Hist. comp , ad a. 13 Àrcadii : P. G.y cxxi
§ 57. — SAINT JEAN CHRTSOSTOME 195
prince des orateurs de l'Eglise grecque, et, de tous les orateurs de l'Eglise latine, saint Augustin peut seul entrer en parallèle avec lui (1). Mais, bien différent en cela de Tévêque d'Hippone, Ghrysostome concentre à peu près son activité dans la chaire. Tout autre est aussi sa trempe d'esprit : ce qui l'attire et le captive, c'est, non pas la théorie, mais la pratique, non pas la science, mais la vie; s'engage-t-il dans une discussion philosophique ou spéculative, soyez sûr que les circonstances extérieures l'y ont poussé (2); il s'est voué sans réserve aux travaux et aux devoirs du ministère pastoral.
Orateur, saint Augustin se fait également professeur d'éloquence sacrée (3). Nulle part, sauf ici et là de brèves remarques, sauf encore quelques passages des dialogues Du sacerdoce, notamment des ive et ve, Ghrysostome n'expose ses idées sur l'art oratoire, ou plutôt sur la grandeur et les difficultés de la prédication chrétienne.
Du reste, entre l'Orient et l'Occident sur la science homélitique nulle opposition, nulle divergence de principe; mais dans la pratique, quel contraste entre les deux Eglises! Parlerons-nous d'abord de l'étendue et de l'ordonnance des sermons? Comme la concision d'Augus-
1. Cf. M. Floquet, Etudes sur la vie de Bossuet, 1855, 3 vol. in-8% t. II, p. 521, Sur le style et la lecture des écrivains et des Pérès de l'Eglise \ pour former un orateur. Ecrit composé pour le cardinal de Bouillon, — ViLLUAia, Tableau de l'éloquence chrétienne,., p. 175-180, rapproche Chrysostomc et les grands orateurs sacrés de la France de Louis XIV (N. des T.).
2. Saint Chrysostome n'est pas un esprit de même trempe qu'Origène ou Grégoire de Nysse ; dans l'école néoplatonicienne, l'apôtre voit le dernier rempart du paganisme expirant ; il y voit l'ennemi. Aussi, sans condamner en bloc la philosophie hellénique, volontiers il en relève, avec une ironie passionnée, qui rappelle et plus d'une fois fait pâlir celle d'Hermias, les lacunes, les contradictions et les erreurs ; au piteux échec moral des vieilles écoles, il se plait à opposer les éclatants triomphes du christianisme, de < la vraie philosophie ». Y. Elsib, Saint Chrysost, et la philosophie, dans la Rev, trim. de théol., 1894, t. LXXVI, p. 550-576. (N. des T.).