Cf. Supra, § 54, i
t. V. Phottob, Bïbl. Cod. 59 : Micini, P. G.% cm, 105-113.
réuni à Gonstantinople un synode de quarante évêques. Sommé de se justifier devant l'assemblée du Chêne, il y consentit : « Excluez seulement de votre réunion, répondit-il, quatre évêques, et d'abord Théophile ; car je ne puis les reconnaître pour juges, étant mes ennemis déclarés. » Le conciliabule ne laissa pas de le déposer comme contumace, en renvoyant une accusation de lèse-majesté, dont lui-même ne pouvait connaître, au jugement de l'Empereur. Selon Palladius (1), les ennemis du patriarche s'armaient de cette calomnie que Chrysostome avait dans sa chaire traité l'impératrice de Jézabel. Sans une ombre de preuve, l'empereur confirma le décret de déposition, et bannit Chrysostome,
Le peuple, qui s'était attaché à ce grand homme comme à son père et pasteur poussa des cris de colère, et, pour le défendre, monta la garde autour de sa maison. Le patriarche essaya de calmer la fermentation populaire dans un magnifique discours sur l'immortalité de l'Eglise et l'union inséparable du chef et des membres (2) ; puis, trois jours après sa condamnation, se livrant lui-même à la merci de ses ennemis, il partit pour l'exil.
Mais les grondements toujours plus menaçants du peuple, les terreurs d'Arcadius et d'Eudoxie, accrues par le violent tremblement de terre qui, la nuit suivante, ébranla Constantinople, tout déterminale prompt rappel de l'exilé. L'impératrice lui écrivit de sa main, protestant avec énergie de son innocence et prenant Dieu à témoin de ses larmes (3). Les messagers de la cour, dépêchés vers Chrysostome, le rejoignirent dans la ville de Hiéron, port de la Bithynie. Le Bosphore se couvrit de vaisseaux qui s'avançaient pour recevoir le patriarche ; les transports