S. Ciirts., Jlom. post. reditum, n. 4 : Ibid., ui
enthousiastes du peuple saluaient son retour et en faisaient un indescriptible triomphe.
En reparaissant, il refusa d'abord de reprendre ses fonctions épiscopales et voulut s'arrêter dans un faubourg de Gonstantinople. Les quatrième et douzième canons du concile d'Antioche, de 341, avaient prononcé la déposition perpétuelle de tout évêquequi, déposé par un concile, remontait sur son siège, sans y avoir été autorisé par un autre concile (1). Etait-ce conviction de la valeur juridique des canons d'Antioche ? N'était-ce pas plutôt mesure de prudence ? Le patriarche demandait avant tout la convocation d'un grand concile, qui connût de son passé et le vengeât des calomnies du synode du Chêne. L'amour du peuple lui fît violence et le força de rentrer dans sa cathédrale ; Eudoxie même se hâta de lui faire dire que sa prière était exaucée, ses vœux accomplis (2), et le lendemain, Chrysostome, du haut de sa chaire, payait à l'impératrice un large tribut d'éloges.
V. Suite et dénouement du drame. — Cette paix ne devait être qu'une courte trêve. Deux mois plus tard, avant la fin de l'automne 403, Eudoxie faisait dresser sa statue d'argent sur la place publique, entre le Sénat et la basilique de Sainte-Sophie ; et selon le cérémonial traditionnel, on inaugura la statue avec des jeux, des danses et d'autres divertissements bruyants. Ces pompes à demi païennes durèrent plusieurs jours, et allèrent jusqu'à troubler dans la basilique le service divin.
Chrysostome s'en plaignit et pressa le préfet urbain de réprimer le tumulte devant Sainte-Sophie. Mais le préfet l'accusa près d'Eudoxie d'avoir blâmé vivement les honneurs dont le peuple entourait la statue de l'impératrice, et Faîtière souveraine en fut mortellement offensée.
1. V. Mahbi, SS. Conc. coll., h, 1309, 1313 ; cf. IIefblb, Hist. des conc, 2' éd., i, 514 517.