AffXÏJTTJplOV
4. Pro defens. trium capit., iv, 2 : Migre, P. £., lxyii, 621.
son corps décharné, son pâle visage, ses souffrances témoignaient assez du juste courroux des habitants de l'Olympe ». Ce qui irritait tant Julien contre Diodore,c'était de le voir combattre avec enthousiasme, avec un joyeux dévouement, pour la foi chrétienne et particulièrement pour le symbole de Nicée.
La situation voulait que l'action publique de Diodore à Antioche fut surtout apologétique et polémique. Dans la métropole syrienne, en effet, la lutte était âpre et ardente entre les Orthodoxes et les Ariens, que soutenait, sous Constance (337-361) comme sous Valens (364- 378), la faveur impériale. En outre, Julien qui, dans son expédition de Perse, prit à Antioche ses quartiers d'hiver, mit tout en œuvre pour ranimer le culte presque oublié des idoles. Déjà du temps de Tévêque arien Léonce (-Jvers 357), plus encore durant l'exil du patriarche orthodoxe Mélétius (360-378), ce furent principalement Diodore et son ami Flavien, le futur successeur de Mélétius (381), qui, avec des sacrifices et parmi des dangers de toute sorte, eurent soin de la communauté orthodoxe. « Flavien et Diodore, écrit Théodoret (1), étaient debout, comme au milieu de la mer deux rochers, contre lesquels se brisaient les assauts des vagues », et plus loin: « Sage et fort, Diodore semblait un fleuve à Tonde limpide, au cours puissant, arrosant ses rives, mais emportant au loin les blasphèmes ennemis. Il comptait pour rien l'éclat de sa naissance et s'estimait heureux de souffrir pour la foi. »
L'an 372, obligé de fuir, il séjourna auprès de Mélétius en Arménie, où il noua des relations avec saint Basile le Grand, comme on le voit dans la correspondance de l'évêquede Césarée(2). Six ans plus tard, Mélétius, revenu de l'exil, éleva le lutteur éprouvé sur le siège de Tarse en