Jiak, x
Pères de l'Église, T. II. 48
dans sa Passion, ensuite la subordination du Christ affirmée dans l'Evangile de saint Jean (1), comme dans la Ir* Epître aux Corinthiens (2). Dans le douzième livre enfin il s'efforce, pour autant que l'esprit de l'homme peut atteindre un si haut mystère, de saisir la génération éternelle du Fils en elle-même, dans son absolue distinction de toute procréation ou production temporelle.
Un ardent enthousiasme pour la foi de l'Eglise inspire et pénètre tout cet ouvrage, le plus accompli que nous offre l'histoire des controverses ariennes. La métaphysique des Pères grecs sert à Hilaire de point de départ ; mais elle se développe chez lui d'une façon absolument personnelle et originale. C'est au moyen des écrits de Tévêque de Poitiers que la littérature de l'Orient exerça alors son influence sur la théologie de l'Occident et lui apporta de nouveaux et féconds éléments. On reviendra plus loin (3) sur la christologie de saint Hilaire.
Il donna dans cet ouvrage un très grand soin à la forme, comme on peut le conclure de l'invocation qui termine le premier livre, où il prie Dieu de lui donner « le vrai sens des mots, la lumière de l'intelligence, la noblesse de la parole et la foi de la vérité ». Toujours du reste il attacha un grand prix à la force et à la dignité de l'expression. Il y a bien quelque partialité dans ce jugement de saint Jérôme : « Saint Hilaire, dit-il, se dresse sur le cothurne gaulois ; comme il se pare en outre des fleurs de la Grèce, il s'enveloppe parfois de longues périodes, et il n'est nullement propre à la lecture des chrétiens peu cultivés (4) ». Ce n'est en aucune façon la recherche des ornements de Rhétorique, mais la seule chaleur du sentiment qui prête souvent à la langue de saint Hilaire un ton
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