Miche, P. <?., xx
rôme se fit en Occident son interprète ; il publia une version latine de la seconde partie de la Chronique, avec une suite de l'an 325 = a. Abr. 2341, à Tan 379 = a. Abr. 2395 (1). La première partie ne nous est plus connue que par une version arménienne. Du texte grec des deux parties, il ne nous reste que des fragments.
V Histoire de C Eglise, IxxXr^aoTt^ taxopCa (2), déroulait dans sa première édition les fastes de l'Eglise chrétienne, depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu'à la victoire de Constantin sur Maxence (28 octobre 312) et à celle de Licinius sur Maximin (30 avril 313) ; grands et décisifs avantages où l'auteur salue le triomphe du christianisme sur les cultes païens. Le récit de ces deux victoires remplit les derniers chapitres du IX* livre ; et la conclusion servait manifestement d'épilogue à l'ouvrage entier. Eusèbe y a joint, par manière d'appendice, un Xe livre, qui va jusqu'à la victoire de Constantin sur Licinius (3 juillet 323), jusqu'à la réunion de tout l'empire sous le sceptre du vainqueur. L'histoire d'Eusèbe est une mine extrêmement riche, un trésor vraiment inestimable de faits, de pièces officielles empruntées aux archives de l'Etat et transcrites littéralement, d'extraits de livres perdus, de documents de toutes sortes sur l'antiquité ecclésiastique. Au fond, ce n'est sans doute qu'un inventaire, un dépôt d'archives ; ne lui demandez ni un récit complet avec la juste proportion des épisodes, ni moins encore l'enchaînement des causes et le développement logique des événements. C'est, en revanche, dans toute la force du terme, un travail d'après les sources. Les préférences ou les antipathies de l'historien ont pu quelquefois troubler son regard ou rétrécir son horizon, soit ! mais l'accusation d'avoir délibérément altéré les faits, est une pure calom-
i. Cf. Infra, § 71, vi.