‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 150 sur 374 · Ibid., Lfi · texte numérisé non relu

Ibid., Lfi

du texte sacré, avec autant d'ampleur et de profondeur, autant de souplesse et de finesse dans l'application féconde du même texte à toutes les branches de la vie religieuse,

XIII. Doctrine de saint Chrysostome (1).— Par ses principes d'herméneutique, saint Chrysostome est vraiment l'antipode d'Origène. L'accusation d'Origénisme soulevée par Théophile d'Alexandrie (2), n'est qu'une pure calomnie. C'est un fait certain, même dans l'absence de textes nets et précis, que le saint docteur, sur la question de l'origine de l'âme humaine, est partisan du créatianisme, non pas comme Origène, de la préexistence des âmes. 11 rejette aussi bien loin l'idée d'une apocatastase universelle, au sens du grand Alexandrin et de saint Grégoire de Nysse. Lisons plutôt cette déclaration de l'Homélie XVIIe sur l'Epître aux Hébreux, n° 5 (3; : « L'enfer, tout éternel qu'il est, ne suffit pas à expier les péchés, et c'est justement pour cela qu'il est éternel ».

Que dire de l'attitude de notre saint devant le dogme du péché originel? Le question mit aux prises Julien d'Eclane et saint Augustin. Dans une homélie Sur les nouveaux baptisés, que nous n'avons plus, Chrysostome, énumérant les avantages spirituels du baptême, avait laissé tomber cette phrase : « Voilà pourquoi nous baptisons jusqu'aux petits enfants, quoi qu'ils n'aient point de péchés ». Rien de plus clair, s'écriait Julien dans ses Quatre livres à Cévê-

1. Dans son évolution à travers les premiers siècles, la notion de l'inspiration ne parait chez aucun autre Pè;e avec le même relief. Sans admettre que chacune des expressions de l'Ecriture ait été divinement inspirée, Chrysostome reconnaît que l'inspiration divine s'étend, non seulement à ce qui regarde la foi et les mœurs, mais encore à la teneur intégrale des saints Livres ; sauf le sens purement allégorique et le sens accomodalice, elle atteint tous les autres sens. D'où il suit manifestement que l'Ecriture, non pas même en ce qui touche l'histoire et les sciences naturelles, ne contient aucune sorte d'erreur. Cf. Haidachir, La doctrine de saint Jean Chrys. sur V inspiration de rEcriture, Salzbourg, 1897, in-8° (N. des T ).

Page 1