^ bœnf, vous pourriéi: bien niauger un de vos ancêtres? Mais qu nn Chrétien vous affirme que rhonMi^' ^essuâciteini de l'homnie» que C^ius fèluÉhra.Ciites » tat fb*> puhce aassil6t de le diargcr de coups; les coups ne mî^ nront pomt^ elle sVmera dè lierres pour le'kptdéis ^ cependant il y a queîque fondement k l'opinion qtie hê ames humaines rcioui iieiu dans les corps, pourquoi ne re-» viendraieut-cllcs pas animer les mêmes corps, puisque ressusciter, c'est redevenir ce que l'on était? Séparées du' corps, elles ne sont plus ce qu'elles avaient été, car elles n'ont pu devenir ce qu'elles n'étaient pas, qu'en cessant , d'être ce qu'elles ataiènt été. ...
le perdrais trop de précîeut moments , et j'àpprêterai»., à Hre, si je voulais ex^ikimer îd èn qiiêlle sorte de hèt9 diacun devrait être transformé. 11 vaut bien tnietut ponp-'* suivre , cette apologie , et fidre rémarquër quH esf^biei^ plus eofifbi^me à 6 misoà de croire que ëbaque -hbftiitier redeviendra ce qu'il avait été, individu pour individu , et que la même ame animera de nouveau le même corps, quoi({ue peut-être la ressemblance extérieure ne soit pas àbsoiaiiK lit la même. La résurrection ayant sa cause dans le jugement dernier, ii s ensuit que l'homme doit y comparaître avec son identité primitive, pour recevoir de Dieir la rfoomîiense 6u la punition qull a mérkée. YotRlpëûr^ quoi tes corps seront rétablis dans leur forme, 'et parce q[tte les amès sont incapables de sentir si]dles ne soîît uliîeâfà une matière sensible , qui est la chair , et parce 4^e' hf jugement étemerqu'elles vont subir, elles ne Font raârité que concurremment avec celte chair dans laquelle et par laquelle s'exerçaient leurs facultés.
Merveille incompréiiensible î dites-vous. Comment cette matière réduite en poussière pouiTa-t-cllc reformer un corps? Homme , jette les yeux sur tqi-même, et tes doutes^ s'évanouiront. Avant d'être homme, qu'étais-tu P Bien,' sans doute. Si tu avais été quelque chose , tu i*en souvièn-
dtals. Rien avant d être , rien après que Lu auras cessé tiVtre, p6urquoi celai qui t'appela une première fois du néant à rexistence , ne pourrait-il pas t'y ramener quand ii le voudra? Qu'y aura-t-il de nouveau? Tu n'étais pas, et voilà que tu «B^ Ui ne seras plus , et tu recommenceras 4^éifc. -Êxplique-môi , slto peux, iBommeot tu^ entré éêm k vie» Je t'expliqucfai à mon Ibiir comment ta-
plus- facile de redevenir ce qœ ta étais d^ y aprè^ que. ntu €m cnSé «M» dffiâttlté ce que ta ii*étais pas encore?
/r. Révoquerez- vous en doute la puissance de Dieu, qui eu ' créant de rien ce vaste univers, commanda jadis aux abliiies du néant, comme un jour il commandera au silence de la mort, et souilla sur ce magnifique ensemble Tesprit vivifiant qui l'anime? Mais, pour aider votre foi, il vous a envîroiiués d«!^ iiB«i^.de la résurrection. Tous les jours la ^ * iuMM^^jpirfeet renaît eous mm yen»; les ténèbres lui wc> codent ^ponr lui faire place \ kftestres&'éMgn^t'et sejral-^ iariMHat^ ks révoIntÎGaaiin temps recommencent ou eUes finjsasntylet ftuils ^^hnisnl «c revienneni* la seîneim ne -Éecoffompt dans la tmè que^peur se féconderi tmt^se conserve -par* sa deatruedon même , se reproduit par sa propre mort. Homme, créature si excellente, quand tu n aurais appris à connaître ta sublimité que par l'oracle d'Apollon , qui te proclame le seigneur de tout ce qui meurt et de tout ct^ qui renaît^ toi seul, en mourant, tu périrais Ippur toujours I (Quelque part que^repose ta dépouille intimée, quel que soit l'élétaieni <|ur«i| détruit ton corps, qu^il fait cngjkNiii^ qoimmé, «t» ce semUe, a^iéanti, il te «^dra ioatentier« né«nl^n'e8l<4i pas à Dieu» aussi bien <iàe l-QiiimaaKiéde^^inas?
^ Qatk donc> nnijoiuRB .wwrir» iou|o«i'sr ressoseiier! ¥008 éaneB*-«ons. Si le maître de la nature lavait ainsi ordonné, il vous faudrait, bon gré, mal gré, subir sa loi; ^ mais il n'a rien réglé là-dcssus que ce qu'il nous a lui-
memeappris. Là même s^^jfm quia composé l^mivers, ce
tout si bien assorti des éléments les plus opposés, qui fait concourir à sa perlccùon le \icie et le plein , les êtres animés et la matière inintelligente , ce qui tombe sous nos sens et ce qui leur échappe, la lumière et les ténèbres , la vie et la mort , la même sagesse a placé k la suite Tune de l'autre deux périodes de siècles bien différentes: la 'première, qai a commencé ayec le monde et qui finira avec lùi^ la seoiHMie, que nofiis iittendcms et qui se cnolbiidra . arrec réiemîté.
Lors donc quapparàkm' cette borne posée entre denz aUibes ouverts , lorsque la figure du monde s'évanouira, et que le temps, rideau d un jour jeté devant réteraité, lombera, alors le p^enre buaiaiu tout entier se lèvera du tombeau pour comparaître devaut sou juf^e , pour \ rece- voir la récompense ou le châtiment que chacuu de nous aura mérité \ éternellement heureux , éternellement maU heureux. Alors plus de mort plus de résurrection nou- Telle ! Rendus à là chair que nous habitons aujourd'hui nous ne changerons plus. Les fidèles adorateurs de Keu, , révéfiis de la substanœ^de rimmortalité, jouimtéierneU lement de Dieu ; les prùfenes , tons c^ox qui ne seront pas irré[yrocbab1es devant lui, seront condamnés à des flammes également immortelles, auxquelles il communique sadîvine substance et qui ont la vertu de rendre incorruptible. Vos plidosophes même ont reconnu la différence entre le feu que nous voyons et celui f|ue nous ne voyons pas, entre le leuqui sertà l'usage de 1 homme, et celui que Dieu allume pour ^es vengeances » soit que le dernier éclate dans la ibudre, soit qu'il gronde dans la terre et s'élance jiar les oi»' vertures des montagnes. Ce feu miraculeux ne consume pas ce qu'il dévore \ il rép&ire à mesure qu'il détruit* Ainsi les raomagim brillenttoujours sanr jamais se oonaomer ; ainsi celui qui est frappé de la foudrè panni voiis ne tombera . plos en cendres sous le feu humain.' Image sensible, témoignage toujoLu s subsistant de ce feu indesiruciihlc qui alimente le ciiatiment! Puisque les montagnes, brûlent
fbujoiirs et iie^ omument jamais , pourquoi les pécheurs et les ennemis de Dieu ne pourraient-ils pas toujours souffrir et toujours vivre , brûler sans cesse et vivre sans fin ?
XLIX. — Ces dogmes, vous ne les traitez de préjugés que parmi iftQfnà^ Chez les philosophes et les poètes» ce siNit àn\ <inw|i'pii|iiiilîiii i iiil il iiiics^lis eeâ^ tous desmèaamiiiiêpté* Buer ordre, des sages.par^Banellencè* Four noWf nous ne aoouMsifiie des idiots. A «iir'resiîflKd'et les koiuiMiiB! à Bout Wjîqprig » rinsolte^et qui plas cstil^chtiiigieiHv . lAréjugcs ^^tant qa'il ms-pillini 1 Ahiiird^t)4» ai wui^ lratti^HMI»Vllais ils n*«n flont ni moma Bécetaiimv ni moins utiles , puisque , par la crainte de supplice élemels, OQ par Tespoir d'une récompense sans fin, ils obligent à devenir meilleur quiconque les croit. Ne venez donc plus traiter de chimères ou d'inepties des dogmes dont la croyance Oft si avantageuse : on ne peut condamper à aucun titre ce qui est véritaUiament utile, ^'il y- a préjugé quel- ^pMijpi^iabMdans vous qui repooMés àreo blâme des diriWMiÉSti^ el qvi ppir là.méaiesoDtjiiaû'
fiées darepvQdied*ab8iirdiié. AdmaflaBa pnor un tikOfaest que ce soMiit des ehiaières et dea citrtTagaoces , au moini ne portent-elles préjudice à personne ril feut les inscrire alors parmi ces mille opinions vaines et fabuleuses que personne ne vous défère, contre lesquelles vous n'avez pas de sentence , et que vous laissez circuler librement comme innocentes. Étes-vous décidés à les punir? punissez-les par ie ridicule ; mais par le glaive | par le (eu, par les croix, par -les faélesv jamais!
CSe n'est pas seulement uneavra^ mukitude qui triom- |ïMwâinEaa lw|fhat ea«aécMtkwtt etinanlta'ftiu vicdmfM^: il en %st panai vo» qui meadtaBÎt k'fiiTeur popdma fauroes ioiqpiiiéé, et s*en applandîaiBBt fièrôiOBt » ooBMBe n le pnÉaiir que vôâs. avez anr noua ne» venait pas de boqsmêmes.' Assurément , je suis chrétien, parce que je veux l'être ; vous ne me condamnerez donc que parce je voudrai bien être condamné. Puisque vous n'avez de pouvoir sur
moi qii*HnAiiitqi|e je rammiÊ tbmie, ce n'est âùnc pas de vous, mais de moi seul que vous le tcoez : et la multitude triomphe bien vainement à Taspect de nos tortures. A nous le triompli€ qu'elle usurpe, pui.sque nous aimons mieiix être condamnés que de nous déshériter de Dieu I Loin de iMiltredef BMÎi»^ DOS eQa«BM«deirny«ot s'afHiger^ pniaqtie . Am avons obtenii èe qoenoot «vions o)uM8l 1
Bhibien ! nouB pirâoiis acte de vos panées » ditÎB* y/mêw Bmrquoi doaé vont plaii^dte d« la peraécolion , pnkq|ae?«o«siNMika éira poiaécmés g YaBS' da^qi .aimar aaiipt4e^'foii8«anffir«B aequaTm voalw^
-—Sans doute, nous aiinoiis la ^diifipÉncc^ mais connue ofei aime la guerre, où personne ne s'en|^age volomicisà cause de ses alarmes et de ses périls. On n'^en coiiilji^it pas moins de toutes s<3s iorces : après av^ir accusé la guerre, on se réjouit de la victoire , parce qu on en sort chargé de gloire ^ et de butip. Notre champ de bataille à notis, ce sont vos ttibpMm oii VoA nous traîne^ et en &ce âdBqpsàn mm eombattons pour la vérité) au fini de notre téte. Notre tietoim» c'est lesoinige de Dieu ; oolito bnini, rétemilé* Nootuardoos la il' an vvai; aiaié Dont caiportons le irophee an iaMraiii. Bu oioaraiit^ mas trimnphnni, nioiis écbappongè Mè^nemii* lasulteE Imdsdoaleors tant qull vous plaira ! Appelez-nous hommes de poteaux et de sai>* mens , parce que vous nous immolez au pied des poteaux , sous la flamme du sarment. Voilà nos palmes a nous , voilà notre pourpre, voilh notre char de triomphe. Les vaincus ont bien sujet de ne pas nous aimer ; aussi nous regacdeol* Bs comme datf furieux des déstspérëi»
^ Msàà ipîe cette foi^Biar et ce désespoir soient alluméf diet irooA fni* «ne vmAe passion de gloire et de réputation f ile té aonvertiaMi en étendard d'inéroisne. âoevela biaiàa vo|oiitairen<pit ia maiii wr an antel : quelle oenMBea f Empédode se précipite dans la f^tiffra a— Jbraod de TSliia : quelle énergie ! La fondatrice de Carthage, je ne saisqnelle i)idon , livre au bûcher son seçoud hymen : o prodige de ' -
terïullien;
chasteté! Régulus, plutôt que de vivre, échangé contre plusieurs ennemis , endure dans son corps mille et mille aiguillons : o magnanimité romaine , libre et triomphante jusque dans les fers! Anaxarque, pendant qu'on le broie dans un mortier , s'écrie : « Broyez , broyez Tenveloppe « d' Anaxarque ! car, pour Anaxarque, il ne sent rien : » admirable force d'ame, énergique philosophie qui plaisante jusque dans les angoisses d'une pareille mort !
Laissons de coté ceux qui ont cherché la louange publique dans leur propre poignard , ou dans quelque genre de • mort plus doux : vous-mêmes , vous couronnez la constance dans les supplices. Une courtisane d'Athènes, après avoir lassé le bourreau , se coupa la langue avec ses dents, et la cracha au visage du tyran qui la torturait , pour qu'il lui fût impossible de révéler les conjurés, quand même, vaincue par la douleur, elle en aurait la volonté. Zénon d'Elée, interrogé par Denys à quoi pouvait servir la philosophie : « ud braver la mort ^ » répondit-il. Déchiré par les fouets du despote , le philosophe scella sa réponse de tout son sang. La flagellation des jeunes Lacédémoniens , irritée encore par la présence et les exhortations de leurs parents , les couvre de gloire à proportion du sang qu'ils répandent.
Voilà une gloire légitime , parce que c'est une gloire humaine ! Il n'y a là ni préjugé, ni fanatisme, ni désespoir dans le mépris de la vie et des supplices. Eh guoi ! il est permis d*endurer pour la patrie, pour l'empire, pour l'araitié, ce qu'il est défendu d'endurer pour Dieu! Vous érigez des statues à ces héros profanes \ vous gravez leurs éloges sur le marbre \ vous éternisez leur nom sur l'airain -, autant qu'il est en vous, vous leur créez après leur mort une existence indestructible ! Et le héros chrétien qui attend de Dieu la résurrection véritable, qui souffre pour lui dans cette espérance , le héros chrétien n'est à vos yeux qu'un homme saisi de démence !
Courage , dignes magistrats ! Assurés que vous êtes des applaudissements populaires tant que vous immolerez des
n ' mniLUSN.
Chrétiens à la mu!titude, coodamnez-nous , déchirez nos corps , appliquez-les a la torture , broyez-les sous vos pieds ! Vos lyurfaàries funouvent notre innocence : c est pourqiiot' * Dieo nous êoToie k tributaticui* Dernièrement , en conr damnmit une CSirétienne à être expuséedana on lieu inAme plulât quVin lioii de l'amphîdiâktre v ^vpos am teeonnu que la perfe de la chasteté est pCNir nous le plus grand «les supplices , et plus terriblé que- la mort elllMnéme.
ll^is où aboutissent les railinemenfs de votre cruauté ? lis sont ramorce du Christian isine. Plus vous nous moissonnez, plus notre nombre graiidit : notre sang est une semence de Chrétiens. La plupart de vos safjcs ont recommandé le courage dans la douleur et la confiance dans la mort. Cioéron Ta fait dans s)ss Tusculanes^ Sénèque, Pyrrhon, Diogène , Callinicus Tout fait dans divers trakés. i^ns Tetemple des Chrétiens est mille fou plus éloquent que les prédications de vos pliilosopheft. Cette invincifale fermeté ellMnénie que ^rous nous reprocheE, qu'estrelle antre dioée que k leçon la ph» puissante? Qui peut as^ sister à ce spéclacle sans éprouver le désir de scruter le mjsière qu'il renferme? Le mystère une fois pénétré, ne vient-on pas se joindre à nous ? Une fois dans nos rangs, û'aspire~t-oiî pas à souffrir , pour obtenir en échange la plénitude des grâces divines, pour acheter au prix de son sang le pardon de ses iniquités ? car il n'en est point que le martyre n'effiice. Aussi ^ grâces vous soient rénduéi pour T66 sentences de mort ! Mais que les jugements de Dieu sont bien loin des jugements des hommes ! Tandis que la terre noue condamlie » le ciel nous afasQût*
LES PRESCRIPTIOKS
COBrtHB
; LE§ HÉaÉTiQCE§. '
ï. Les circonstances présentes m'obiigenl d'avertir qu'il ne laut s'étonner, ni qu'il y ait des hérésies, elles ont été prédites; ni qu'elles détruisent la ibi de quelques-uns, car elles eiiflteotpour que notre foi, pamnt parla tentation» «tle:iiiëiite deTépMive. C*est drac sans fondement qoe le fmad niQmbre $e 'scand^yse de ce que les' héiém» hat tant de progrès. Bi l ifae senut-ee s*U n'y ea; Mk pcant ? liiMi|tt!«ae dmee est^^left neœflnrâneat et aacansé inale pour lacpBelle eÛe est , et son' étfdrgîe pre^pre qui en fait Tessence, et sans quoi elle ne peut être.
II. Nous ne sommes pas surpris que la flèTre soit placée parmi les principes de douleur et de mort qui afiaiblissent le corps humain : telle est sa nature. Par «inséqnent, si nous sommes eÔ'rayés que les hérésies puissent produire rafTaiblissement et rexlkusnoii de la ibi , "nolit detons l'étr^ d'abintl qu elles èxisteiit ^ cair n*euMaBt «jne pour fralarê œt efti» éka ont néMBQireaaent. 6a ponveir, dèa <fa*elfei enstent* Cjeat pMree qùe ikm safbns -que la fièvre ert mi mal , et par sa cause» et par sa natare, quelle nous effraie sans nous étonner. Ne pouvant la détruire > nous ^ÉtisoDS tous nos eflTorts pour nou^ en ga-
94 TfiRTSUCiBir.
rantir. Mais pourquoi nous étonner que les hérésies qui nous brûlent -de feux bien plus dévorants , et qui don^ . nent la mort étemelle, puissent avoir de tels effets, au lieii d^empécher qu'elles ne les aient? C'est uniquement *ce dernier point qui dépend de nous. Au reste , elles* n'ont de pouvoir qu'aqia^t qiié noQÉ.oous cti J^iuoii&effitiyer; troublés par Ta frayeur, nous nous scandalisons; nous scandalisant , nous nous persuadons que ce pouvoir ne vient que de la vérité. Il serait étonnant sans doute que le mal eût tant de pouvoir, si c'était sur d autres que sur des hommes faibles dans la foi. Dans les combats d'athlèles et de gladiateurs, le vainqueur n'est, pour Tordinaire, ni brave, ni encore moins invincible; mais il a eu en4éte un laible adversaire:, aussi lui en propose<t-on un plus çoun^ geux. Le vainqueur est vaincu à son tour. 11 en est àjd même
vent rieii sur u|ie loi flpnôa et solide^ m. Lésâmes fiubles^^sppteiieoreentiabéesp^
de certains personnages. Gomn^ent, dit-on, des peiaonnes si fidèles, si fermes, si éprouvées dans rE^^lise, ont-elles pu passer dans le parti de Terreur.^ Ceux qui font Tobjection pourraient eux-mêmes répondre que ces personnes n'étaient dans le fond rien de tout ce qu'on suppose , puisque rbér^sie.ks>a.pei!:vertie9« Jl^iia^ d'aïUcurs, estait tneo elh traoïdiiiaîre que des hommes d'une vertu kX4ff9mi!^'0r ^mnH MpfBlis d^ k suite? ^iîl , aurdeaMt 4e. iMtç ^|)e^pl^,aiiccQiite Mentit api^ à fe jriNiriet Sn^^ eepriaoe «ebn h çmr de Bien» ttl. KirtU 4»4o<Ate cfime d*adubèM etdlialnicide; Sabtooif, eooibiéjdes éam de Dieu, rempli de sa sagesse , est entraîné dans Tidolâtrie par ses femmes. Il était réservé au Fils de Dieu seul de persévérer jusqu'à la fin sans péché. Quoi ! si un évèque, si un diacre, si une veuve, si une vierge, si un docteur, si un martyr même s'éloigne de la foi, leab^ésies devient dronfr-^Ues pour .cela la;Yé|ité? Jugpona-nous de la foitpftr JetpfHwmes^pii <|k«.)MraiNmesr par. k» Hii? JRowl é^mgf
poiftt de, dwérîeo q«e ceiuî ^îmmi penévére jusquli la in. Homme, rons ne oodubum d*ilii antre hoteme que' 1 cxtcrieur ^ tous croyez ce que vous voyez 5 vous ne voyez que jusqu'où porte \olre vue. L^oîl de Dieu est seul perçant; il lit au fond des cœurs, tandis que l'homme s'arrête au visage. Aussi le Seigneur coimaîl-il ceux qui sont à lui;
-^m^^tmicheiupskie plaoïe qMe son Père n a poil^l pianjbee \ il
^^cm Mt voir ksdeniieiv . perQii les p><^ il tient le « van daoftsiMliiia poer D^tteyer son aii^.» Qae k paillé .
j Ugèt« ¥olè iiiigi:é dtt|prémî^ aoqiSeiieB l^afsiiaRiif lè£(^
tfoent «» aera lim jm ^daas
MNi {iQMii^filMemdiaBip^ dnSeigneurq w aa.mi6e .•énUairandeluî et lalMHidoaiièràitî^ Mables autres ne lui
Ctt leslèfent pas moins attachés. Sachant qu'il venait de Dieu , et qu'il était la j)arole de vie, Hs raccoiupgnèrent ju^u'à la fin , quoiqu'il leur eut laissé la liberté de se retira s'ils le juraient à projx^s. Comment s'étonner que «>n Apôtre ait été abandonné par un Phygellus, un Hermogèiiç, IgriPhnrtiir un fïjmr nrr p^sqvefemii Ica Apôtrles tm- }iBeBM8 il Y eut eo mkré. ^kmB .noiv éiomms de loi^ats d^hiflySeo |Mr qnelqiMi feitsoBÉMi^. liialB ce tfm rt^emple de Msus-Ghrisc, esc œ qui I iitiiirniiwa'iiimrrnoinitiri €hrifiiîrnff 1 « ïbjmt sortis d\»Qlve ir« «ouSfdU^n disciple bien-^tmé, ^ais ils n'étaient pas jn des nôtres^ s'ils en eus^eni été, tb seraient demeurés avec Dous. » •
ÏV. Souvenons-nous des oracles» du Seigneur et de ses J^)^t^e89 qui, en nous prédisant qu'il y aurait des hérésies, teaaint ordonné de les fuir. Et^epome npttsneseaoynes laar troublés parce qu'il y en à ^ ootis .ne devona pas ^èlpe surpris qu'eUos aient les suites qui nous ehiifliPiitft te ioMr. Le Set^MMurngiia aferiît^*ii; Tiendra nn ^raad ;noarim,dc loups tafiasanri am det pepua. da- lveUs. Qnattaa sent cas peanx dé bpflday sinon les dribers .du Christianisme? Quels sont ces kmps naYiaienrs, sinon dos
96 lERTULLIËN.
<i|Ai»1ift>rtpwif8 qùi Mitieiméiit èadiéa p0i«f le tocmpeaii âe JëMn-Chrte? Qvà sont te ranx prophètes, «iMki les dooteors de Ferreur ? Qui sont les 6iix q)dtres , siôofi 'les corrupteurs de rEyangile? Qui sont les ame-
christs à présent et dans tous les temps, sinon des homrtnes rebelles à Jésus-Christ? 11 y a actuellement des hérésies qui ne déchirent pas moins l'Eglise par la perversité de leurs doctrines , que l'antechrist ne la déchirera un jour
Cf lft.cruaitté de la persécutioa; avec celte différence que piffriédBtîoii fait des martyrs, et que rbérésic ne fait que des apoMIs; Il falkdt» selon i'Apdtre , qu'il y «ut.des 'hiir0mifQm fùete oonnahre ceux qui soat à l*^preuve, et des imim, êé. la pmécatbn, et;dé k séduction de l'ité- . rësi«) car Ami n^àppelle pas hommes li Vé^nwre eentn qui àbatidoii|ieB« la foi pour ThérMe , quoiqtiHls s^eflbr^ cent d'interpréter en leur faveur un rfùtre texte du même Apotre, qui dit : « Examinez tout, et gardez ce qui est <( bien : » comme si, après avoir mal examiné, on ne pouyait passe tromper en choisissant ce qui est mal.
V. Si l'Apotre s'élève contre les schismes et les divisions ^pri sont , sans contredit , des maux , et si i immédiatement • après, il y joint les hérésies, ii témoigne par là qu'il les regarde comme nn a^al plus considérable, poisqn'il croît qu'il y a des sdiismes et des divisions , parce qu*il hat qu'il y ait' méiaé dès^ hérésies., La perspective ann plus grand mal lin an rend .iin plor léger TraiseoihMMis* il prend de là occasion d'avertir qu'il ne faut pas se laisser troubler par les plus fortes tentations, dont le but est de faire connaître les vertus à l'épreuve, celles que l'hérésie n'a pu ébranler. Enfin, si le passa^^e de l'Apotre ne tend qu'à maintenir l'union et h éteindre toutes les divisions, et si les hérésies ne sont pas moins contraires à J'union que las schismes elles diSKUsions, il s'ensuit manifestement qoe llàpôtre fan^ les hérésies et les schismes dans fat même classe, et^u'ii est'hian éloigné , par cànséqaent,tfe regaïaha coaMwe des tieaMPes & VqireoTe caiia qm sa sont
séparés par l'hérésie^ d'autant plus qu il coudamne toute séparatioQ) et qu'il recommande de penser etde parler tous de même, cé que ne permet point l'hérésiê. *
Yf.-Ne nous arrêtons pas davantage sur ce sujets puistpie c'est lè même Ap6tre qui, dans i'ïlpttre aux Galales,met l'héréâe au nombre des péchës de la diair, et conseille à Tite de foir toîit hérétique après une première correction, parc e qu'il tht perverti et condamné par hii-mêmc. Dans prestjue toutes ses Épîtres , Paul nous rt pète qu'il faut éviter les fausses doctrines : il dcsi.fTne sous ce nom les hérésies, dont ces fausses doctrines sont le fruit. Hérésie vient d'uQ mot grec qui signifie choix^ parce que Thérétique choisît effectivement la doctrine qu'il invente on q«*il adopte. C'est pourquoi l'Apôtre dit que l'hérétique est condamné par' lui-même , car c;est de lui-même qu'il a choisi la doctrine qui le faitcondamnér. Pour nous, il ne nous est permis ni d'inventer, ni de choisir ce qu'tm autre autnit inventé. Nous avons pour auteurs les Ap>tres du Seigneur, qui eux-mêmes n'ont rien iiiiaî^iné, ni cliolsi, mais qui ont transmis fidèlement h l'univers la doctrine qu'ils avaient reçue de Jésus-Christ. Aussi, quand un ange viendrait du ciel nous annont < r un autre Evangile, nous lui dirions anathême. Le Saint-Ksprit nous avait prévenus que Fange séducteur, transformé en ange de lumière, obséderait la vierge Philumène. G^SC liii dont les prestiges ont engagé' Apelle à inventer une nouvelle hérésie.
Vn. €e sont là les doctrines des hoinnîes et dés démons , - * nées de la sagesse prol^he , pour charmer les oreilles curieuses. Le Seigneur a traité cette sagesse de folie , et a choisi ce qui est folie selon le monde, pour confondre la philoso{)liie. La philosophie, qui entreprend de sondi r témeraireujenl la nature de la divinité et de sts dcci cis, a . fourni matière h cette sa{jesse profane : c'est elle, en un mot, qui a inspiré toutes les hérésies. De là viennent les Ecm^ et je ne sais quelles formes bizarres, et la trinité . fanmaiDede Vtiietttin, qui avait été platonicien. De là le T. vn. ♦ 7
XËRXULtiËN
diea bon et fiacifique de Marckm , sorti* des siolcieifs. Les
épicuriens enseignent que lame est mortelle. Toutes les écoles de philosophie â accordent à nier la résurrection des corps. La doctrine qui confond la matière avec Dieu, est la doctrine de Zénon. Pai lc-t-on d'un dieu de feu? c'est! opinion d Heraclite. Les philosophes et les hérétiques traitent les mêmes sujets , s embarrassent dans les mêmes questÂoos. D*Ojîi vient le mal et pourquoi esi-il? D où vient rhommCf etobmment? £t d*oii vient Sien, comme la demandé récemment Valentin? c'est sigis doute de la pensée et d'un aroriDD. Que j e plains Âristote d'ayoir inventé pour eux la ' dialectique, cet art de la dispute , également propre à détruire et à édifier, Vrai Protée dans ses sysft^es, outrée dans ses conjcciures, bizarre dans le choix de ses sujets, fertile en coiiteniioiib, conuaiie à elle-même , sans cesse défaisant tout ce qu'elle vient de faire I De là ces fables, ces généalogies sans fin, ces questions oiseuses, ces discours qui gagnent comme la gangrène, contre lesquels veut nous prémunir TApàtre» qui, dans son Epitre aux Golossiens, avertît de se tenir en garde contre la pbilosopbie : a Pre- « nez garde que quelqu'un ne vous trooppe au moyen de n la pbiloBDpbie et des discours séducteurs» sebn la tradi*» ft tkm des hommes, et ooàtre la sagesse du Saint-£sprit« » U avait été à Athènes , oh. il avait connu par lui-même cette sagesse profane qui se vante d'enseigner la vérité qu'elle corrompt, et divisée en plusieurs sectes, qui sont comme autant d'hérésies , ennemies jurées les unCvS des autres. Mais qu'y a-t-il de commun entre Athènes et Jérusalem , l'académie et [ Eglise, les hérétiques c( les Chrétiens? Notre secte vient du portique de Salomon, qui nous a enseigné à chercher Hieu avec un coeur simple et droit. A qooi pensaient ceux qui prétendaient nous composer un Christianisme stokieut platcmicien et dialecticien
YIIL ^ous n'avons pas besoin de çorio^ après Jésuft» Christ, ni de recherches après FÉvangile. Quand nous croyons , nous ne voulons plus rien croire au-delà \ nous
croyons même qn*il n'y a plus rien à croire. Je viens à une objection dont les noUes se servent pour autoriser leur curiosité, et les hérëtiquCvS pour nous embarrasser. Il est écrit, dit-on : « Cherchez, et vous trouverez. » Faisons attendoQ au temps dàns'le(|uel Jésus-Ghrist dit ces paroles : e^^aît dakis les commencements de sa prédication, lorsque loat le nonde doutait s*U était le Christ, lorsque Pierre n'aynk pas enoore déelaré qu'il le reconiiaissait pour le Fils de Dieu, lorsque Jean, quien était assuré, Ycnait de nitittrar. Ce8tdoiic«Yecbi«B de la n^scn que îésus^hrist disait : M Cherchez, et vous trouverez,» lorsque, n'étant pas encore connu, il fallait nécessaireni en t lechercher. Au reste, tout ceci regarde les Juifs, qui avaient où chercber le Christ. Us ont , disait-il lui-même , Moïse 'et Ëlie , c'est-à-dire la loi et les pcophètes qui annoncent Jésus-Christ. C'est ce qu'il dit.encore plus ouvertement ailleurs : « Sondez les - « Ecriw^es^.dont vovs espérez le salut , carpelles parlent^ demoi^ » c^esc-Mire, t cherches et vous trouvères. » Il est évident que la suicèda te&te s^adresffè aux Juifs : « Frappez m et 011 vous ouvrira. )> Antrefins les Juifs seuls étaient dans FE^lise de Dieu, d'où ils firent chassés pour leur infidé* lité. Les Gentils, au contraire, en étaient exclus, à un trèspetit nombre près , qu'on peut ( omparer à une goutte d'eau ou cl un i^raîn de poussière. Or, celui qui a toujours été-dehors trappera-t-il où il n a jamais été ? Connait-il une perle oii il n'a point été admis, par laquelle même il n'^st jamais sorti ? Mais celui qui a été introduit et chaisé dans k suite connaît la porte et pent y frapper. Les paroles suivantes» « Demandez, et vous recevrez, wietmvienmmtè çeux qui savaient à qni ils devaient demander^ et qui avaient de lui des promesses ; je veux dire le Dieu d* Abraham , d'Isaac et de Jacob , que les Gentils ne connaissaient pas plus que ses promesses. C'est pourquoi le Sauveur disait : « Je ne « suis envoyé qu'aux brehisperducstlcla m nison d'Israël, » Il ne jetait pas eneoi e aux chiens le pain des enfants, il n avait pas eooûlce ordonné d'allçr chez les Gentils. Ce ne
100 TKKILLLIBN.
fut qu'après $à réstirreeâoa qa'il envoya ses disoîpWs .enseigner et baptiser toutes Jes . iiatiolvi, tonqu'ib auraient reçu le Saint-Esprit qui devait bientôt -leur apprendre
toute vérité, comme il arriva en effet. Si les Apôtres, chargés d'enseigner les nations, devaient avoir eux-mêmes le Saint-Esprit pour maître , il est bien certain que ces paroles, «Cherchez, et vous trouverez, » ne nous regardaient point, nous à qui la doctrine des Apdtres devait se présen* ter d'elle-même, après avoir été instruits eux-mêmes par le Saint-Esprit. A la v^ité, toutes ïes paroleàdeNotre-Seir fueur sont pour tous. Dtes Juife,^ qiù les eut entendues^ elles sont venues jusqu'èî nous. Mais coinme, pour roânli'n naire, elles les regardieiit dir^dtement, elles renfcmeat noins des leçons pour itous que des exemples.
IX. Je veux bien ne pas faire valoir tous mes avantages. Supposons que ces paroles, (c Cherchez, et vous trouverez, » s'adressent à toul le monde j on conviendra cependant qu'il faut consuhcr la raison pour en découvrir le véritable sens. Pour pénétrer les oracles divins, il ne faut pas s'arrêter à la lettre ^ il est nécessaire d'en approfondir l'esprit et l'énergie. Je commence par poser un prindpé )umineux : c'est que Jésus -Christ a enseignée pour tous les peuples un symbole de loi fixe et inmoîable qiie tout le monde est obligé de croire» et qu on doit cberoberj^ conséquent pour le trouTcr et le croire^ Majsee symbole unique et invariable ne 'demande point des recherches infinies. Cherchez jusqu'à ce que vous trouviez, croyez quaud vous aurez trouvé : alors il ne vous reste plus qu'à garder ce que vous croyez, pourvu cependant que vous croyiez (jue vous n^avez rien de plus à chercher ni à croire dès que vous avez trouvé, et que vous croyiez ce qu a enseigné celui qui vous défend de riçn cbercher audelà. Si quelqu'un' est incertain de ce que Jésus-Christ a enseigné, on lui dé-> montrera que la doctrine de notre divin Haitre ne se trouve que* chez nous. Assu^ de la foirce demies preuves^ et craignant quecertaiœs personnes nedonaent qne interT;.
prélalion arbitraire et déraisonnable à ces paroles, «Cherchez, et vous trouverez, » je les prcviensqu'elles n'ont rien à chercher au-delà de ce qu'elles ont cru devoir eberrher.
X. Au reste, toute cette discussion peut se réduire à trois points : la chose même, ou l'objet des recherches; le temps, quand il &al chercher *, Je tenne«' jusqu'à quand. Il fimi^chtiicher ioe ifue iésas^Ciirist a easekffxé^ tttàdh que Yçm n'avez «pas troipré, ètjtnqù'à c^sqtie tous trouviez^ iToiisaTez troa^é «joand tous avez cru : car vous avcis cru, eC-lK>«s n'auriez. point. cru si vous n^aviezpas trouvé. Comiiié vous n'avei^' cherohé que pour trouver^ vous ne trouvez que pour croire 5 en croyant, vous mettez fin à toutes vos recherches : le fruit même de vos recliercbes, quand vous Tavez recueilli, vous avertit de vous arrêter. Voilà aussi le terme que vous a marqué celui qui vous ordonne de ne croire, et par conséquent de lie chercher qoe œqu il a enseigné. Mais si, par la.raison que leç.uns ont enseigné une cfaose, les autrê^ une antre , nous vou* Ions çberdiev' tant que nous pourrons trouver, il iaut nous attendfe à cherchér toujours et à ne croire jaunis. "Oui^ quel seva le t^me dé mes recherches et de mes décou'» vertes , le point fixe de ma croyance ?-Ohez Marcîoni* Mais Valeiiliii me crie de son coté : Cherclicz , et vous trouverez. Chez Valentin r' Apelle me lient le même langage. Ebion , Simon , tous, en un mot, emploient le iiième artifice pour iii attirer à leur parti. Je ne pourrai donc me . fixer nulle part, tandis^ que je > suivrai tous ceux qui pe criefont : CÎieid»ez,:et vous trouvmz| comme d'je ne pouvab trouver en, aucun Iku, en aucun temps ^ ce que Jésda-Ghriiira enseigfié,\ce qu'il Êiut efaerdber, cé qu'il est néœssaire de eroire. '
XI. C'ett sans conséquence qu'em ainsi de o6té et d*autre quiconque n'ahâid(mne rten : on a dh>it seule» ment de lui rcproeber ses courses vagabondes. Mais si j'ai cru ce que je devais croire en cflfet , et qu'après cela je m gunag^ne que je dois chereher encore, j espère donc tsour
102 TERTUJLLIEN,
* ver quelque chose.de plus s or, je ne p«it respérèr que parce qu^ayèc l'air de «roire , jè se croyais pas réellement ^ ou parce que j'ai cessé de croire. Mais si je ire-* nooce à la foi , me yoilà apiostat ; en un mot , si je cherche,
c'est que jc ii ai pas encore trouvé, ou que j ai perdu. Cette femme de TEvangile avait pei du une de ses dix dragmes^ c'est pourquoi elle la cherchait. L'a-t-elie trouvée, elle met fin à sa recherche. Un homme n'avait pas de 'pain ; c'est pour çela qu'il frappait à la porte de son voisin. Dès quon lui a ouvert ei qu'on lui a donné ce qu^il demâudait, il cessçde frapper. Une vetÉvesoUioilait une audience de son juge qui refusait de renlmlre) dès qu'elle Va obtenue , elle demeure tEanqaille. Tant il est vrai qu'il dmt y avoir un terme à font, soit qu'on cfaérehe, qu'on frappe, ou qu'on demande ; car on doiinera à celui qui demande, dit Jésus- Christ ; on ouMÎra à celui qui frappe, et quicouque cherche trouvera. Faites- y attention , vous qui cherchez toujours sans trouver, vous cherchez où l'on ne trouve point 5 vous qur frappez toujours sans qu'où ouvre, vous ûappes où il n'y a personne ^ tous enfin qui demandez sanSi-qu^on votà accorde,- vous de? mand^ à qiû ne peut rien accorder»
XII. Four nous, quand il nous faudrait cjierehiâr encore, quandil nous faudrait chercher toujours, oh dier^ dierioin-noas ? Chez les hérétiques, où tout est étranger, tout est opposé à la^yérité chrétienne, et avec qui il nous est défendu de communiquer ? Quel est le serviteur qui attend sa nourriture d'un étranger, pour ne pas dire de l'ennemi de son maître ? Et quel est le soldat, si ce n'est un déserteur, un transfuge, un rehelle, qui va demander la solde ou une gratification à un fn^ince qui n'est point allié du âen, à un prince ennemi? Cette feàime cherehait sa^ dragme, mais- dans 4a- maison | cet homme frappait, mais à la pointe de 9on voisin $ cètte veuve sollieîtait un j uge, dur, à kl vérité, mais qui , après tout , n*étah pas ennemi. Que peutH)n édifier Àvee eenÎE qui ne sawiif ne
TEETI5LLIEN. 103 *
détruire? Quelle lumière espérer où tout est ténèbres? ' Cherchons donc chez nous et parmi les nôtres, mais seulement ce qui peut tomber en question , sans blesser la règle de la foi.
Xlil. Or, yoici la règfle ou le symbole de notre foi t car nous àllons faire mie déclaration publique de notre croyanoe. Nous croyons qu*il n'y a qu*un seul Dieu, m* tèur .du inonde cpi*il a tiré dn néant par son Terbè en-« gendré a^ant toutes les créatures.^ Nous croyons qnecé Verbe, qui est son Fils, est apparu plusieurs fois aux patriarches sous ie nom de dieu , qu'il a toujours pai le par les prophètes ^ qu'il est descendu, par Topéralion de l'Esprit de Dieu le Père, dans le sein de la Vierge Marie, où il s'est fait chair qui! est né d'elle; que c'est notre Séi£^eur Jësus^Ghrist qui a. prêché la loi nouyelle et la promesse nouvelle dit royaume des cieux. Nous croyons qu^il a 6ât plndem miracles; qU'll a été crûciâé ^ qu'il M ressuscité le troisième jour après sà. mort; qu'ilest * jtaonté aux deux , oii i! est assb à la droite de son l'ère \ qu'il a envoyé à sa place la vertu du'Saînt-Esprit,. pour conduire ceux qui croient; enfin qu'il viendra avec un grand appareil, pour mettre les saints en pc^cssion de la vie éternelle et de la héadiude céleste, et pour condamner les méchants au feu éternel , après les avoir ressuscites les uns et les autres en leur rendant leur chair.
XIV. Voilà la règle de foi que Jésus7Gbrist nous a donnée , comme nous le prouverons, e^ sur laquelle il n'y a jamais parmi nous de dispute , sinon «belles qu'élève l'hérésie et qui font les hérétiques. Non » elle ne doit jamais soiiffrir d'atteinte , quoi que vous chèrçhiez , que vous discutiez, quelque essor que vous donniez h votre curiosité. Mais, si quelque cliose vous paraît obscur ou équivoque, vous avez quel(|ucs-uns de vos frères doués de la science, ou qui uni été instruit^ par des doc^leurs consommés. Vous en avez qui, curieux coinme vous, chocheront avec vous. Enfin, si vous savez ce que vous
104 * TERTOLLIËN,
deyez'savbir» il tous 'est -plus aVantagem d'ignorer le reste, de peur d apprendre ce que tous ne^deTez point sa- Toir. Jésus-Christ a dit*: « Votre foi Totis a sauvé,» et non
pas rexamcii des Ecritures. La foi réside dans le symbole : vous avez la loi , et le salut vient de robservation de la loi : la discussion résulte de la curiosité, et toute -sa gloire consiste dans la réputation d habileté. Que la curiosité cède àia foi» la vaioe gloire au salut ^ ou quils.se taisent , ou du moins qu*ils se reposent. Ne rien savoir oontj^è la règle» c'est tout savoir. Quand même les hérétiques ne seraient pas les adTersaires de la vérité, quand, même nous ne serions pas averùs de les fuir, que peut-K)n apprendre ep. conférant aTCC des Hommes qui conviennent qu'ils cherdient encore? S*iis ,cherdient sérieusement, ils n'ont donc rien trouvé de certain -, et tant qu'ils cherchent, ils montrent leurs doutes. Vous qui cherchez de voti'e coté, si vous vous adressez à des ^ens qui cIkk l^eut , aussi, irrésolu, incertain, «Tvenf^Ie, vous serez inlalllibl^ent conduit dans le précipici par des hommes également irrésolus, incertains et aveugles. Mais lorsqu'ils font semblant de chercher, a vec Tin tendon de tous jeter dans rinquiétudç et de tous insinuer leurs erreurs^ après TOUS aroir attiré par cet artifice^ lorsque vous les voyez défendre opintàtrémentce qulls disaient auparaTantqu il fallait encore chercher^ d^Iarez-leur que tous êtes déterminé à renoncer à eux plutôt qu'à Jésu&^hrist ; car, puLsqu ils cherchent encore, ils n'ont donc pas trouvé; ils ne croient pas, ils ne sont pas Chrétiens. Mais loisqu ils croient, et qu ils diseut qu'il laut encore chercher, pour défendre leur sentiment, avant de le défendre, ils le désavouent donc, puisqu'ils confessent qu'ils ne croient pas encore, tandis qu'ils cherchent. Ils ne sont donc pas Chrétiens, de leur propre aveu. Lesei^ent-ilspour nous? Avec ùmt de fousset^, quelle foi peuvent-ils avoir ? Emploient-ils le mensonge pour faire reccToir la Térité ? XY. Mais^ dit-on, ils ne s'appuient que sur les Ecri-
TEETIIULEN. lOd
tures^-ik ae prétendent nom qûdt»bM qw ptt' le0:Eeri-
tares ; commè si od pouvait rien prouver sur lés matières
de foi que par les livres de la foi. Nous voici arrivés à ce , qui est proprement robjet de cet ouvrage : c'est à quoi tendait le préambule qu on vient de lire. Aoub allons a^ttaquer nos adversaires dans le poste même d'où ils nous défient. Leur audace à s'armer des Ecritures en impose d'abord à quelques personnes ; dans le combat, ils fatiguent les forts; ils triomphent des faibles, et jettent des inquiétudes dans le cœur des at|fres. G*est poufqnci août' les arrêtons, dès .U premier pas, en sp«ileiiai]t.i|ii'ik ne sont point dn tout vecêvables k disputer hsiit les Ecritures. CT^t-là leur arBenal'; mais avant qu'ils puissent en tirer des armes, il faut eiiaminer à qui appartiennent les Ecritures, pour ne pas les lai:>scr usurper à cqux .qui n'y ont aucun droit.
XVI. On pourrait croire que je parle de la soKe |)ar défiance de ma cause , ou dans la crainte, d'enga^^er le combat, si je n'avais pour moi de forles raisons, «tsnrt(>ttt raulorité de TApôtre^ qui doit être notre règle e» èe qui*^ regarde la foi. Il adus recommande d'éviter lesquestitfifs inutile, les nouveautés prolajies», et de fuir Thérétique/^ après une réprimande, et non flqirès^ la dispute. , Il int^it, tellement b dispute, qu^il ne permet d'aller trouver llbérétique que peur le réprimander, et cela une seule lois y sans doute parce qu'il n'est pas Cliréiieii, et cpi on ne doit \]ds lui faire plusieurs réprimandes, ni en présence de deux ou irois témoins, comme à un Chrétien. C'est par la raison même qu'on ne doit pas disputer avec lui> qu'il est ordonné de le réprimander. D'ailleurs, la dispute sur Ecritures n'est bonne qu à briser^ , la tête et épuiser les poumons. . . * , .
XYU. L'béi^ésie rejette certains livres des Scritores, et ceux qu'elle reçoit comme* canoniques , elle ne' ks rer çoit pas enlier9>; elle les altéré, et par ce ^u'eUeen.retrancbe, et par ce qu'elle y ajoute,, pour les plier à>80n
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système.- Ceux qu'elle reçok- ekilièrs^ elle les perveriît en-» core par les interprétations qu'elle imagine ; car il est également contraire à la vérité d'altérer le sens on le texte. L'audacieux novateur n'a garde de reconnaître ce qui le confond: mais il cite avec affectation tout ce qu 11 a fal- 'sifîé, et les passages obscurs dont il abuse. Si versé que venu tûyeK dans la science de r£criture» cpi'èspérez-yous g9g;n«r par la diqMite? Tout ce que vous avancerez , il le mmi ojpImiitémmXi landiâ qu'il aoutieiidra tout ce que wem BMmi : d*uiie pareille eonférenoe» vous ne rcmpor-» iBm que iMoeonp fiiti^e et*d*inâigiiatifMi«
XVHI. Celui pcmf qui tous tous édee engagé dans cette discussion des Ecritures, et dont vous prétendiez dissiper lés doutes, se lournera-t-il du coté de Terreur ou de la vérité ? Surpris que vous n'ayez eu aucun avantage marqué, que de part et d'aimc on ait nié et affirmé é^^alement, et qu'on soit resté au même point ob on en était, il VOUS' quittera peut-être encore plus indécis qu'auparavant, sans 'pouvoir ju^r oit est l'hérésie. Rien de plus aisé que de rétorquer tout ce qtie nous avons' dit. L'hérétique ne se fera pas scrupule d'assurer que o^est nous qui corrompons rEcriture et Tintérprétons mal, tt que lui seul défettfl kl causé de la vérjté.
XIX. 11 ne faut donc pas en ajppeler aux Ecritures, ni hasarder un combat uù la victoire sera toujtuirs incertaine, du moins ie paraîtra. Mais quand même ce ne serait point là l'issue de toutes les disputes sur FEcriture, Tordre des choses demanderait encore qu on commenràtpar examiner, ce qui va nous occuper, à qui appartiennent les Bcritures, à qui appartient la foi , de qui elle est éndanée, par qui, quand et à qui a été donnée la doctrine qui fait les Chrétiens? Car, où nous -^êrréns la vraie foi , la vraie éoiçtrine duGhristianisine, iàinduUtaMéniènt se trouvent Unasi les vraies Ecritures, les vraies interprétations, les vraies traditions dirédennes.