‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 10 sur 374 · I. Cl. Supra, ibid · texte numérisé non relu

I. Cl. Supra, ibid

qu'il entend résoudre toutes les difficultés. Où trouver un terrain commun d'entente ? Il suffit de proclamer la divinité du Sauveur, dans les termes mêmes de l'Ecriture, sans y rien ajouter ni changer. VBomoousie de saint Athanase, pour peu qu'on la presse et qu'on en exprime les conséquences, va, dans la pensée d'Eusèbe, à l'hérésie de Sabellius, et la peur de ce fantôme rejette toujours l'évêque de Gésarée hors du sentier de l'orthodoxie, dans les voies de l'arianisme.

Au concile de Nicée, 325, il était à la tête du tiers-parti, du parti moyen entre Arius et les champions de la consubstantialité. Mais Constantin, jaloux d'étouffer les dissensions intestines de l'Eglise et d'en prévenir le contrecoup dans l'Etat, s'indignait de l'attitude des Ariens et poussait à la condamnation de leur hérésie. Ce fut assez, pour qu'Eusèbe se résignât, en dépit de ses répugnances personnelles, à souscrire au symbole du concile ; jamais, toutefois, même dans ses ouvrages postérieurs, il n'arbora la devise des catholiques, le terme d'ôjiooucioc. Il ne rompit point avec les partisans d 'Arius; peut-être même ne fut-il point étranger au revirement qui se produisit dans les idées de l'empereur, non plus qu'aux mesures de rigueur contre les tenants de la foi de Nicée. En tout cas, il présida le concile d'Antioche, qui, vers Fan 330, déposa l'évêque de cette ville, saint Eustathe, l'un des principaux adversaires de l'arianisme, et il s'associa pareillement, au sein du concile de Tyr, l'an 335, à l'inique déposition du portedrapeau de l'orthodoxie, saint Athanase.

Maintes fois Eusèbe prononça en public l'éloge de l'empereur. Le 25 juillet 335, Constantin célébrait ses Tricennalia, le trentième anniversaire de son avènement à l'empire. L'évêque de Gésarée composa, à cette occasion, le panégyrique de l'empereur (1). Après la mort de Constan-

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tin, le 22 mai 337, Eusèbe voulut le glorifier, en écrivant, avec moins de verve que d'emphase, la biographie détaillée de son héros (1). Quelques années plus tard, en 340 apparemment, l'évêque suivait dans le tombeau son prince et son ami.

II. Ouvrages historiques. — Théologien, apologiste, exégète, historien, orateur, Eusèbe était tout cela, et ses ouvrages formaient, on peut le dire, une encyclopédie sacrée. Mais, dans cet immense labeur, c'est par ses travaux historiques, qu 'Eusèbe sans contredit a le mieux servi la science et sa renommée ; c'est dans l'auteur de la Chronique et de Y Histoire que la postérité salue l'Hérodote chrétien et le père de l'Histoire ecclésiastique.

La Chronique (2), sous le titre de iravxo8«ir?i itropfe, se divise en deux parties, la Ghronographie, xp°vorp«?**, et la Table des temps, xavàv xp<mx<J<;. L'auteur, dans la Préface, nous expose son dessein : il veut, dans sa première partie, résumer l'histoire de tous les peuples, selon l'ordre ethnographique, d'après la Bible et les historiens anciens, Bérose, M anéthon, Phlégon, etc. ; puis il présentera dans sa seconde partie, une série de tableaux synchroniques, où Ton embrassera d'un coup d'œil, par ordre de dates, l'histoire universelle. Avant lui, Jules l'Africain (3), s'inspirant d'une idée de saint Justin et de Clément d'Alexandrie, avait rapproché dans une suite de synchronismes les données de l'histoire profane et celles de la tradition juive ; Eusèbe a eu le mérite de reprendre ce plan, de l'exécuter et de l'étendre au iv6 siècle. Ce qui ranime et le soutient, c'est la pensée de rattacher l'histoire de son temps à l'histoire primitive. L'influence de son travail sur les historiens postérieurs fut incalculable.

Eusèbe avait écrit, avant tout, pour l'Orient ; saint Jé-

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