S. Chbts., Hom. post. red., n. 4 : P. G., lu
Sur le champ elle jura d'en finir avec l'intrépide prédicateur, et, dans ce but, recourut de nouveau à la complicité de Théophile.
Socrate (1) et, après lui, Sozomène (2) racontent que Chrysostome, informé des projets de vengeance d'Eudoxie et ne gardant plus à son tour de ménagements, avait ainsi commencé son homélie, dans la fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste : « Hérodiade est encore en fureur, elle rugit encore, elle danse encore, elle veut encore qu'on lui donne sur un plat la tête de Jean (3) ». Mais rien de moins sûr que l'assertion des deux historiens. L'Homélie sur la décollation de saint Jean- Baptiste (4), à laquelle Socrate et Sozomène ont emprunté probablement le passage précité, n'est visiblement pas de saint Chrysostome ; tout porte à croire que les ennemis du patriarche l'ont mise frauduleusement sous son nom et présentée à l'impératrice comme un sermon de lui.
Eudoxie triompha. Théophile, sans oser reparaître à Constantinople, où, peu de mois auparavant, il avait couru risque de la vie, animait et dirigeait l'entreprise. La majorité du nouveau concile suivit à la lettre ses instructions, et, au lieu d'examiner les griefs précédemment allégués contre Chrysostome, lui appliqua sans phrases les quatrième et douzième canons d'Antioche. La légitimité et la valeur de ces canons n'étaient pas généralement admises; les supposât-on valides, impossible de les appliquer à Chrysostome, puisque sans conteste le synode du Chêne n'avait jamais rien eu d'un véritable concile. Mais, en Orient, le droit pliait sous les caprices d'Arcadius et d'Eudoxie, et le drame de Chrysostome, pour parler avec saint Isidore de