‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 147 sur 374 · Hist* eccl.t vi · texte numérisé non relu

Hist* eccl.t vi

fois constater que le zèle du patriarche de Constantinople ne tenait pas assez compte des conseils de la prudence, et que, partant, il a fait plus de mal que de bien. Socrate, ici, a-t-il vu juste? Les contradictions des documents originaux ne permettent guère d'en décider; les défauts censurés par l'historien sont-ils donc autre chose et plus que ces imperfections, auxquelles la vertu sur la terre ne saurait complètement échapper? Ce problème attend toujours sa solution.

En traçant à son tour le tableau de la vie et de l'apostolat de saint Chrysostome, un successeur d'Arcadius au trône impérial, Léon le Philosophe (1), ne met en cause que les passions d'Eudoxie; sur Eudoxie seule, à ses yeux, pèse le crime de la déposition et du bannissement du patriarche.

Suidas (2) est, à coup sûr, l'écho d'une tradition universelle, quand il assure que l'éloquence du saint docteur n'a pas été surpassée: « La voix de Chrysostome, dit-il, tombait sur nous plus puissante que les cataractes du Nil. Personne, depuis l'origine du monde, ne Ta égalé pour les richesses de sa parole, et c'est avec droit et justice que , seul par dessus tous ses rivaux, il a conquis les noms de Bouche-d'Or et de divin orateur. » Pour les autres lignes du portrait de Chrysostome, Suidas les emprunte à la chronique de Gédrénus, qui répète les méchants propos de Socrate, mais en affaiblit et en restreint nettement la portée (3).

Saint Chrysostome orateur. — « Jean d'Antioche surnommé Chrysostome, » voilà comme Suidas appelle son héros. Mais, chez les écrivains postérieurs, le nom de Jean disparaît de plus en plus, devant le surnom de Chrysostome, qu'on rencontre dès le v9 siècle.

En Chrysostome on salue unanimement aujourd'hui le

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