Mjcktc, P. G., lxvi
2. On a rapproché plus d'une fois cette ancienne poésie platonicienne religieuse des Méditations de Lamartine ; le môme paralltMc pourrait s'étendre à
dans la vie du poète une seconde phase, la phase de la conversion, qui s'étend à peu près de 404 à 409, et dans laquelle la plume de notre auteur ne nous a pas laissé d'oeuvre plus considérable. L'âme de Synésius,en ses vers, oscille et semble partagée ; le christianisme et le paganisme se la disputent tour à tour.
Le sacre de l'évêque de Ptolémaïs inaugure dans sa vie une troisième période, où la foi chrétienne prédomine, sans néanmoins étouffer les ressouvenirs païens. Cette période a vu paraître» indépendamment d'une foule de lettres, deux homélies, dont nous n'avons plus que des fragments, et deux discours assez bizarrement intitulés xaTaoràffeiç ; le premier, un superbe morceau d'éloquence, parle des nouvelles courses des barbares dans la Pentapole, en 411 ; le second célèbre le préfet de la Pentapole, Anysius. Rattachons encore à la même période les hymnes VII et IX, dont le langage est franchement chrétien.
III. Littérature. — On doit au P. Petau les Œuvres complètes de Synésius, avec une traduction latine et des notes, Paris, 1612, in-fol., puiB, 1631, 1633 et (la meilleure édition) 1640.— Une édition nouvelle des hymnes a paru par les soins do Boissonade, Paris, 1825, Poetarum grxcorum sylloge, t. XV, Lyrici gra&ci," p. 97-160. — Krabinger, après une étude approfondie des manuscrits, a publié, en autant d'éditions à part, le discours Sur la royauté, Munich, 1825, in- 8°, YEloge de la calvitie, Stuttgard, 1834, in-8<>, et les Récits égyptiens, Sulzbach, 1835, in-8°. Krabinger avait aussi entrepris une édition complète, il n'en a paru que le premier volume, contenant les discours et des fragments d'homélies, Landshut, 1850, in-8°. Migne, P. G., lxvi, Paris, 1859, 1864, a reproduit l'édition de Petau, 1633; mais le texte de Y Éloge de la .calvitie est emprunté à l'édition séparée de Krobin-
divers ouvrages de métaphysique publiés de nos jours en France et en Allemagne. Le rapport des situations morales a fait disparaître la distance des siècles. (N. des T.).
ger. — La critique textuelle des Lettres est redevable à Fr. X. Kraus, Observât, criiicas in Synesii Cyrensi epistulas, Sulzbach, 1863, in-8°. — On trouve une nouvelle édition des Lettres dans Hercher, Epstolographi grasei, Paris, i873, in-4°, p. 638-739. — Klimek, Observations critiques sur le texte des écrits en prose de Synésius, Breslau, 1891, in-4° (Progr ). — Les dix hymnes ont été réédités par W. Christ et Paranikas, Leipzig, 1 871, in-8° (Anthologia grgeca carminum christianorum, Leipzig, 1871,
in-8°, p. 3-23; cf. Proleg., p. 9-12), puis par J. Flach, Tubingue, 1875, in-8°.
H. Druon, Œuvres de Synésius, ... traduites entièrement pour la première fois en français, et précédées d'une étude biographique et littéraire, Paris, 1878. — E. Gayser, Les récits égyptiens de Synésius, Wolf en bût tel, 1886, in-8°. — 0. Seeck, Etudes sur Synésius. I, La valeur historique du mythe d'Osiris ; II, La correspondance , dans le Philologue, Revue archéologique classique, 1893, t. LU, p. 442-483. — Glausen, De Synesio philosopho, Lybise Pentapoleos metropolita9 comment atiof Copenhague, 1831, in-8°. — Fr. X. Kraus, Etudes sur Synésius de Cyrène (chronologie de sa vie; son christianisme, son épiscopat, ses opinions philosophiques et théologigues), dans la Revue trim. de théol., 1865, t, XLVII, p. 381- 448, 537-600; 1866, t. XLVIII, p. 85-129. — Volkmann, Synésius de Cyrène, Berlin, 1869, in-8°. — Baphides, De Synesio Plotinizante, Constantînople, 1875, in-8°, — Schneider, De vita Synesii, philosophi atque episcopi, Grimma, 1876, in-8°. — E. Gayser, Synésius de Cyrène, sa vie et son caractère d'homme et d'écrivain, dans les Etudes théologiques de Wurtemberg, 1886, t. VII, p. 51-70. — A. Gardner, Synésius of Cyrène, philosopher and bishop, Londres, 1886, in-12° (Christian Knowledge Society), — V. en outre, Krause, L. c, 1865, t. XLVII, p. 414-417 ; — Che~ valier, Répertoire, 2143. 2818.
§ 59. — Saint Cyrille d Alexandrie .
I. Vie de saint Cyrille jusqu'à Fan 428. — Synésius n'était jamais entièrement revenu de sa première éducation philosophique ; l'évoque zélé pour la défense du peuple
et des opprimés, parut toujours indifférent aux controverses religieuses de l'époque. Théologien, exégète et apologiste, Cyrille d'Alexandrie se fait par-dessus tout le champion du dogme, et c'est dans sa lutte énergique pour l'intégrité de la foi qu'il conquiert, à défaut d'une sympathie qu'attire peu la gravité impérieuse de son esprit, sa pure el solide gloire.
De la vie de saint Cyrille avant son élévation au siège patriarcal d'Alexandrie (412), nous ne savons presque rien. Neveu et successeur du trop célèbre Théophile, Alexandrie fut probablement son berceau. Ce fut dans les écoles de sa patrie, sans doute, qu'il jeta les bases de sa vaste science théologique. Est-il allé, pour achever de se former à l'ascétisme, partager quelque temps les austérités et la vie des solitaires du désert? Peut-être que la liberté du langage de saint Isidore de Péluse dans ses quatre lettres au patriarche Cyrille (ij, le donne à entendre. Ce qu'il y a de sûr, c'est que Cyrille partit avec son oncle, en 403, pour Constantinople, et qu'il assista, dans un faubourg de Chalcédoine, à ce conciliabule du Chêne qui déposa saint Chrysostome (2).
Le 15 octobre 412, Théophile mourait ; le 17, Cyrille, après une assez chaude bataille électorale, lui succédait sur le siège patriarcal. Les débuts de son épiscopat ne nous sont qu'imparfaitement connus ; ce que l'historien Socrate nous en apprend (3) est empreint visiblement de partialité. Il se peut que la vigueur du jeune patriarche, à rencontre des novatiens et des juifs d'Alexandrie, trahisse l'arbitraire et la passion ; soit (4) ! Quant à l'origine et aux diverses phases du conflit entre Cyrille et le gouverneur de l'Egypte,
1. S. Isid. Pblus. Ep. i, 310, 323, 324, 370 : Mighb, P. G., ulxviii, 361, 3G9,