‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 143 sur 374 · Ibid.f lu · texte numérisé non relu

Ibid.f lu

autorisent point à douter de la Providence, mais la nuit peut couvrir les voies de Dieu. C'est en vengeant ainsi des critiques ignorantes et impies le gouvernement providentiel, que l'archevêque, de la citadelle d'Arabissus, ranimait à Gonstantinople le courage de ses ouailles, pendant qu'il mangeait lui-même le pain de l'exil, souvent sur le bord du tombeau, souvent réduit à manquer du nécessaire (1).

IX. Lettres. — La correspondance de saint Ghrysostome, telle du moins qu'elle s'est conservée (2), comprend environ deux cent trente-huit pièces, la plupart de courts billets, presque toutes de son second et dernier exil.

En plusieurs de ces lettres on ne trouve que des détails sur la santé et les souffrances de l'archevêque. Ailleurs, on est ému de la vive expression d'un zèle infatigable qui, loin de se concentrer sur l'unique troupeau du pasteur, s'étend jusqu'aux contrées barbares les plus reculées. Mais les lettres de consolation occupent dans la correspondance de Ghrysostome la plus large place ; elles allaient réconforter, celles-ci des clercs ou même des laïques enveloppés dans la persécution des Joannites, celles-là des partisans, des amis que l'état désespéré des choses à Gonstantinople ou les épreuves toujours croissantes du patriarche menaçaient de déconcerter et d'abattre.

Rien dans cette correspondance n'attire plus fortement que les dix-sept lettres écrites à une noble veuve, entrée dans l'ordre des diaconesses, Olympias. Par le nombre et plus encore par l'étendue, elles se détachent en relief de toutes les autres; le cœur du proscrit s'y épanche en pleine liberté. Ni découragement, ni haine; l'utilité de la souffrance est le thème favori de Ghrysostome, là-dessus il ne tarit pas. Nombre de ces lettres reflètent une grandeur d'âme sur laquelle les adversités humaines n'ont plus de prise,

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