‹ Les pères de l'égliseChapitre 8 sur 44 · I. YII · texte numérisé non relu

I. YII

crioainel : loin de là i il doit s'affliger de oe qu'un homiDe» son semblabley est devenu asses coiupBUe pour mënier uu '«rahemeut si cruel. Mais qui me g^ntira qi^^n ne livre aux faétes leroees ou à tout autre n^pplice que des orrninels ? La Tengeance' d'un juge , la négli^^eace d*an avocat, Its tortures prolongées de la question, n 'ont-elles jamais sacrifié Tninocenee P Qu'il irit; viiiit mieux ignorer qiKind les niéehaiits sont punis, afin d ignorer également quand les hommes de bien périssent, si toutefois ils sont hommes de bien ! Cer lamentent il y a des gladiateurs innocents qui sont traînés ai amphithéâtre, victimes destinées au plaisir de la multitude, û'aulres sont oofidamuésà cîomfaattre \ mais quelle absurdité que, pour un délit léger» au lieu de leë oorrlgery on eu fasse des homicides !

' Àd reste je n^ai répondu ici qu aux païens. A Meu ne plaise qu'un Chrétien veuille en savoir davantage pour renoncer aux spectacles 1 Toutefois personne ne peut mieux raconter les infamies de l'amphithéâtre que celui qui le fréquente encore. Pour moi, j'aime mieuj^ tromper l'attente qu'éveiller le souvenir.

XX. Qu'elle est donc vaine, ou plutôt qu'elle est misérable, Targumentation de ceux qui, par la crainte de perdre un plaisir, prétendent que les Ecritares ne reofennent aucune mention particulière qui oblige à s'en ' abstenir, ou quî empêche direetement le serviteur de Dieu de paraître dans ces assemblées i^ai entendu dendiKement la défense toute nouvelle d'un de ces partisans des jeux : <c Le soleil, disait-il, je me trompe, Dieu lui-même « regarde les spectacles du haut du ciel : est-il souille << pour cela? » — Sans doute, le soleil traverse de ses rayons les égouts, sans en devenir moins pur. Mais qu'il serait à souhaiter que Dieu ne regardât pas les infamies des hommes, afin qu'il nous fût possible de.nons dérober tous à ses jugements I Mais il les volt. 11 voit nos brigandages» nos fourberies, nosacUiltères, nosidolàtcies, naaspnctaoleseujt- -mémes. Voilà pourquoi nous m devons pas y Msistor» «fin

TERTLLLIEN. 163

^pieoel)irqHiapetVBpit tout 91^ pousy^porçoivepcii* Insfeqm | Tousoom{>arez le coupable ave(;9PQ jug^ ! L'ime8toosa|iaUe prce^Q^aélédéoouveisl; ratttreestjuge, paroeqnHln y a rien qVil 4^0(Hin!e* Ne nous ^eva-Hl pas4îbre aiisai» fieloD T0«$, de nous ahanckwiner à lafqr^mr horadu Cirque^ à riinpiidicité hors du théâtre, à l'insolence hors du stade, à Tinhumanité hors de i ampliithéâtre, puisque Dieu a. des yeux «aussi liors des loges, hors des degrés, hors des portiques? Illusion ! En aucun temps, en nncun lieu, ce que Dieu condanine n'est excusable. Ën aucun temps, en auCfm lieu n'est permis ce qui pas permis partout el toujours. Voilà quelle est TintégrUé de ta vérké^ qoelie est la plénitude de.ia scHiiDissiîoii qui lui est due, quelle eat régalité de la craiole, quelle est la BdéHité^ de robâftf sance ; .garder immuable ce précepte, et ne paa &ire flé» cbir la justice. Ce qui est hoa 00 maaraÎB par sm-méiaae ne saurait jamais être autre chose. Tout est irrévocable- Sient fixé dans la vérité de Dieu.

XXI. Les païens, oliez qui ne réside pas la plénitude de la vérité, parce qu ils n'ont pas le Dieu qui enseigne la véritéf jugeât du bien et du mai d après leur fantaisie et leur d^irioe, appelant bien œ qu'hier ilsapfielaieDt lopjl^ et ml qe qu'hier ils appelaient bien. Il arrive de là que dans une me le même qui soulève' à peine sii tuiMM|ue pour une nécessité de ^ n^ure» au Gi^e perd la pudeur jusqu'à livrer au» regards *de teus« les secrets de Vorga^ nisation humaine. Chez lui , il ferme leserallesde sa fille à toute parole impure, puis il la conduit aux discours et aux gestes dissolus du ihcàtre : sur les places publiques, il apaise et condamne les querelles ; dans le stade, il applaudit aux sanglantes meurtrissures des ^uldètes, A l'aspect du cadavre d'un homme qu'a enlevé une mort natu* relie, il frémit d-horreur^ 4ans l'amphithéâtre, il repait avidement ses yl^ux du spec^tacle.d'un oorps déchiré, mis en pièces et nageant dans son sang% Il y e niewi : il vient à Tamphithéâtse pour cfa^der un bonicide» puis le voilà

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qui, le fouet à la main, pousse un çbdkteiir à devenir homicîde malgré luL' H demandé qu'on jette te liob le plus fiubuéuz assassin ; ailleurs il^îlicite les inngnes de la liberté pour le plus cruel gladiateur. Le gladiateur

vient- il à succomber dans la lutte, il va savourer de près la mort de celui qu'il a voulu luer de loin , d'autant plus barbare en ce moment , si tout à Theure il ne k' voulait pas.

XXIL Pourquoi nous étonner des contradictions de ces hommes qui mêlent et confondent l'essence du bien et du mal, par l'intionstance de leurs Ôpinions et la mobilité de leurs jugements ? Ën effet , les conducteurs de chars, les alillèliBSy les ccmiédiens, les gladiateurs, ions ces faroris auxijuels les «hommes prostituent -leui* ame; auxquels les -femmes et «ouTent même les hommes prostituent leur corps, il éause desquels ils se jettent dans des dissblutions qu ils rëpiouvent en public^ les auteurs et les adminbtratcurs des jeux les excluent de toute charge honorable , en vertu de cette me me profession pour laquelle ils les glorifient. Il y a mieux : on condamne par des arrêts publics toute cette classe àriniamie légale ; on la bannit du palais, de la tribune aux harangues , du sénat, de Tordre équestre; on lui interdit toutes les dignités et jusqu'à certains orne* menlB. D'étrange renTcrscanent de toutes les idées 1 Aimer ceux que 1-on châtie ! mépriser cejix que Ton approuve ! exalta Tart et flétrir Tartiste f Singulière justice, qui con* éamne un hdmmé pour 1^ mêmes choses qui lui méritent la faveur î Je me trompe, quel éclatant aveu que la chose est mauvaise, [)uisc[ne les auteurs, si bien accueillis qu ils soient, vivent sous le poids de Tinfamie !

XXIII. Puisque la justice^ humaine se souvient, malgré l'ascendant du plaisir, de condamner ces misérables , puisqu'elle leur interdit toute espèce de dignités pour les jeter sur récueil de Tinfamie,^ avec cdmbien plus de rigueur la justice divine sévira-4-elle contre des àrrisans de cette na-* tore? Phdrart-il à IMeu ce'oocherdu Cirque, qui trouble

tant d*ames, qui, allume tant de fureurs» qui excite tant d'émotions diverses» ooutonjné comme le pontife du paganisme , ou briUant d^ couleurs d*un maître d'impudicîté? Il gli88e sur soii cbar rapide* Ne diricK^ous pas que le

démon veut avoir aussi ses Elle emportés dans les cieux? Plaira-t-ilà Dieu ce coraédiea qui , le rasoir à la main, attente à la dignité de rhonnnt- . infidèle au visage que Dieu lui a donné? C'est trop peu pour lui de vouloir ressembler à Saturne, à Isis et à Bacchus, il livre ses joues à l'ignominie des soufEets, comme . pour insulter au précepte de Hotre-Sei^eur. Car le démon lui apprend aussi a à pré-? « senter la joue gauche lorsqu^il a été frappé sur la joue « droite, t» De mâne le rival de Dieu a lu.dws r£criture « «t Peracmne pe peut ajouter une coudée l^.isa.faiUe«. « Que fikit-il? pour donner un démmitià JÀua^Ihri^, il élève Facteur tragique sur des cothurnes.

Je vous le demande encore , le masque théâtral plaira-til à Dieu? S'il défend toute espèce de simulacres, k plus forte raison dëfendra-t-il qu'on défigure son image ? Non, non, TauteuF de la vérité n'aime pas ce qui est faux. Tout ce qu on réforme dans son œuvre estaduUère à ses yeux* Fi^ conséquent, vous, qui contrefaites votre voix, votre sexe» 'votre ige ^ vous qui jouez Tamour, la colère;) les gémisseipents,' les«lai;mes, Dieu ne vous approuvera pas» puisqu'il condamne toute hypocrisie. D*ailleurs , quand il dit dans la loi : « Maudit celui qui porte des vêtements de' femme, » quelle sentence prononcera-t-il contre le pantomime qui empruiiifci lout à la femme? Ce lutteur si habile demeurera-t-il impuni ? En effet, c'est de Dieu apparemment qu'il a reçu au joiu^ i\e sa nais.sance ces larges cicatrices du ceste^ ces mains endurcies par les coups , et ces oreilles converties en livides tumeurs 1 Dieu ne lui a donné ses yeux que pour qu'ils eussent à s'éteindre sous les meurtrissures. Je lie dis rien de celui qui, prêt à combattre le lion , .lui jette un liomme à dévorer, afin que celui qui va égorger' ranimai repu^fte^soit pas moins Immicide que lui. . • / .^-^v

oore mè rien de ce qui af^Hieiit mix spectadés n*est ngtémnfk IMea oa^odnrenable à vta scMteor de Diett^ piisqve «ela dépkdtà IMéa?

S'il est vrai, comme nous ravons démontré, que les spectacles institués pour honorer le démon se composent des œuvres du démon , car tout ce qui ne vient pas de Dieu ou tout ce qui lui déplaît est l'œuvre du démon , voilà bien la poin|>e de Satan à laquelle nous avons renoncé le jour oà nous tLfonB été marqués du sceau de la foi. Or, nous ne 4eYon8 participer, ni de parole , ti d^aetion , ni de f^id, ni ttiéme de tlésir, à ce que' nous avons répudié alotii. D'ailleilnr, n'est-ce pas nous parjut^» ti'esCHCe pas bnsef le sceau baptbmal que de Tioler ttos étigagemènts F

Maintenant que nous reste44l à feire, sinon li interroger les païens eux-mêmes ? Qu'ils nous disent s'il est permis atix Clu^ëtiens d'assisteraux spectacles ! Il y a mieux; ils jugent qu'un homme est devenu Chrétien, du moment qu'il cesse de paraître aux spectacU^s. Par conséquent le fidèle qui brise sur son front cette marque distinctive, apostasie pudiquement. Quelle espérance reste-t-il donc à cet infoîS* tttfté? Un soldat ne passe dans le camp ennemi qu'en jetant 9Ê» armes, qu'en désfertant son drapeau, qu'en violant les serments faits à son prince, enfin, que décidé à périr svec seS'iMNiTeauixamls.

XXV. Sè sodviendln-t-il encore de IKen Ik oil rien né lui parlera de Dieu? Nourrira -t-il , que je sache, la pair au fond de son ame, en se passionnant pour un coclier? Apprendra-t-il la pudeur en tenant ses regards attachés sur des pantomimes? (-e n est pas tout : quel scandale plus criant dans tous ces spectacles que le luxe des parures, que ce mélau^ des sexes assiis sur les mêmes degrés , que ces cabales prenant parti pcmr on contre, réunion où s'allument les foux de la concupiscence ? Ajouter à cela que la première pensée qui emi^t au théâtre, c'est de ycir et d'être vu. Quaqd Taetour tragique ehflem sa voix > le

Chrétien se rappcilcia-i-il les imprécations de quelque prophète? Au milieu clc5 accents efféminés d un histrion, rej>aspera-t-il en luî-méme ies chants du Psa l m iste?, Lorsque les athlètes seront aux prises, se dira-t-il qu'il ne faut point rendra la pareille ? Son cœur â'ouvrii*a'ttiï encore à la compa^on,'quand U se sera VfHBasîé du sang^ qui coule sou* la dent des bètes féroces, ou qu'esBoîe i'époii§e des çladiatems? Géand Diee! étouffes dm w ser^urs le^ir éé pteaâtt pan Indesri^iûniv st funesct» ! Car enfin, qù€sl mlbetar que de passer de TEgUte de Dten à rastemblée des démons , des splendeurs dacîcl à la fange de la terre ! Quoi ! ces méoios mains que tous avez élevées vers le Seigneur, les fatiguer le moment d'après à applaudir un bouffon! Cette même boociie qui a répondu Ainsi soit~il , à la fîndu sacrifice, la. prostituer à rendre témoignage à un gladiatenr ! Dire à tout autre qn'à Diea et àaon Gbffisl : ^ « Dans tons les siècles dies siècles !»

XXVI« Après cela, poorqucA de pareil» Ghrétiena ne aeraient^ls pas eoremaux'ûieursiQns des démons.? J'en appelle, ÎMeti m*eât témoin^ à rexemple de éette femme qui, éMt allée an tfiéètre , en revint avec un démo» ititérienr. On exorcisait l'esprit immonde. Pourquoi as-tu osé t'emparerde cette femme ? lui dit-on avec menace. « N*avais-je pas « raison , répondit-il audacieusement, je l'ai trouvée chez « moi? )) Une autre lèmme, le fait est constant, vit en songe un linceul la nuit même du jour où elle était allée entendre nn comédîén. Le nom de cet acteur retentit souvent à ses oreilles avec des accents de reproche; Gnq jours après elle avait cessé «le vivre. H y a mille exemples jMoreib de personnes qtii, en communiqnaiit af ec lë démon-.dans les: spectacles, ont perdu le Seigneur ^ « car nul ûe peut ser* « vir denx maîtres, Qu y a-l-iî de commun entre la lu^* « mièrc et les ténèbres, » entfe la vie et la mort? AnatKème donc à ces nssenihlées païennes, soii parce qu on y blasphème le nom de Dien tous les jours, soil parrequeTon y crie ; Les Chrétiens uux lions ! soit parce quç les persér.

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cutions et les grandes épreuvt s partent de cette enceinte.

XXVIl. Que ferez-vous, surpris dans ce détroit orageux de suffrages impies ? Ce n'est pas toutefois que vous deviez redouter la persécution de l'komme; vous êtes bien gardé contre elle; personne ne vous reconnaîtra ià pour Chré^ tien. Mais songez )i Tarrét que IKeu {ttotionce contre voua dans leoîel. DouteK-vosis qu'au moment oïi Satan déchaîne toutes 9es, fureurs dans sou Sglialé, les anges vous regardent du haut du ciel ? Oui ils ont les yeux fixés sur ,chiBCun# Ils remarquent en particulier qui^ proféré un blasphème» qui Ta écouté , qui a prêté sa langue et ses oreilles à Satan contre Dieu lui-même. Ne fuirez-vous Juiic pas ces degrés où s asseyent les ennemis de Jésus-Chrisi, ces chaires de corruption , selon le langnyc- du prnplit't(;, et cet air lui-, même chargé de blasphèmes et d impiétés , qui pèse si cruellement sur la conscience ? Qu'il s'y trouve des choses agréables, simples, modestes, quelquefois même honnêtes, je le veux bien.^ Personne d assez mal habile pour mêler le poison avec le -fiel ou l'ellébore* On Tassocie,. pour le rendre .plus fiital., à des breuvages qui flattent le goût* Ainsi en use le démon. Il cache son poison mortel dans les créatures de Dieu qui nous sont le plus agréables et le plus chères; par conséquent , l'hounèitité, ia graiidcur, I harnionie, la subtilité, 1 adresse des spectacles, rayon de miel cLiipoisonné que tout cela ! Songez moins aux sollioitatious de la gourmandise qu*au danger de cette saveur J ' XXIIL Que les convives de Satan s engraissent de ces Ciments. Le lieu, le temps, le patron qui les convie, tout est à eux. Pour nous, l'heure de uos banquets et de nos noces ii^ést. pas encore venue* Nous« ne pouvons nous as-; seoir h la table des Gentils, parce, que les Gentils né peuvent s'asseoir à la ndire. Chaque chose arrive à son tour. Ils sont maintenant dans la joie ; nous, nous sommes dans la tristesse. «Le monde, est-il dit, se réjouira, et vous, « vous pleurerez, n Pkurotis donc pendant que les idolâtres se réjouissent, aiiii qi^e nous puissions nous réjoiiii:

HJUTULUEN* 169

Il rbeure ch «Hmnenceroat leurs gémissements, de peur

qu*en nous réjouissant avec eux aujourd'hui, nous ne pleurions avec eux un jour. Disciple du Christ, quelle est ta délicatesse, si tu convoites le plaisir du monde; je me trompe : quelle est ton extravagance , si tu prends cel^ pour le plaisir î Certains philosophes n'ont donné ce nom ^ a la tranquillité de T^e. C'est dans cette douce quîé? tude qu'ils se réjouissent, dana elle qu'ils se glorifient , dans elle qu'ils s'isolent de la terre. Et foi, tu ne^fiîm qu'après la poussière de rarène'i Ifs bfMmes du Ginrae». les; représeutatioDsdelaaoèiie, ou les cris de V^mphitliéâtEe* Répqnds-moi, ne pouvqos-nops vivre sans plaisir, noua qui devons mourir avec joie ? En effet , quel est notre vœu le plus ardent, sinon de « sortir du monde avec i'Apotre <( et d'aller régner avec le Seigneur? » Or, notre pUi^ est là où est notre désir.

XXIY. Eh bien, je vous l'accorde, iliaut à l'homme des délassements. Pourquoi donc étefr»vous ^ssez ingrats pour, fermer les yeux aux piai^rs si nombreux et si ipriës.cpie IKeu a mis sous votre main, d'ailleurs ^lus que suflisauia pour TOUS satiis&ireP Est-il un bonheur plus parfait que noire réconcilîalion avec Dieu le Père et avec Ifotre-Sei* gneur, que la révélation de la vérité , la connaissançe de no6 erreurs, et le pardon de nos ôimes .si mimlrôux dans le passé ? Quel plaisir plus grand que le dégoût du plaisir lui-même, que le mépris du monde tout entier, que la jouissance de la liberté véritable, que le calme d'une bonne conscience, que la sainteté de la vie, dégagée des terreurs de la mort î Quelle satisfaction plus douce que de touier aux pieds les dieux des nations, que 4e chasser le^ anges de ténèbres, que d'avoir le don des guérisons miraculeuses et des révélations divines , enfin que de vivre constamnmit pour Dieu! Yoilà les plaisirs des Chréltens.! voilà leurs spectacles : spectacles innocents « perpétuels gratuits ! Qu'ils TOUS représentent une image des jeux du Cirque* Beconnaissez-y avec la mobilité du siècle] le déclin des

temps; sachez-y mesttrer l'espace, y envisager la borne de ia coDSommadon dernière, vous y animer de saints transports à Taspect de Téiendard divin , vous éveiller au bruit de la trompette de lange» et aspirer à WfMiline glorieuse du martyre.

Les sciences et la poésie vous charment, dites^voàs. Eh l^en J aouas atons assez de beaux ttoAuments, assez de ▼ers, assez de maxime^, assez de cantiques, assez dechosim sacrés. H ne s'agit point, ici de labiés^ mab de vérités arâitesi de IHidàtés ridieilles, mais de sentences aussi simj^es qu'elles sont pures. Youks^^us des combats et des luttes? le ehristianisnie tous en offre en grand nombre. Regardez ! Ici 1 impureté e^t renversée pir la chasteté^ là , la perfidie est immolée par la foi ; ailleurs , la cruauté est comme meurtrie par la miséricorde^ plus loin Tinsolence est voilée par la modestie. Tels sont nos combats et nos couronnes. Enfin vous faut-il du sang ? celui de Jésus- Christ coule sous vos yeux.

XXX. Mais, surtout, quel admirable et prochain spec-' lade ijue Tavénement du Seigneuir, alors enfin reeoànu pour oe qu*il est, aloÉs supeibe et triom|ihant ! Quelle sera dans ce jour Tallégresse des anges, là glotire des saints res* suscités, et la magnificence de cette nouTclle Jérusalem, 0& les justes régneront éternellement ! D'autres spectacles vous restent, c'est le jour du ju(j( ment, jour éternel, jour que n'attendent pas les nations, jour qu'elles insultent, jour enfin où la terre, avec ses monuments antique s et ses créations nouvelles, disparaîtra dans un seul et même incendie. O immense étendue de ce spectacle ! Que me faut-it âmirer ? oii dois-je promener mes regards ? Quelle joici quels transports, en voyant tant de célèbres monarques que la flatterie plaçait dans le éiel , ponàser d*homUes gé-^ missements au fond des ténèbres de Tenfer, oii ils sont pré* cipités avec Jupiter iui4néme et totis ses témoins ! Quelle allégresse, en voyant tant de gouverneurs, tant de magistrats persécuteurs du nom chrétien , se fondre duos des

tri

flammes qui, mille fois pins intolérables que celle*? qu'ils ont allumées autrefois contre les Chrétiens, insulteront à leurs douleurs. Ajoutez tant d orgueilleux phiiosophes ^ glorieux autrefois de leur vaihe sagesse, réduits anjouiv d'hui à roàgk* devant leurs disciples et à li^ûl^f avec eux. Qu'ils ^leonètft etiooi^, ctssdofetetirs iiMisër, peUtixtÊàeit à iaora — ditem 'q&'il n'y a point de prOvidènce^ que notre «ne mi me dki]dière) et que janaSiis elie lié rentrera émà le corps qu'elle animait autrefois V Âjotlté^ èffiu liEiiit de poètes tremblant d'épouvante, non plus à l'aspect d'un Rhadamante ou d'un Minos imaginaire, mais devant le tribunal de Jésus-Gbrist, effrayante nouvc.uuc pour eux î

C'est alors que les acteurs traf^^iques pousseront , dans Fimmensité de leur propre infortune, des cris plus lamentables et plus déchirants. C'est alors que les bouffons se feront mieux reconnaître à la nouvelle subtilité qu'ils autxmt acquise dans les flammes. C'est alors que les cochers des cirques attireront nos regards, enTiionn& de feu , sur des chars de feu. C'est alors que nous verrons les gladiateurs tomber non plus sous les javelots du i^mnato, mais sous lés traits enflammés du ciel. Mais non, j'aime mieux attacher un insatirible regard sur ces monstres d inhumanité qui s'attaquèrent autrefois au Seigneur : « Le voilà , « leur dirai-je, ce fils d'un charpentier ou d'une mère qui « vivait du travail de ses mains ! Le voilà ce destructeur « du sabbat) ce &unaritain, ce possédé du démon ! Le voilà « celiti que vous avez acheté du perfide Judas; celui que V. vous avez déchiré sous vos coups, insulté par vos souf- « flets, déshonoré par vos crachats , abreuvé de fiel et de « vinaigre ! Le voilà celui que ses disciples ont dérobé se- « crètement pour propager le mensonge de sa résurrec- « tion , ou qu'un jardinier a déterré furtivement , )» afin d'empêcher sans doute que les laitues de son jardiri ne tussent foulées aux pieds par la uiuititude des p issants. Pour vous mettre sous les yeux de pareils spectacles, ou vous donner des joies si enivrantes, que peut la libéralité d'un

pi:ileiir,d*imoQiisid>d'impODti&?Etoe|iaM^ o^émato m^ifiqpie ae joue djwant nom en qiieique façon , puisque hL&À le le&d déjà présent aux yeux de l'esprit. Au reste, trouver de» paroles pour exprimer des biens « que l'œil « n'a point vm, que roreiUe n'a point entendus, et que le « cœur de riiommc n'a jamais pu imaginer?» N'en doutons pas; ils surpassent infiniment les joies du Cirque, des deux auiphidiéatres , du stade ^ et de tout.oe quoa peiiA iQ^agiyier de ficpfelable* ' ^ < , - [

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