‹ Les pères de l'égliseChapitre 6 sur 44 · XX. Quel que puisse eue notre Seigneur Jésus-Christ · texte numérisé non relu

XX. Quel que puisse eue notre Seigneur Jésus-Christ

(qu'il me ]>erinette de parler ainsi dans ce moment), quel que soit \v Dieu dont il est le Fils, quelle que soit la nature du Dieu homuic, la loi dont il est l'auteur, la recompense qu'il prànet; lui-uélQe, tandis qu'il était sur la terre, ioitdans ses diaoonrs au peuple, Soit dans ses instrudtiond' particulières à ses disciples, il a enseigné ce qu il était , 06 qu'il «mt été^ b volonté de m Père <doiit il éteif nhmr^j et oe qa*il exig^t des hommes. Bunni ses disol» plflty' il en choisît douie poii^ TacoDuipagner, et pour devenir dan» la ^ite les doctenra des notions. L*nn d'entre eux ayant élé retranché de ce nombre, il commanda aux onze autres, lorsqu'il retourna à son Père après sa résurrection, d aller enseigner toutes les nations, et de les baptiser au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Aussilâc après, les Apôtres (ce nom signifie £nvajrés) ayant dioisi Matthias, sur qui tomba le sort , pour remplaoer le Mitre Jydas, selon la prophétie de David, et ayant reçu • avec le SaijaA«-£sprit qui leur avait'élé jpiomis^ le don de^ hmgnes et des miracles ^ ils prêchèrent Jà. foi en léausr Christ , ei il^ établirent des Eglises d*abord dÉns'Ia i^âéej ensuite s'étant partagé l'univers, ils annoncèrent la même foi et la même doctrine âux naiions, et fondèrent des Ef^lises dans les villes. C'est de ces Eglises que les autres ont emprunté la semence de la doctrine, et qu'elles rempruntent encore tous les jours à mesure qu elles se forment. Par cette raison, on les compte aussi parmi les %li8efl apQStoli(|iies, dont elles sont les filles. Toat se rapporte néceiB^drement à son origine : c^est pojiuquoi tant cl de si nomheeoses Eglises sont ioeiisées k'mtoe IgUse, la première 4e tontes^ fimdée paries Apôtres, ^et k mère de toiftes les antres : tontes sont apastoUques, toutes ensemble ne font qu'une seule Eglise par la communicaiiun de la paix, la dénomination de Irères et les liens de l liospitalîté qui unissent tous les fidèles. Et rien autre chose ne proté^ oes lietts, cfja^ la même iradition d'une même ÙÂ^

108 TËAmUEN.

XXÏ. Voici comme nous tirons de là un argument de preseripdoii . Si notre Stigneur Jésus-Christ a cnvové ses Ajx)tres pour prêcher, il ne faut donc [>as recevoir d autres prédicateurs que cenx qu*il a établis, parce que personne ne connaît le Père que le Fils et ceux à qui ie l'a révélé, et parce que le Fils .ne la cévélé qu'aux Apô-^ très» eoToyës pour prédiier ce qu'il leur: a rérélé. Mais qu ont prêché les Apôtres, c est-à-dire, que leur a révélé Jésus-Christ ? Je prét^ioda, tedé sur «la màne -ptrescriplion, quou ne peut le sairoîr que par les Eglises que. les Apôtres out ibodées, et qu'ils ont instruites ëe vive toîx , et ensuite par leurs lettres. Si cela est , il est incontestable que toute doctrine qui s'accorde avec là doctrine de ces Eglises apostoliques et mères, aussi anciennes que la loi, est la véritable, puiîique c'est celle tpie les Eglises ont reçue des Apôtres, les Apotrcs de Jésus -Christ, Jésus- ^ Christ de Dieu; et que toute autre doctrine , par conséquent, ne peut être que fausse, puisqu'elle est opposée, à la vérité des Eglises, des Apôtres,, de Jésus-Chrisi. et de Dieu. U ne nous reste qu!à déniontrar que notre doctrine dont nous avons présenté plus haut le symboley vient de^ * Apôtres, et que, par une coihaéquenoe nécessaire» toutes les autres sont faussèsr Nous Communiquons avec les Eglises apostoliques, parce que notre doctrine ne diffère en rien de la leur : voilà notre démonstration.

XXII. Mais comme elle est si claire et si précise qii elle ne laisse rieu à répliquer, quiind elle a été mise dans tout son j^im*^ avaot de Id faire, écoutons ce que peuvent opposer nos edVersaires pour affiiiblir cette prescription^ 1^ ont coutume de dire «que les Apôtres n'jont pas tout sù^jîl' ét- poussés par le mêfàe esprit de démence, ils disent ent oew. qoe. «,si les Apôti^ ont tout^» ils nWt pas.pqur «èda tout* enseigne, à .Ions..)». IHins nés deux accusa^ ûom^ t'esl dond Jésu^^rist môme qu'ils blftment dCaroti^ choisi des disciples ou peu iDstruits, ou peu fidèles. Mais quel est l'homme sensé qui pourra doup(^nner d'ignorance

.naiTCtuEN. 109

]es diadfies du Seigneur, qa il «iivait ëontiés pour maîtres à rmûVeis , qu'il avaU: eus dans sa compagnie tou^-les jiMm de sa vie morte lié, à qui il expliquait en. partieulicjr tout ce qui avait be^in ^^d'édâiidssénient, . leur dijèant qu'il leur ëlait.acGQhlé de pénétrer des secrets ihaccessiblesè k multitude ? Qu'e8^ce qui a pu être caché à Pierre, ainsi appelé parce que rEglise devait être bâtie sm lui 5 à ricrre, qui avait reçu, avec la clef du rovauint- des cieux , le pouvoir de lier et de délier, tant dans les cieux que sur la terre? Qu'est-ce qin a pu être caché à Jean 9 le disciple bien-aimé, sur le sein de qui le Sauveur se re* posait, à qui seul il montra ^traître Judas $ ^'enfin il donna pour ûls à Marie eu sa place? Qu'aurait voulu CB^ cher J^suS'Ghrist à ceux à qui il avait fait voir sa'gloire, IfavbfB et JBiie, à qùi il arait^^t entendre du ciel la vqI]( de. 80^ Père; non pas-qu'il réjetftt les autres, mais «parée « que lé témoignage de trois personnes sul!it pour constater « un fait? )) Enfin ceux à qui il avait daigoé expliquer toutes les Ecritures dans le chemin même, après sa résurrection, ont-ils pu rien ignorer ? Il est vrui que le Sauveur avait dit auparavant à ses Apôtres : « J'aurais encore à vous « parler de bien des choses^ mais vous ne pouvez pas les Il porter à présent. ^ Mais il ajouta : « Lorsquel'Esprit de ,« vérité sera venu^ il vous enseignera lui4Béme toute vé- « rité.i» Il marquait clairement jpar ]à qu'ib h'ignoreramt phis rien 9 loraqur'ikseraiesit remplis de TEsprit saint qu'il leur promettait. Il ne manqua pas d'accomplir sa promesse. Les Aeies des Apôtres nous apprennent la descente du Saint-Esprit. Ceux qui ne reçoivent pas ce livre ne peuvent se vanter d'avoir été instruits par le Saint-Esprit, puis<ju"ils ne reconnaissent |X)int que le Saint-Esprit ait été envoyé aux fidèles. Ils sont même hors d'état de dé^' fendre l'Eglise, puisqu'ils ne sauxaient prouver quand ni eommenteUe fut établie. Mais ils aiinfntmitliixs*4ter>à'^xmêmes les preuves des vérités -qu'ils conservent, qnie d'en fournir dVvincihles contre le$ err^unqii'ilfty ont méUes;

110 TBftHJLLIBIf.

.X3LUI. lis objectent pour prouver cette prétenda§.igiio* •rance des Apôtres, que Pierre et tous ceux qui l*aooqaipiignaient fîirèat repris par Paul* « C'est une. preuTe bkù» M réplique, <liaettt«ib, et qùe les premiers i^fooratent quel» «que chbae, et que d^anlres, dans la suite, eurent des « eofmaisaafMxs pins étendues, tels qpé Riu] , qui en cod* « jëqnence reprit, ses andeiis: n Nous pourrions leur réponckre : Puisque vous rejetez les actes des Ap6tres , il vous faudrait d'aboi cl niootrer qui est ce Paul , ce qu'il était avant son apostol;it , et comment il v est parvenu , d'autant plus que vous vous prévalez de son autorité pour bien d'autres choses. Que Paui atteste que de persécuteur il est devenu apôtre, cela ne- suilit point pour quiconque ne croit qu*aprèa. un mûr eiamen. Le. Sauveur luî-néme n'a pas voulu en être cru sur son témoignage. Mais qu'ils eroient, d'acGoid, sans raulorilé des Ecritures pour croire fi^^ Ecritures : Il ne leur senrira rien d^all^er que Piênre a' éré repris par Plaul, $% ne pouvent en même temps que Paul a introduit un Evangile différent de cèhii de Pierre et des autres Apôtres. Bien loin de la, Paul , de persécuteur changé en apotre, est conduit et préscntéaux frères, cotnme Un d entre eux , par les frères mêmt s qui avaient reçu la doctrine et la foi des Apôtres ; ensuite il va à Jérusalem , ainsi qu'il le raconte lui-même, pour voir Pierre ; c'était k la fois son droit et son devoir, ooinme collège de Pierre dans le ministère de la prédiqatiim du mène Êvan^^e ; ea0 fes fidàles sans dôme n'auraient pas vu avec tant d*é-f tonnamânl le penéeuteur deveÎMi prédicateur, s'il eût piiâehé un Enangile contmire au leiir ; ils n'auraient pas non plus^glorifié Dieu de ce que son ennemi Pàul Matt venu parmi eux ; ils ne lui auraient pas donné la main en signe d'amitié , d union et de conformité de sentiments : et s'ils partagèrent les fonctions dn nnnisière entre Pierre et Paul , ce n'était pas que les deux Apôtres dussent prêcher deux Evangiles différents , mais pour qu'ils préçhasseni; le même à dilférents peuples, Pierre aux ini£iy>Panl am

tmiTiH^LiKf. 111

GeaAÎls/ An reste , si Pierre a cté repris de oe qn*iyji| . aybiic Gentils » il $'ei| «éparait par teft|M9pf

himmia » t'était vtûp f^ùtb , ie .conduite i et |AS une^ erreur ikna reoseigoogieat de Ja.(el ^ tC9muaoçA4\ pas UD antre Dîen qoe^le Gréataor » tro antre Christ que le Fils de Marie , une autre espérance que la résurrection .

XXIV. Je n'aspire pas assurémeut à la «gloire , pour parler plus juste, je n*aurai pas la tém évité de faire combattre ensemble deux Apôtres : mais cotoinc nos adverfipirea ne nous objectent cette réprimande de Baul qua* pour rendre, suspecte la doctrine de Pierre, je répondrai pour celui-ci que Paul lui-même a di^ qu'il s^était fait tour k tour iuif pour les Juifs , Geajtil |Nm ka GaiitilSf/afifi;d9 ks gagner tous. Aiii9Î< lé^ Ap&ivs» en ëgafdlanz moébt aux cjrcanstânces de» temps et des penpoBes, Uàmaiciit certaines choses qu*ils feisaieat eux-mêmes dan» des ctrconstanccs diiiérentes. Pierre aurait pu reprendre à son tour Paul de ce que défendant la circoncision, il avait cependant fait circoncire Timothée. C'est à ceux qui jugent les Apôtres à peser toutes ces considérations : du moins en accordera que Pierre et Paul furent réunis daos iaïaar-o tyiie. Qufli^iae Pau^ , ravi au -tioîsièneciel , y aitappriade . grands inystèras, cela n'a pu apporter de changement dans la'prëdication , puisqu'ils étaient de nature it n tearéféléto à peraoïlnê; SI cependant ils sont irenui^ à la comumaaoa de quelcpi un , et que lés hëréliques se vantent de les souh tenir, il faut ansdr qu'ils conviennent que Paul a violé le secret , ou qu'ils nous fassent voir quclqu autre , ravi au ciel depuis j qui ait eu permission de publier ce qu'il était ordonné a Paul de (aire.

XXY. Mais, comme nous l'avons dit, c'est une égale folie , en avcoiant que les Apôtres n'ont rien ignoré , et i|n*ik n'ont pas préchi» de doctrines opposées, de prétendre cQ|iendanti|u*ils n ont pa^ communiqué à tona-lautee qn'ii» savaient ^ n)àis qu'ils ont! enseigné publiquement œrtainea choses, età^ut le mondes eld'autfes en secret, 'et à.nh

lit TERTOLItlEI^. ,

ff^t nombre de.persoanes seulement. On se fonde sur ce que Paul dit à Timotbée : « Gardez le dépol^» et ailleurs : ru Gardez le précieux dépôt. » Mais quel est ce dépôt secret quQD ptéleod renfetmerÀne doctrine npiiyéiie? Est-ce le pr^^te dont il'dit-: i(. Je tous reoommaDde ce précepte, « mon fils Ttmolhée *, » ou cet autre dont il parle ea ces ter-' mes : « Je ywh reèonmiande devant Dieu , qui donné la Vie « à tons, et devant Jésus-Christ, qui a rendu sous Ponce* « Pilate un témoignage éclatant à la vérité , de garder ce « précepte? » Mais quel est donc ce précepte? quelle est cette recommandation ? Tl est alst dv voir, par ce qui précède et ce qui suit, qu'il ne s agit nullement de je ne sais ^elle doctrine csKîhée \ que TApâtre insiste au contraire sur Tobligatioi^dc n'en pas recevoir d'autre que-celle qu*ii avait af^ise à son' disciple , et sans doute en public , eu prësenoed'un grand nombre de témoins, dil-it. Peu nous importe que, seboa nos adversaires, il< n^entende point rC^lise par oe grand nombre de témoins : il nous suffit que ce qui se dit deyant un grand nombre de témoins n'est rien moins que secret» Et quaiu! l-aul recommande à 1 imoihée de confier ce qu'il a entendu de lui h des hommes , fidèles , et capables d'en enseigner les autres , il ne saurait non plus dé^i(;^c^ |kar là un Evangile secret ; car, lorsqu'il dit œux-ci, il parle des enseignemçnts qu'il donne dan§ le moment ; s'il avait parlé d'enseignements secrets, dont il ne parlait pas , et comme étant confiés à leur a>nscience, il n aurait pas dît ceuxHd, mais ceux^.

XXVl. Du resté, ce n*est pas sans mison qu'il avertit eeuk à qui il confie le ministère de l'£vaiigile , de s'en acquitter avec discernement et avec prudence , pour ne pas donner, selon la parole de Jésus -Christ, les choses saintes aux chiens, et jeter les perles devant les pourceaux. Jésus -Christ parlait en public, et n'a jamais demandé qu'on tînt secret aucun article de sa doctrine. Il disait au contraire a ses disciples : « Ce que vous entendez eu par* « liculier et dan» . les ténèln^précbez-le au grand jour et

TMIULLIEN. 113

« 5iir IfiS-loits. » U donnait à entendre la même chose dans one paralwle , en disant qu'il ne fallait pas enfonir une

mine , c'est-à-dire cacher sa parole , au lieu de lui faire porter du Iruit. Il remarquait qu'où ne mettait point la lumière sous le Ijoisseau, mais sur le chandelier, pour éclairer toute la maison. Les Apôîres n'auraient point entendu tout cela, ou n'en auraient tenu aucun compte, s'il était vrai qu'ils eussent caché une partie de la lumière, (^tt^èrdjie de la parole de Dieu et de l'Évangile, lis ne reoôutaient ni la fureur des Juifs ni celle des païens. Et comment n'eussent*ils pas parlé librement dans l'Église , tandis quHIs parlaient avec tant de hardiesse au milieu j^^m^gûgues et dans tous les lieux puhlîcs? Jamais ils n^iuraient converti les Juifs ni persuadé les païens, s'ils ne leur eussent explique avec ordre et avec clarté la religion qu'ils leur annonçaient. On n'imaginera pas non plus qu'ils aient caché aux Églises qui croyaient déjà , les dogmes qu'ils confiaient en secret à un petit nombre de pei^sonnes. Quand même ils auraient tenu des conférences |l|ifticulières sur la foi , il est contre toute vraisemblance quW y enseignât un symbole de foi différent de celui qu'ils avaient enseigné publiquement; qu'ils annon^ssent iiplKiBU dans TÉglise , et un antre Dieu dans les maisons ; un Christ en public , et un autre Christ en secret; une résunccdoii pour la multitude, et une résurrection particulière pour quelques personnes choisies. Les Apôtres, dans leurs Épîtres, ne reœmmandent-ils pas instamment aux fidèles de tenir tous un seul et même langage, sans ^ûofii^r. jamais de schisme ni de division , parce que tous IfMf jpj^iî^tres de l'Évangile, soit Paul ou tout autre, enseignaient absolument Ifi même doctrine ? Ils se souvenaient du ff^pte de leur divin midtre : « Dites, cela est, cela M i^*est pas, oui ou non ; ce que vous ajouteriez de plus vient « H^iim mauvais principe. i> Il voulait qu'il régnât une permute uniformité dans leur enseignement.

XXVll. 11 n est doue pas croyable que les Apôtres aient

114 ÏKEÏiJiXIEN.

Ignore quelque chose *j[e là plâiitVHÎe ^e \b doctrine quifè

étaient chargés de prêcher. Mais peut-être que les Églises ne Tauiout pas enteuduc ; car il n'est point de chicanes auxquelles nous ne soyons t x|)osés de îa part des hérétiques. II est certain , disent-ils, que les Églises ont élé reprises par l'Apolre. « 0 Galates insensés ! s'écrie-t-il, qui vous a donc « aveuglés ?. . . Vous couriez si bieo, qui vous a arrêtés ?. . . 9 Et dès le début de Tépître : « Je m*étOQne que vom ayez « abandonné si toi celui qui vous a appelés à sa grâce, ppiir « suivre un autre évangile ! » Il écrit aux Gorinthiens!» outils sont encore charnels ; quec'est pour cela qu'il ne leur donne que du lait, et qu'îk^ne sont pas en état de prendre une nourriture solide ; quiAs se flattent de savoir quelque chose , tandis qu'ils ne savent pas même comment il faut savoir. Nous convenons que ces Eglises ont élé reprises : mais n'y a-t-il pas lieu de présumer qu'elles se sont corrigées ? D'ailleurs, nous les voyons aujourd'hui unies de communion avec les Églises dont l'Apotre loue la foi, la science et la conduite, et pour lesquelles il rend grâces h Dieu.

XXViil. Supposons, si vous voulez , que toutes les £gliâeft 9e soient trompées ; que TApdtre lui-même se soit trompé en leur rendant témoignage ; que le Saint-Esprit n ait eu soin d'instruire de la vérité aucune des ï^ises , lui que Jésus-Christ avait envoyé, avait demamlé à son Père pour être le docteur de la vérité; supposons que le ministre de Dieu, le vicaire de Jésus-Christ, ait oublié totalement les fonctions qu'il avait à remplir, laissiint les Eglises cn>ire et entendre tout autre chose que ce qu'il avait enseigné luimême par lorgane des Apôtres , est-il vraisemblable que tant et de si nombreuses Églises se soient réunies pour lA même erreur ? Où doit se rencontrer une diyeîp^ité si pté^digieuse , la parfaite uniformité ne saurait ré^à^f remùlr aurait nécessairement varié* Non , ce qui se trouve le même parmi un très -grand nombre n^est point erreur, mais tradition. Qu'on ose donc soutenir qu'ils ont erré ceux qui ont transmis la fin !

XXIX. Maïs de quelijùe part que vienne Terreur, elle ai8>^ r<^ë jusqu'à ce qu'elle ait été détruite par l'héré- ^•'tif ymte attendait donc que les Marcionitesét lesYalentiniens vinssent la délivrer! Cependant on prêchait mal, on croyait mal , tant de milliers de milliers d'hommes étaient mal baptises, tant d'œuvrcs de foi mal faites, tant de prodiges mal opérés, tant de dons surnaturels mal conférés, tant de sacerdoces et de ministères mal exercés , tant de marlvres enfin mal couronnés! Et si ce n'était ni mal ni en vain , comment pouvait-il y avoir une reli(^ion , un culte de Dieu avant que Dieu fût connu des Chrétiens, avant qu'on eût trouvé le Christ? Comment l'hérésie existait-elle avant la véritable doctrine , puisqu'en toutes dioBes la, vérité précède l'image , l'ombre suit le corps ? MMI^^iëllMé abstirdité de prétendre que Thérésie est antérieure k la véritable doctrine qui nous a annoncé qu'il y aurait des hérésies, et qui nous avertit de les éviter! C'est à PÉglise, dépositaire de cette doctrine, qu'il est dit, ou plul6t c'est cette doctrine même qui dit à rÉ(^lise : « Si un « ange vient du ciel vous annoncer un autre Évangile que « celui que je vous ai annoncé, qu'il soitanathème. n

. XXX. Où était alors Marcion, ce pilote du Pont-Euxin , éé Mk)lci6n zélé? Où était Yalentin le platonicien? Car il efl^bliyM^^Hls vivaient, il n'y a pas long-temps, sous AntâMfey iitttfiiw professèrent la doctrine catholique dans l'Ë- ^Mf^Aimln sous le pontificat du bienheureux Ëleuthère, jusqu'à^cfe qtw leur caractère inquiet et leurs opinions, qui séduisaient les fidèles, les fissent chasser de l'Eglise par deux fois l'un et l'autre , et Marcion même , avec deux cents sesterces qu'il avait apprtés. Depuis ce moment , ils répandirent plus que jamais le venin de leurs hérésies. £^pî^^ Marcion ayant abjuré ses erreurs, on consentit à lui donner la palÉ, sous la condition, qu'il accepta, de ramener à rÉglise ceux qu'il lui avait enlevés : mais la mort ne lui àû rnÈBà pas le temps. Il (allait, nous le répétons, qu'il y ëttt des hérésies. Ce n*est pas à dire pour cela que llié-

416 TËRTULLIEN*

résîe soit un bien, comme s'il ne fallait pas qu'il y eût aussi du mal. Eh! n'a-t-il pas fallu que Notre-Seigneur fût trahi? Cependant malheur au traître! Qu'on n'essaie donc pas de justifier par là l'hérésie. Pour en venir à Apelle, il est encore plus jooderae que Marciou, qui fut son mai* tre. Ayant eu commerce avec une femme , au mépris de la continence marcionienne, et ne pouvant pas soutenir les regards de son saint maître, il s enfuit à Alexandrie. De retour quelques années après, sans s^étre corrigé, à celft près qu'il n était plus marcionite, il se laissa sédui^ par une autre femme. Cest cette Phîlumène dont nous avons déjà parlé, qui devint ensuite une infâme courtisane. Elle Tobséda h un tel puiat, qu il écrivit sous sa dictée des révélations. 11 y a encore des gens qui S€ souviennent d'avoir vu ces personnages : nous voyons même à présent leurs disciples et leurs successeurs^ de sorte qu'il n'est pas pQSrsibled'en imposer sur le temps où ils ont vécu. ^^^'PffljfJ^ comme dit Notr&-Seigneur, « ibse font assez conn^^jR|!^ « leurs œuvres : » puisque Ifarcion a séparé le Nouveau- Testament de TAncien, il est postérieur à ce qu^il a séparé, et qui était par conséquent uni avant la séparation, comme avant celui qui Ta faite. De même Yalentin, qui ne se contente pas d'interpréter singulièrement les Écritures, mais qui prétend les corriger, sous prétexte qu'elles étaient autrefois corrompues, reconnaîi donc par là qu'elles existaient avant lui. Je ne nomme que ceux-ci, con^ne les plus insignes faussaires: quant à un certain Nigidius, à Hermogèae et à tant d'autres, dont 1 occupation unique est de pervertir les voies de Dieu, qu'ils produisent les titres de leur mission. S'ils prêchent un autre dieu que lendtre, comment peuvent-ils se servir contre celui-ci de son nom et de ses Èkaiturês? Si c'est le même, pourquoi le préchent-ils autrement? Qu'ils prouvent donc qu'ils sont de nouveaux apôtres , que Jésus-Christ est descendu une se^ conde fois sur la terre , qu'il a de nouveau enseigné; que de nouveau il a été crucifié, qu'il est mort et ressuscité^

TERtULUEN.

que, de plus, il leur a communiqué le pouvoir d opérer Içs mêmes prodiges que lui-même. C'est à ces traits que nous reconnaissons les vrais Àpdtres de JésufrChrist* Mais je ne dois pas taire les prodiges de ces uouveausL apdtres, malheureux imitateurs des Apôtres de Jésus-Christ : ceux-ci rendaient la vie aux morts, et les autres donnent la mort aux vivants.

XXXI. Revenons a ce principe, que la vérité a existé des le commencement, et que Terreur n'est venne qu'après. Dieu sème d'abord le bon grain, et le démon, son ennemi, vient ensuite y mêler de l'ivraie. Cette parabole désigne manifestement des doctrines opposées. La parole de Dieu, dans le même chapitre, est appelée semence; il sufiil donc de faire attention à TcHidre des temps pour conclure que ce <pii a été enseigné d*ahord est vrai et divin 9 et que ce quia été ajouté depuis est faux et étranger. Voilà ce qui confondra à jamais toutes les hérésies modernes, dont aucune ne saurait se répondre à elle-même qu^elle a la vérité de son côté.

XXXn. Au reste , si quelques-unes de ces sectes osent se dire contemporaines des Ap6tres , pour paraître venir des Apôtres, faites^nous donc voir, leur répondrons--nous, Forigine de vos églises, Tordre et la succession de vos évéques, en sorte que vous remontiez jusqu'aux Apôtres ou jusqu'à Tun de ces hommes apostoliques , qui ont persévéré jusqu'à la fin dans la communion des Apôtres ; car c^est ainsi que les Églises vraiment apostoliques justifient qu'elles le sont. Ainsi rÉglise de Smyrne montre Polycarpe, que Jean lui a donné pour é\ i que • et rÉfjlise de Rome, Clément, ordonné par Pierre, l'outes nous montrent de même ceux que les Apôtres ont établis leurs évêques, et par le canal de qui elles ont reçu la doctrine apostolique. Que les hérétiques inventent du moins quelque chose de semblable. Après tant de blasphèmes, tout leur est permis; mais ils auront beau inventer, ils ne gagneront rien , car leur doctrine, rapprochée de celle des Apôtres , prouve assez ^

^18 XERTLLLIEN.

par son opposidoD, qu'elle n'a pour auteur ni un Apétreni un homme apostolique. Les Apôtres n'ont pu être opposes Tun à TauCre dans leur enseignement; les hommes apostoliques n'ont pu l'être aux Apôtres, si vous exceptez ceux qui les ont abandonnés. Oui, que les hérétiques nioiUrent la conformité de leur doctrine à la doctrine apostolique 5 c'est le défi que leur font ces Éf^lîses trop mock rin s pour avoir pu être fondées par les A|x)(i es ou par leurs successeurs immédiats, ou qui même s'établissent tous les jours; mais, comme elles professent la même foi, elles n*en sont pas moins regardées comme apostoliques, à cause de la consanguinité de la doctrine. Toutes les hérésies sont donc sommées par nos Églises de justifier, par leur doctrine ou par leur origine, qu'elles sont apostoliques, comme elles le prétendent; mais elles ne sauraient justifier ce qui n'est point. La différence de leur doctrine démontre au contraire qu'elles ne sont rien moins qu'apostoliques . c'est pourquoi aucune Eglise apostolique ne les reçoit à la paix et h la communion.

XXXlIi. Je vais maintenant passer en revue leur doctrine, qui remonte au temps des Apôtres, puisque les Apôtres Tavaient découverte et anathématisée. Pourrontelles échapper à leur condamnation, après qu'elles seront convaincues, ou d'avoir existé dèfr-lors, ou du moins de sortir des hérésies qui existaient dèfr-lors? Paul, dans sa première Ëpttre aux Corinthiens, condamne les hérétiques qui nient ou révoquent en doute la résurrection. C'était l'erreur des Saducéens, adoptée en partie par Marcion, Apelle, Vaientia, et les autres qui rejettent la résurrection des corps. Dans l'Epître aux Galates, il s'élève contre les observateurs et les partisans de la circoncision et de la loi : c'est l'hérésie d'Ëbion. Instruisant Ximothée, il censure ceux qui défendent le mariage : Marcion et son disciple Apelle le défendent. Il reprend aussi les sectaires qui soutiennent que la résurrection est déjà laite : les Yaleii' • tiniens l'assurent .par rapport à eux. Lorsqu'il parle de gé«

TmXULLlËN. 11^1

liéalogies stns fin , on reoonnait anssit^ Yalentin. Saîyant Ifiî , UD je ne 'sais quel Èon, à qui il donne un nom bizarre,

et même plusieurs noms, engendre de sa Grâce le Sens et la Vérité j le Sens et la Vérité engendrent le Verbe et la Vie, qui engendrent rHomme et l'Eglise. Voilà la première huitaine d'Eons , dont naquirent dix autres Eons , et enfin douze, appelés des noms les plus singuliers, pour complé- ^ la fablê,d^ {trente £ons. L'Apotre, blâmant ceux qui mBiTCntW coite aux éléments» désigne Hermoeène, Imaeinant une matière éternelle qu il met en parallèle avec l^j^i^'^é^r^cl) et qu^il fait la mère et la déesse des élé- ■ienii: if nW pas étonnant, après cela, qu^il lui rende ^ipi uot culte. Jean , dans 1 Apocalypse , menace ceux qui mimgen^lftés viandes ofierles aux idoles, et qui s'abandonnent à rimpurelé. Il y a actuellement encore d'autres Nicolaïtes, qu'on appelle Caïniens-, et, dans sesÉpîlres, il traite d'anlechrist quiconque nie que Jésus-Christ se soit incamé, et ne le reconnaît pas pour le Fils de Dieu. MarcîcMci sotuient kl première erreur, Ëbion la seconde. L'Antire Pi(^^ regardait comme une espèce d^idolâtrie, et

^^'jKÎami» Simon, la magie qui rend un culte aux

""^XIV. Voilà , ce me semble , les différentes sortes de fe wes doctrines qui étaient déjli connues du temps des Apôtres, comme les Apôtres eux-mêmes nous rapprennent. Cependant, parmi tant de diversités de sectes, il n'en est pas une qui ait osé s'attaquer au Dieu créateur de Tunivers. Personne n'avait osé soupçonner même un autre dieu \ c'était plutôt sur le Fils que sur le Père qu'on se permettait des doutes , jusqu'à ce que Marcion, outre le Créateur, imaginât un autre dieu, qui est le bon principe*, jusqù^à ce qu'Apelle soutînt que le Créateur était un ange do soùVèrain Dieu, d'une substance ignée, le dieu de la loi et des Juifs; jusqu^à ce que Yalentin semât, pour ainsi dilB^ ses Éons, et fît naître le dieu créateur de la substance dâectaéiise.d*un d'entre eux. C'est à eux et à eux seuls

no TERTULUEN.

qu ont été révélé<5 les mystères de la divinité. Le démon, qui voulut se faire le rival de Dieu, les a éclairés au point que, contre la parole du Sauveur, il a rendu les disciples plus savants que le maître dans ces sciences empoisonnées. Que les hérésies choisissent donc les temps auxquels elles voudront rapporter leur origine , il n^importe , puisque jamais elles ne pix)uveront qu'elles vienhent de la Térité. • D*abord, celles dont les Apôtres n'ont point parlé n'étaient pas de leur temps , autrwent ils n'eussent pas manqué d'en faire mention pour les condamner; et celles qui étaient de leur temps, ils les ont en effet condamnées. Soit que les hérésies de nos jours soient les mêmes pour le fond, mais seulement plus polies et plus ralEnëes, elles se voient dès les temps a|)ostoliques frappées d'anathème; soit qu elles n'aient iait qu'emprunter quelques dogmes à ces anciennes sectes , dès qu'elles partagent leur doc^ trine, elles doivent aussi partager leur condamnation. Quant aux hérésies qui n'aiuraient rien de commun avec celles qui ont été déjà proscrites» leur nouveauté seule fait leur condamnation. C'est ici qu'a lieu l'argument invincible de prescription : dès que les Apôtres n'en ont point parlé , elles sont indubitablement* fausses , et du nombre des erreurs que les Apôtres ont prédites.

XXXV. Par cet argument nous écarions, nous confondons loiJtfs loi; hérésies, soit postérieures aux A|Kj[res, soit conleujporaines même des Apôtres, dès-lh qu'elles ne s'accordent pas avec la doctrine des Apôtres, dès-là que les Apôtres les ont désignées et condamnées , ou nommément, ou autrement. Qu'elles répondent enfin , quelles opposent aussi la prescripdon à notre doctrine. Si elles nient que notre doctrine soit véritable , qu'elles le prouvent comme nous l'avons prouvé de la leur j qu'elles nous apprennent donc où il faut aller chercher la vérité, puisqu'il est constant qu'elles ne se trouve pas chez elles. Notre docirinc est la plus ancienne de toutes^ elle est donc la véritable; la vérité est la première partout. Les A^H>ires , loin de con-

TERTULLIEN. m

damner notre doctrine , la soutiennent; car ne la condara- Daat point, après avoir condamné toute doctrine étrangère, ils témoignent assez quils la soutiennent, parce qu'ils la regardent comme leur propre doctrine.

XXXVL Mais voulez^vous satisfaire une louable curio* eitë , qui a pour objet le salut, parcourez les Églises aposto* liqueS) où président enonre, et dans les mêmes places, les chaires des Àpdtres ; oîi, lorsque vous écouterez la lecture de leurs lettres originales, vous croirez voir leurs visages, vous croirez entendre leur voix. Êtes- vous près de TAchaïe, vous avez Corinihe^ de la Macédoine , vous avez Philippcs et Thessalonique. Passez- vous en Asie, vous avez Ëphèse j êtes-vous sur les frontières de TltaUe, vous avez Borne, à Tautorité de qui nous sommes aussi à portée de recourir. Heureuse Église,^ dans le sein de laquelle les Apôtres ont répandu toute leur doctrine avec lenr sang , oà Pierre est crucifié comme son maître, oà Paul est oou-: ronné comme Jean-Baptiste , d*où Jean rËvangéliste, sord de Thuile bouillante sain et sauf, est relégué dans une île ! Voyons donc ce qu'a appris et ce qu enseigne Kome, et en quoi elle communique particulièrement avec les Eglises d Afrique. Elle croit en un seul Dieu créateur de Tunivers, en Jésus-Christ son Fils, né de la vierge Marie; elle cooifesse la résurrection de la chair *, elle reçoit, avec la loi et les prophètes, les Évangiles et les lettres des Apôtres» Yoilà les sources où elle puise sa foi. Elle fait renaître ses enfants dans Teau, elle les revêt du Saint-Esprit, elle les nourrit de TEucharistie, les eiborte au martyre, et.rej jette quiconque ne professe pas cette doctrine. C'est cette doctrine, je ne dib plus qui nous annonçait des hérésies pour les temps à venir, mais de qui elles sont sorties. 11 est vrai que du moment qu'elles se sont élevées contre elle, elles ne lui appartiennent plus. Du noyau d'un fruit doux et nécessaire, de Tolive, des grain^ de la figue la plus exquise, viennent des plantes trompeuses et stériles, des oliviers et des figuiers^ sauvages^ de même les hérésies,

m TERTULUEN.

quoique nëes dans notre fonds, nous sont absolument étrangères : la semence de la vérité a dégénéré chez elles , et le mensonge en a fait comme autant de plantes sauvages.

XXXVII. S'il est certain que la vérité ne peut se trouver que du coté de ceux qui suivent religieusement la règle de foi donnée à TEglise par les Apôtres , aux Apotnes par Jésus- Christ , à Jésus-Christ par Dieu même , nous sommes donc fondés à soutenir que les hérétiques ne doivent pas être admis à disputer sur les Écritures, puisque nous prouvons, sans le secours des Ecritures, qu'ils sont absolument étrangers aux Écritures : car ils ne sauraient être Chrétiens dès-lors qu'ils sont hérétiques, et qu'ils ne tiennent pas de Jésus-Christ ce qu'ils ont choisi de leur autorité privée, et comme hérétiques. Or, n'étant pas Chrétiens, ils n'ont aucun droit aux Écritures des Chrétiens. Qui êtes-vous ? peut leur dire l'Église ^ depuis quand et d'où êtes-vous venus? que faites-vous chez moi, n'étant pas des miens? à quel titre , Marcion , coupez-vous ma forêt ? qui vous a permis , Valentin , de détourner mes canaux ? qui vous autorise, Apelle, h ébranler mes bornes? comment osezvous semer et vivre ici à discrétion ? c'est mon bien ^ je suis en possession depuis long-temps, je suis en possession la première ^ je descends des anciens possesseurs , et je prouve ma descendance par des litres authentiques -, je suis héritière des Apôtres, et je jouis conformément aux dispositions de leur testament , aux charges des fidéicommis, au serment que j'ai prêté : pour vous, ils vous ont renoncés et déshérités, comme étrangers et comme ennemis. Mais pourquoi les hérétiques sont -ils étrangers et ennemis des Apôtres? parce que la doctrine que chacun d'eux a inventée , ou adoptée suivant son caprice , est directement opposée a la doctrine des Apôtres. ^

XXXVIII. Mais où l'on remarque cette opposition, la Joît se trouver sans doute l'altération des Écritures. Ceux qui ont formé le projet de changer l'enseignement , se sont vus forcés d'en changer aussi les sources. Eh ! comment inlro-

duire une nouvelle doctrine, sans avoir de quoi la fonder ? Mais comme la corruption de la doctrine supposait déjà celle des livres dépositaires de la doctrine , nous ne pouvions non plus la conserver pure et saine sans conserver ces livres dans toute leur intégrité. Nos Écritures auraientelles donc contenu quelque chose qui nous fût contraire? Aurions-nous eu besoin , pour nous en débarrasser , pour établir des systèmes qu'elles renversaient, de changer, de tronquer, d'interpoler? Ce que nous sommes, les Écritures Je sont, et dès leur origine. Nous sommes Chrétiens par elles, avant qu'il y eût rien qui nous fût contraire, avant que vous eussiez pu les altérer. Toute altération a pour principe la haine et l'envie , nécessairement postérieures et étrangères à l'objet altéré. Ainsi , un homme sensé ne pourra jamais se persuader que nous, qui sommes nés avec les Écritures , nous les ayons corrompues plutôt que leurs CDDemis, qui sont venus après elles. L'un, en cfifet, a corrompu le texte, l'autre le sens. Et bien que Valentin semble recevoir l'Ancien-Testament tout entier, dans le fond il n'est pas moins ennemi de la vérité que Marcion : il est plus artificieux. Marcion, le fer à la main au lieu du stylet, a mis eu pièces toutes les Écritures, pour donner du poids à son système. Valentin a eu l'air de les épargner, et de chercher moins à les accommoder h ses erreurs, qu'a concilier ses erreurs avec elles ; et cependant il a plus retranché , plus interpolé que Marcion , en otant à tous les mots leur énergie et leur signification naturelle , pour leur donner des sens forcés, et en imaginant tous ces êtres invisibles et fantastiques. '

XXXIX. Ce sont là les esprits pervers avec qui nous avons a combattre , que nous devons par conséquent connaître : ils sont nécessaires à la foi , pour faire le discernement des élus et des réprouvés. C'est pour celte raison qu'ils ont tant de talent et de facilité |X)ur imaginer et construire l'édifice de leurs hérésies. Au reste, il n'y a rien là d'étonnant et de singulier, puisque nous voyons

124 T£EÏULU£N.

qn\)ti âre des livres pi^o&nes à peu près le même parti quHls tirent de nos Écritures. Ne vîent-on pas de trouver

dans la fable de Virgile une antre fable, en adaptant le sujet aux vers, les vers au sujei i- liosidius Géta n*a-t-il pas emprunté de Virgile sa tragédie de Médée tout entière ? J'ai un parent qui s'est amusé a chercher dans le même poète l'explication du tableau de Cébès. Les Centons d'Homère ne sont autre chose que des poèmes composés de vers * d*Homère, pris de différents endroits, qu*on a su réunir * eh un corps. Les Écritures divines offrent un champ bien plus vaste pour toutes sortes de sujets. Aussi , je ne crains pas d'avancer que c'est par une permission particulière de Dieu qu'elles ont été composées de manière que les héré* tiques pussent y trouver la matière de toutes leurs erreurs: nous y lisons qu il faiu (|u'il y ait des hérésies, et il ne peut y avoir d'hcrësies sans h s Ecritures.

XL. Si Ton demaiulr qui inspire les hérésiarques, je répondrai que c'est le démon , dont Toflice est de dérober aux hommes la vérité, et qui prend à tâche dUmiter dans les mystères des feux dieux les saintes cérémonies de la religion chrétienne. 11 plonge aussi dans Teau ses adorateurs , et leur fait croire qu'ils trouveront dans ce bain l'expiation de leurs crimes; il marque au front les soldats de Mithra lorsqu'on les initie ; il célâbre l'otilation du pain \ il offre une image de la résurrection , et présente à la fois là couronne et le glaive ^ il défend à son souverain pontife les secondes noces ; il a même ses vierges. Au reste , si nous examinons les superstitions que Numa a instituées , les fonctions des prêtres , leurs ornements, leurs privilèges , les cérémonies , les vases, et généralement tout ce qui est nécessaire pour les sacrifices 9 ce qui regarde les expiations et les vœux, nous ne pourrons douter que le démon n'ait voulu copier les rites de la loi mosaïque. Or» celui qui a affecté d'appliquer au culte des idoles tout ce que nous pratiquons dans la célébration de nos mystères > n'a pas manqué de &ire aussi servir nos livres saints à ëtâblir une

TERTLLLIEiN.

doctrine sacrilège et eonemie de la nkte : il û fan oela, altéré et le aens, et les termes, et les figures, destdoîici cettain qae c'est le démoa qui a insfaré tous les hérésiarques , et que Thérésie ne diflEère pas au fond de Tidolâlrie ,

puisqu'elles ont le même auteur qui les a formées toutes les deux sur le même dessin. Si toutes les hérésies ne suppiiseiit pas un dieu ennemi du Créateur, du aïoins elles représentent celui-ci tout autre qu'il n'est. Or, tout mensoufre , toute fausseté qui a poui* objet la Divinité 9 est uxie espèce d'idolâtrie.

XL!. Je ne dois pas omettre de décrire ici la conduit^ des hérétiques 9 cooibieD elle est frivole » terreMrO) hnmaioe, sans gravité, sans auloriléy sans discipline , parfa^t^pMll^l^^tîe h leur fiii* On ne sait qui eal catiécho-* mène, qui est fidèle ; ib entrent » ils écoutent , ils prient péle-méle 9 et même avec des païens , 8*il s^en présente : ils ne se font pas scrupule de donner les choses saintes aux chiens , et de semer des perles (fausses , a la vérité) devant les pourceaux. Le renversement de toute discipline , ils l'appellent simpliciié , droiture ^ et noire attachement à la discipline, ils le traitent d'aiiéctation. Ils donnent la paix à loiu le monde indifieremment. Opposés les ans aiu antres i}aim Jenr mpskce , tout leur est égal , pourra qu'ils se réonissent pour triompher de la vérité. Tous sont enfilés 4!4ir8Wl;y tous pranettent la science. JLes catédliumènei soot parfoits ^ avant qne d'être instroits. Et leurs femmes^ que ne se permettent-elles pas? elles osent dogmatiser, disputer, exorciser, promettre des guérisons, peut-être haptiser. Leurs ordiuations se font au hasard , par caprice et sans suite. Tantôt ils élèvent des néopliytes , tantôt des hommes engagés dans le siècle , tantôt même nos apostats, pour s'attacher par l'ambition ceux qu'ils ne peuvent retenir par la vérité. Nulle part on n'avance , comme dans le camp des rebelles où la rébellion tieni lieu de méril«[« Aussi ont-ils aujourd'hui un évéque, et demain un antres oelni qui est diacre aujourd'hui , sera demain lecteur \ le

né TERTULLIËN.

préirë itsâeviebdira laïque, car ils chargeât les laïques des fonctions sacerdotales.

XL1I. Que pourrai^je dire de leur prédication? Ils n*ûni

point à cœur de convertir les païens, mais de pervertir nos fidèles-, ils inciiciit leur gloire à renverser ceux qui sont debout, au lieu de relever ceux qui sont tombés. Je ne m'en étonne pas; ils ne peuvent s'élever cux-iucmes que sur les débi isde la vérité ; c'est pourquoi Ils s'efforcent de faire crouler notre Eglise pour bâtir la leur. Otez-leur la loi de Moïse , les prophètes, le Dieu créateur, vous leur fermez la bouche : ils n'entendent rien à édifier « leur uilicpie talent est de détruire ; ce n'est que dans cette vue qtt'ib sont flatteurs ^ humbles et soumis. Bu reste, ib ne connaissent pas le respect , même pour leurs préposés; et c'est pour cette raison qu'il n'y a guère de schisme parmi eux. On ne le remarque point; le schisme poureUk est l'unité : sans cesse ils varient, ils s'écartent de leurs propres règles. Chacun tourne à sa fantaisie la doctrine qu'on lui a enseignée, comme celui de qui i I l'a reçue l'avait inventée à sa fantaisie. L'hérésie, dans ses prom'ès, ne dément point sa nature et son origine. Les Valentiniens et les MareioDitesont autant de droit d'innover à leur gré dans la reU«»' giott, que Yalentin et Marcion. Toutes les hérésies, si on ks examine à fond, s'éioigfnent en bien des points des sen-^ timents de llenrs auteurs. La plupart des hérélîqueif n*onC pas même d'4%liM8^ ils sont emm» ec tagabonda, sAns mère , sans foi , sans feu ni lien.

XLIll. Ils sont encore décriés par le commerce qu'ils ont avec les magiciens , les charlatans, les astrologues, les philosophes , tous f^ens d'une curiosité effrénée. Ils n'oublient jamais ces paroles : « Cherchez, et vous trouverez.)» . Par leurs mœurs, on peut juger de leur foi. Ils assurent qu'on ne doit pas craindre Dieu t aussi viventrils dans la phis grande licence. Mais où ne craint-on pas Dieu, si-ncm là oh il n'est point? Où Dieu n'est point, la vérité B*e6t pas nota plus; et oti la vérité n'est pas , on doit yoit

Diyuizeo by

TERTIj JULIEN. 127

de «eiieft sectes. Où IMea est , aa contraire , Ui se trouTé la crainte de Dieu , qui est le bommencement de la sagesse; est la crainte de Bien, ise trouvent llionnéte pmiiiy Texactitude scrupuleuse , le soin vigilant , le choix éclairé, la communication réfléchie, rélévation méritée, h soumission religieuse, le service fidèle, la modestie en public, une Église unie, et Dieu partout.

^ XLIV. Cette ferme et vertueuse discij^line est une dernière preuve de la vérité de notre croyance. On demeurera invlolablcment attaché à cette croyance, si Ion se souvient du j u^^ement futur, où nous oomparaîurons tous au pied du tribunal de Jésus^Ghrist, pour y rendre compte de toiit, et en particulier de notre foi.. Que répondrez-vous alors, vous ^^îmrez souillé par le commerce adultère de Thétéitt'cetcè foi vierge que Jésus-Ghrist vous avait confiée ? DSlW' ^oîoé; pour votte excuser, que ni lui ni ses Apôtres n'avaient annoncé ces doctrines perverses pour les derniers temps, et ne vous avaient ordonné de les fuir et de les détester? Reconnaissez de bonne foi que vous ne pouvez vous en prendre qu'à vons-nit5ines, et nuUementà ceux qui vous avaient prévenus si iong-temps auparavant. Mais vous ne manquerez pas de prétextes pour relever I autorité des docteure de Thérésie. Ils avaient donné, direz-vous, les plus éclatantes preuves de leur mission \ ib avaient gnéHM niÙàdes , ressuscité les morts , prédit Tavenir, en sivtë qu'on ne pouvait douter que ce ne fussent de vrais ÂpâiK^.;CSômnciè s'il n'était pas écrit qu'il viendrait plusièéiifÀ^sédiMÀeurs qui feraient des prodiges pour prouver une doctrine fausse et pernicieuse. Apparemment que vous obtiendrez grâce, tandis que ceux qui se seront souvenu des oracles du Seigneur et de ses Apôtres , et qui auront persévéré dans la foi orthodoxe, courront risque de leur salut. J avais annoncé, il est vrai, leur dira le Seignenr, qu'il viendrait des maîtres du mensonge en mon nom, au nom de mes Prophètes et de mes Apotl«8* J'avais ordonné à mes disciples de répéter les mêmes' prédkitions.

128 miDUiSK.

J'avais confié à mes Apoires mon Évangile et le symbole de la foi; mais comme vous refusiez de croire, il m'a plu ensuite d'y faire des changements. J'avais promis la résurrection de la chair, mais j'ai craint de ne pouvoir pas ac^ oompUr ma promesse ^ j'avais montré que j'étais né d'une vîeri^y mais j'ai roiigî d'une pareille naissuice^ j'aya» assuré qae le Créateur du monde était mon père, mais un meilleur père m'a adopté ^ je tous avais défendu de prêter roreille aux hérétiques, mais j'étais moi-mcme dans Ter^ reur. Yoilk les absurdités que sont forcés de dévorer ceux qui s'écartent de la règle, et qui ne sont point en garde contre le danger de perdre la foi.

XLV, Nous venons de donner des armes pour combattre généralement toutes les hérésies ; nous leur avons opposé des prescriptions certaines, fondées, invincibles, qui les empêcheront à jamais d élre reçues a disputer sur les Ecritures. Dans la suite, si Dieu nous en fait la grâce, np^ répondrons à qudques hérésies en particulier. Que la pf|î| e|t la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soient avec c^nx qpi liront ceci dans la foi de la véritable religion ,

Quoique je passe sous silence la plupart des détails qui

concernent ces hérétiques, j'en dirai quelques mots cependant. Je laisse de côté les hérétiques du judaïsme , le Samaritain Dosithée, par exemple, qui le premier osa répudier les prophètes comme n'étant pas inspirés par l'Esprit saint. Je laisse de coté les Saducéeus qui , sortant de la racine de cette erreur, osèrent nier avec cette hé-

(i) La fin des Prescriptions contre les Hérètiqves a été perdue. Quelques éditions estimées placent à b suite de ce beau Traité les chapitres suivants , qui sont la continuation de ce qu'amumce Tertnllien , quoique nous n'osions affirmer que cette fin «oit de Inl , puce qo'eUe De w titMre pae dauf un des manuscrits les plus anciens, celui d'Agobard. Cependant nom afons cm 'devoir l'ajouter ici comme nn cnrieux monument qui tume en quek|nei noU l'histoin des héiisies jOHpi'à TertoUien , et coaipUteaoa.Traité.

TER9t)UJ£N.

resie la résurrection de 1r chair. Je laisse de côté les Pharisiens, qui en ajoutant quelques points à la loi , se séparèrent des Juifs; de là vient qu'ils méritèrent .de receToir le nom qu'ils ont garde. Je ne parlerai pas davantage des Hérodiens, qui prétendaient qu'Hérode était le Christ.

XLTI. JWviens à ceux qui voulurent être hMtiques depuis la prédication de TEvangile. A la tête de tous parait Simon le Magicien qui , dans les Actes des Apôtres, reçut de TApôtre Pierre une sentencè bien méritée et en harmonie avec son impiété. Il osa se proclamer la Vertu souveraine, c'esl-à-<lire le Dieu suprême. Il ajoutait que le monde avait été créé par ses anf^s; que, grâce à un démon qui errait autour de lui, et qui était la sagesse, il était descendu chez les Juifs pour se faire reconnaître par ce peuple ; qu'il n'avait pas souffert sous le fantôme de Dieu, mais qu'il avait comme souffert. Après lui vient Ménaudre, son fliseiple, magicien comme lui, et répétant les mêmes extravagances que Simon lui-même. Tout ce que Simon soutenait avmr été, Ménaqdre Tétait à son tour, disait^il : personne ne pouvait obtenir le salut, k moins d*être baptisé en son nom. Saturnin suivit de près. A l'entendre, il était aussi la vertu incréée, c'est-à-dire Dieu. Il résidait dans les régions supérieures et infinies, au plus haut des cieux. Les an^es, placés à une distance prodigieuse de lui y avaient créé ce monde inférieur; et comme quelques rayons de la lumière étemelle étaient tombés dans les régions inférieures, les anges s'avisèrent de créer l'homme diaprés cette ressemblance, et sur le modèle des anges qui habitaient dans cette lumière. L*homme rampait sur la terre cœmne un vermisseau. Saturnin , qui était la vertu incréée, voulut dans sa miséricorde sauvèr cette étincelle, sans quoi Thomme tout entier périssait. Le Christ , selon lui, n'avait pas vécu dans une chair réelle. Fantôme véritable, il n'avait eu que les apparences de la douleur. Quant h la résurrection de la chair, elle n^aurait pas lieu. L'hérétique Basilide lui succéda, il prétend qu'il existe

130 TERTULLim

pu Dieu souveram, uommé Âhraxas (I), duquel émana r£sprit, qu'en grec il appelle Hom. Ensuite naquit le Yerbe ; du Terbe la Providence ; de la Providence la Vertu

et la Sagesse. Celles-ci engendrèrent par la suite les Princi|>autés, les Puissances, les anges, el une multitude infinie d'anges. Ce sont ces mêmes anges qui créèrent les trois cent soixaute-cinq cicux, et le monde eu Thonneur d'iibraxas, dont celui-ci portait en lui-même le nom numérique. Parmi les derniers anges qui avaient formé le monde, il place comme le plus récent de tous le Dieu det Juiis, c est-à-dire le Dieu de la Loi et des Prophètes, qui. n'est pas dieu y cUt-^il, et qui n*est qu'un ange; la posté-* rité d'Abraham lui échut en partage ^ voiUt pouiquM il tira de la lerre d'£gypte lesenlànts d'Israél pour les trans^ porter dans la terre de Chanaan. Il est le plus turbulent de tous les auges j ik là vieul que, non content de susciter des séditions et des guerres fréquentes, il verse le sang humain. Alor.s le Christ descendit sous une forme fantastique, envoyé non jjar celui qui avait créé ce monde, mais par le grand Abraya?. La chair ne fut pas réelle chez lui. Ce n'est pas lui que les Juife ont mis à mort; Simon a été crucifié à sa place. Par conséquent « il ne fai^t pas croire à celui qui a été crucifié \ sans quoi ce serait avouer que Ton croit en Simon» Du reste« fiasilide supprime le martyre. Il s'élève fortement contre la ^sé* surrecf ion de la chair, en niant que le salut ait été promis aux corps.

Un autre hérétique surgit ^.e'est Nicolas. Il était compté parmi les sept diacres qui furent choisis dans les Actes des. Apôtres. Il soutint que les Ténèbres convoitèrent la Lumière d'une manière honteuse. Je rougirais de rapporter tout ce qui est sorti d'immonde de cette union obscène. £a effet, il parle de certains Ëons impudiques, feb que les embrassemens, les unions exécrables et hideuses , el

. (i) AhfÊzn équivaut à 365, dans le syitftnie do miHiàratioii panpift»

imiULLlËN

d'autres choses plus révoltantes encore. li crée ensuite sept esprits, dieux et démons, et invente mille extrava- {ja Dces aussi sacrilèges t j u i n fâ m es . Passons- k s so u s s i I e n c e , puisque ia pudeur nous défend de nous y arrêter. 11 nous suilit que l'Apocalypse du Seigneur condamne par la vénérable autorité de sa sentence toute cette hérésie des Nioolaites » en disant : a Tu as cela pour toi, que tu hais les « aciioos des Nicolaltes, comme moir-méme je les hais, n

XLVn. A ces hérétiques se joignent ceux que Ton appelle Ophiies. Car ils glmrifient tellement le serpent, qu'ils le mettent an-dessus du Christ 1ni-méii)e. En effet , di- 'sent-ils , c'est lui qui nous a donné l'origine de la science du bien et du mal. Moïse connaissait bien sa puissance et sa majesté, quand il dressa le serpent d'airain , ef que tous ceux qui le regardèrent obtinrent ia guérison. 11 y a mieux. Le Christ lui-même n'imite-t-il pas dans son Evangile la puissance sacrée du serpent, lorsqu'il dit : <c De même que Moïse éleva le serpent au désert , ainsi il « faut que le Fils de rhoioQme sût élevé ? » ]>e là vient que les Ophite^ tntroduîseat un serpwit pour bénir leur £uckaristie* Ifaîs voîd qmàïe est Tcngine de toute cette er* reur et de cet apporal superstîtieux. Ils soutiennent que de cet Eon primitif naquirent plusieurs autres Eons inférieurs; mais qu un certain Eon, nommé Jaldabaoth, est supérieur à ces derniers. 11 a été conçu d'un autre Éon qui s'unit à des Éons inférieurs. Dans la suite, voulant s'élever jusqu'aiu régions supérieures, il fut trahi dans ses efforts, à cause de la pe^nteur de la matière qui composait sa substance. Laissé dans les régions intermédiaires » il étendit son domaine et créa le ciel. Jaldabaoth cependant descendit dans les régions inférieures, et engendra sept fils. A force de s^étendre, il ferma les régions supérieures, afin que les anges ainsi hors d*état de connaître les régions les plus élevées, le regardassent comme Dieu unique. Ces Vertus et ces anges inférieurs créèrent l'homme, qui n'ayant été créé que par des Venus iotirmes et sans puis-

132 liilHfLlLLiËN.

sance, rampa sur la terre comme un vermisseau. Hais

rÉon de qui était sorti Jaldabaoth, touché de compassion, envoya à l'homme, ainsi condamne à iaai{K'r', une étincelle qui, en réveiilanl ses facultés, le mit à même de raisonner et de connaître les régions supérieures. Que fit alors ce iaidabaoth ? Dans son indignation , il tira de luimême la Vertu et la ressemblance du serpent. Voilà quelle fut la Vertu dans le paradis, c*est-à-dire voilà quel fut le serpent, auquel Ëve avait cru comme au Fils de Dieu, Elle cueillit par ses conseils , ajoutent-ils , le fruit de Tar» bre : par là, il apporta au genre humain la science du bien et du mal. Ils ne croient pas que ta chair de Jësns*^ , Christ ait été réelle. Ils n'admettent pas davantage larésurrecfioii de i iiuiume.

Il éclata encore une autre hérésie; c*est celle des ùaii! u lis. Ils eKaltent Cain , qu'ils rcf^rdent comme ayant été conçu par quelque Vertu puissante qui opéra en lui. Car Abei, selon eux, né d'une Vertu inférieure, avait été procréé ; voilà pourqurn il était inférieur. Ceux qui parlent ainsi , revendiquent aussi le traître Judas , qu^ils proclament grand et admirable, à cause du service qu*il rendit au genre humain. Quelques-uns, en effet, croient devoir remercier solennellement Judas de sa trahison. G>mme il remarquait, disent-ils, que Jésus-Christ essayait de détruire la vérité , il le livra pour que la vérité ne fut pas détruite. D'autres, au contraire, raisonnent dai^s ce sens. Les |)uissances de ce monde ne voulaient jws que Jésus- Christ endurât sa passion , de peur que le (jenre humain ne recouvrât le salut par sa mort. Judas, pour consommer le salut du genre humain , livra le Christ , afin que le salut , qui était entravé par les Vertus dont la haine s opposait à Tavénement du Christ, ne fut plus entravé, ni la réhabilitation de l'homme retardée par la passion du Christ.

Vient ensuite l'hérésie des Setthoîtcs. Voici quelles sont

les extravagances de cette doctrine. Dcu.v hommes furent

créés par les anges, Gain et Abel : il s'éleva parmi les anges de grandes dissensions et des querelles terribles à cause d'eux. Alors la Vertu qui est supérieure à toutes les yertus , et qu'ils appellent la Mère , aussitôt que la mort d'Âbel lui

fut annoncée, voulut que Seth fut conçu et naquit à la place d'Abel , afin que ^ par la mort et la naissance de celte semence pure , les anfjtîs qui avaient formé les deux premiers hommes fussent dcsliériies de leur gloire; car ils soutiennent que les anges ibrmèrent avec les hommes des unions illégitimes. Alors cette même Vertu, qu'ils appellent la Mère , ainsi que nous l'avons dit tout à l'heure , châtia ces préTarications par le déluge, 'afin de détruire entièrement la race née de ce mélange , et de ne conserver que la semence qui était pure et intacte. Mais les anges qui avaient créé les hommes de la première sèmence se glissèrent secrètement, et à Tinsu de la Mère, dans l'arche de Noé avec les huit personnes qu'elle renfermait, et y introduisirent la semence de Gain, afin que la semence de la malice, au lieu de périr, fût conservée avec les autres, et que rendue à la terre après le déluge, elle se développât à l'exemple des autres , se répandit au loin , et couvrît l'univers tout entier. Quant au Christ , ils ne le regardent que comme Seth, et il n'a été réellement que Seth , diAent41s«

XLVIII. Garpocrate, de plus, a introduit la secte suivante. Il n'y a dan» les régions supérieures qu'une Vertu

suréminente : d'elle naquirent les Anges et les Vertus. Placés à une grande distance des Vertus supérieures, ils créèrent notre monde dans les régions inférieures. Lé Christ n'est pas né de la vierge Marie , mais de la semence de Joseph .lia donc été engendré à la manière des hommes, quoiqu'il l'emporte sur eux tous par son respect pour la justice et par la pureté de sa vie. Il a souffert chez les Juifs* Son ame seule avait été reçue dans les. deux, p«rce qu'elle fut plus ferme et plus énergique que toutes les autres. 0e Ui le sectaire oonduait, en n'admettant que le

TERTDLLIEN.

salut des ames, et en déclarant qu il n'y avait point de ré* surrecUon pour le corps.

Gérinthe parut après Carpocrate ^ et enseigna la même chose à peu près* En effet, il veut autsi que le monde aH> été créé par ces anges. Sebn lui, le Christ naquit de la flé* mence de Joseph ; par conséquent il ne fut qu'homme, sans être Dieu. La loi fut donnée par les anges, dit-il, et le dieii des Juifs n'était pas le Seigneur, mais seulement un ange.

A Cérinthe succéda Ebion. Il n'est pas d'accord sur luus les points avec Cérinthe. Selou iui , le monde aurait été créé par Dieu et non par les anf^es. Puis, comme il est écrit : « Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le <c serviteur au-dessus de son seigneur, n il en prend acte pour défendre la loi , afin d'exclure l'Évangile et de main* tenir le judaïsme.

]UiIX« L*hëréuque Yalentin a débité un grand nombre de febles. Je n'en présenterai qu'une courte exposition. En effet, il introduit un Plérdme de trente Éons, qu'il &it sortir par syzigies , c'est-à-dire par couples. A la tête de tous, dit-il, sont Byllius et le Silence. Ils engendrèrent TEsprit et la Vérité 5 de l'Esprit et la Vérité naquirent le Verbe et la Vie ^ ceux-ci à leur tour donnèrent naissance à l'Homme et à l'Église. L'Homme et l Église engendrèrent . . douze Éons ; il en naquit dix autres du Verbe et de la Vie. Ainsi se complètent les trente Ëons , qui au moyen d'une huitaine, d'une dizaine et enfin d'une douzaine, constituent le Plérôme. Le trentième de. ces Éons voulut contempler Bythos, et pour le contempler il osa monter dans les régions supérieures du Plérâme. Mais comme il n'était point assez fort pour soutenir les rayons de sa grandeur, il lut pris d une grande défaillance, et il serait retombé dans le néant, si celui qu ils appellent lluros, envoyé pour le rassurer, ne Tavait réconforté en lui criant Jao. Prononciation on Parole est le nom de ce dernier. Valentin ajoute que i'Éon, exclu du Piërome et devenu Achamoth, lut livré depuis à toutes les passions du Désir, et de ces passions en^*

TEBTULLIEN. 135

ÇCndwi la madère. Elle en créa le ciel, la terre, et tout ce qu'ils renferment. De là vient que toutes les crêafi ns de cet Eon sont mi.sérables , fragiles, caduques et moi (elles, parce que lui-même lut conçu et naquit de l avortement. Il ne laissa pas cependant de créer notre monde des jnatièrc^ qu'avaient fournies les frayeurs, les craintes, les tristesses ou les sueurs d'Achamoth. De sa frayeur, dk le soctatre, naquirent les ténâires $ de sH crainte et de son ignorance Fesprit de maKce et dTiniquif^; dcr sa iristèsse et de ses larmes, Fean des fontaines , les flofs de 1^ mër et dés fleuves. Quant Mt Christ, il a été envoyé par le Piopator, qui n'est autre chose qne liytljos. Le Christ ne parut point sur la terre avec un corps u 1 que le notre; mais apportant du ciel jtî ne sais quel corps spirituel , il traversa le sein de la Vierfje Marie, comme i eau passe par un canal, sans en rien recevoir, sans lui emprunter quoi que ce soit. Il ne veut pas que cette cfaaîr ressuscite^ mais une autre chair spîrituenè. Il admet certains pmats ée la Loi et des Prophètes; il en ^jette d'autres; qu*esl-ee è: dire ? il rejette ia totalité en rejetant quelques points seulement. Il a ausdl' son fivarigite, excepté' lés ndores.

Après lui vinrent les hérétiques Ptolémëe et Secundus, qui sont d'accord sur tous les points avec Valentin, à l'ex-' ception de celui-ci. Valentin s'était contenté d'imapiner trente Eons; ses discijiks en introduisirent quatre d abord , puis ils y eu njnutèrent par la suite quatre autres. Valentin veut que le trentième Êon ait été relégué hors du Plérdme, k cause de ses défaiiiaâcea*. Ptolémée et Secundus le nient; ear ils n'admettent pas au nombre du Plérome ou de» trente Ëons, cekii que loiirmenta le désir impuissant de contempler le Prôpfttor.

Il y eut après cela u* autre hérétique , appelé Binteléon , qui, afin de ne pas penser comme Yalentin , veut paraître penser autrement, en introduisant la nouveauté de je ne sais quelle Parole. Cé qui profère exista de totit . temps, dit-il. Puis de cette Monade i| tire deux Éons,

Digiii^

136 TJi;KÏ(JLLI£N.

bientôt ressaim des fions, et enfin le système deTalentin tout entier.

L. Après eux ne manquèrent pas de surgir un certain Marc et un Colarbasus, qui formèrent une nouvelle hérésie de Talphabct des Grecs. Ils soutiennent qu'il est impossible de découvrir la vérité sans le secours de ces lettres , ou plutôt que la plénitude et la perfection de la vérité résident cachées dans ces lettres. Voilà pourquoi Jésus-Christ a dit : Je suis TAlpha et TOmégà. Enfin Jésus -Christ est descendu sur la terre, c'est-à-dire la colombe s*est reposée sur Jësus, jet en grec colombe se dit w9fimftt, mot qui dans la numération équivaut à DGGCI. GeuMi remontent foutes les lettres de l'alphabet, «, 4» 9) r, jusqu'à la première, et forment ainsi des huitaines et des dizaines. Je m'arrête. Il serait peu sage et oiseux de rapporter ici toutes les extravaf^ances qu'ils débitent; ou pour mieux dire, il y aurait autant de danf^er que d'extravagance à les cnumérer. Ils imaginent un autre dieu que le créateur. Ils nient tout à la fois et que le Christ se soit montré dans une chair réelle, et que la chair doive ressusciter.

LI* Joignez à ces hérétiques un Gerdon qui introduit deux primâpeSi c'est4Hlire deux dieux ; l'un bon et l'autre cruel : le bon est le dieu supérieur ; le cruel| c'est le nôtre, c^est le Créateur du monde. Gerdon rejette la Lot et les Prophètes ; il renonce à Dieu le Créateur. Il admet que Jésus-Christ fils du Dieu supérieur esl venu; mais il ne veut pas qu'il se soit montré dans une chair réelle ; il n'exista qu'à l'état de fantôme ■ par conséquent il ne souffrit pas véritablement, mais il eut l'air de souffrir. Il ne naquit pas d'une vierge ^ ou., pour mieux dire, il ne naquit en aucune manière. Il n'admet que. la résurrection de Tame; il nie celle du corps. Il ne reconnaît que l'Évangile de Luc ; encore ne le reçoit-il pas dans son intégrité. Il ne prend ni toutes les lettres de Tapôtre Paul , ni dans leur totalité celles qu'il reçoit. Il rejette comme faux les Actes des Apôtres et TApocalypse.

TERTOLUEM.

Après lui apparaît Marcion, né dans le Pont, fils d'un évéque et retranché de la communion de l'Église pour avoir dédionoré une vierge. Celui'-ci prenant occasion de œtte parole i « Tout arbre boa produit de bons fruits ; tout « arbre maiivais produit de mauvais fruits , » travailla de toutes ses forces à propager Thérésie de Gerdon etàaecréditer la doctrine qu'avait imaginée son devancier.

A Marcion succède un certain Lucain , partisan et disciple de ce dernier. Fidèle aux mêmes blasphèmes, il enseigne ce qu'avaiciil enseigné Marcion et Cerdon.

Ils sont suivis de pr ès par Ap( lie , disciple de Marcion , qui se sépara de son maître aussitoi qu'il fut tombé dans les péchés de la chair. Apelle introduit un Dieu unique qu'il place dans.les régions supérieures infinies ; c'est ce Dieu qm créa un grand nombre de puissance etd*anges. Yoilà pourquoi il appelle Seigneur la seconde vertu, dont il ne &it cpi'im ange : c'est par ce dernier que notre monde a été produit à Tiaiitation du monde supérieur. Il miki k la formation de ce nouveau monde le repentir, parce qu'il n'avait pu le former avec autant de perfection que l'avait été le uioiide supérieur ; du reste, il répudie la Loi et les Prophètes. 11 n'afBrme ni avec Marcion que le Christ est venu sous des formes ian (astiques, ni avec renseignement de rÉvangiie qu'il a eu un corps et une dbair véritables y mais que descendant des régions supérieures , il s'adapta , pendamt le trajet de sa descente f une chair empruntée aux astres et à l'air. Quand il ressuscita « en remontant aux deux, il rendit à chacun .de ces cléments, ce qu^il leur avait emprunté pendant qu'il descendait. Pâr cons&|uent , après avoir dispersé çà et là les différentes parties de son corps, il ne rentra dans le ciel qu'en esprit. Le même hérétique nie la résurrection de la chair ; il n admet qu'un seul apotre (1), celui de Marcion; encore ne l'admet-il pas

(i) VAfàin nfnt ?mû; Ikvdflii eu reltM»li|iit une |Mrtie$ Il vovUk 4e fin* que VAfMn eàl prêché tnw doetrinft diflXi«»l« de celle de iénii- Cbriiti #fikt venu m nom de ion Cliriit inegineire*

TERTULUËN

tout entier. Il n'y a de salut que pour lésâmes, ajoute-t-il. De plus, il a des écritures particulières, mais bizarres J il les appelle les Révélations d'une certninc Plnlumène, qu'il suit comme une prophéiesse. Joignez à ces révélatîoDsdes traités , composés par lui , et auxquels il a donné le nom de Syllogismes, où il essaie de prouver que tout ce que Moïse a écrit- sur Dieu n*est pas véritable, mais ima*' giné à plaisir.

LIL À tous ces hérétiques , il font joindre encore unr certain Tatfen , qui fut disciple de Justin le martyr. Après la mort de son maître, il se mit à penser différemment; car sa doctrine tout entière ressemble à celle de Valenlin ; il se contenta d'y ajouter ce point : Adam ne j>eut obtenir le saluî ; comme si , alors que les branches sont sauvées , la racine ne l était pas également.

• 11 vient encore d'autres hérétiques qui ont reçu leur nom des Phrygiens (1) ; mais ils se divisent dans leur doo- Irine. Lee uns suivent Proclus et s'appellent de son nôm ; les autres du nom d*£schtne« 11» ont , les uns et les autres , des blasphèmes qui leur sQnt communs et des bles|ilièmetf qui leur sont particuliers, et serrent à les distinguer. Voici les blasphèmes qui leur -sont commurâ. Premièrement, le Saint-Esprit résidait dans les Apôtres, mais ils n'eurent pas le Paraclel. En second lieu , le Paraclet a révélé à Montan plus de vérités que le Christ n'en déposa dans son Evanj^ilc^ non-seulement pins do vérités, mais des vérités jdus capitales et d'un ordre plus relevé (2). Le blasphème particulier de ceux qui suivent Eschine, consiste à dire que le Christ est tout à la fois le Fils et le Père.

Lin. il faut ajouter à tous ces noms celnide Blastus, qui essaie d'introduire secrètement le judaïsme. En effet, il ne veut pas que Ton observe laPftque autrement que coofor^

(t) l\a sont connus sons le nom tic Catapliryges.

(i) Si CCS li-^ncs apparlicniicui à Tt rtullicn , comme le croient <{Utlqtie9 coiimiciiuttiurs, il s'e^^t condamne pr ses propici paioics. ^

TERTCLLIEN. 1Z9

mément à la loi de Moïse, le quatorzième jour du mois. Mais qui donc ignore quç la grâce de l'Évangile disparaît tout entière, si Ton réduit le Christ à n*étre que la Loi ?

Après lui , je trouve Théodote, hérétique originaire de Byzance, qui ayant été saisi pour le nom de Jésus-Christ, le renia et ne cessa plus de le blasphémer depuis ce moment. En effet, il introduisit une doctrine, piU' laquelle il déclare que Jésus-Christ n'est qu'un homme ordinaire, le dépouillant ainsi de sa divinité. Qu'il soit ne d une Vierge par l'opération de l'Esprit saint, il l'admet, toutefois pour en faire un homme solitaire semhlahle à tous les autres , n'ayant rien de plus qu*eux , si ce n*est i^autorité de sa justice.

Un second Théodote surgit après ce premier. 11 introduisit également une nouvelle secte.' Il enseignait, comme le premier, que Jésus-Christ n*était qu^un homme, quoiqu'il fdi né et conçu de la vierge Marie, par l'opération du Saint-Esprit. Mais il le fait inférieur à Melchisédech, parce qu'il a été dit de Jésus-Christ : « Tu es le prêtre u clerncl scion l Ordre de Melchisédech. )> Car ce Christ, selon lui , était la vertu céleste de la grâce surcminente de Melchisédech , parce que Jésus-Christ, intercesseur et avocat des hommes, plaidait leur cause. Melchisédech, lui, intercédait pour les Anges et Içs Vertus des deux; car il était bien supérieur au Christ, « puisqu'il n'avait ni « père, ni mère, ni généalogie, et que sa vie n'ayant ni « commencement ni fin, ne pouvait être connue. i>

Après tous ces hérétiques vient Praxéas, qui introduisit une hérésie que Viclorinus essaya de fortifier. Ce dernier soutient que Dieu le Père tout-puissant est le même que Jésus-Christ 5 que c'est lui qui a souffert, lui qui a été crucifié, lui qui est mort. Il ajoute de plus, avec une audace profane et sacrilège, que c'est Dieu le Père qui s'assied dans les deux à sa propre droite.

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