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le sentiment et la foi ; il flagelle avec la dernière énergie les vices qui souillent la cité, notamment l'habitude des serments téméraires ; enfin il peut annoncer que l'empereur s est laissé fléchir et pardonne au peuple d'Antioche. De ce jour, Ghrysostome avait conquis l'esprit et le cœur de ses concitoyens.
Ce fut à Constantinople, dans la première phase de son épiscopat, qu'il prononça, avec la même autorité, ses deux sermons célèbres Sur Eu trop e (1). Dans son premier discours, il fait ressortir la vanité des prospérités humaines, que proclame la terrible disgrâce d'Eutrope, réfugié dans l'Eglise et tenant l'autel embrassé; le second discours, sur le même sujet, fut prononcé quelques jours après, quand Eutrope, pour avoir quitté son asile, avait déjà été arrêté.
Signalons encore le premier de tous les sermons de Ghrysostome, le sermon Sur son ordination sacerdotale (2). Deux discours ont été mentionnés déjà, l'un avant son premier départ pour l'exil (3), l'autre le lendemain de son retour triomphal (4).
VIII. Apologies, livres de morale ou de spiritualité. — Outre ses sermons, Ghrysostome a laissé des livres, au sens propre du mot ; mais peut-être que, pour une part, ces livres mêmes ont été prêches, avant d'être écrits.
Deux d'entre eux, par l'esprit et par l'allure, nous offrent de vraies apologies : l'un, Sur saint Babylas, contre Julien et les païens (5), remonte aux environs de Tan 382; l'autre, une Démonstration de la divinité de Jésus-Christy contre les Juifs et les païens (6), date peut-être de l'an 387. Ici comme là, tout va, dans la discussion, à prouver la divi-