P. C, mu
que Turhantius ; n'est-ce pas nier avec Pelage le péché originel ?
Non, répond avec raison saint Augustin (1), il s'agit ici de péchés personnels; l'emploi du pluriel Apapt^paTa et le contexte tout entier le prouvent, à n'en douter pas ; plusieurs autres passages des œuvres de Chrysostome font nettement ressortir sa foi au péché originel. Saint Augustin peut citer à l'appui de son assertion cinq passages différents, tirés de la Lettre IIIe à Olympias (2), du sermon sur la résurrection die Lazare, de l'Homélie IXe sur la Genèse (3), de l'Homélie sur les néophytes et de l'Homélie Xe sur PEpître aux Romains (4).
Sans doute, ces divers passages, et notamment ceux de l'Homélie X sur l'Epître aux Romains, n'attestent pas que saint Chrysostome ait pleinement partagé, quant à l'essence du péché originel, toutes les idées de l'évêque d'Hippone. Il ne se lasse pas de proclamer qu'outre nos premiers parents, toute leur descendance a encouru les suites ou peines du péché ; il ne dit pas que le péché même découle sur les descendants et passe en eux avec la naissance. Mais, pour apprécier équitablementla doctrine de saint Chrysostome, il est à remarquer que ce Père, en face des manichéens, prend toujours à tâche de venger la liberté humaine, et que, notamment, pour renverser une erreur subversive des bases de la morale, il s'élève de toutes ses forces contre la thèse d'une concupiscence nécessitant notre nature. Le pélagianisme ne peut donc s'autoriser du témoignage de saint Chrysostome (5).
N'y aurait-il pas lieu, d'ailleurs, de nous ressouvenir ici
i. Contra Julianum, it 22 : Migkb, P. £., xuv, 655-656. 2 Ch. m : P. G.t ui, 574.