‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 107 sur 374 · Adv. Ruf., il, 22 : Migne, P. L., xxm · texte numérisé non relu

Adv. Ruf., il, 22 : Migne, P. L., xxm

syriaque, le copte et même quelque teinture du latin.

Plus que nul autre, Hilarion, père des moines de la Palestine, exerça sur le développement spirituel du jeune homme une profonde et salutaire influence; ce fut sans doute par ses conseils qu'Epiphane, pour achever de se former à la vie ascétique, se rendit en Egypte. Il y visita les solitaires les plus célèbres ; le futur héréséologue y fut aussi en contact avec des gnostiques, qui firent de vains efforts pour le gagner à leurs doctrines. Agé d'environ vingt ans, il retourna dans sa patrie et fonda près d'Eleuthéropolis un couvent, que, ordonné prêtre dans l'intervalle, il devait diriger durant quelque trente ans.

Sur la réputation de sa science et de sa piété, les évoques de Tîle de Chypre l'élurent, en 367, pour évêque de Gonstantia, l'antique Salamine, et métropolitain de l'île. Dans ce poste élevé il fut l'exemple de tous par l'austérité et la sainteté de sa vie, par son ardeur à encourager et à répandre la vie monastique et par son zèle enflammé pour la pureté de la foi. Ce zèle forme la caractéristique de toute son activité; ce zèle, qui n'était pas toujours pacifique et prudent, que n'éclairait point une connaissance approfondie des hommes et du monde, devait attrister et assombrir ses dernières années.

De tout temps, Epiphane avait combattu de la parole et de la plume, avec une véhémence particulière, l'origénisme, la plus dangereuse, à son avis, de toutes les hérésies. Le désir d'étouffer cette antique erreur dans l'un de ses principaux foyers, le ramena, Tan 394, en Palestine. Origène y comptait, en effet, des partisans aussi décidés qu'influents, notamment Jean (II), évêque de Jérusalem, Jérôme, qui habitait alors dans le voisinage de la ville sainte, son couvent de Bethléem, et leur ami et hôte, Rufin. En présence de l'évêque Jean, Epiphane prêcha dans l'église du Saint-Sépulcre, devant une grande multitude, contre Origène et ses erreurs, et sur le refus de l'évêque

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de Jérusalem de condamner Origène, Epiphane rompit la communion avec lui. Rufin se mit du côté de Jean ; Jérôme, au contraire, renonçant à Origène, prit le parti du très vénéré « Père Epiphane le pentaglotte (1) ». Le métropolitain de Chypre fournit à l'évêque de Jérusalem un nouveau sujet de mécontentement, lorsque, contre son gré, pour les besoins de la communauté de Bethléem, il ordonna prêtre Paulinien, le frère de Jérôme. Ce ne fut qu'après plusieurs années (397) qu'une réconciliation eut lieu, grâce surtout aux bons offices du patriarche Théophile d'Alexandrie, alors encore favorable à Origène.

Mais l'astucieux Théophile ne tarda pas (399) à se déclarer lui-même anti-origéniste déterminé. Par ses odieuses persécutions contre les moines égyptiens, partisans d'Origène, il se brouilla profondément avec saint Chrysostomeetil sut, en représentant celui-ci comme origéniste, engager saint Epiphane dans sa querelle. L'an 402, selon la chronologie la plus probable, Epiphane réunit en synode les évêques de Chypre, qui condamnèrent Origène et ses écrits; puis, poussé par Théophile, il se rendit, malgré son grand âge, à Constantinople, pour y combattre en personne le monstre de l'origénisme. Le vieillard bien intentionné, mais à courte vue, y travailla d'abord contre Chrysostome ; mais il finit par comprendre son tort ; il déclara que Théophile avait abusé de sa simplicité et, sans attendre le conciliabule du Chêne (2), s'embarqua pour l'île de Chypre. La mort le surprit pendant le trajet, le 12 mai 403.

II. Ses écrits polémiques. — Ce fut aussi à combattre l'hérésie que s'exerça surtout l'activité littéraire d'Epiphane. Plusieurs personnes de Syedra en Pamphylie avaient exprimé le désir d'avoir de lui un écrit de quelque

i. Adv. Ruf., m, 6 : Mignk, P. L., xxiu, 462. 2. Infra, $ 57, iv.

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étendue, exposant la foi orthodoxe au sujet de la sainte Trinité et en particulier du Saint-Esprit. Après de longues hésitations, Tan 374, il satisfit à ce désir en composant r'ATx-jpurl; (l). Cet écrit devait être pour les fidèles, parmi les mouvements confus des controverses ariennes et semiariennes, une « ancre » sûre. Il n'est pas rare de voir l'auteur s'écarter fort loin de son sujet. Ce qui mérite une particulière attention, ce sont les deux confessions de foi qui concluent l'ouvrage et qu'Epiphane recommande à la communauté de Syedra pour l'administration du baptême. D'après les recherches de Caspari, la première confession (2), qui est la plus courte, serait la plus ancienne ; elle aurait été introduite comme symbole baptismal dans le diocèse de Gonstantia peu avant l'élévation d'Epiphane sur le siège métropolitain. La seconde (3) serait l'œuvre d'Epiphane lui-même, composée pour le présent ouvrage. Avec de légères modifications elle fut adoptée par le concile de Gonstantinople (381) comme symbole de l'Eglise universelle et devint plus tard le symbole baptismal de tout l'Orient.

A la prière instante de deux archimandrites, Acace et Paul, qui avaient lu avec intérêt et avec fruit r'AYxuptoxd<, Epiphane composa, dans les années 374-377, une exposition et une réfutation plus explicites des systèmes hérétiques, le navàptov ou <c Pharmacie contre quatre-vingts hérésies (4) », cité d'ordinaire sousle titre d'Hœreses. Ceux qui avaient été mordus par les serpents, c'est-à-dire infectés par les erreurs de l'hérésie, cet ouvrage devait les guérir; il devait préserver les bien portants. L'auteur range parmi les hérésies les écoles philosophiques grecques et les partis religieux juifs, si bien que des sys-

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