‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 124 sur 374 · V. Infra, vin · texte numérisé non relu

V. Infra, vin

4. V. Palladius, DiaL de vita S. Joan. Ch:ys„ ch. v : ilvu, 18.

Chrysostome remplit cet apostolat pendant plus de dix ans, et le zèle qui le dévorait fut couronné d'un succès merveilleux. C'est de la période entre Tan 387 et Tan 397, que datent ses plus fameuses homélies; jamais l'éloquence du prédicateur ne s'est élevée plus haut. Les païens, les juifs mêmes se pressaient dans son auditoire ; Antioche était suspendue tout entière à ses lèvres.

III. Saint Chrysostome patriarche de Constantinople. Saint Chrysostome et Eutrope. — Chrysostome voulait passer sa vie au milieu de ce peuple intelligent, dont il avait parfois à contenir les transports d'admiration. Mais 1 éclat de son génie avait attiré sur lui les regards de tout l'Orient. Le siège patriarcal de Constantinople lui semblait providentiellement réservé. Lorsque cette dignité fut vacante, le 27 septembre 397, par la mort de Nectaire, l'empereur Arcadius, ou plutôt l'eunuque Eutrope, songea d'abord à Chrysostome, et sous leurs auspices, les suffrages du peuple l'appelèrent au trône patriarcal. Il fallut user de ruse et presque de violence pour amener l'élu d' Antioche à Constantinople. En vain le patriarche d'Alexandrie, Théophile, protesta contre l'élection, qui était un fait accompli; Théophile dut imposer lui-même les mains, le 26 février 398, à celui que sa jalousie allait poursuivre sans relâche, jusqu'à la mort.

Nourrir, avant tout, ses ouailles de sa parole vivante ; ouvrir une sainte campagne contre les vices de toute sorte qui avaient envahi la capitale, sans en épargner le clergé ; saper partout l'hérésie ; envoyer des missions chez les peuples barbares, c'était comme le programme du nouveau patriarche ; c'est le résumé de son épiscopat. La cour, au début, s'empressa auprès de Chrysostome et seconda les entreprises de son zèle; mais bientôt une coterie hostile au patriarche prit faveur. Le faible et imbécile empereur, qui ne put jamais se passer d'un maître, portait alors le joug de l'eunuque Eutrope, et Eutrope abu-

sait de sa puissance pour assouvir impunément son insatiable cupidité. Chry sos tome seul osa tenir tète au toutpuissant favori. Eutrope avait ri de ses censures; il ne tarda pas à subir les châtiments annoncés.

Qu'est-ce qui précipita l'insolent ministre du faîte des grandeurs? On ne sait trop. Mais au commencement de Tannée 399, Eutrope proscrit par Arcadius, poursuivi par le peuple, allait chercher un asile à Sainte-Sophie, à l'abri de la chaire pontificale et du droit qu'il venait de faire abroger par l'empereur, pour ne plus trouver d'obstacle à ses vengeances. C'en était fait de lui, si Chrysoslome, son adversaire de la veille, ne l'avait couvert de son éloquence et de la majesté d'un droit sanctionné par les siècles.

IV. Saint Chrysostome et l'impératrice Eudoxie. — Après la chute d'Eutrope, ce fut le tour d'Eudoxie de gouverner, en souveraine absolue, l'empire avec l'empereur ; et la haine de la cour se déchaîna contre le patriarche, plus furieuse et plus implacable. L'explosion de l'incendie fut apparemment l'œuvre de quelques membres du haut clergé, qui enveloppèrent de leurs intrigues l'impératrice et s'abaissèrent à tous les moyens pour aigrir et pour envenimer ses préventions. Chrysostome, dans les premiers jours de l'an 401, déclarait à l'archevêque Jean de Gésarée comme à l'évêque de Gaza, Porphyre, qu'il ne pouvait présenter leurs vœux à l'empereur, et que, ses protostations contre une confiscation illégitime ayant irrité l'impératrice, toutes les relations entre la cour et lui se trouvaient rompues (1).

L'année suivante, à l'occasion des moines origénistes que Théophile, non content de les avoir chassés du désert de Nitrie, poursuivait au loin de sa haine, et que Chrysostome avait accueillis dans Gonstantinople, sinon à bras ouverts, du moins avec une affection paternelle, on vit éclater entre les deux patriarches un ardent conflit.

i. V. Marcus Diacohus, Vita s. Porphyrii episc. Gaz., ch. simi.

Il sembla d'abord que, pour Chrysostome, Paffaire prenait une bonne tournure et que la cause de Théophile était totalement désespérée. Un rescrit impérial enjoignit à Théophile de venir à Constantinople, devant un concile présidé par Chrysostome, justifier sa conduite envers les moines de Nitrie. Mais ce rescrit demeura lettre morte, et il ne s'opéra que trop vite un revirement complet.

On a déjà vu (1) comment Théophile sut exploiter la bienveillance de Chrysostome envers les moinesorigénistes, pour enflammer contre lui le zèle excessif de saint Epiphane, et se faire précéder à Constantinople par le vieil évêque de Salamine. Epiphane, enfin désabusé, venait à peine de cingler vers son île de Chypre, que Chrysostome du haut de la chaire tonnait contre le luxe et la toilette des femmes ; ce sermon est malheureureusement perdu ; mais on crut ou Ton affecta de croire que l'impératrice y était directement visée. Eudoxie en fut blessée au cœur, et sans retard elle écrivit de sa main à Théophile de presser son départ pour Constantinople, afin d'y faire prononcer par un concile la déposition de Chrysostome.

Dans les premiers jours du mois d'août 403, Théophile débarquait à Chalcédoine ; vingt-cinq environ de ses suffra gants, esclaves des consignes de leur métropolitain, raccompagnaient ; plusieurs des suffragants de Constantinople, mécontents du patriarche pour une raison ou pour une autre, se liguèrent en un groupe compact avec les Alexandrins. Trente-six évêques purent ainsi s'assembler dans la banlieue de Chalcédoine, au faubourg du Chêne, dont leur conciliabule a gardé le nom. L'étrange synode, au mépris du droit, ne s'occupa même pas de l'affaire des moines égyptiens, et articula contre Chrysostome une foule d'accusations odieuses ou ridicules qui ne méritent point d'être ici rappelées (2). Chrysostome avait de son côté

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