P. G., lux
Péluse (1), nous offre un honteux spectacle, celui d'évêques aplanissant les voies à l'absolutisme et au Gésaropapisme byzantin.
L'empereur enjoignit au patriarche de quitter son Eglise ; Ghrysostome répondit qu'il ne pouvait obéir. De ce fait on le tint prisonnier dans sa maison. Le samedi saint de Tan 404, comme il n'avait pas laissé de se rendre à Sainte-Sophie, pour y baptiser lui-même les catéchumènes qu'il avait nourris pendant un an de sa parole, une troupe de soldats envahit la basilique à la tombée de la nuit et y dispersa violemment la foule; le sang rougit l'eau baptismale et les vases sacrés furent profanés. Les catéchumènes, sous la conduite de prêtres fidèles, s'enfuirent dans les thermes de Constantin ; mais la soldatesque les y poursuivit et redoubla de violence et d'odieuse brutalité.
Enfin, peu après la Pentecôte de l'an 404, l'empereur, cédant aux pressantes instances d'Eudoxie et de ses suppôts, prononça l'exil de Chrysostome. Jaloux de prévenir un soulèvement populaire, le patriarche quitta furtivement sa demeure, et se remit, le 20 juin, aux mains de ses bourreaux. Il fut conduit d'abord à Nicée ; là, pendant une halte de quelques jours, il apprit qu'on devait l'interner aux extrémités de la Petite-Arménie dans la bourgade de Gueuse, « le lieu le plus sauvage de la terre (2) ».
A mesure qu'on s'éloignait des côtes, on avait à souffrir davantage, à travers un pays inhospitalier, de la fatigue et des privations ; santé frêle et d'une maigreur extrême, le proscrit se sentait peu à peu miné par la fièvre et par une maladie d'estomac (3) ; en maintes villes sur son passage, il essuya les injures et les mauvais traitements des
i. Ep. i, 152 : P. G., lxxviii, 284-285.
2. S. Chbts., Ep., 234. cf. Ep., 194 et 235 : P. G, ui, 739, cf. Ibid., 720, 7 40.